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Full text of "Suite du plan d’instruction publique / présenté par A.H. Wandelaincourt"

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. 




< V- 






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CONVENTION NATIONALE. 

SUITE 

D U 

PLAN 

D'INSTRUCTION PUBLIQUE, 

PRÉSENTÉ 

PAR A. H. WAXDEL AIN COURT, 

Député du département de la Haute-Marne. 
Imprimé par ordrs di la Cokyektion matiokali. 



L'Abrégé de V Histoire Naturelle doit être un Livre 
élémentaire de nos premières écoles. 

ABRÉGÉ D'HISTOIRE NATURELLE. 

Xj'hi stoi re naturelle est la description des choses 
qui forment le brillant spectacle de la nature. Cette 
cennoissance , la plus facile , la plus instructive , la 
plus nécessaire , et en même- temps ia plus séduisante , 
est lasearcede tous les agrémens que puisse goûtes 
l'homme sensible et honnête. Proposons4a donc à 
nos enfans , dès l'entrée de km s études , comme wn 

A 



■ c d ob à embi 

. , à c<_\ ci lèui a ..c , à or 
et à a er leur cœur des senti ■ . _ 

cieux. 

L'histoire _e tout ce que con- 

tient ! espace ; mais on la réduit ordinairement i 
connoissance des substances que la icirc renferme d 
sob sein , ou 4 a«e est ornée. D'où h 

vision de I liîstoire naturelle en trois branches , qu 
est convenu d'appeler n \nu : Je régne minéral , le 
ie végétal cl le règne anin 



DUR È G N E M I N É R A I . 

On peu: diviser ce que ce régne embrasse en cinq 
classes différentes : les métaux. Les pierres, les terres 
fossiles , les sels, et. ceri .... qui 

se tirent du sein de la terre, 

Des Métaux, 

On appelle métaux des corps solides , durs, propres 
à être éte'ndus sous le marteau , qui deviennent fluides 
par '12 chaleui du feu , et qui reprennent leur solidité , 
en refroidissant: qualité qui tes distingue-dés pten 
qu on ne peut rendre liquides 1 i étendre à son gre. 
Le tcrieiu VI :::1 ne produit presque 

.es , et celles qu'il lai: végéter BOfH 
les , sèches et languissantes; les vapeurs métal- 
lie lies <juil faliSse exhaler, chassent les animaux: 
on ne voit (jue peu ou point d oiseau* sy wtt eter , 
sur-tout [%m l raine «si presqua fleur de terre. 

K-foLUi s s enflammées , 



3 

des vapeurs subtiles sortent de ces montagnes ; qù 
les neiges qui tombent en hiver , s plus 

prornptcment qu'ailleurs ; quand les eaux qui s'en 
écoulent , sont toujours chargées de t< res 

minérales ; et quand ces taux, quoique ti s-c aires, 
sont pernicieuses à boire , ou qu'elles laissent dé- 
poser dans leur cours quelque partie de mal 
minérale : tout cela annonce une ruine. Kn exami-? 
nant la nature de ces sédimens , on peut juger de 
l'espèce de minerai renfermé dans ce terrein d'où. 
les eaux sortent. 

Rarement on trouve purs les minéraux : ils sont 
très-communément minéralisés , c'est-à-dire que les 
porcs de ces corps sont remplis de quelques parties 
tic métal. Il y a des métaux qui sont plus communs 
eu quelques climats que dans d'autres : l'or et l'argent 
se trouvent plus abondamment près des tropiques , et 
les autres métaux reposent vers le Septentrion ; le 
fer est rare dans nos climats chauds. La plupart de 
nos mines sont communément plus riches au bas 
montagnes : celies des provinces septentrionales de 
l'Asie se trouvent à la surface de la terre , t. 
x que celles du nord de l'Europe , notamment les 
mines de cuivre de Suède ,. peuvent être fouillées 
jusqu'à plus de quatre cents toises de profondeur. 
Les mines d'argent de Sainte-Marie, la mine.de 
de Pologne , la mine cle charbon dl e , en la 

ci - devant Bretagne , la mine de plomb de Poula- 
voine , la mine de mercure de Carinthie , celle i J e 
cinabre d Almaden , la mine détain de Cornoùail- 
les , celle d orpiment en Turquie , et quantité d'autres 
espèces se fouillent aussi à des profondeurs consi- 
dirables. 

les métaux sont 1 or et L'argent appelés métaux 

V A 2 



4 

I ; le cuivre , le - - mfc , a 

:. Un 
pied cub • 744 , un 

de 
| 

Lt 

Le i qu'un min< 

blc , ni sus 
i l feu il se di . devient volatil. Il 

( i cul de ion espèce : ^a : s téna ns con 

c . iVoid au toucher . il est ordinairement 
( ous terre en Italie, en Hongrie 

I I • . tlCé II c - i c]>rcs et | 
ticulièfcs , i cur blanche qui 
découle de que , est uni a 
soufre et de la terre . ; une masse dui< 

die vei ni Ion le cinabre n'est donc 

terre et de vif-arj 
On peut & :i le loi , i 

pui ifl i le \ i F-ai nt du cil 

C'est par 1 le n du vif- argent que Ion mat les 

glaces au tain , qi sur le cui < 

queJ'cm traite cc:.:. : i.l mil es d'or et d'argent. Le 
nt sert eno - -, et 

]c cinabre factice ou lé vermillon . ; ein- 

ture. On l'emploie en médecine \ t ur | 
du sang. 

1 1 An i, 

L'antimoine est wn minéral métallique , mêle de 

filets feiillan, ; il esl - / seuil)!::' 

à la mine de plomb : mis en fonte , il a la } ro prié té 



5 

de saisir et d'absorber les terres fines et les métaux 
quil rencontre, à l'exception de for auquel il ne 
s'unit presque point. L'or se détache d< 
commune. , et tombe au fond du vase ; tandis que 
l'antimoine, sans se dessaisir des matières dont il est 
pénétre , nage au-dessus de l'or : m tut observer 

de mettre de l'antimoine à proportion que l'or e: t saie 
et plein d'alliage. On repasse ensuite 1 or au feu : la 
fumée achève de le purifier , en emportant ce que 
I antimoine y avoit laissé du sien. 

L antimoine est d un grand usage en médecine; 
il sert de vomitif et de purgatif, ii excite puissam- 
ment les sueurs ; on en lait le kermès minerai , le 
tartre emétique , le soulire doré d'antimoine. 11 est 
>i d'usage dans les arts : on s'en sert pour polir les 
verres ardens ; mêlé au cuivre , il rend le son des 
cloches plus fin; mêlé en petite quantité avec le 
plomb, il forme les caractères d imprimerie ; il rend 
létain plus blanc et plus dur. L'email jaune de la 
faïance se fait avec l'antimoine , la suie , le plomb 
caLiné, le sel et le sable. Tout le monde sait que 
1 antimoine tire son nom de ce quil fit périr plusieurs 
moines, à qui on l'avoit administre en trop grande 
dose et mal préparé. 

LOr. 

1- or se trouve oudans les mines , on dans 3 
de certaines rivièrei. On compte hui France , 

qui roulent de ces paillettes d'or: le Rhin, le Rhône, 
le Doux ; le Cèze et le Gardon , 5 les Ce 

Rûgue , près de Pamiers; l'An 
.le Foix; la Garonne, pi s 3 i dousc , cl quei- 
i -3 autres ruisseaux aussi, dont les eaux :i 

A û 



fi 

: âonl 

i 

1 : les n 

se : 

. I 

r à 
s t rcs 

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... 

i 

■ de 1 auge en mas 

i 

, c t 
de 
I eau chaude , à • i - ; 

■ - 

s u 1 1 

' . : 

• illl 

; • r les et 

: . I 

r a 1 1 



7 
d'alliage. On repasse ensuite for au feu ; la fumée 
achève de le publier, en emportant ce que l'anti- 
moine y avoit laissé du sien. 

2°. Le sublimé est an composé artificiel de vif 
argent- et d'esprit île sel marin. On met en fusion" 

O x v 

ce composé en le joignant a 1 or. Alors, il élève 
en fumée tout autre corps étranger qui s'y» trouve. 
On emploi- rarement le sublimé pour afhner for; 
parce que la fumée de ce mélange est dange- 
reuse. 

3°. L'eau -forte est une liqueur composée des es- 
piits qu'on a tirés du nître et du vitriol, avec le 
secours du feu. Quelques ouvriers y ajoutent l'es- 
prit d'arsenic. Cette eau a la propriété de dissoudre 
[argent, le cuivre et dautres métaux, dune ma- 
nioc également prompte; mais elle laisse 1 or en 
entier , et n'y cause point d'altération , parce que 
ses parties sont trop grossières pour entrer dans les 
pores de l'or , et ainsi eiargir et séparer les mole- 
es qui le composent. 

Pour dissoudre l'or , on a recours à l'eau rivale, 
où Ton a fait dissoudre du sel gemme et du sel 
ammoniac , qui a des esprits assez fins pour s insi- 
nuer dans les parties serrées de 1 or , au lieu qu'elle 
passera tout au travers des larges pores de l'argent 
et des autres métaux, sans résistance , et sans avoir 
besoin d'y rien déranger. 

Ou emploie dans cette opération-ci , plutôt 1 eau- 
for e , parce quelle i;e touche point à lor, qu'elle 
laisse pur et sans mélange , en emportant tout le 
reste. 

I and on veut affiner un marc d'or , on le met 

A 4 



: plusieurs marcs d'argent dans le - - u 

qui csi un vase d'argile ou de grès , en l rmc de 
cône ou de pyramide renversée. Ce> diJ érti 
taux t f< i cmble et bien re . 

sein en i ; .i ■ : : . : les jette da 

con; . ( I :i *> , hc . met i 

feu dans un pot de -g - une 

c d cau-ioi te pour cl étal. C)n 

*>: Fait en le 1 
la ten e ; et eu m : heure , 

l'eau-forte , que le feu rend encore | 
pénètre , soulève toutes les pari 
passer à travers, de les frotter les uses contre 
autres, elle dissout entièi [argent, 

le rendre liquid .: , c* i i 

eau-forte. Les particules de 1 or se i hei celles 

de 1 argent que l'eau -forte .«. '-i r . Tout 
en. matière de chaux au 
ce vase , on l'incline 
l'or reste au fond , et 

uit son i . ivec fargeuf. 

» selon 
Pu;: cette chaux d'or en 

fondre à part, avec un peu de bo ax, 
semble u nt toutes les pa t es i 

Api s cette opéi 
parer 1 argent de l'eau-forte i 
on jette cette tci 

ou huit fois plus d eau de I : qu'il n\ , 

lite dans , que t< 
I e rouge. A J'instant, L'eau-I i : 

dam - , ares : elle i 

e de manière < t q 



9 

quitte , tombe par menues parcelles . et se rassemble 
au fond de la terrine , en forme de cendres. Ces 
cendres remises dans le creuset , donnent de L'argent 
très- pur. 

4°. Le plomb , fondu à la coupelle avec une por- 
tion d'or sept ou huit lois morndre , s'insinue dans 
les pores du creuset , se dissipe en fumée et en 
scories, et emporte avec lui les impuretés qui al- 
téraient le m ci ai. 

On fait us3ge de cette dernière opération 
essayer l'argent. On pèse exactement la portion qu'on 
veut essayer ; et après f éva*poration du plomb , on 
pèse de nouveau la même portion , et L'on voit par 
le déchet du poids , combien cet argent contenoit 
d alliage , et , par proportion , combien il y en a dans 
la masse dont elle a été détachée. 

Mais le plomb ne dissipe point l'argent mêlé avec 
1 or. Il faut donc employer un autre moyen pour 
essayer for ; le voici : 

On prend, par exemple, un gros d'or, on le 
fond avec deux gros d'argent parfaitement fin ; on 
bat la petite masse, on 1 étend comme une feuille, 
on la passe à 1 eau-forte et au feu , comme il est 
dit plus haut; for qui reste après l'opération, est 
de la dernière pureté. On voit le déchet en pesant 
1 or après l'opération finie. On juge, par crue ; 
tic , de 1 alliage qui est dans la niasse d'où il a été 
tiré. 

L'or n est altéré ni par l'air , ni par l'er. ar 

le feu des eaux : il est le métal le plus malléable ; 

on peut plier une étendue donnée d'or cent 

cinquante-neuf mille quatre-vingt-douze fois , au 



1 o 

moyen d'un fourreau de parchemin, du marteau et 

uni est un boyau de beruf bien 

se. Une once de ce métal peut èire tirée en 

un million ille pieds de long; 

ire , en une ligne de soixante-treize Lieues de 

ig , .1 deux mille cinq cents toises la lieue. 

L'Argent» 

L'argent se trouve dans les quatre parties du monde, 
mais sur-tout dans l'A le. 11 est souvent dans 

des marcassites ( pien \ ani /.rousses, tante 
très , et qui sont la j r< mi ie matière du mé al . 
q is une espèce de plombagîi c 

cl argent et de plomb ) . dont l'expérience a apprit 
hommes le secret de le tirer. Mais, dans quelque 
mine qu'on trouvé ce métal étincellant , on le 
tingue très-facilement parmi les terres où il est con- 
fondu, Quelquefois il est dispei Ȏ parmi des pi rrei, 
ïs des rochers : d'autres fois il est ré- 
ors de ces pierres, en manière de | litei 

13. 

.enrdeson minerai à- peu-près cornu e 
Ici. ' i donc le minerai, on le pulvérise, on 

c avec le vif-argent. L'e s lavoirs 

-peu avec elle la terre de cette | 
nspirer une partie du vif-j 
d( laine . afin de pouvoir s'en servir une 
»icr le rc ste. L'ai ;ent, 
. • [é de peu de matiéi res , 

nb t qui , en 
: qu'il [ eut y a\ ou de c livre c . 
i t. 



11 

la Litharge. 

Lithargt est un mot grec compose , qui signifie 
pierre d'argent. C'est le nom d'une espèce d'écume qui 
résulte du plomb et de l'argent ou de for , fondus 
ensemble : ainsi il y a deux sortes de litharges ; celle 
de l'or et celle de l'argent. On se sert de litbarge 
d argent pour peindre sur le verre. La médecine en 
aussi usage, à cause de ses qualités rafraîchis- 
santes et détersives ; mais prise par la bouche , elle 
est dangereuse. 

Le Cuivre. 

Le cuivre est de deux sortes , le rouge et le jaune. 
Ou le trouvé dans la mine , ou en terre , ou en 
pierre; quelquefois il est mêlé avec de L'argent. Pour 
le décrasser , on le fait fondre plusieurs fois ; c'est 
ce que Ion nomme cuivre rouge ou rosette : c'est 
le plus net. Le meilleur nous vient de Suède. Pour en 
faire du cuivre jaune ou du laiton , on y mêle une 
quantité égale de calamine, qui est une' sorte de 
ca Ira e , ou de terre-fossile purifiée au feu. Par cet 
alliage , ce métal est moins sujet à la rouille , et plus 
propre à être travaillé : il coule aisément dans tous 
les moules qu on lui présente, et prend facilement 
1 éclat de 1er. Mêle par portions égales avec le cuivre 
rouge , il donne ce qu on appelle bronze ou métal de 
fonde ; fondu avec le zinc , il donne le tombac et le 
hbeck, le similor et le métal de prince ; avec la 
calamine , il forme le laiton. C est du cuivra qu'on 
labrique la ba<se monnoie. 

VEtain , le Plomb. 
Letain n est dans son origine qu'un plomb blanc : 



1 2 

il est mollasse comme le plomb'; on en varie be 
coup les qualités et les u 

d autres métaux, cornu eue et le laiton. 

en l'alliant avec d'autres m s, telles 

que le zinc ci C ut. le pl< mb sert en 

médecine ; l'éta du taire pour le foie. 

/ Fer. 

Le fer est un métal se * iide, 

composé de soufre . de sel e 

impur et mêle irréguli l, ce qui 1/ fort 

sujet à la rouille. 1 es chymî Iftfrs. Ce 

métal est le plu^ uti 

nombre que la na :t. . Aussi est-il 

répandu ave^ profusi a sur la i Face de la rené; à 
peine y a-t-il un pa] 
duise du fer : on en l 
t. .rentes terres , et jus< [ues i 

les pierres. îi <. é à quantité • c 

met. mé ix, ( 

à plusieurs marbres , pétriflcatii ei ' 

Si le fer est le métal le plus les , 

il est aussi celui qu il < 

On jette d : platte, 

de fer, apr<^ L'avoir rom] ue sous 
v fait passe; une 
limon : le métal . 
fond. On jette < 

avec une i'une -use 

uelle la 1 i ne 

elle-même ; Icinc de particule 



i3 

a l'augmentation de la matière métallique , et que ses 

sables et <es sels désunis par le feu, absorbent une 
grande pat tic du Limon qui étoit joint à ia mine. 
Confondue avec cette pierre dans la fusion , la mine 
coule comme un ruisseau de feu dans un long sillon 
qu'on appelle geuse , ou eue acquiert une forme trian- 
gulaire. Ce fer de première fonte , s'appelle fer de 
fontt avec ce fer qu ou fait des po'.s, des bombes, 

des contre-cœurs de cheminée. Quand on veut affiner 
ce fer . on ie porte à raffinage , ou il est fondu, battu , 
réchauffe, et rebattu jusqu'à ce qu'il soit plus pur 
et plus tenace, 

L'Acier, 

L'acier ne diffère du fer forgé qu'en ce qu'il a plus 
de soufre et de sel. Pour réussir à le faire , on enduit 
une barre de fer d'un mêlante de terre- çrlaise , de 
charbon pilé et de sel marin réduit en poudre, et on 
la met dans un fourneau sur un feu violent. Les sels 
et les autres particules du mélange pénètrent le 1er, 
en amoitissent les parties , en chassent les matières 
terrestres , en remplissent les interstices , et en lient 
les parties. 

Le Fer- h Lan c. 

On appelle fer-blanc , un fer doux , battu , réduit 
en lames déliées, qu on trempe dans de.iét^in fondu, 
après l'avoir un peu trempé dans de l'eau forte. 

Le fer est aussi d'usage dans la médecine : on l'or*- 
donne dans la jaunisse , pour exciter la circulation 
du sang. Avec la .limaille de fer on fait un safran de 
Mars, après l'avoir exposé à la rosée du primemps. 

Le fer et le soufre combinés produisent quelquefois 
i na l'intérieur de la terre des ravages redoutables, 



M 

comme on le yoit par les tremblemens de terre. C'est 
e moyen du fer et des mélanges convc 

c ic tonnerre cl les cl .. , ces ter- 

ribles de La pâture. 

Des Eaux m t . 

C est du mélange des dii ue se 

lent les i a [x minérales; elles passent dans des 
mines, se chargent des sels qui s\ t Ont 

a tes », selon la < ti té des parties i 

elles surit chargées. 



Des I , 

Les pierres né diffèrent des métaux qu'en <.z q : 

ont leurs parties moins branchues, moins enti. 
et par conséquent moins propres a se fondre , ou 
bien a s étendre c ous le marteau: ce sont des corps 
solides et durs qui ne it sétendre, et foi 

par des particules terreuses, qui, en se rapprocl 
les unes des autres , ont \>i\^ d *s de 

on. Ces corps varient à 
la couleur, la forme et les | substances 

'uses se sont endure; plus 

nollir dans l'eau ; leur variété ne viéi e la 

: site des m . 
vient a lier !e^ les 

:1c sel c t d'huile , dont la 
seroit du sable , $ 

►res soit oits , ei 

a la Lumière un passade li 



i5 

crystal; En effet, le crystal se calcine comme le grrs. 
Les parties propres à composer le crystal sont-elles 
plus étroitement liées ; c'est le diamant. Quelques 
parties de métal dans des compositions qui , sans 
ce mélange, seroient des diamans , rendent des com- 
positions moins dures et y font paroître des couleurs; 
ce sont des agates, des éméraudes , des topazes, des 
rubis, des saphirs. 

Les pierres précieuses sont ou transparentes, ou 
opaques ; on en estime f éclat, la couleur , le ] oli ou 
le poids. De toutes les transparentes, la plus belle 
et la plus dure est le diamant; son mérite se tire de 
sa dureté , de son poids et de sa belle eau , c'est-à- 
dire qu'il doit être aussi transparent que l'eau la plus 
limpide. Un des meilleurs moyens pour distinguer 
le vrai diamant d'avec le faux, est la facilité qu'a le 
vrai à s'unir fortement au mastic noir , sur lequel on 
le couche en le montant , pour en mieux relever 
réclat. 

Le rubis tient le premier pas après le diamant : 
c'est une pierre de couleur rouge. On le nomme rubis 
balai , si la pierre est d'un rouge de rose vermeille ; 
ruhis spindlc , si elle est d'un rouge foncé; et quand 
ce rubis passe vingt karats , on le nomme es car boucle. 

L'escarboucle ne brille point dans les ténèbres , 
comme certains auteurs font avancé. Le grenat 
imite le rouge et le feu du rubis , s'il n en est une 
espèce. 

L'hyacinthe est tantôt de couleur d écarlate , comme 
le grenat de Bohème; tantôt de couleur jaune oran- 
gée, ou souci ou ambre. 

I. améthyste est de couleur violette , tirant sur le 



r6 

. ■ 1 Cl • plus beau vei 

ii est b 

cm d or. aie réunit 

à-la-fois tout( 

l e crysi - mune des pierres trans- 

paru • ' leriçon et du M 

imitent le diamant. 

- | terres opaques est La 
a com:. i de couleui de chair ou 

fort paie , ci quelquefois tirant sur L'o- 
rangé. 

Les autres sont l'onix . qui est grisât lé de 

noir et de blanc; la turquoise , qui tire tantôt sur le 
bleu et tantôt sur le verd ; le lapis- 

ichetures d or sur un fond bleu -céleste : l'a- 
ven turinc , qui porte les mêmes raoucl etures sur un 
fond couleur de musc ou de café. Mais toutes ces 
pierres et autres pourvoient se rapporter à 1 agate et 
au jaspe , qui ne - rc encore qu'une pierre 

de même nature, si ce n'est que lagatc est un peu 
pi is transparente , plus dure et plus propre a se 
polir. 

I agate 1 et le jaspe varient l?urs cou'feurs à L'infini: 
on y u ouve souvent - ra res , 
d animaux ci • "objets champêtres, auxquels lait na 
que quelque trait > à : 

Les meilleures mines de diamant et les plus riches 
son» es pays de I Visapour, dans 

du Gran< L, etc. 

II v a plusieurs sortes de j ierres communes : ia 
pie t à bâtir , la pierre duré , la rendre , la lisse , 
vaiient leur grain et U ur couleur, non»seulemcttt ci un 



»? 

pays a l'autre , mais souvent d'un banc à l'autre , 
dans la même carrière. Il y a le grès , la pierre à 
moudre, la pierre à chaux qui se calcine aisément , 
la pierre à aiguiser qui est une espèce ce g'ès, la 
pierre à fusil , etc. H y a des pierres filamenteuses 
ou composées de fils serins les uns confie les autres. 
Telles sont la pierre d amiante , des fils de laquelle 
on fait la toile ; la pierre ponce qui est si légère 
qu'elle nage sur 1 eau , parce qu elle est très-poreuse , 
et semblable à une éponge. Il y en a d autres faites 
en forme de lames ou de feuilles minces appliquées 
les unes contre ;cs autres: de ce nombre sont le taie, 
la pierre à plâtre et i ardoise. La pierre de Boulogne 
devient lumineuse , lorsqu'après avoir é:e calcinée 
dans le feu , on la place daos un lieu obscur. Mais 
la plus magnifique , sans contredit , de toutes les 
pierres communes, est le marbre, dont nous allons 
dire deux mots , après que nous aurons fait cpnnoître 
particulièrement 1 amiante et ses propriétés. 

L'amiante, erniantus , est une espèce de pierre sem- 
blable à 1 alun , et un minéral composé de filets très- 
déliés, plus ou moins langs , appliqués longirudinai- 
rement les uns contre les autres , comme on voit le* 
tiges de chanvre lorsqu'elles sont réunies en masses 

La propriété singulière de l'amiante est d'être com- 
posée de filets si flexibles , et qui peuvent devenir si 
couples par 1 art , qu'il est possible den faire un tissa 
presque semblable à celui que l'on fait avec 1rs fils 
de chanvre, de lin , de soie. On file lamiante : on. 
en lait une toile que Ton jette au feu , sans craindre 
qu elle se consume. Ge qui paioit très-singulier , on 
blanchit cette toile pr.r le feu ; de saie et crasseuse 
quelle eioit, clic evi sort pure et nette : le feu corw 
Suite du Plan d instruction publique. S 



iS 
ttintc lea matières étrangères dont clic croit chargée , 
l'altérer» Cependant , toutes les fois 
ou la retire du feu, • • v rd un p< 
Pline Uit avoir vu es lin vif ; on dît que 

Néron avoit une .c:\ i c Ion jetoit au feu pour 

la blanchir*. On brûloit dam ces toiles les corps des 
BOIS , pour que leurs cendres ne se mêlas sent point à 
celles du bûcher. Quoique ce lin fui plus cher que 
les plus bel es, ainsi que le dit le même auteur, 

il nVtoit cependant pas beau ; il étoit roux , difficile à 
travailler, et très-court: il venok de la Perse ; cétoit 
le seul connu de son temps. 

Il y a de l'amiante dans bien des lieux ; il y en a 
du très.-beau dans Pile de Corse ; les filets en sont 
très-blancs, les plus briiians et les plus rares : ceue 
espèce seroit la plus propre à donner une belic toile. 
Il v en a aussi en Sibérie , à Eisftc d ; dans la Thu- 
ri.nge , dans les mines de 1 ancienne Bavière 1 , a Namur 
dans les Pays-bas , à Montauban eu i'iance , en Italie 
à Pouzzol , etc. 

.Pour filer l'amiante , faites-le tremper dans l'eau 
chaude pendant quelque temps; ensuite, divisez-le 
en le frottant avec les mains , afin de séparer toutes 
les matières étrangères : répétez cette lotion cinq ou 
six fois dans de l'eau chaude; laites eo suite sécher vos 
fils d amiante, sépares des matières étrangères. L'a- 
miante étant ainsi prépare , on ie met entre des cardes 
très-fines, et Ton parvient à en retirer quelques fila- 
mens. On piend du coton ou de la laine ; et à me- 
sure que 1 on fait ce fil , mêlé d amiante et de laine , 
ou de coton , on a grand soin d y faire entrer plus 
d'amiante que d'autre matière . ati.i que le fil puisse 
st soutenir avec 1 amiante. Dès qu on a fait la toile, 



19 

on la jette au feu pouT faire brûler la laine ou 1* 
coton : il faut faire tremper 1 amiante dans de l'huile 
pour le rendre plus flexible. 

On emploie , à faire du papier , les brins les plus 
fins, qui restent après qu on s'est seivi des autres. 

Maibre , mar?nor. Le marbre est une pierre dure , 
compacte , prenant un beau poli , remplie pour l'or- 
dinaire de veines et de taches de différentes couleurs. 
Cette pierre est formée , pour la plus grande partie , 
de coquilles marines , de certaines plantes de mer , 
qui se trouvent pétrifiées dans le sein de la terre , et 
que nous appelons madrépores ( nom qui vient de la 
multitude des pores de cette plante ) , et d'autres sem- 
blables productions, comme les polypes qui, jusqu'à 
maintenant, ont passe pour des plantes, et qu on a 
reconnus pour des animaux si singuliers , que si on 
en coupe une partie , elle se reproduit , pourvu qu'on 
les mette dans un vase rempli, de la même eau qui 
les a formés. 

Dans les marbres grossiers, on reconnoît toujours 
ces corps organises ; dans ceux qui sont plus 
fins on ne les rencontre pas toujours , parce qu'ils 
sont composés de parties plus atténuées. L'espèce de 
transparence de plusieurs sortes de maibre appuie celte 
conjecture , ainsi que celles des albâtres, qui ne sent 
que des marbres parasites. Pius ics marbres sont fini , 
plus ils sontsuseeptibles d'être bien travailié*, $çt$ipt< s, 
tournés et polis , ce qui rend en même temps ieuis 
couleurs plus belles et plus brillantes. 

On tire les marbres des cambres ou la nature les 
produit , comme les autres espèces de pierres. En 
Italie , pour les détacher de la mornaçrrle', en trace 



îO 

le? pièces tout alentour t a ec des outils d'acier faits 
CO pointe , ci on les separe ensuite avec des coins 
qu un enfonce à coup de masse. En France , on a 
trouve le moyen de les scier dans la carrièie, et sur 
le roch&j même, avec des scies de 1er sans dents, 
dort quelques unes ont prci de vingt-cinq pieds de 
long. 

Les marbres d'Egypte et de Gtccc ont toujours été 
en plus grande réputation qu'aucun autre ; mais ils 
sont for. rares parmi nous. 

Le> endroits de France où se trouve le plus grand 
nombre de Lanières de marbres . et où ils sent le plus 
beaux., sm.t les departimms où cmrent ce qu on 
app-ioi- ai rci< n ncmen t la Pi 6\ ence , le Langiedoc , le 
liourbônnoîs , et ceux cjui sont voisins de* Pyrénées. 
La plupart de ces marbres prennent leur dénomma- 
nt u du nom général du gouvernement d où on les 
ftre ; d autres , des villages où sont situées les car- 
rures. 

L'art est parvenu à faire un marbre factice qui imite 
âssnez bien* le naturel , et qui porte le nom de Stuc, 
Pour fa 1e ce marbre artificiel, on se sert de plâtre 
tirs-fin que Ion gâche avec de l'eau chargée d'une 
quantité mi (irisante de colle d Angleterre. Lorsque le 
plâtre <s' ^eche, la colle dont il est rempli lui donne 
assez de t (in su tance et de ténacité pour qu U toit sui- 
iCptîbîe ''être travaille comme le maibre, et de re- 
trv(.;r même un as^ez beau ]jo1i . A l'égard de ces 
Mjrnces variées oui enrichi sent certains maibrcb na- 
turels, on les hni e aisément dans le stuc. 11 ne s'agit 
pour ce.'a que <!e gâcher a part, avec les ingrédient 
- nus convenues, les différentes poràons d: 
lc qui doivent entrer dans la composition du 



■1 

marbre artificiel que lo \ veut faire. Lorsqu'elles ont 

aiquis un certain degré de consistanc or les pei it 
grossièrement ensemble . et il en refaite u » nie. a .2 
fortuit, qui imite asse-s bien les fctix ce .a : aturic q e 
Ion admire dans les rai;b .s naturels. 

On fait encore une autre espèce c!c stuc, qui se 
colore et se pétrit , comme celui uout ad us \ pnuns de 
paner , igaais q :i est compose de îecoupcs de maibre 
b.anc , b en pulvérisées et mèlee* a> ce de la chaux 
éteinte dans une suiUsune quantité deau. 

Aimant , pierre, minéral, ou plutôt fer imparfait, 
assez semblable en poids et en couleur à 1 espèce de 
mine de fer quon appelle tnroçhe. E.ie contient du 
fer en une quantité plus ou moins considérable, et 
c'est dans ce métal uni au sel et à 1 i,uile que réside 
la vertu magnétique , plutôt que dans la substance 
pierreuse. 

Les anciens conr»c?ssoient la vertu que l'aimant a 
d'attirer le fer. Hippocrate la désigne quand il parle 
dune pierre qui attire le fer , et Piine croit que sa 
découverte fut un effet du hasard : on l'attribue à un 
berger qui sentit que les clous de ses souliers , et le 
bout de son bâton qui étoit ferre, s'attachoient à 
une roche d'aimant sur laquelle il passoit. Le mot 
magnstes que les Giecs ont donne à cette pierre , vient 
du lieu où on fa decouvcite. On pense que c'est 
proche la ville de Magnétie en Lydie. Cependant les 
anciens ne connoissoient pas la propriété- qu'elle a de 
le diriger toujours vers les poies; et on croit qu'on ne 
vit de boussole dans l'Europe que vers le douzième 
siècle. Qaelques-uns attribuent l'honneur de l'inven- 
tion delà boussole à Jean Goya, Napolitain; quelques s 

B 5 



22 

autres, à Paul, Vénitien, qui, en avant appris la 
construction à la Chine, /apporta en Italie. 

I aimant a la prop:ie:é d'attirer le fer, celle de lui 
communiquer ta venu , ce;e de se tourner ver^ 
p6le« du monde , enfin , ceLe de i incliner à me- 
que l'on approche de 1 un ou de l'autre pôle. Toutes 
ces propriétés singulières , dépendantes de la nature 
de J aimant , tiennent sans doute à quelque propiieté 
générale, qui en est l'origine, et qui jusqu'ici ne 
nous est pas bien comme. Voyez notie Physique, 



Des Terres. 

Terre , terra. Nous avons déjà fait mention de la 
terre considérée comme planète , dans notre physique, 
à l'article du sysième planétaire. Maintenant nous 
considérerons le globe terrestre comme l'élément qui 
fournit notre subsistance, ou par les végétaux qui! 
produit , ou par les animaux qu'il nourrit. 

On remarque de trois sortes différentes de terres ; 
le sable , l'argile , le limon ou la terre franche. 

Le sable est composé de petits cerps anguleux , durs , 
inflexibles , impénétrables à 1 eau , et dont les partiel 
ont peu d adhérence. 

L'aYgïle est composée de parties grasses, glissantes , 
pesantes, ductiles en tout sens, tenaces, et n'admet- 
tant point l'eau dans leurs pores. 

Le limon est une terre noiiâtre ou brunâtre , dé- 
trempée et composée de feuilles ou de tuyaux creux, 
qui la rendent spongieuse , et facile à penctrci , soit 
par l'air, soit par lcau. 



*3 

Les différcns effeîs de Peau sur ces trois sortes de 
terres, nous en marquent sensiblement la différence 
essentielle. L'eau versée sur le sable remplit exacte- 
ment les interstices de ses pores ; mais e'ie se pénètre 
pas les grains mêmes. One l'eau se dissipe ou qu'elle 
y entre , la masse du sable n augmente ni ne diminue. 
L eau jetée sur l'argile peut bien effleurer sa surface, 
à laide de ouclcues autres grains de terre qui s'y 
trouvent mêles , et qui lui ouvrent quelques avenues; 
mais elle s'arrête bientôt dans le corps même de la 
glaise, qui est impénétrable pour elle. Enfin , 1 eau 
jetée sur le hm«n , le pénètre , l'enfle , l'élargit : elle 
en sort , elle y rentre avec la même liberté et une faci- 
lité entière. 

Le sable , arma , a plusieurs usages. Il sert d'abord 
a retenir long-temps dans ies petits intervalles de leurs 
grains les eaux àts for. tr: nés et des puits , qui sans le 
secours de ces lorrcs, ou s'embarrasseraient tron avant 
dans les grains mêmes du limon , et ne s 'écouleraient 
pas aisément ; ou , roulant sur les porcs trop serrés de 
1 argile , regorgeroient tout d'un coup dans les de- 
hors de nos demeures , au lieu d"y couler lentement 
et successivement. Le sabie est utile pour empêcher 
1 affaissement et la dure;é des meilleures terres dont il 
désunit les parties trop compactes ; et tout stérile qu'il 
est par lui-même, il les rend fécondes en les ameu- 
blissant par un mélange bien entendu, et en ména- 
geant par les inégalités de ses coins raboteux un 
accès facile à leau et aux sucs qu'elle vouurc. C est 
par une merveille toute semblable que cette matière si 
désunie , si glissante et si peu propre à lier ou à 
prendre quelque stabilité, devient le lieu et le prin- 
cipe de la stabilité dts briques , des pierres et des 
marbres qui composent nos édifices , no« ponts, nos 

» 4 



M 

Sqtteducs. C'est encore le sable qui procure lt eoniîs- 
tance aux ouvrages de poterie : lia sont faits d'une 
argiic grasse et facile à manier , qui 5C gerseroit et 5C 
fea droit en séchant , si le table ne scrroit lcuc terre , 
ne la ioutenoit: , n en rcaiphssuii les vuides , et ne la 
rendoit impénétrable à I càu et aux autres liqueurs. 
Le sable aide encore par sa dureté a lier tes pierres et 
les marbres , a polir les matières les p. us dures , à 
cc.aiicir les plus ternes , à façonner , à polir et à tailler 
le verre. Il entre dans ia composiiion de tous les 
verres , des crystaux et des plus belles glaces qui 
ornent nos appartenions. 

Âr^iU , argila. L'argile est une des matières les 
plus abondâmes et les plus utiles que 1 on trouve 
dans la terre. Elle s'y rencontre à diverses profon- 
deurs , et sert de base à la plupart des rodiers : ce 
sont ces couches d argile qui retiennent l'eau au fund 
des puits , cjue l'on creuse sur la luifacc de la terre. 
La ductilité de l'argile détrempée dans 1 eau , qui se 
durcit en séchant sans que cependant ses parties se 
desunissent , la rend propie à iaire des vases de 
toute espèce , des briques , des tuiles , des carreaux 
et des modèles de sculpture , qui , exposés au feu , 
s*y sèchent et s'y durcissent , sans rien perdre de leur 
forme. Le faïancîcr ou potier tient sa masse de terre 
inr une table soutenue par une roue qu il fait tourner 
légèrement sous ses pieds , et lui donne la forme qu'il 
desiic. 

Limon , limus. 11 y en a de plusieurs espèces ; leurs 
pores donnent un libre accès à l'air et aux sels , et les 
rendent toutes propres à fertiliser la terre. On peut 
dire (;ue le limon nous nourrit , en fournissant lux. 
fiantes la nourriture , la vie et la vigueur. 



2 5 



Des Sels. 

Sel , sa!. Le sel qui se trouve dans 1 assemblage de 
tous les corps , et qui semble même destine à fair : cet 
assemblage , est en geneial un corps dur et inflexible , 
dont les petites parties on: plusieurs côtéi tailles à 
facettes , et leurs extrémités terminées en angle ou en 
pointes. Tous les sels ont la propriété de se dLsoudre 
cians l'eau et dêue savoureux ; c'est mne eau coa- 
gulée. 

Les parties de sel sont comme autant de petites 
chevilles qui , s insinuant avec plus ou moins de 
facilité i suivant la construction de leurs pans , sou- 
tiennent les angles de certains corps , en désunissent 
d'autres ctles renversent. 

En général , les chymistes divisentlcs sels en acides, 
en alkalis , et en neutres. 

Le sel acide est un amas d'aiguilles ou de lances à 
facettes toujours aiguës , souvent tranchantes , mais s: 
fines et si légères quelles floaent aisément dans l'air 
et dans les liqueurs. Les trois acides minéraux sont 
des soufres. 

Le ssl alkali n'est autre chose qu'une matière cri- 
blée d une infinité de pores , qui sont comme autant de 
graines destinées à servir d'étui aux sels acides. Alkali 
est un mot arabe : les Arabes nomment kali une plante 
que nous appelons soude , et c'est de cette plante 
qu'on tire les tell dont il est question ici. 

Le sel acide est piquant sur la langue ; il sert à 
nous donner des eaux fortes et tranchantes, qui dissol- 
vent les métaux jneme. 



*6 
Le sel alkali est dui : et brûlant , et n'est 

: d'une moi: 3 font une vive 

effervescence eu se me » embîe. 

Le gel neutre n'a ni les c (t iculieri §Tun sel 

acide , m cei:x d'un sel al'.ali proprement dit. Le 
se! neutre est donc celui qui résulte de la combi- 
naison juste et exacte de ces deux diilerens sels mélcJ 
ensemble. 

On compte huit sor.es de sek : le sel gemme , le 
«ci i r-inm^u . le njtre , ie salpctie , l'alun , le vitriol , 
le borax, et V arsenic. 

Le sel gemme ou sel fossile est de la même natuie 
que le sel rfiarifi , mais il se trouve dans le sein de la 
terre : oh le nomvnc en latin sal gemma ; parce que 
souvent il est trasYfcpaa ent . brilkm comme le crvstal 
ou une pierre précieuse. Ii v en a de différentes ccr.- 
Jeurs. La Transylvanie , la Hongiie , la Pologne , la 
Prusse , la Catalogne , les Indes , ont des montagnes 
entiàcs de cette espèce de sel. 

C'est au moyen de ce sel , si abondant dans cer- 
taines contrées , et dissous par des eaux douces , que se 
forment leS étangs , les fontaines, les puits dont l'eau est 
salée, tels qu'on en remarque dans Ici ci-devant Fran- 
che-Comté , et Lonaine , en Italie , dans le Palatinat ; 
et bien de^ naturalistes pensent que la mer tire sa 
Salùke oomsnaiellc (les mines de tel gemme qui ta- 
pissent Les abysses de i Océan ou la surface de la 
teire : quoique dau.res pensent que 1 auteur de la 
nature a dobué à la nier cette salure en la créant, 
comme une qualité qui lui convient pour en main- 
tcnii pure la substance , et la rendre plus propre à 
soutenir les niasses énormes qui fendent ses Ilots. 



*7 
Sel marin , ïalmarinum. On le tire des eaux , de 
quatre manières i entei : 

t°. Par la chaleur du soleil. Cette manière sexéiute 
au moyen des marais saians , tels qu'on eu voit eu 
diverses contrées de la France , situés sur les boids 
de la mer ; ces marais forment un quarré tpng 

qu'on a soin d 'enduire de glaise , pour retenir l'eau 
salée qu'on -y fait entrer dans l'été , par im beau 
temps , sec et chaud , jusqu'à la hauteur d'un demi- 
pied ou environ. Cette eau s'évapore bientôt , et 
laisse une liqueur dans h quelle se trouve un assem- 
blage de crystaux de sel marin qu'on casse avec &< s 
perches , puis en les retire avec des pelles trouées , 
et on en forme des piles ou tas qu'on laisse égôwtter 
sur la terre sèche : alors on le transporte dans les ma- 
ins. 

2°. La seconde manière consiste ? foire éyapprcx 
sur le feu , dans de grandes chaudières de plomb , 
jusqu à siccité*. l'eau des lacs , des puits et des fon- 
taines salées, dont quelques-unes contiennent jus- 
qu à vingt Iïyi'es de sel par cent pintes d'eau: telle est 
celle de Dieaze dans ie dépaiterncnt de la Meurtrie. 

. 5°. Dans les pays où le froid est excessif* l'eau 
de mer qui contient peu de sel se gr le facilement et 
presqu'eutièrement,, excepté la portion de i eau qui 
contient le plus de sel marin. On ach've d ev.tporer 
cette eau en, l'exposant à l'air dans des vases ; ie it\ 
prend alors la forme d'un grouppe de crvstaux de 
sel marin. 

4°. La dernière méthode consiste à faire couler 
l'eau le long d'une infinité de branche» placées à i air 
libre. Par ce moyen, cllcpresente à l'air des surfaces 
multipliées , par lesquelles elle s'évapore en laissant 



ift 

la portion qui s'écoule p!ui chargée de sel , parce 
que ï air n enléNre que Fe;«u proprement dite; l'eau 
lestante, après sept opérations, est reçue dans un 
réservoir commun , et poiue a dessécher dans des 
chaudières de plomb. 

Niltc ou salpêtre, niirum, e«t un sel volatil ouï 
flotte dans /air, où il se rcnou\cl.e sans cesse r 
ft attachant de tous côtes , et s amaitanl sur - tout en 
plus grande quantité dans les lieux les plus voisins 
de la te.ie. Le salpêtre n'est autre chose qu un nitre 
fixé. On le trouve attaché aux voûtes des caves, dans 
les masures et dans tous les Lieux abandonnes , mais 
sur-tout dans ceux où les urines des animaux ont 
séjourne. Ou le recueille en le balayant de des:»«s 
les pierres et les plâtres des v eux bâti mens , ou en 
faisant tremper ces décombres dans l'eau chaude „ 
afin que le sel se dissolve. Leau où la dissolution 
s'est faite , est mise à part , et à mesure qu'elle s'tva- 
pore , le sel se crystal se. On le raffine ensuite par 
différentes lotions. O en compose ni .sieurs remèdes 
efficaces; car ce sel est tiès-rafraîchissant , diurétique 
(propie à faire uriner) : on en fait le crvstal minerai 
ou sel ue prunelle , dont les propriétés sont les mêmes 
que celles du nitre. Le nitre entre dans la composi- 
tion de la poudre fulminante et de celle de canon , 
dans les flux employés par les artistes pour fondre 
quantité de métaux : on s'en sert aussi pour préparer 
de la glace , er pour saler les viandes et quelques 
poissons , ce qui leur donne une couleur rouge. Le 
mire est la base de l'cau-forte et de toutes les eaux 
regales. 

Ualun, ahmen , sel fossile, et minéral d'un goûf 
acide , qui laisse dans la bouche une laveur douce 



accompagnée d'une astriction considérable. Ce mot 
vient du grec nls , sel, et du latin lumen, parce 
qu'il donne de l'éclat aux couleurs. Ii se trouv:* dans 
la terre , ordinairement dans leb mines de charbon 
de terre , dans les terres brunes et feuilletées comme 
l'ardoise, dans les pyrites. L alun de plume, ainsi nom- 
me t parce qu'il cs r . composa de beaux filets droits 
crystallins qui forment une frange semblable aux 
barbes d'une plume. Il se trouve en Egypte, en Ma- 
cédome , dans les isies de Sarda'gtje , de Milo. Cet 
alun est tr^ s- rare. L'alun commun varie de nom sui- 
vant qui! est prépare; on a 1 alun rouge ou le ci- 
tronne , l'alun sucré , 1 alun brûlé. L alun de roche est 
ainsi appelé , parce qu il est crystallisé en grosses 
masses. On en prépare en France, proche les mon- 
tagnes des Pyrénées : il y en a une veine courante 
sur terre dans notre 82 e département, qui a de- 
puis une toise jusqu'à quatre de largeur , dans une 
longueur de près de quatre lieues , et qui est abon- 
dante. L'alun de Rome est un ici en pierres Bouges 
et transparentes. Il se trouve aux environs de Civita- 
Vecchia ; on le tire dune sorte de pierre b anche j 
on la fait da'jord calciner, ensuite on la met en 
tas, et on 1 arrose d'eau jusquà ce qu'elle tombe en 
efflorescence. 

Pour lors . on la met dans l'eau , on fait évaporeT ; 
et la dissolution donne ces crystaux transparens d'un 
rouge pâle. 

Les principes qui forment l'alun sont très-étToî- 
tement lies, et il attache fortement ce qu'il saisity 
De là vient qu'il est comme le lien qui unit beau- 
coup d'objets : par conséquent , il est bon dans Us 
hémorragies. Les teinturiers font tremper leurs étoffes 



3b 

dans des eaux alumine uses , pour les disposer à ie- 
ccvoîr et retenu certaines q^ie lair empor- 

te! il i/ientô saris ce secours: elles augmentent même 
la vivacité dus couleurs! comme on le voit clans 
la cochenille cl <iu:,> . * décarlate. Sans! 

puî de 1 al un, i*cncre perceroii le papier. Op féru p h ic 
i c . rifier les liqueurs : on en Çaît i a e ai. s 
les fabriques de sucre , à cause de cette propriété: 
ori en met aussi dans les liqueurs ou ion conserve 
les animaux; leur couleur s y maintient mieux. 

L'alun brûlé est celui qui a été calciné au feu ; il 
est caustique. 

L alun sucré est de lalnn ordinaire cuit en con- 
sistance de pâte avec des blancs d oeufs et de l'eau 
de rose. Cette pâte refroidie acquiert la dureté de 
la pierre ; on lui donne la forme de petits pains 
de sucre. On emploie cette pâte comme cosmétique, 
c'est-à-dire, comme propre a embellir le visage: aussi 
les dames anglaises en foni -elles un grand usagt pour 
donner plus de fermeté à la peau. 

Le x'iinol , lîtnolum ou la. couperose , est encore un 
sel d'un goût acerbe et astringent , formé par l'union 
d'un acide particulier, que Ion nomme Tttriolique , 
avec du fer , du cuivre ou du zinc , ou avec une 
certaine terre ; il est ou verd , ou bleu , ou bianc. Il 
se trouve naturellement en masse au fond des mines , 
où on le tire comme le salpêtre de dedans les mar- 
cassites (ce sont des pierres mêlées de terre, de 
soufre» de sel et de parties métalliques). Le vitriol 
produit des effet? différons , selon qu il participe plus 
ou moins du 1er ou du cuivre. 

Il" y a autant d'espèces de vitriols naturels qu'il y 



•1 

a de substance! métalliques propres à être dissoutes 
par l'aride vitriolique , provenait d'une piètre uaé- 
uiliqu© nommée fyritké (mot grec qui lignifie fait 
pu , parce que cette pierre jette du fou lorsqu'elle est 
frappée d un coip» dur). Lorsque ce bel acide et 
sulfureux se fond à Tair, s'il rencontre une espèce 
de terre argileuse , il en resuite de l'alun : si , au 
contraire , c est du zinc qui! rencontre , il produira 
de la couperose blanche ; si c'e&t du cuivre , il eu ré- 
sultera du vitriol de Chypre ou bleu ; enfin , si c est 
du fer, il en aura résulté un vitriol vert martial, 
nommé aussi couperose verte. 

Le vitriol martial a la propriété de noircir la tein- 
ture des plantes astringentes : beaucoup de pelletiers, 
de teinturiers , de chapeliers préfè>.ent d'employer 
son acide concentré, connu dans le commerce souj 
le nom impropre d'huile de vitriol. 

La poudre de sympathie n'est autre chose que du 
vitriol romain dissous dans de l'eau , et calciné aa 
soleil à plusieurs reprises. On met dans cette disso- 
lution un ruban imprégné dans le sang d'un blessé , 
et on prétend que les parties les plus subtiles de 
cette liqueur ainsi imprégnée sont emportées dans 
les airs; qu'elles y sont chariées ; qu'elles ne trouvent 
que les porcs du malade , propres à les recevoir et à 
s'y reposer; qu'elles y logent et opèrent la guérison. 
On ne peut nier que l'air ne se charge des parties 
fines et subtiles des choses qu il rencontre , et qu'il 
ne les disperse au loin. On conçoit aussi que 1 air 
prend la forme des choses dont il est , pour ainsi 
dire , pénétré et surchargé , et qu'il entrera dans les 
pores propres à le recevoir. Il peut donc se faire 
qu'une poudre guérisse un corps blassé sur lequel 



3 3 

la main du chirurgien ne s'applique pat immédiate* 
ment. Cependant on a lieu de révoquer en doute les 
effets merveilleux que l'on en laconte , et le crédit 
de cette poudie est beaucoup tombe. 

Borax. C'est un sel ou une substance fossile assez 
ressemblante à l'alun ; il est transparent Le goût en 
est d abord assez doux , mais il devient acre , salin et 
nitreux. Il est d une trrs-"i*ndc utilité , sur- tout dan» 
la médecine, dans la chymie et dans la métallurgie. 
Sa propriété principale est de faciliter infiniment la 
fonte de tous les métaux, de remettre en corps les 
plus petites parties d or : aussi 1 em| loie-t-on beau- 
coup à cet usage , ainsi que pour brascr et souder 
les métaux , tels que 1 or , 1 argent , le cuivre et le 
fer. Le borax a la piopriete de pâlir l'or ; c est pour- 
quoi , lorsqu'on s en sert pour la fonte de ce métal, 
il faut y joindre ou du r.itre , ou du sel ammoniac, 
qui Maintiennent lor dans sa couieur ordinaire. 

Le borax est estimé comme un excellent apéritif, 
propre à diviser et atténuer les humems épaisses et 
visqueuses. On lui attribue aussi la qualité de bian- 
chir le teint et de (aire disparoître les taches de roi s- 
aeur. Il entre dans la composition du sel sédatif de 
Homberg. On en trouve dans les mine» de Perse. 

Arsenic. Substance minérale, pesante, volatile, ex- 
trêmement caustique et corrosive ; ce qui la tend ua 
des poisons les plus violens. Aussi ce mot est-il dé- 
rive de deux termes grecs qui annoncent ces effets. 
Jl vient darse ( homme ) nikao , (je vaincs % je tue ). 

L'arsenic rend fragiles et cassans tous les métaux 
avec lesquels il s'unit , si on en excepte l'ttain , qui, 
par son m C linge , devient beaucoup plus dur et de 

difficile 



33 

difficile fusion. Il donne au cuivre la blancheur de 
large m, au point que de faux-tnonnoyeurs en ont 
abusé. 

Il facilite la fusion de plusieurs m: ; i- ; ,es difficiles 
à manier. De ia vient qu on le fait entrer cans la 
composition de plusieurs crystaux , auxquels il donne 
beaucoup de netteté et de blancheur , à-peu ; 
comme le borax. Si ia quantité qu'on y met est un 
peu trop grande , les cyrstaux se ternissent beaucoup 
plus promptement par 1 action de 1 air. L'arsenic entre 
dans la composition de plusieurs couleurs de teintu- 
riers et de peintres. 

L arsenic et son régule , pouvant se combiner avec 
plusieurs métaux, on les lait entier dans certaines 
compositions , telles que le cuivre blanc ou tombac 
blanc, et dans les compositions métalliques de cuivre 
et d'etain , que Ion emploie pour les miroirs ardens. 

Ceux qui sont empoisonnés par ce minerai sont 
attaques de vomissemens , de sueurs froides, de con- 
vulsions et autres symptômes, suivis bientôt de .a 
mort , si on n y apporte un prompt sâconr>. L.e^ re- 
mèdes les meilleurs sont l huile et ie Lait; peut-être 
les matières absorbantes et alkaiijes produiraient- 
elîes de bons effets, à cause de la propriété qu a 
1 arsenic de se combiner et de se neutraliser , en quel- 
que façon , avec ces substances. La présence de ce 
poison peut se reconnu] tve facilement : ii suffit de 
jeter sur une pelle rouge quelques grains des matières 
où 1 on soupçonne qu il est , ii répand à 1 instant une 
odeur dail. 

Outre les sels que nous vt le nonr 

en a encore cl a [ont on 

itedu Pic;: dlnsU . 



i< r point 'les sels Foi i lu. Tels 9 it Use 

on lire tics soufrières de Pouzzol, ou ce la suie 
formée dans ics cl; sm ■ n a fait 

brûlei les excrémei ... t rtre, qui n est 

ancre chose qui : : fixés 

cl crystslltsée eu croûte autour des tonneaux; et le 
vrrdet , ou verd-de-çris , qui n'est que ru cuivre rongé 
par ie salpêtre, ou uni avec le tartre du marc ii 
raisin que 1 un a étendu sur une ia;:rie de t; 



/)o huiles. 



Parle mot kuilt , on errend ici certains su es qu'on 
trouve dans la terre, et qui paroi ssent COavenil dans 
leurs principes pur la ressemblance de leur odeur et 
ds leurs autres qualités , quoique leur cou4eu? et leur 
forme soient différentes : tels sont le s< - ne, ie bitume, 
le n aphte , lambie, etc. 

Soufre, sulphur. Substance solide , c.vn jaune clair 
lorsqu'il est pur, inflammable , et qui , en se brûlant , 
répand une flamme bleuâtre , accompagnée d une 
odeur suffocante. Jl se trouve communément dai 
environs de» volcans f et e»t une combinais on de 
1 acide vitriolique avec le feu élémentaire ou la 
tière inflammable qu'on appelle phlogî tiqw. le feu . 
dont cette substance est plein:, n empêche point qu'un 
bâton de soufre mis dans leau ne la rafraîchisse , 
comme la glace le pourroit faire. 1 a matière inflam- 
mable demeure emprisonnée; et 1 eau en détache un 
petit sel qui la resserre , et qui empêche la chaleur 
à'y pénétrer comme auparavant. Le soufre scir i % 
bonnetier! , aux gazicr* , pour blanchir les ctoilr» de 



35 

laine et de soie: on s'en sert encore pour soufrer les 
tonneaux de vin : on l'unit au salpêtre pour loi mer 
la poudre à canon ; il entre dans les feux d artifice ; 
il est propre pour l'asthme , pour chasser le mauvais 
air , et pour détruire la gale ; mais il faut baigner et 
purger auparavant , et boire beaucoup pendant son 
usage. 

Bitume , bitumen. Rien n'approche plus du soufre 
que le bitume ; il est aussi inflammable. L'eau ne sert 
qu'à le rendre plus ardent. Les bitumes sont des 
matières grasses , huileuses et combustibles qu'on 
rencontre dans le sein de la terre sous une forme 
fluide, et nageant quelquefois à la surface des eaux, 
ou sous une forme tantôt raoiJasse , tantôt solide. 
On le trouve ainsi sur les eaux de la Mer - morte ou 
du lac Asphakitc qui couvre l'ancienne vallée de 
Sodome. On trouve encore différentes espèces de 
bitume liquide , comme la pétrole ou huile de pierre , 
ainsi nommée , parce qu'elle découk des fentes 
des rochers ; le naplite résine , qui découle de cer- 
tains arbres de la Chine et de Bornéo. On les 
emploie dans bien des remèdes , et dans les vernis 
noirs. Le naphte a la propriété de brûler sous l'eau. 
L'on croit qu'il entroit dans la composition du feu 
Grégeois, si connu dans 1 histoire du Bas-Empire , et 
qai demeuroit collé aux habits des soldats sur les- 
quels on l'avoit lancé , sans qu'il fût possible de l'é- 
teindre. Le naphte fait encore aujourd'hui une des 
principales beautés de ces feux qu'on allume , dans les 
réjouissances publiques. 

Les bitumes solides sont le succin , le jayet, las- 
phalte et le charbon de terre : il y en a de mollasses 
comme la poix-asphalte, 

C t 



Tes bitume* 

dans , on les 
flamiiK 

4 y ■' - 

une subi tance biti lure , r 

COUlCUr tel!: 

tan ôt rousse . d une $a\ eur ui cre. L< 

est frottée , elle devient cîcc ; elle ; 

pailles ( i atki ié eu- ps m'fi ces, el 

U . Cl < r ..-.': de ; • 

On va cr-'J 

la mev Bal . un dei m i rcvcnui du 

roi de rru 

An/ . .. I . gris'êâ. Su! r legrre , 

grasse , d . ée , parsemée c} c petites 

taches blanches, odoriférantes, mais 4çnl 
se développe b elle est 

J)clî te quantité de musc cl de civette , ainsi qu'on 
la prépare peur les parfums et eau* de senteur. 1 e 
bon ambté giis se reconnoît, lorsqu'en le piqu; i 
avec une aiguille chaude , il rend un . s et 

odoriférant. Lambic gris s'enflamme et brûle; ii est 
soluble en partie dans I esprit- de -vin : mais sur le 
icu , dans un vaisseau, ii l et se réduit en une 

résine liquide eui dorée. 

Quoique cette matière se trouve en plusieurs en- 
droits, c'est ce Qt un parfum très-race et pré- 
cieux : les parfumeurs en font un trè 
L'ambre abonde en parties huileuses , tenues ci vola- 
tiles : il est utile pour fortifie] le cerveau et 1 estomac ; 
il donne plus de vivacité au\ sens, i es Oriéi aux en 
font un grand usage : ils i estirilént proi re i ■■ ger 
la vie. Un croit que L'ambre fcrh est un [ed( 



^7 
tire et de miel qui tombe dans la mer, des rochers 
et des arbres dont les abeilles fout leur retraite. 

N jus ne mettons pas le camphre au nombre des 

es ; parce que, quoiqu'il brûle sur 1 eau comme 

le l . il n'est point fossile ; c'est une résine 

qui déco aie d'un arbre dont nous parlerons dans ia 

suite. 

On donne aussi le nom d'huile à. différentes 
substances inflammables , plus ou moins grasses , 
fluides ou concrètes , qu'on tire d'une grande quantité 
de végétaux ; soit par expression , soit par distilla- 
tion , teiles que les huiles de navette , de lin , de 
chenevis , etc. etc. 



DU RÈGNE VÉGÉTAL. 

Pour peu qu'on étudie la marche de la nature , on 
remarque qu'elle passe insensiblement d'un objet à 
un autre, et qu'elle répand sur ses traces de légères 
nuances qui différencient les objets qui sortent de ses 
mains , en même-temps qu'elles y laissent des carac- 
tères qui les assimilent. Nous venons de considérer 
des masses brutes, informes , les unes molles , ies 
autres dures , d'autres humides , d autres chaudes , 
froides, friables, toutes mêlées, et dans une espèce 
de confusion; au lieu quici ce sont des corp* 
organises , féconds et vivans ( mais d'une vie moins 
active que les animaux.) , qui son: dans la nature le 
passage des minéraux, aux animaux. 

Les végétaux, par leur développement , par leur 
figure , par leur accroissement, pai lejirs 'iniércntcJ 

C ; 



88 

parties , par leur position , i plus grand nombre 

de rapports avec Ici objets extérieurs , que n'en ont 
minéraux qai n'ont aucune sorte de 

I.cs animaux , par leurs Sens , par leur forme . 
leur faculté de se mouvoir et de c i de lieu * 

o 
volonté , par toutes leurs opérations, ont ; 

rapport avec les hommes que n'en ont ie r végétaux. 
Ceux-ci ont la faculté de se fortifier , de croître , de 
se développer, de se reproduire, oc »e mol 
mais les animaux , outre ces qualités , veulent , agis- 
sent, combinent , opèrent, se déterminent , se com- 
muniquent aux autres objets quand ils veulent , et ils 
ont des sens qui les dirigent cl les font agir avec 
plus de certitude. 

Nous examinerons dans les plantes, i". leur structure 
intérieure; 2 e . leur origine; 5°. leurs sucs nourri- 
ciers ; 4 . leur végétation ; 5°. leur direction ; 6°. leur 
culture ; 7 . leuis maladies ; 8°. les differens remèdes 
dont on peut se servir pour les guérir; (j c . quelques 
faits curieux qui regardent la botanique ; io°. nous 
indiquerons la méthode de les cueillir et de les con- 
server ; il , nous donnerons une idée des plantes 
les plus intéressantes. 

De la structure intérieure de* Plantes. 

La terre fournit la nourriture à. tout ce qui vit ; 
mais elle ne peut produire d'elle-même le moindre 

brin d'herbe. Tous les cires doivent leur existence à 
une combinaison pleine de $age$SC. Les plantes , ainsi 
que les animaux , sont soumises à cette loi. 11 n y 1 pas 
moins d'ordre et de dessein dans les plantes que d 
les animaux. Ceux-ci ne peuvent eue ieilet du 



39 
hasard , celles-là ne le sont pas davantage. Si le suc 
dé la terre produisoit des plantes , il auroit la toute- 
puissance et la sagesse d'un discernement supérieur a 
celui de l'homme. Faire naître tout cl un coup des 
racines, des canaux, des fibres, des vésicules pour 
recevoir ci pour distribuer la sève , des glandes pour 
la filtrer et la proportionner à la délicatesse des 
vaisseaux où elles lui donnent entrée , des trachées 
ou des soupiraux pour recevoir et distribuer l'air, 
revêtir ce corps d écorce , lui donner des bourgeons , 
des branches , des fleurs et des fruits , ne fat jamais 
l'effet du hasard. Ii. faudroit rue ic suc de la terre 
eût plus d'intelligence que tous les hommes réunis 
ensemble , afin de se diversifier eu tant de parties 
différentes , et pour ne point se tromper , en faisant 
venir sur une plante des boutons et des fruits d'une 
autre espèce. Le poirier ne produisit jamais qu'un 
poirier; et Ion ne vit jamais soi tir d'un pommier 
qu'un arbre capable de porter des pommes : or , scroit- 
il possible que le hasard fut la cause dune uniformité 
fi constante , si régulière , si sage et si éclairée ? 
Concluons donc que toutes les plantes ont la même 
cause. Nous voyons que celies dout nous pouvons 
connoitre foiigine , viennent d'une graine; nous 
devons conclure par analogie que toutes 'es autres ont 
le même principe. Chaque plante a une petite giainç 
(lui est emportée par le vent , qui se répand par-' ont ; 
et cette graine germe dans les endroits où elle ren- 
contre les sucs qui iui son tconvei abîes. Sans ceia , d où 
viendraient , par exemple , les pavois noirs qvtihi . 
sent des landes brûlées dans t- départemens ce i'i é- 
raultet du Var, et dans les îles de I Archipel ?D*oi scroit 
provenue cette espèce de plante , qui , après in- 
cendie de Londres , couvrit plus de deux cents ar- 

G 4 



4© 
pens de terre ravages par le feu ° Tout ce qu'on peut 
en «1 rc csi qu ap| a\ de nouveaux sucs, de 

nôuvc les circonstances f m écl n * des semences déjà 
répandues en dit! rens endroits. Mi, le hasards peu- 
vmi; transporta semences , que leur peiitesst 

même met à couvert des i , et les 

rendre I » à pi iportion des différentes terres 

qu i Iles ren( ontrent. C. i . : qu on pc il croire que 

la graine de champignon et de fougère se trouve. 
répandue en différens endroits. La terre humide est 
propre i faire éclorc lune , tandis que le crotin de 
cheval fait germer f autre. 

On remarque dans chaque plante des organes 
propres à recevoir, a préparer . a raffiner, à distribue? 

les sucs nourriciers; mais on n y en découvre aucun 

qui semble destine pour la sensation. Ces organes 
sont les fibres ligneuses, les trachées et les utricules . 
Les fibres sont des tuyaux étroits , oblongs , dirigé* 
selon toute la longueur de la plante, ei ordinaire- 
ment entrelassés en forme de filets. Ces tuyaux li- 
gneux sont destines à recevoir le suc nourricier , e: 
à le distribuer dans toutes les parties de la plante. 

Les trachées font dans les plantes les mêmes offices 
que les poulmons font chez n/us , et les s: 
chez, les insectes. Ce soM des tuyaux formes dune 
lame mince en figure spirale ou en tire - bourre , et 
disposée de bas en haut le long de la plante, tantôt 
unis dans leur cours, tantôt ^'élargissant en manière 
de petites cellules. Elles .sont assez semblables aux 
trachées et aux poulmous des insectes , et situées à- 
| . i près de même façon : leur ouverture est sensib c 
nd on coupe la plante horizontalement; elles 
.ment aboutir sui La surface extérieure de lecorcc. 



4* 

Les trachées servent dans les plantes à recevoir l'air 
ctàlc transmettre dans leurs pcii.es cellules , qui sont 
comme les réservoirs , et. pour ainsi dire, les lobes 
où i air est porte par le tuyau de la trachée , pour 
passer de-là dans les sucs , et leur communiquer la 
fluidité nécessaire pour circuler et porter la vie dans 
toute la plante. Cet air , qui est entré dans la plante 
dans sa dilatation , en sort ensuite par son rétrécisse- 
ment ; et c est un mouvement alternatif 'que quelques 
philosophes ont pi is pour uxié vraie? respiration , et 
qui leur a fait croire que les plantes respirent. Ce 
ou il y a de certain , c'est que dans les petits trous 
de plusieurs éponges qui sortaient de la mer, on a 
remarque une espèce de mouvement de diastole et de 
systole [diastole, terme grec, signifie dilatation, et 
nstcle , contraction ; ce qui exprime le mouvement du 
cœur qui s'ouvre et se ferme successivement ). Pour 
découvrir facilement les trachées , on choisit , dans le 
printemps, des tendrons de vigne eu de tilleul; on 
les casse net, et on ics trouve remplis de trachées. 

Les utricules sont de petites outres , ou des sacs 
de figure ovale , perces par les deux bouts, comme 
des grains de chapelet , rauges par tas les uns sur 
les autres , et s'etendant horizontalement depuis 
Tecorcc exteiieure , au travers des autres écorces et 
du bois , en plusieurs endroits jusqu'à la moëile. Ces 
vaisseaux sont ordinairement pleins de sève ; ils oc^ 
cupent les espaces qui se trouvent entre les fibres 
longitudinales du bois. Un curieux, Malpighi , a 
vu dans du bois coupe transversalement les orifices 
des vaisseaux rnontans ; et ces orifices , impercep- 
tibles à la simple vue , étoient au microscope d'une 
grandeur à contenir an pois. 11 en a yu qui par- 



4« 

toïcnt de It moelle , allant se rendre à fécorce pa- 
rallèlement à 1 noria 

Cci 1 . de ces cil 1 ers organes que le corps des p!a I ; 
esc composé ; c'est des fibres , des crachées , ci des 
utricules cntrelassèes horizontalement dans le 
et dans les trachées, que sont formes fécorce, ic 
bois ou la moelle. 

L'écorcc est la partie de l'arbre qui reçoit exté- 
rieurement la première des influences de I 
plièrc , si salutaires ou *i précieuses a la 
tion ; c'est aussi elle qui reçoit les derniers et:- | 
des productions de la moelle qui est au centre. Cette 
partie du végétaient composée d'un tissu de I 
de trachées et dutricules qui (insèrent dans le bois, 
et qui forment trois parties différentes entre elles : 
la première est une peau fine, tendre et délicate , 
qui touche immédiatement an bois; on l'appelle lii - : 
la seconde est Vèpiderme , ou la peau extérieure, 
celle que nous touchons de la main quand le bois 
est entier; la troisième enfin, se nome entre le 
liber et 1 epiderme; on 1 appelle pour cela I écorce 
moyenne. Lecorce est donc dans les arbres ce que 
nous nommons peau dans les animaux , ou Ton 
trouve les trois espèces de couches que nous ve- 
nons de remarquer dans les ecorces. 

Le Liber se détache tous les ans des autres parties 
de fécorce , et s'unit avec 1 aubier. L'aubier ett une 
ceinture plus ou moins épaisse de bois imparfait, 
qui est entre fécorce cl le cœur de tous les arbres. Il 
est moins dur que ic reste du bois. Le liber ju- 
nissant avec ce bois, produit sur toute la circoi 
renée de 1 arbre une nouvelle couche qui en auj£ 
meule le diainctie. 



4 S 
Il semble que Pécorcc des arbres est 'a partie où 
la sève et les principes végétaux abondent davan- 
tage. En effet , les sels , 1 huile , etc. . s'v manifestent 
par ia bonte des cendres de i ecorce , toujours pré- 
férables à celles du bois écorcé. C'est pour cela que 
le tan, ou l'écorce du chêne, étant pulvérisé , est 
si utile pour façonner le cuir, le pénétrer, raffer- 
mir , le rendre souple , 1 empêcher de se cor- 
rompre , le rendre impénétrable a 1 eau , le dis- 
poser à se prêtera différentes formes , et à servir a 
nos usages. 

Il v a encore d'autres écorces d'aibres , dont on 
tire un grand profit: il y en a d'aromatiques , telle 
csi i écorec du cannelier de Ceylftn et de C;<scarille ; 
de médicinales, comme le quinquina ; de propres 
a filer, telle que celle du lin, du chanvre, de 
iciit'e et de certains arbres des ludes , sur lesquels 
on lève de lone> lilamens dont on fait des étoffes 
ju e ..c es de soie ou de coton. Lecorce intérieure et 
blanche du lavette est composée de douze ou qua- 
torze couches, qui peuvent être séparées en autant 
de pic.es d étoffe ou de toile. Le iie^e n'est que 
Técorce d un gros chêne verd des pavs méridionaux 
de l'Europe. Cest en coupant circulairement lécorce 
de certains arbres qu'on en relire des liqueurs , des 
gommes et des résines d un u ; age fort varie. Le pin, 
incise de cette manière, nous donne ia poix, le 
goudron , le brai liquide T_oor poisser les vaisseaux 
et les coidagcs. Le sap'n , le mélèze, le cèdre, le 
cypiès, le térébinthe , le lentisque , etc. , nous 
fournissent la térébenthine, le mastic en larmes , Icn- 
ce&s , le sandarac , le benjoin , le storax , le baume 
de Judec , celui de Copahu , et toutes les différentes 



•44 

résiner dont on comnes" des vernis , des parfums 
et des remèdes. Nous parlerons de toutes ces choses 
à L'article des aibics qui les produisent. 

Le bois est cette matière dure que nous fnnrnit 
rintérietir des artxes et des arbrisseaux; elle est, 

me le ils:-, de l'arbre , un composé de fibres 
de trachées et dutricules. 

Plus les bois on: de dureté , de solidité , C 
leurs ils sont pour toutes sortes d'ouvrages , et sur- 
tom pour la menuiserie. Le-. Allemands! chez qui 
les Hollandais vont chercher leurs bois de menui- 
série , Ont un secret bien simple pour leur procurer 
ces qua - ai prii cm] s, lorsque la sève ti onte en 
abondance, on enlevé l'écorcc qui se d< rès- 

faci le nient , et on les laisse sur pied pendant toute 
1 année. Le printemps suivant , ils poussent encore 
quelques feuilles ; et lors de la saison de la coupe, 
on abat ce i , qui pour lors fournissent un 

b bien meilleur pour la duTce ; l'aubier de ces 
arbi i ecorcés et lais es sur pied , devient ai 

dur que le cœur , et n'est [ u* plus sujet à ia piqùic 
des vers que le b< i- même. 

La moelle est comme un amas de petites chaxn~ 
brett s se] arées par des interstices ; on c beau- 

ci un de ' v. Cette m elle est ras : au cenl 

et jette de I étions qui vont s'épanouir dans 1 e- 

c o c. 

Lès racine! : t spe 

» d on i 

n ï ù e I . 

I . sein d( 

lactées d< . .. La ra. 



est le premier tamis par où se filtre le suc nourricier 
pour passer de là , par le secours du ressort de l air , 
et par lattraction des parties analogues', dans la tige et 
dans les branches , en se perfectionnant par degrés 
suivant la forme des porcs et des organes par lesquels 
il passe. De la vient que la racine descend et se n fonce 
toujours dans la terre, et que la tige s'élève; car la 
partie la plus pesante doit descendre et s enfoncer t 
puisque son excès de pesanteur lui donne une direc- 
tion du haut en bas : or , la racine est la partie ta plus 
massive , puisqu'elle tire le suc le plus grossier et le 
plus pesant. Aussi les charpentiers et les charrons 
destinent-ils les racines pour les endroits de leurs ou- 
vrages les plus exposés à la fatigue. La tige doit 
s'élever au contraire , puisqu'elle ne tire que les sucs 
volatils; elle prend leur direction : or, ces sucs étant 
poussés en haut, comme la vapeur , par l'air , par la 
matière qui les envi tonne , ou par l'effort de la fer- 
mentation , donnent à la tige qui les reçoit, une di* 
rection vers le haut. 

Ouand la racine a o-agmé la terre, et cm'elle v est 

■S» O O ' à. 

attachée, les sucs digérés et subtilisés dans la racine 
qu'ils ont enfilée de bas en haut, et poussés dans les 
fibres de la tige, comme dans autant de tuyaux, et 
se dirigeant toujours en montant , la plante prend 
cette direction avec d autant plus de facilite , que l'air 
1 environne de toutes parts et également ; autrement 
l'arbre pencheroit du côté où il auroit moins d'air , 
comme on le voit sur le penchant des câlines , où 
les arbres s inclinent toujours du coté de la montagne. 
C est ce qui fait aussi que la flamme a toujours 
direction en montant ( verticale ) , lors n 
chandelle n'est pas droit* , mais pcnchc< 



La tige , ou le tronc , est cette partie de la pLntt 
qui naît de* racines et qui s'élève jusqu'au* branches. 
La tige clans les aibir» pic ad Le nom de trom ; c»!e 
est toujours composée d écorce, de bois et de moelle. 

On doit remarquer ici que les s_.s , qui servent 
de nourntui a a bre, produisent chaque année un 

nouvel av.cio ; .ssciiuiJL dans le tronc . et duc ces ac- 
croissemens divers sont marqués par autant ce cercles. 
11 s'ensuit de ceci que , pour connoître l'âge et les 
années d'un arbre , il suffit de compter le nom 

des cercles qui se trouvent dans le tronc de cet arbre 
lorsqu'il est coupe. 

Ces couches circulaires n'ont pas ordinairement le 

même centre ; les demi- cercle* qui regardent ic m 
sont plus grands , plu* éloignés les uns des autres que 
les demi-cercles qui sont vers le septentrion : parcs 
que la partie méridionale de 1 arbre regarde toujours 
le soicil , quelle ressent, par conséquent, te* c (IV ts 
de ses rayons directs , au lieu que le cote qui regarde 
le nord , ne ressent que 1 elFet des rayons indirects 
et réfléchis. Or, les rayons directs ont plus de force , 
ils produisent plus de chaleur ; par coaséquent , ie 
côté méridional de l'arbre a plus de vie , il attire plus 
de sucs nourriciers et des sucs mieux prépaies: d'où 
il résulte que les accroissement doivent ê.re plus 
grands , et marqués par de plus grands arcs de cercle 
dans cette partie, que dans 1 autre. 

De là il suit que t quand on voit un tronc d'arbre 
abattu, il est facile de deviner par la différence des 
cercles quel côte de l'arbre regardoit le midi ou le 
nord avant qu'il lût abattu. 

En quelques eudroits du tronc et des racines , il 



47 
part du corps du bois des filets et de petits rameaux 
léunis cl entrelaces qui traversent le bois , L'aubier et 
1 écorec , et dont les extrémités aboutissent à la ; r 
extérieur". La réunion Je tous ces vaisseaux grossit 
ou enfle quelque peu l'endroit ,! e fécorce ou ils 
aboutissent; et c e>c ce nu on appelle les nœuds dent 
tout l'appareil est destiné au service et a L'accroi'àse- 
seinent des boutons. 

Les boutons sont autant de petites plantes entières, 
qui ont leurs vaisseaux et toutes leurs parties pliéei 
les unes sur les aunes, comme les fils d'un peloton. 
Ils sont garantis au dehors par diverses enveloppes , et 
sont logés dans les noeuds de l'arbre , pour en tirer 
tour-à-tour les secours nécessaires à leur développe- 
ment. Je dis tour-à-tour , car , dans les boutons comme 
dans les œufs ou dans les germes des petits animaux , 
il v a des deçrés ou des diminutions d'avancement 
qui vont, pour ainsi dire , à 1 infini. La bienfaisance 
de la nature n'éclate pas moins dans ce ménage- 
ment, que sa puissance même : puisque non-seule- 
ment elle nous donne d'cxcellens fruits cette année , 
mais quelle en réserve une récolte toute semblable pour 
l'année prochaine; et que , par des préparations iné- 
gales, elle nous assure des provisions inépuisables , en 
empêchant les boutons de s'ouvrir tous à la fois. 

Les bourgeons et les branches sont des espèces de 
rejetons qui naissent du tronc auquel ils sont atta- 
ches, et dontils contiennent toutes les parties; ce n'esta 
pour ainsi dire , qu'une espèce d'extension de fécorce, 
du bois et de la moelle de la tige. Au reste, si dans 
les plantes on voit ordinairement le côté méridional 
pousser plutôt des bourgeons et des branches au prin- 
temps que le côté septentrional , c'est , comme on vient 



de 1 observer . | :ôté méridional ressentant 

les effets des s soleil , ia cl a e . r 

qui , par co ; iic les su > 

] e et plus i ut que dam La 
opposée. 

Pource.quîc ; . ce sont fies productions 

des fibres , des a lige. Ces finies , 

accoin et d'utrtcules , sortent d un 

pedicu e ( ■! mi • tii du ru » ; c'est donc la 

queue par laquelle les feuilles sont attachées à leur 
branche ) , qui renferme tout cela , s'étendent d'abord 
en largeur , puis se rapprochent, et forment le con- 
tour plus ou moins a ongé de la feuille. Les feuilles 
sont très-nécessaires et utiles aux fruits, parce que 
les sucs se raffinent cr se perfectionnent en circulant 
dans les canaux étroits 3es feuilles; ils en sont donc 
plus délicats. D ailleurs , les feuilles servent à défendre 
les fruits des injures de l'air, et à pomper 1 ai r pour 
le rendre au rcsie du corps de l'arbre : car pendant le 
jour la chaleur fart monter la sève Sans les feuilles 
directement et latéralement'; cette s> ; ve transpire m en c 
quelquefois par [es j ores des feuilles. Au retour de la 
nuit et delà fraîcheur, il se fait un mouvement de s 
tout contraire a dent; les feuiiles qui ont ex- 

halé tout le jour, pompent de nuit la rosée, et c\\a 
en humectent les branches', les llcuis, les fruits 
et l'arbre entier : ce que 1 du prouve en coupant ustc 
petite branche da;luc;>i l'on s i'c.iu l'extré- 

mité des feuilles*, elle se conserve , et elle périt si l'on 
n'a pas cette attention". 

Les fleurs sont a-peu -près comme les feuilles , un 
tissu de fibres qui viennent de lécorce et du bois de 
la plante; clic» se changent en fruits après avoir sa- 

tisfait 



49 
tisfai-t notre vue par la richesse, de leurs couleurs , et 
notre odorat par les parfums les plus exquis. Les 

sucs et la couleur des fleura dépendent de l'ai rangement 
et de la tissiue de ses parties. Chaque fleur a reçu 
de la nature la commission de renouveler chaque 
année la plante qui lui a donne naissance, et den, 
pr.-parcr l'espèce ; puisqu'il est cci tain que sans fleurs, 
elle ne produiroit point de fruits , où sont contenus 
la graine ou la semence qui les rendent féconds. A. 
1 egard des plantes qui ne portent d'autres fruits que 
leur graine, on observe quelles ont toutes leur ca- 
iice , leurs feuilles , leur pistil , leurs etamines avec 
les sommets de ces étnmines. 

Le calice est le soutien des autres parties de la fleur, 
et la première envelo] ne qui renferme les feuilles et 
les punies essentielles d< la fleur. 

Les feuilles sont étendues et placées autour de la 
graine , peur la ciefeudre des iii] res de 1 air. 

Le pistil est une espèce de tuyau qui s élève du 
fond et du milieu des feuilles; il renferme en soi lit 
embrions des graines. 

Les étaraincs sont d«s filets déliés qui naissent du 
fond de la fleur autour du pistil , et qui sont termines 
par des extrémités de diflerente structure que Toi; 
nomme sommets. 

Ces sommets des étamines sont assez souvent de 
petits globules hérissés de pointes ; ce sont autant de 
petites bourses ou vésicules qui senti "ouvrent dans 
leur maturité , et qui versent une poussière de con- 
figuration différente , selon la différence de la plante 
et de la fleur. 

Ces trois dernières parties, si nécessaires à la gé~ 
n :. ;•..:' \Ution [ ubliqùt. D 



5o 

j dans Ici 

< cl \ CI LC 

pistil . • mite 

coins ci 

is , ci ii re le fond de sa ca^ 

l 

nd de i 
fleur dei i : ; : 

jaunes*! C 
• 
renfl i poussière jaune 

g L'on y icucl.c ; c csi une esp 
:ftce , q le pistil par les oui 

de son extrémi cure , sen à f< ■ les 

graines , comme on peut te prouver pa 
I avanie. 

Les plantes connues, du moins presque toutes 
e r . (.ht huis 
î sur le ' pted , soit sin 

frépa.ré.s, : or, i°. dans ms plantes où le 
é lamine 

ces étamïu le sommet soit ouvert, et 

par conséquent a it pu se ré- 

pand n .' ' 

tériles. 

le pi • • • 

et 1< s vre , 

i 

ce de ceci, 

enec 

qui en sqi t l j . 



£1 

C'est pour ces raisons que, lorsque la vigne ou les 
n fleur, s'il survient quelque grosse pluie, 
qui par son poids et p£r son action enlève les Som- 
mets et in poussière, la vigne coule, les cellules des 
.ni values, ou les grains ne sont pas féconds. 
De même , quand les arbres fruitiers sont en fleur, 
e blanche, suivie d'un coi p de soleil, 
brû ; - nmet des étamincs et desséche le pistil , 

voila l'espérance du jardinier qui est perdue. De ces 
faits il résulte que, pour rendre les plantes fertiles , 
il faut que la poussière dc$ étamines qui est sulfu- 
reuse et composée de parties subtiles et pénétrantes , 
comme l'odeur le marque dans la plupart des fleurs, 
tombant sur le pistil qui renferme le fruit ou la 
graine , se résolve , pénètre la substance du fruit , et 
y cause une fermentation capable de développer et 
de faire germer la petite plante qui est contenue dans 
\t\ graine. Ce système est ncn~seulement vrai pour 
les plantes qui porteni leurs fruits et leurs étamincs 
sur le même pied , mais encore pour celles dont une 
espèce porte les fleurs sans les fruits , et une autre 
espèce Us fruits sans les fleurs , et dont les étamincs 
sont sur un pied, et le pistil sur un autre. 

La poussière des premières est secouée par le vent 
et par 1 agitation de Yait, et va fécender les graines 
des autres , qui en sont séparées et quelquefois éloi- 
gnées : de-là les plantes maies et les plantes femelles. 
On nomme plantes maies celles qui ne portent que des 
fleurs et qui vont féconder les autres ; et celles qui 
ne portent que le fruit et qui sont fécondées par les 
premières , s appellent plantes femelles. Un palmier 
femelle na-t-il pas de mâle clans son voiairtage , au 
noms à une certaine distancé , il ne rapporte point 

Da 



de fruit; s'il en rapprne , il ne m Mtlt , il est 

de mauvais goût , sans H jrtti ri n- 

cluons donc que toutes 1rs plantes viennent raine, 
et que chaque graine: est une ïu plante formée 
qui ne fait que se développer en naissant. 

Des suts non ru iéi • Plan î >. 

Les sucs nourriciers des plantes sont les terres, 
les huiles , les sels, et sur-tout i*cau. Si l'un * . 
différentes fleurs , on en tirera toujours ces quatre 
principes ; et , à l'égard de l'eau , tout le monde s«dt 
qu'elle est nécessaire a L'accroissement des plantes. 
La trop grande sécheresse les tue. 

i°. Exposez en hiver sur une cheminée ('es carafTcs 
de verre pleines d eau ; mettez sur la surface de- 1 eau 
des oignons de jacinthe, par exemple: la chaleur de la 
cheminée se communiqueia à 1 eau agitée ; feau p 
trera les oignons , développeia la racine et! ces 

fleurs ; la racine descendra , et la tige s'elevera suivant 
les principes que nous avons poses; 2°. prenez de la 
terre , faites-la bien sécher au four et pesezda ; vous 
la mettrez ensuite dans un pot bien leime, on dans 
une terrine où il ne puisse point s'en perdre , vous y 
planterez une branche âc saule , ou de quelque ar- 
biisscau , que vous aurez pesé auparavant ; 
roserez quand elle en aura besoin , et vous pei 
toute feau que vous lui donner;/. Au bout de quelcjue 
temps que la branche :sse , von» L'arracherez, 

vous ramasserez soigneusement tonte !a terre, i 
la remettrez une sec, bel , 

vous y trouverez le même poids 

qu on plantât la branche e, Cept cette 

branche a crû , elle a poussé des racii 



53 
des rameaux , son poids est augmenté de beaucoup. Oà 
a-t-eile pris la matière de son accroissement? Ce n'est 
pas de la terre, puisejuon y trouve le même poids; 
€ est donc de l'eau dont on la arrosée. 

Les huiles et les sels ne contribuent pas moins à 
la nourriture et à la végétation des plantes. Ces huiles 
et ces sels répandus dans L'air, mêlés ensuite avec les 
pluies , les exhalaisons et les vapeurs, pénètrent la 
terre jusqu'aux racines , ouvrent et élargissent les 
parties terrestres. Ces parties , ainsi atténuées , sub- 
tilisées et dilatées , sont avec les huiles , les sels et 
feau i la nourriture ordinaire des plantes. 

On conçoit aussi comment les mêmes sucs nour- 
rissent des plantes différentes, et produisent des fruits 
si divers. Cette différence ne provient que de la dif- 
férente configuration qu'ils rencontrent dans les vais- 
seaux des plantes par où ils passent , et de celles quill 
y reçoivent. De-la naissent les différences que Ion 
remarque entre l'écorce et le bois du même arbre , entre 
le bois et les feuilles , entre les feuilles etles fleurs, entre 
les fleurs et les fruits. Si Ion greffe , par exemple , un 
poirier de bon- chrétien sur un poirier sauvage , le 
même suc qui , en passant par le dernier n'auroit 
produit que des poires fort petites et de mauvais" 
goût , en produit de très-bonnes et de fort grosses , 
après s être filtré au travers des canaux que la greffe 
lui présente. Que sur une de ces branches de bon- 
chrétien on greffe une autre branche de poirier sau- 
vage , elle ne portera , par la même raison , que dc§ 
poires fort petites et de mauvais goût. 

Naissance des J x la?ites. 

Après les principes qu'on vient de poser , il est 

D 3 



$4 

facile de comprendre la naissance dei plantes. Avant 
rceme d"éclore , la petite plante contenue dans la 
graine a ordinairement sa radicule , sa I 
les , sa pulpe ou sa chi il qui l'environne , s 
en deux, lobes ( lobe nom qu'on d< x deux par- 

tics entre lesquelles coûtes Les s-). 

Les sucs nourriciers poussés par l'effort de l< 
sauteur , par leur mouvement propre de 
par faction du ressort de l'air qui les environne , et 
par la Fermentation que la putréfaction cause dans ia 
graine , attirés par 1 attraction des sue> gués qui 

son* dans la graine, s insinuent dans la petite plante , 
pénètrent la pulpe ou la chair de la plantule , se- 
lance de-là dans les fibres des racines et de la tig 
dans les feuilles repliées en une petite masse 
sible et presque imperceptible , gonflent les racines 
et les feuilles , les redressent, et en les rc ' 
les développent. Ce développement produit une 
gure régulière ; et c'est ce qu'on appelle la naissante 
de la plante. 

La naissance des plantes est sensible dans la 
C'est une fève composée de deux lobes qui - 
comme le corps de la fève , et d'are petite plante 
renfermée et repliée dans les deux lobes. I 
contiennent la pulpe ou la chair. On app 
la plantule une petite tige attachée aux deux le 
par deux espèces de fils, qui sont deux petits ca- 
naux. L'extrémité de la tige qui se termine ni pointe, 
est la radicule; lautre contient l< 
lune sur l'autre. Mettez tremper dans le 
Tête , le bout de la fève îc plus 
leau qui se filtre par la substan 
emporte avec elle quelques particules de ia i 



55 

ou de la matière des lobes , passe par les deux petits 
canaux dans la tige , coule dans les tuyaux des ra- 
cines et feuilles. En peu de jours vous voyez les 
racines se développer, s'allonger, se ute 

pointe s'étend , et descend vers l'eau. D A s quelle a 
gagne leau , elle la suce et la transmet i 
et dans ies feuille», qui se développent, saiio?; 
et s'élargissent à leur tour. Ainsi naissent l< .les. 

On observe la même chose dans la graine de cou-. 
de concombre et de melon ; et telle est à-peu près 
vraisemblablement la naissance de louées, les autres 
plantes. Tandis que le germe est dans la terre , la- 
pulpe eu la semence imbibée d'eau est d'abord pour 
lui le fonds dune nourriture fprt délicato , jusqufà- 
ce quil ait poussé des racines capables d'attirer et 
de digérer un aliment plus grossie] ; c; i la racine a- 
toujours passé pour l'estomac de la plante. 

Végétation êes Plantes, 

Pour expliquer la végétation des plante^ .--il faut 
connoître par où le suc nourricier monte des racines 
dans la plante. U est vraisemblable qu'il monte par 
1 ecorce , par le bois et par la moelle. Il monte cer- 
tainement par lécorce , puisque les arbres creuse-, 
auxquels il ne reste de bois dans leur tronc qu'autant 
quil en faut pour soutenir i ecorce , ne laissent pas 
(le vivre et de produire. Nfais si Ton retranche de 
1 ecorce un anneau fout d plante meurt bi 

tôt après. Le suc doit mon ta ussi par le bois ; car 
pourquoi celui-ci auroit-il ses libres perpendiculaires , 
si la nature ne les avait pas destinées à attirer le 
suc des racines? Aussi te le bdîs vert 

rot imbibé de sucs. Enfin , il est pr< 

D 4 



56 
ar la 

suce > liquides. 

Un fait ir prouver c • en 

,; l tierce, par le bois «. 

Eiérau lt, loi e 1 e s o 1 i - 

i , on coupe lécorce h sent 

de lalarg > ou quatre doigts autour du tronc 

ou des : en lorte qu'on découvre le bois, 

ou le corps ligneux . un peu au-dessous de Ici 
biancîies qui sont an-dessus de fente, meurent c! 
sans doute parce qu'elles sont privées du sua nour- 
ricier quelles tiroient auparavant par lécorce ; mail 
elles ne meurent qu après avoir porte la même année 
des feuilles a l'ordinaire, des fleurs et des fruits au 
double de ce quelles avoient coutume den produire. 
Or . par où la matièie de tant de feuilles , fie Heurs 
et de fruits est-elle montée , sinon par les libres du 
bois , et par les vésicules de la moelle? La moelle des 
plantes, ainsi que celle des animaux, est un amas de 
petites vésicules qui semblent destinées à hltrtr et à 
travailler finement; un suc subtil et délicat pour la 
nourriture des fleurs et des fruits : de 
qui ont beaucoup de moelle ont aussi beaucoup de 
fleur- et ce graine ; c'est ce qu il est f . ver : 

le sureau et le lilas ont beaucoup de fleurs et de graines, 
ils ont aussi beaucoup c!e moelle. 

Production du Bran< ' < i. 

Les branches ne sont, comme nous lavons ob- 
servé, qu'une extension de lécorce du bois, e: de 
la moelle de la tige : ce sont proprement de peines 
plantes, qui naissent et eclosent - ria- 



5 7 
dont Ici racines demeurent attachées au 
tronc. Dé-là vient qu'une branch* tr et de 

plusieurs autres arbres, mise en terre , pousse des ra- 
cines, et donae feientôt : nte cru, 

F ■• des Feuilles , des Fleurs cl des Fruits. 

La circulation des sucs dans la lige et dans les 
branches les fait éclore ; Faction de Ja sève pousse, 
hors du tronc et de la branche, les feuilles, les fleurs 
et ici fruits, et elle les nourrit, rn faisant couler 
dans leurs fibres des sucs plus subtils et mieux tra- 
vailles. Les feuilles servent même , comme nous ù- 
vous déjà dit , à raffiner des eues délicats pour les 
fleurs et pour les fruits. Les fleurs tirent cies feuilles 
ce que celles-ci ont de plus épuré eu de plus tendre. 
De-ià, selon les obseivations «Tun très-habile physi- 
cien , lorsque les fleurs sont en grand nombre , et 
qu'elles ont beaucoup d'odeur., les feuilles n'en ont 
point; au contraire, les feuilles sont odoriférantes , 
quand les fleurs ma t. On dirolt que la feuille 

ne se réserve que les sucs les plus grossiers , dès qu'elle 
peut faire passer dans la fleur ce qu'elle a de plus 
pur et de plus txq 

Cir de la sève. 

la sève circule datas les plantes , comme le sang 
dans les animaux, Gc sentiment est appuvé sur des 
preuves si fortes , qu'il est de s'y refuser. 

En effet, on né peut n : cr que la sève ne circule 
dans les plantes , s'il est vrai que la même sève monte 
et descend. Or, le fait paroît certain; car lorsque les 
tiges de deux charmes joignent ensemble leurs écorçes. 



3 



en un endroit, en sorte que le iuc de l'un passe dans 
[autre ; si ion scie ur la fin oV de Fun 

à deux pieds au-déisou - i , anchei 

I qui sont au-dessou 
éc«rces, pousseront au i > et dei 

petits jets , ainsi que celles q : il 

faut donc quelles reçoivent par la jonction des i 
un suc nourricier qui descende r 
les racines , après avoir monte des racines vers les 
blanches. 

La même vérité se confirme encore par une autre 
expérience. Que Ion choisisse un arbre pOi 
de grosses racines , dont une soit découverte d'en- 
viron un pied et demi; qu'on la coupe à quatre d 
de terre, il est évident quelle périra , s'il ne lui -. 
un suc qui descende vers les racines après a< 
monté vers les branches, puisqu'elle n'a plus de com- 
munication avec ia terre ; cependant L'année suivante 
elle pousse des branches et des feuilles ; cloue la même 
Sève monte et descend. 

Il faut donc surpo c er dans les plantes . des canaux 
montans et d'autres canaux descendant; les premiers 

:- ; k : s à porter du bas en haut une liqueur ; 
spiritueuse c: plus subtile, les au- rapporter de 

haut en bas une liqueur plus e e: puis gros- 

sière un fait dont il i que f expérience ne 

pei n :r. On prend ui lu d'ua 

petit 01 me s.ai Is , de la long 

trois pouces , et {'■ i en- 

tonnoir de cire ; on coupe ensuite h 
e: l'on verse de 

fCTS du more e tu , d - 
ut qui r:- 



3g 

qu'on les eût coupées, et coule par conséquent clés 
branches vers les racines', mais erser le mor- 

ceau au bout opposé duquel est oir, et, 

par conséquent, sans couler des racines vers les bran- 
ches : au contraire, lesprit-de^vin distille prornpte- 
ment par le morceau au travers duquel i a pu 

se filtrer. Or , delà, il s ter évidemment que 

la lioueur qui partant des racii es va nourrir la nge , 
les branches et les feuilles , doit contenir en montant 
plus de parties subtiles , volatiles et spiritueuses ; et 
qu'après avoir déposé ses parties spiritueuses en divers 
endroits , elle ne doit rapporter des extrémités vers 
les racines que ses parties les plus grossières , mêlée* 
avec les parties aqueuses ces vapeurs , de la pluie et 
de la rosée. Peut-cire aussi pourroit- on en conclure 
que les Iruits doivent être - m^l :urs et plus 

délicats qu'ils sont plus éloignés de la racine. Mais 
il faut pour cela supposer dans deux arbres moins 
hauts l'un que l'autre , égalité de pores , et même 
proportion d'ouvertures; car si L'un a les porcs plus 
:s que 1 autre , on conçoit qu'il admettra des sucs 
plus grossiers que celui qui a des pores plus étroits. 

T! résulte de cette expérience qu il est vraisemblable 
que la même liqueur monte , descend et remonte pour 
ménager aux plantes une nourriture convenable. On 
peut croire que les fibres ligneuses portent vers les 
es les t;ucs les plus spiritueux; que les utrrcules 
ortent vers les racines les sucs cm ne sont point 
encore asscxdigérés ; et que les trachées fournissent 
l'aii qui facilite ia circulation de la sève. 

DelnîailU et de le. zreife des Ai 1res, 

On dit que ce fut une cu?vre ] ' don T, a 1 idée de 



ne. Cet anirnal avant brouté un cep , on 
remarqua que l'année - u fruit plus 

abonda mm i i 
cou erte pour r 

:r l.i \ i . i . 
en Amérique , 

donnoient fort peu de roses. 1 rd fi qu< 

prit à un i siei : \[ en resia quelques rejetons, i 
l'année suivante , portèrent des ros< nanti té. Les 

Indiens apprirent de cette manière à émonder cei 
buste, et à en ôtér les bois superii 

La pratique cTémonder et de tailler ne suffit pas 

pour faire porter aux arbres des fruits abon clans , 
sains , doux et agréables : ce secret dépend beaucoup 
de l'opération de greffer. 

Greffer un arbre eu bien Tenter, c'est y i. 
un rejeton d un autre aibre , de manière que 

et l'arbre greffe ne 

Pour que eut se réunir, il e I es- 

sentiel que le sujet ou le sauvageon soit dune nature 
un peu analogue à 
nt voit-on réussir que . 
et de noyaux sur i 
à vouloir greffer , les u - 

dont la sexe se met en mouveme ; ( rnps 

différens. Lan est rs es- 

pèces de greffes , par le n 
greffer des es pendant toui : 

La greffe en fente s< fait dans le- mois pluviôse 
et \ enti i ■ •• , 1". squ^e Lecorcç ne qu 
l'aubier. Pour i 
sauvageon qu'on veut grefl 



6i 

tresse* branches , s'il est trop gros. On se sert ci une 
scie peur couper ia tête de l'arbre , et on la coupe 
en pente fcfi» de donner [écoulement aux eaux de 

pluie : on fend ensuite ia lige avec un fort couteau, 
qu'on enfonce à coups de maillet , après quoi on 
donne quelque profondeur à ia fente par le moyen 
d un coin de fer ou de bois; enfin, on insère dans 
cette fente une branche d arbre de bonne nature, 
qui ait au moins trois bons veux , c'est-à-dîre , trois 
nœuds qu on sait renfermer autant de paquets de 
feuilles. L'extrémité de la bonne branche doit être 
applanie à deux faces; on fait en sorte en la plaçant 
dans la fente, que 1 écorçe de la g'.xh': , au moins 
d un côté , touche exactement à leccrce du sujet; 
car ce n'est que par la partie la plus fine des ecorces 
que se fait ia réunion des - ux , dans les- 

circulervt les sucs. Lorsque l'insertion est bien 
faite , on recouvre la fente avec quelques morceaux 
d'écorce croisés , en serre que rien n'y puisse entrer. 
On met dessus de ia terre glaise mêlée avec un peu 
de foin ; on emmaillote le tout avec du linge pour 
écarter pms sûrement la pluie et la sécheresse. Ces 
espèces de greffes se nomment aussi poupées , à cause 
de leur enveloppe. On peut mettre deux greffes sur 
le même sujet , et même quatre s'il est gros : c'est ce 
qu'on nomme alors la greffe en croix , qui n'est tou- 
jours que la même opération. 

Lorsque les arbres sont en sève dans les mois 
floréal et prairial , on greffe en couronne les arbres 
qu'on a trouvés trop épais pour les greffer en fente , 
et qu'on craignoit d'éclater. On sépare alors assez 
facilement 1 écorce d'avec le bois , en y enfonçant un 
petit coin ; ensuite on glisse dans tes différentes ou- 



verturt bes qui aïei : 

O'i ' : 

„ ■. ic L 
. 

tint cféd 
lieu 

un ciseau de i. un cran ou i aille 

un peu pr< et dans le bois , et 

- rès que la pi ■ , i n y aj istc 

bonne branche i de ma. 

a remplir cxacJ maille , el 

se te 

. C'est Ce ; C. 

On greffe enc*oi . : ! i -, norcal , 

lorsque les arbi . e • ve ei qu : réco 

paT la le 

jardî 

un ban : sur 

e sur le 
' i 
• 
rme d'un l en < % 

nfin 
même rement , i 

un i em- 

; . il le d< I en 

tottillam lég 
Question qu 
j 

a dé] • »ui U e exj 
à Tel • - 



sa foi m >de de greffer est peu usitée , 

si ce n v le châtaignier, le noyer, l'olivier et 

le figuier, dpnt il seroit difficile cle taire réussir îes 
greffes dune antre façon. 

La greffe en écusson est d'un usage très-étendu pour 
les f 1 1 i t s à noyau. Pour faire cette opération, on 
détache légèrement des branches dun bon arbre un 
petit morceau d'ecorce triangulaire , un peu plus 
long que large, au milieu duquel il faut qu'il y ait 
un œil de resté; ensuite on va faire une incision en 
foi me de T, sur un sauvageon ; on ouvre avec un 
gre:i ,;: r Técorce , et on glisse dessous le morceau 
d'ecorce triangulaire, en sorts offelle soit entièrement 
recouverte , à 1 exception de ieeil; on lie doucement 
ces écorces en y passant plusieurs tours de fils de 
laine. Lorsque cette gieîle se fait dans l'été, temps 
ou la sève est très-abondante , on coupe la tête du 
sauvageon à quatre ou cinq doigts au-dessus de Tecus- 
son , afin que la sève iinonde et le mette en action: 
pour lors on donn: à cette opération le nom de 
greffe à la pousse. 

Si au contraire on n ecussonne que lorsque' les 
arbres ne sont pie. que plus en sève , on ne hâte point 
cette grefle , on la lai se dormir, ou agir foiolement, 
en conservant la tece de 1 arbre,, pour ne 1 abattre 
qu au piituemps prochain, lorsque la sève s'cveiU 
kra : aussi nomme-t-on la greffe pratiquée de cette 
manière, greffe à oeil dormant. 

La greffe est ce qu il y a de plris ingénieux dans 
le jardinage : c'est le triomphe de l'art sur la nature. 
Par cette opération on vient à boui de faire rapporter 
les fruits les meilleurs a des arbres qui n en auroient 
donne que de reveches ; par jon secours on r: 



U qualité des fruits, on i nue le coloris, 

on lem donne plus de p . on en avance la 

maturité , on les rend p! u - s , cr \'< 

porte des fruits de même esj 

que ceux de laib.e d'où eîi< ci la 

raison : s fruits ] ent de la •- 

qui a reçu de l'arbri où lie rti- 

culièrcs à son espf 

a tù"' mis atte non de 

à sa greffe. A; ?s avoir passé p- ' l racine et jar 

le tronc de l'arbre nielle , les sucs qui coulent 

le ç Fibres de la a) cric y prennent un- 

s . blable ; x pores pai ils passent . et à ] arbre 

qui a foun i greffe sur-tout en se c 

les sù< anale gues qu ils trouvent dans la plante . 

qui les attirent à eux. 

Culture des 

la culture contribue i la fecon 

plantes , et cela à p pr< 

tribuc les sucs nourriciers. 

Quand on veut, par éxemj :., ic ies éCussons 
tapissent la muraille à<$ là pr< . et ne 

laissent point de vicie aie* 
afin que la sève , n'étant i . e ni à îeut i 

une , ni à c< lie des fruits 

brandies. La I : d un i us é 

cie huit à neuf pouces , il cy 
le bout , pn 1 1 c 

cée , desséi et incapable d 

1 an- 

. on mn aiile la te i de 



légèreté , par conséquent plus de pores et d inters- 
tices propres à recevoir et à transmettre jusqu'à la 
racine des plantes la pluie , les vapeurs et la nour- 
riture ; plus de sels dégages disposé a lamenter et 
à fournir des sucs; plus d ait- propre à seconder, par 
l'action de son ressort, les fermentations terrestres, 
et à introduire les sels et l'eau dans les fibres des 
racines. 

Secrets a agriculture. 

On appelle secrets d'agriculture tout ce qui facilite 
par son action le développement des graines, cause 
ou hâte la naissance des plantes , et les préserve des 
accidens fâcheux auxquels elles sont sujettes. En voici 
quelques-uns qui ont pour base les principes que 
nous venons de poser pour la culture des plantes. 

i°. Si l'on brûle une terre , et qu'on l'arrose en- 
suite abondamment, ce terrein est aussi-tôt fécond, 
et produit mille plantes différentes. La chaleur dé- 
gage la graine des parties terrestres qui lenchaînoient, 
ouvre tous les pores , en chasse l'humidité grossière , 
réduit tous les clémens à leur plus grande simpli- 
cité , et dispose le sol à recevoir les sucs nourriciers. 

2°. Trempez dans de 1 eau-de-vie de la graine de 
laitue , de choux-heurs , etc. mêlez avec votre terre 
de la chaux éteinte et réduite en poudre, avec un 
peu de fiente de pigeon ; en moins de quarante-huit 
heures vous aurez de la salade, des choux-fleurs, etc. 
On a vu en Angleterre un curieux faire servir à ses 
amis, sur la fin d'un repas , une salade de laitues qu il 
«voit semées en leur présence , immédiatement avant 
de se mettre à table. 

'>". Voulez-vous fai.e lever du persil? mettez de la 
Suite du PU i I iiutlion pul'li-fUt. E 



graine de persil tremper dans du bon vinaigre ; semez" 
la ensuite clans de la bonne terre, sur laquelle vous 
aurez jette des cendres de cosses de fèves ; enfin , 
arrosez votre terre avec de l'esprit de vin, et c m- 
vrez-la bien de linges : bientôt vous vei iez votre persil 
pousser hors de la terre. 

4°. Mettez des pois et des fèves tremper pendant 
neuf jours dans -de l'huile chaude , tirez-Les ensuite « 

et faites-les griller : les fèves et les pois lèveront une 
heure après qu'ils auront été semés. 

5°. Voulez-vous rendre une graine beaucoup plus 
Fertile? trcrapez-la pendant quelques heures dans deux 
pintes et demie cl eau imprégnée d'une once du meil- 
leur salpêtre , et semez. 

6°. On tire des sucs, des baumes, de la térében- 
thine de certains aibres , parce qu'ils sont remplis 
de sucs, sur-tout dans le printemps et en cte , et que 
les sucs étant toujours en mouvement , et agissant 
avec beaucoup de ressort, se portent au dehors , si 
Técorce de l'arbre est blessée. Les sucs , reçus dans 
un vase et au grand air , perdent leur chaleur, qui 
se dissipe , et se prennent en une gelée, qui a des 
qualités diverses, suivant les différentes propriétés 
de l'arbre qu'ils vivifioient. 

7°. Dans le temps de la sève , le tronc se dépouille 
aisément de son ecorce; c'est qu'alors le suc passe 
en plus gros volume et avec beaucoup plus de rapi- 
dité et d effort , en heurtant en tout sens et *e poussant 
contre les parties qui le resserrent dans son passade : 
ce qui ne peut se faire sans éloigner insensiblement 
lecorcc de sou tronc. C'est aussi pour cela qu'en 
frappant sur fecorce à petits coups redoubles , on 
pâment à la détacher «lu cerp du beis , 



0/ 

l'air et le suc, recevant différentes secousses , se cho- 
quent , se pressent, et heurtent en tout sens les parois 
des deux parties qui les resserrent, et parviennent 
enfin à les désunir. 

8'\ La principale production des branches se Fait 
au haut de la tige ; c est que la sève, poussée en 
avant, suit toujours sa première direction de bas en 
haut, jusquà ce que, rencontrant divers obstacles 
qui retardent sa marche, elle se détourne et se ré- 
pand de côté et dautre , à proportion des résistances 
qu'elle éprouve. 

9°. Les arbres plus durs et plus âgés poussent or- 
dinairement leurs feuilles plus tard que les autres. 
Dès que les arbres sont plus durs , leurs parties sont 
plus serrées ; la sève y trouve donc des passages 
moins libres : les déveioppemens en sont donc plus 
tardifs. 

10°. On trouve sur certains arbres Une espèce de 
miel , sur d'autres de la manne, eic. Ceci n est pas 
l'effet de la rosée, comme L'Ont cru les anciens ; c'est 
îa partie la plus exaltée et la plus travaillée du suc 
nourricier des plantes. Cette partie du suc, raffinée 
et raréfiée par la chaleur , est poussée jusques dans 
les fibres des feuilles; et, forcée de sortir, élit trans- 
pire par les porcs les moins resserres. Aussi voit-on 
que la manne de Calabre n est que le suc extravasé 
du frêne. De-Î:i vient que le miel retient le goût des 
plantes sur lesquelles il a été reeueiili : c'est aussi ce 
que Pline a remarque avant ttous. C est pour cela que 
dans certains endroits il est exquis, dans d autres 
médiocre, dans quelques-uns pernicieux. Pdue nous 
transmet l'histoire de quelques soldats qui, pour avoir 
mangea un ce; tain miel , restèrent moribonds pendant 

E l 



ça 

'• : cm ment 

>* t « : v. i leurs premi< 

tuiu-f. 

i i ' . 1 ..? - Boni de moindre durée. 

A ; d i iciir , ces.arbr.es dépensent 

oui no irrii leurs fruits; ils n'en con- 

- :z pour nourrir les racines, la tige et 

. ii q • ■ surprenant que faibi e 

piïissc p u.ôi. Au-,m l'on ne saille pas seulement Ja 

foire po Lus de branches , : 

ne porté paî trop de fruits , cor.. : 

des vignes basses qui n'ont point été 

: oïïp de fruits. 

r 

;'on coupe de grosses branJr.es d'arbres, 

:. pour empêcher le suc de sortir. 

et le ' . - , afin qui! se répande dans la miLs- 

: . e ou des autres branches. On fuit au^si 

reil aux plaies des arbres que Ion a 

. le suc , et pour le contraindre 

cTe iffe, cl :*e faire par son épaississemenf 

e ci ce \ dont les bords, venant à 

: la plaie. 

. Les oliviers dont on a coupé i'écorec au- 

,.-:.. ajis couper les branches supérieures, 

fruits cene année ; apparemment parce 

le suc qui fait le - et les fruits c^r celui 

5S€ par la moelle, comme nous las 

. • • • coupée , le m c qu elle 
: . . IiIl.c et mêlé avec celui de la 

j; celle, 

. Les orangers et les figuiers portent : fruit| 

lorsqu'ils sont plantés dans de petites caisses; pa 
que dans le es caisses la sève des Qrangcn 



6« 

des figuiers ne trouvant point à retendre dans les 
inea Resserrées., elle se porte v&rs la tige., et 

est emplovee entièrement a faire 
les embryons des fruits. 

i5°. On fait man'gcr aux bes : 

portent trop de feuiiies, afin doter plu* ce à 

parcourir au suc nourricier , et de le forcer à donne* 
a la tige toute la substance .qu'il disnibuoit à te 
ces feuilles. On conçoit qu'alors la tiçre en doit É 
beaucoup plus forte et plus propre à ^dever en c 
lu m eau. 

if>°. Certains arbres , comme Iesrbuis , }c~ Iruriers, 
les orangers- les pins , les sapins. lés ifs , etc. i e 
conservent toujours tferts , parce que ces arbres abon- 
dent en huiles qtii bouchent les petites ouvertures 
des sacs et de 1 épiderme , et empêchent ainsi i'é- 
vaporation des sucs; cette résine les garantit cm 
en-dehors, parce qu'elle empêche que ni la chaleur, 
ni les pluies, ni les vents brûlants, n agissent sur 
l'arbre , et ne laffoiblissent en emportant les sucs qui 
lui donnent la vie. 

i;°. Les feuilles tombent en automne ; parce que. 
les pluies et les vents froids enlèvent les huiles de 
dessus les feuiiics et leurs pédicules , et que l'atnio- 
Sphère étant re-, serrée par le froid , et résidant lair 
inférieur plus roide ei moins agissant dans les plantes, 
les sucs sY-vaporent sans obstacle et ne sont plus 
remplacée, les utricules demeurent vuides , les feuilles, 
n ont plus de consistance , perdent leurs couleurs , 
se dessèchent et périssent. 

iS'\ On voit, pendant les chaleurs du midi, les 
plantes se pencher vers la terre , et reprendre leur 
première vigueur lorsque la fraîcheur revient: c* 

E 3 



M 

que la chaleur, ouvrant les porcs, est cause qu'une 
grand* quantité de corpuscules sont aucunes par 
1 agitation, CC emportés dans les airs; les fibres .-c 
désemplissent, se relâchent, perdent enfin leur con- 
sistance, et cèdent à Ja force de la pesanteur, faute 
d'esprits propres à remplir et à soutenir les tuvaux 
fibreux. Ainsi, quand les corps des animaux ont sué 
beaucoup, ils languissent, parce qu une transpiration 
excessive leui a ôte les esprits nécessaire!! pour animer 
le corps. Mail la fraîcheur vient-el.e à redonner aux 
plantes de nouveaux sucs, de nouveaux esprits , ils 
gonflent les tuyaux, les remplissent, les rediessent, 
leur rendent la vigueur. Quand les animaux fatigues 
se rafraîchissent., de nouveaux espiits remplissent les 
Fs , et leur rendent leur première vigueur et leur 
première consistance, 

Kj°. On voit à la Chine des roses qui changent de 
couleur deux fois le jour. L action du soleil opère 
ces changriaens subits. La tissure des fibres, changée 
par l'action de cet astre, par la différence quelle 
cause dans les sucs, renvoie les ravons différemment; 
cr, on sait que les rayons modihes et assortis difle- 
remment iont les différentes couleurs que la même 
Heur offre aternativement aux yeux du spectateur. 
C'est aussi de cette cause que vient le mouvement 
du tournesol: les parties de cette fleur qui regardent 
le soleil, ctant relâchées par la tianspiration abon- 
dante de leurs sucs , tandis que les parties qui ne 
sont pas tournées vers le soleil ne souffrent pas la 
même altération - ou la souillent beaucoup mofi s , 
les premières doivent nécessairement succomber sous 
le poids de leurs feuillei et de leurs fleurs , et les- 
laisser pencher vers 1 endroit qui leur offre un plus 



foiblc appui : or , cet endroit regarde le soleil. C'est 
ce qui fait croire que le tournesol semble cherchée 
le soleil, et tourner au gré de cet astre. 

20°. Les convolvules se ferment la nuit , tandis 
que les belles-de-nuit s'épanouissent. C'est la dispo- 
sition contraire de leurs tuyaux qui produit cet effet , 
et il a pour cause le même principe que les effet» 
precédeas. Si les belles-de-nûitont des tuyaux creux , 
flexibles et comme cylindriques au- dehors, ils se 
gonfleront la nuit, se redresseront, ouvriront leurs 
fleurs, les épanouiront. Le so, eil desséchera ces tuyauk 
U matin , les côtés opposes des fleurs se retireront 
par 1 action de leur ressort , et les fleurs se cacheront 
le jour. Par une disposition contraire des tuyaux, 
les convolvules se fermeront la nuit, et s ouvriront 
le j@ur. 

2i p . v Une jeune plante enfermée dan»s une cave ou 
dans une chambre dont fa fenêtre est ouverte , se 
tourne, comme d'elle-même, du côte du soupirail 
eu de la fenêtre. 

La jeune plante étant flexible , et poussée par les 
sucs qui circulent dans sa substance et par l'air qui 
l'environne , doit tourner vers 1 endroit ou is pre&sicn 
de Pair est moindre : or , la pression est moindre vers- 
le soupirail et la fenêtre ; car l'air y ccre plus sou- 
vent et plus facilement , puisque y a une issue pro- 
chaine ; et il ea plus ran ne et plus chr.ud. Par Je 
même principe, les tiges et les branches semblent fuir 
les espaliers. 

22°. Les houblons et d'autres plantes de cette sorte- 
s'entortillent au'our des arbres. Ces plantes, trop 
foiblcs pour se soutenir, venant à rencontrer un 
:orps propre à les Soutenir \ s'appuient; les fibres 



tendres qui touchent le corps qui leur sert i . 

se I • • .- . : ÇCS cm i .1 les 

lait un peu retirer , tandis, que Leur mouvement fuit 
alonger les fibres qpp osées en les repoussant. Cette 
contraction de ; i rmine les parties qui nai 

clans la s. lire . à s'appuyer d i , e: produit le 

même effet , tandis que les sucs montent toujours 
et soulèvent par conséquent la plante. Delà , Jeux 
effets, l'un de s'entortiller, etjf autre de s'élever in- 
sensibJexnenX- Ajoutons is sont couvertes 

cfun duvet âpre qui fait l'office de dents , et par le 

yen c\uquel elles s'attachent aux api 
rencpntrcnt. 

Maladit** des Plantes. 

Tout ce qui végète a ses maladies et ses change- 
ments,. Les maladies des plantes peuvent avoir plu- 
sieurs causes; les plus ordinaires sont 1 excès ou le 
défaut de sucs nourriciers , la malignité de ces sucs, 
la fertilité même , et tous les accidens extérieurs qui 
peuvent préjudicier aux plantes. 

i°. L'excès des sucs nourriciers le sortir , et 

crever les vaisseaux ; ce c;ui produit des épanchemenf 
ri^cieux, Le suc excessif venant à se gi urne 1er dans 
tuyaux faute de vitesse et d'espace pour couler , 
s'arrc-ie : le suc , qui ne cesse point de monter Jcs 
tre et occupe peu a peu les trachées 
s poumons des plantes, et empêche le 
n de, l'air ;Ja cii culation se n 
et la plante menu comme su! 

aut de mu t i icment t 

l - ,Uv. 



73 
plantes, qui s'affaiblissent dans les grandes chaleurs 
de Fête. Si , pour réparer cette perte , les racines 
ne reçoivent pas mie nouvelle nourri tuj ; il la 
transmettre au reste de 1 arbre , les fibres destîtu. 
d'humeurs se resserrent , perdent leur action 
mouvement , se dessèchent , deviennent incapables de 
recevoir de nouveaux sucs; la plante languit et mee.rt. 
Les feuilles jaunissent, se fanent, tombent, quand la 
plante épuisée ne leur fournit plus un aliment assez 
subtil et assez préparé pour se filtrer dans leurs libres. 

3°. La malignité des sucs, en altérant les organes 
des plantes, leur cause aussi des langueurs et enfin 
la mort. L urine , par exemple, 1 eau de chaux, l'eau 
de i Limier un peu trop forte, les couches trop chances, 
par Fesjdés de leurs sels corrosifs trop agités, brident 
ie chevelu d'efc racines, et les mettent hors cl état de 
recevoir e: de filtrer les sucs de la terre. Les hu- 
meurs trop gluantes s'épaississent et se figent : elles 
ne peuvent couler , ni donner assez de mouvement 
aux tendres embryons des, fruits , pour qu'ils soient 
en état de se développer; et bien loin de porter du 
fruit, la plante dépérit fauté dup suc nourricier qui 
porte la vie dans sa tige. 

4°. La fertilité même des plantes leur est quelque- 
fois très- n. lisible , parce que , donnant trop de suc 
a leurs fruits , elles n'en conservent point assez pour 
elles. Aussi les arb.es trop fertiles sont-ils de moindre 
durée que les autres. 

5°. Les accidens les plus ordinaires qui causent 
des maladies aux plantes , sont les incisions , la gelée, 
les chaleurs trou grandes, la moisissure, la piquure 
des insectes , les plantes parasites. Les incisions 
sont nuisibles, et même mortelles aux plantes, lois- 



74 
que Ion coupe leurs racines , ou qu'on les dépouille 
de leur ccorce, parce qu'alors la s fi ne peut pins 
porter la nourriture dans les différentes par lies de 
la plante. La même chose arrive, quand an rompt 
le bois de façon qu'il ne que 1 ccorce. 

La gelée produit le même effet sut les sucs des 
plantes que sur i eau qui se glace dans un vaisseau 
qu'elle fait casser; elle tes presse et les dila« , dé* 
chire les fibres des plantes, lenù même quelquefois 

et fait éclater les arbres, 

Les plantes n'en; pas moins à souffrir des grau les 
chaleurs. La chaleur agitant violemment les sucs, les 
raréfie, les subtilise et les atténue, en même temps 
qu'elle dilate les pores des plantes, et en fait soi tir 
les sucs par la transpiration et par I excès du mou- 
vement qu'elle leur communique. Le* fibres dénuées 
de nourriture se relâchent; et les plantes sans force 
et sans aliment languissent et S abaissent par leur 
propre poids. 

La grêle bat, meurtrit les fibres des feuilles; elle 
les déchire, et fait extravaser les sucs nourriciers: 
quelquefois même elle est si grosse et tombe avec 
tant de violence., qu'elle rompt les branches les plus 
fortes , et hache les plantes les plus foibles c: les plus 
tendres. Elle est cependant moins à craindre lorsqu'il 
tombe en même temps de la pluie , parce que la pluie 
soutient en partie 1 effort de la grêle, et ëmousse la 
violence de ses coups. D'ailleurs la pluie amollit les 
fibres des plantes , les rend plus souples, plus pliantes, 
par conséquent plus propres à échapper à la violence 
de la grêle , en cédantsous son poids. 

La noix de galle est aussi une maladie des plantes. 



fi 

CTestune piquure de quelques insectes. Les plus petits 
moucherons attaquent les plus grands arbits ; ils en pi- 
quent : es feuilles, et déposent Leurs oeufs dans la piqùui c. 
Elle est suivie de l'épauchement du suc nourricier, 
dont te cura ordinaire se trouve intenompu. Ce suc 
épanche et extravasé pénètre les pores voisins où il 
s amasse, dilate les fibres de la feuille, élargit et 
gonfle les pores , et y produit une excroissance eu 
vessie quelquefois grosse comme le poing, dans la- 
quelle ies œufs viennent enfin à eclore, et quon 
trouve 1 emplie , quand on l'ouvre , d'un baume ex- 
cellent , où Ton voit nager des pucerons verdâtres 
sortis des œufs. Ils trouvent dans cette liqueur une 
nourriture toute préparée ; ils y croissent et se dé- 
veloppent , jusqu'à ce que , devenus plus forts , ils 
puissent pcrcèT ia tumeur et s envoler sous la figure de 
mouches Cependant, la vessie se durcit, et c est 
ainsi que se forme la noix de galle sur les feuilles 
de chêne. 

La graine d'ccarlate est aussi une liqueur épanchée 
d'un chêne verd, nommé kermès. Une sorte de pu- 
naise très-peuie, couverte d'un duvet fort fin, at- 
tachée aux branches de cet arbre, pique les environs 
de la queue des feuilles , et dans la piquure qu'elle 
fait, elle dépose un œuf, d'où sort dans la suite un 
petit ver, qui se développe insensiblement, et de- 
vient enfin une petite mouche. Cependant , le suc 
de la feuille , arrête par la piquure et par l'œuf, s'épanche 
et s'extravpse ; il se fait une tumeur. La tumeur 
forme des grains d'eux iron deux lignes de diamètre i 
ces grains sont pleins d'une substance d'un rguge 
Ires-vif qui enveloppe l'œuf, e* ce rouge est le pastel 
de l'écarUue. Nous reviendrons sur ces deux objets, 



- 

- - - ■ 
On 

: 
■ - i 
mouss'c çt !c gui : car ce sow 

cii . en ai rbbeht 

i les épuisent . Ici il et-8 

td« Mil plus 

ibles', nue leurs geraesces sont ci 
tites ; en sorte qu il est Ères - facile au vent de les 
.. c: de ics répandre sur tés arbres- 

La moisissure même qui vient sur les plantes eu - 
fermées dans des sep çt des lieux humides, e^t 
un assemblage de petites plantes parasites, d csj 
( mousses et de champignons , que 1 bumidité 

re dans le réseau de récôrce. On auroit peiné 

_ que les choses qui paroissent moisies , fussent 

comme autant de petits prés émaillés de I . Ce- 

\t un curieux assure qu'il a vu distinctement 

pe . dans une tache de moisissure qui 

sur !' c uvenure d un Ii\i c , des fleurs t 

ri bouam . les autres à demi épanouies , 

à demi c. ] c 

• i 

plan 

. i . 
. pas touj 

; ... . i 

... ... 



. 






77 
d'empêcher que l'air n'en dessèche l'humidité., ou 
n'y cause quelque altération. La sève retrouve des 
passages libres, ou s'en Fait de nouveaux 1 , et la 
branche reprend. 

A légard des incisions , au lieu d'être nuisibles 
aux plantes, elles leur sont quelquefois salutaires', 
et servent à les décharger d'un excès de suc. On rc- 
mue la terre qui couvre les racines , on y introduit 
plus d'air en ia remuant, on la couvre de fumier. 
Une plus grande abondance de sucs pénètre jusqu'aux 
racines , et s'y insinue; l'air l'y fait entier par Fac- 
tion de son ressort : par-là , on remédie au défaut 
de sucs. 

Si les racines se carient , on peut y remédier avec 
le fumier de vache eu de cochon Si elles sont chaudes , 
on les lave avec de l'eau claire , qui déchire et en- 
traine les petits filets de mousse qui commencent à 
naître. Quand une espèce de limon relâche les fibres, 
et cause des obstructions capables de faire tomber 
les feuilles , le terreau et la fiente de pigeon mis au 
pied de L'arbre produisent des fermentations, et four- 
nissent des sels qui débouchent les conduits des fibres , 
et leur redonnent ia consistance. On voit quelque- 
fois , dans les grandes chaleurs de l'été , les feuille* 
de quelques arbres fruitiers se faner : on a beau 
arroser 1 arbre, les feuilles ne se raniment point. 
Le véritable remède est d'arroser les feuilles : leau 
qui entre dans les vaisseaux absorbans répandus sur 
ia surface des feuilles, répare la trop grande trans- 
piration occasionnée par la chaleur. 

Lorsque les sucs sduans rendent les oliviers et les 
orangers paresseux, la fiente de poule ou de : 
la cendre de vigne, la suie, ou même la cha 



(8 

meïéçs en automne aVec la te: îc oui cëuvre le p ; ed 
de ces plantes , leur fournissent des sucs plus cou- 
lans , qui hâtent les Heurs et les fruits. 

Quand la gelée menace [a vigne , fa: tes-v -porter en 
plusieurs endroits, du côté ou le vent sol fH , du 
fumier long avec du chaume, Dès que le loleiJ scia 
levé , faïtei-y mettre le feu ; une fumec épaisse , une 
espèce de gios nuage qui doit durer environ deux 
:es , se répandra sur toute la vigne. Les ravons 
du soleil qui perceront avec peine ce nuage de fumée, 
n'auront point assez de force poui diluer brusque- 
ment les sucs , et pour briser les fibre s des raisins 
et des feuilles tendres; la rosée dégelée lenteme. t 
se convertira doucement en eau , sans nuire à la 
vigne'. 

Pour que les plantes soient à couvert des morsures 
des insectes , il suffit qu'elles soient imprégnées de cer- 
tains sels, parce que ces sels soin nuisiblesaux insectes , 
dont ils déchirent les fibres. On fait bouillir , par 
exemple, dans un seau d'eau, pendant une demi- 
heure, de la rue, de L'absynthe et du tabac de Vii- 
ginîe, de chacun une poignée; ensuite on ex-prime 
i eau , et Ion en arrose trois ou quatre fuis les piantcs 
quand elles sont en fleur : il n'en fattt pas ^avan- 
tage pour les préserver des ehei'iîles et des mouches 
noires. C'est ainsi que du parquet trempé dans de 
L'eau où l'on a mêlé du sublimé corrostf , est inac- 
cessible à certains vers qui sans cela le rongeroient. 

Pour éviter la moisissure, on déchausse les arbres, 

et on y met du fumier de mouton , ou en taisant une 

i jusqu'au bois dans route la longueur du bois , 

du cute le moins exposé au soleil : le tem| S de iaire 

ette opération sont *s moiSVentôse et Geiminai. 



79 

Méthode de cueillir Us plantes peur Us conserver. 

On doit toujours faire choix des simples qui ont 
le plus dVdeur, de saveur et de couleur, lorsqu'ils 
doi ent avoir de ces qualités, comme le safran, par 
exemple. 

Il faut éviter d'emplover des simples mal formés, 
et qui a: uit été altères par des maladies ou par des 
jeux de la nature; ce qui peut altérer leurs propriétés 
ou leur en donner de nouvelles. 

les simples doivent être choisis dans les lieux qui 
leur sont naturels : par exemple , les palates du Ca- 
nada sent préférables à celles des autres pays. 

Les plantes des, pays chauds qu'on cultive dans les 
serres ne viennent pas aussi bien que dans leurs 
climats ; elles dégénèrent dé plus en plus. Il en est 
de même des plantes des pays froids cultivées dans 
des pays chauds. Ces altérations sont presqu insen- 
sé bî os dans les premières années ; mais peu - à - peu 
ces végétaux i e parviennent plus à leur maturité ; leurs 
Feuilles lêvienneht paies , leurs fruits ne mûrissent 
piu- ; enfin , les sucs nourriciers de ces plantes ne 
son; ,..us les mêmes , ni dans les mêmes proportions : 
cl.es per eut leurs vertus encore plus rapidement. 

ïi en est de même des plantes qui croissent dans 
des lieux a rit: es ; lorsqu'elles sont transplantées dans 
des enirohs humides et marécageux elles changent 
souven*. te figure , et peut-être de qualités. 

Il faut aussi a-oir égard au voisinage et à h proxi-* 
mite .e autres plar.tcs. Far exemple, il y a des plan- 
és dont ÏQi U^es sont foibles, et qui ne peuvent se 



8p 

• : -.1 r s : elles s'étendeni â la suri 

i terre 
en :.l sur les plantes que' iivcrit à 

: tué , elles tirent par leurs uni . ..; tic 

' .aire, et même elles participent 
tes des plantes sur lesquelles > i atta- 

' :ês plantes som vérii - vertu 

« celle qu'elles doivent avoir , on lent bi«n 

riita " peuvent convenir : ccot pat cette ra 
e repithyrne qui . . c sur lé th 

cuscute qui s appuie sur Je lin , i 

Le p e est une plante qui \. lern- 

meiiL, ou a la suriace de la terre-, ou §ui les vieux 

. ::es , ou sur les murailles; mais on donne la pre- 

nec à celui qui vient sur Ici chênes ; c'e^t pour 

< * c raison qu'on le trouve il an s toutes les recettes, 

nom cle polybpdc cle chêne. 

:ui est une plante parasite qui croit sur plu- 
l rbres: on préfère Cjeiui cru: vient sur les chê] 

pae il es: fort raicdaus nos forcis . ceux qui 

:at venJui: souvent poui gui de chêne, 

ij qui vient sur les pommiers ou sur les poiriers; 

ils : -..♦_• une branche chêne pour 

ir guj cle chêne , „çt j ;...cu\ 

Les riantes et le* partiel d& plan- 
,._ les laire sécher pour les conserver, 
. i Faire par un beau terni 

l ;t .,et • • ' stre a fait 

atc^l^u mi dite étrangère aux] ! On 

i ûi sont en meilleur état et dans 
ir. Ce: eut , | our les plan - 
Lie les fLeun incca; :l s c i 



Boulduc a remarqué que la bourrache , et pre 
tou.es les plantes de ectte classe , qui commencent k 
naître, ne contiennent point de substance saline, qlïe 
très-peu de sel vïtriolique dent la base est la terre , et 
une tr A s-pe r ite quantité de nitre ; mais à mesure que 
ces plantes croissent f la quantité de nitre augmenté 
de plus en plus , jusqu'à ce qu'elles a : eot pousse [< 
fleurs. En cet état tic maturité , ces pian -es contii 
nent beaucoup de nîtré et de sel vitriolique. De 
cette observation de BouJ lue , il résulte que le 
tes bourragînéeS !, et plusieurs amres quon cultive 
l'hiver sur des couches , pour être employc.es dans I 
première jeunesse , en apozême p'éiidant ce^te . 
doivent avoir des vertujs bien dirlcrentes ce ce;l«s 
qu'on met en état dans ieur maturité pendant Tête. 

On pourroit emp'cvcr rendant l'hiver ces mêmes 
plantes séchees avec soin, ou l'extrait de leur suc 
dépuré , plutôt que de se servir des plantes venues p:;r 
artifice, et qui ne sentent que le fumier sur lequel 
en les a forcées de naître. 

Les plantes aromatiques sont dans le même cas, 
eu égard a leurs diiFercrs âges , e: pai îapport aux 
differens se : s qu'elles contiennent; aursi ces pian fes 
doivent-elles être en parfaite maturité lorsqu'on les 
emploie : cependant ce:te règle n'est point g - 
pour toutes les plantes. Il y en a qui ne sont salutaires 
que lorsqu el l j i sont jeunes: telles sont les feu 
de mauve , la guimauve , etc. Ces plantes ne « 
émollientes que d:t^ leur jeunesse - et elles ne le 
sont que peu ou peint du te . le squ elles ont poussé 
;es. 

Enfin , il y a d'autres plantes qui sent très-véné- 

es lors - rande m 

........ h 



S: 

rtaires lorsqu'elles ne fora 

r à'pôuss | ocyn qui ci oit 

res s'en nourrissent sans en être 

> . tant que a ttc plante est jeune , au lieu 
que a pi i s son accroissement , elle leur 

cause des m itfoii deviennent mor- 

es. 

Le tem] • samique pour cueillir les feuilles est 

fleurs commencent a se développer , à 

ion des plantes dont les fe :ii!es deviennent 

teuses à mesure que les rieurs paraissent : l 

s it la chicorée., le chou , le citron , feupatoiie, 

s les espèces de lapathum , le plan tin , i 

El y a d'autres plantes qui ne produisent point de 
fleurs sensibles , teiies sont les capillaires. On cueille 
leui* feuilles Lorsqu'elles sont dans leur plus grande 
vigueur. 

Enfin , les plantes acres méritent la préférence lors- 
qu'elles viennent sur les bords de la mer : elles con- 

nnent plus de parties actives, et elles sont plus 
efficaces que telles qui croissent ailleurs. 

Le temps de cueillir les rieurs est lui. qu'elles com- 
n icent à s'< panouir: celles f]ui sont bien épanouies 
ont moins ce vertu , et elles en ont encore moins 
Lorsqu'elles tombent d'elles-mêmes, 

11 y a beaucoup de fleurs dont le principe odorant 
réside dans !c calice et non dans les p.iales ; telles sont , 
sur-tout, les &Vurs des plantes labiées, l.cs plantes cîe 
cette classe sont le romarin . la lavande , la lauge . etc. 
îles nécessaire de laisseï le calice à ces 

si l'on veut les avoir avec toute Leur vertu. 

a dauti dont f odeur réside dni\s le 



I, 

pétale ; telles sont les liiiacécs , savoir le 1 
et jaunes , Ja tubéreuse, la jacinthe, te narcisse i la 
tulipe, etc. C cj>t un peu a\ aut leur épanouissement 
qu'elles ont le plus d odeur. 

Toutes les fleurs çlci plaines liiiacées perdent en- 
tièrement kur ccieur à mesure quelles s/ c,beut , et 
ne doivent être employées que (orsqu elles sont 
fraîches. 

Il en est d: même des roses pâ es et des i 
muscates , qui ont beauco i leur etaat fraîches , 

et qui la perdent entiè ou presqu emièremenî 

pendant fexsiLcaâon. Les roses rouges j connues sous 
Je nom de roies de Provins nont que peu dodeuf 
étant hraicfces , et elks en a^cqulerrent beaucoup en se- 
enant. Enes *c gardent en bon éiat pendant piusieuïj 
années, quand ou les a cueillies avant qu'elles fus- 
sent epanouks; c e u e c qui je sont beaucoup se gardent 
moins et noircissent en séchant. 

4 Les violettes noires , qu'on nomme communément 
violettes de Mars ou de carême, sont meilleures que 
celles qui viennent dans les bois et cb-.ns les campa? 
gnes. On profère ordinairement celles qui ont etè 
cueillies dans un temps sec , et qui n'ont point été 
décolorées par les eaux acs pluies, ou par laideur 
du soleil. 

A l'égard des fleurs qui sont trop petites pour être 
conservées séparément, on cuenle la p ante lorsqu ei e 
est fleuiie ; on laisse même ordinairement un : • arcie 
de la tige, c'est ce que Ton nomme sommités fleuries. 

Tels sont labsynthe , les camaedris , lescanuepûts ' 

rhvssope , [ c iphr ... e,lamarjolai c,la 

sau^e , k thym , la peu e ceuiaur^c , !c gallium à. 

¥ a 



' - ! bes et jaunes , Ihtpcricunj , le i 

d II choisir ceux, qui sont mûri 

I ' I x. 

Ti ( lui de ' tendi c que les i s 

bien m'ûl S poui 1rs i et 
es;. ( qui spni s , Lien no 

pleines, en , bien i orantes et de sa^ eur i 

lorsqu'elle.; eut avoir de 1 odem et de la s:n cir. 

ites les semences di t à être a > 

< -> leurs capsules ; c est une enveloppe pius ou 
moins dure (jue la nature a placée pour conserves 
les semences, et meure l\ n a Lab-i. 

Lare es peut se faire au printemps ou 

en automne ; mais j lutôl eu automne . jro^c que ies 
racines du printemps sorti abreuvées a'ur.e gra 
quantité de suc aqu ux . qui n .i subi encore 
élaboration , et < i substance est par a;._ 

mollc . pulpeuse , et presque sans vertu. 

Les Lois résineux , comme ce'ui daL>^ <-• 
. doivent être choisis pesans, sans aui)ier » ail; 
ai foi d de Peau , au l'eu de nager com es 

a . - bois ; ils doivent être pris du tronc des aii i i 
Le b^-is des branches est touj< ui 

Mures Lois qui sont moins résineu* , 
ans ; on doit néanmoins i 
le s •(.; o i\ • . t tge . en a\ ant toujoui s c 
trs aui me l odeur , la < ■ * 

\ a o; k : i nés arbres mérite la préi 

! c , us convenable jour se proev c 



écarccs non résineuses , est l'automne ; mais , poui 
celles qui le sont, il convient Je fc's prendre au 
printemps , lorsque la sève est pieté as: ..1 .1 en 
mouvement : si 1 on attendent qVe h ^égHafron I 
dans sa forcç , les t coi ces contiendroient une trop 
grande quantité de résine. 

La récolte des matières minérales ou fossiles n'est 
atSMJotiç à aucune régie. îl n'y a guère que les eaux 
minérales don: les principes peuvent changer , et 
dont les propriétés sont exposées avarier, suivant 
la quantité de pi-:ie qui a tombé pendant Tannée , 
et aussi par d autres accidens qui peuvent arriver 
dans 1 intérieur de la terre. li est certain qu'une 
source d'eau minérale , qui fournit une plus gE&n ! e 
quantité d eau après plusieurs jours de pluie , ne doit 
plus contenir les substances miné" aies dans les mômes 
proportions que cîans les temps secs de l'été , o.ù la 
source ne fournit que la moitié ou le quart de La 
même quantité d eau dans le même espace de temps, 
C est à ces alternatives et aux changé me' ri s auxquels 
sont exposées les eaux minérales , qu'on doit rap- 
porter toutes les cefatrarrétés , qu'on remarque entre 
les analyses faites par des chymistes également habiles, 
mais dans des ternes difréreh'S. 

L 

Ce que nous avons dit jusqu'ici des .végétaux , sont 
des notions gcneiales sur i espèce. Nous entrerons 
dans le deiaii de chacun en particulier, dans un petit 
volume qui suivra celui-ci , et où bous donnerons çç 
qui nous piroîtra le plus intéressant sur ies arbres, 
sur les arbrisseaux , les plantes et ies graines les plus 
nécessaires aux besoins de Ihorojnc çt à L'a^remçnÇ, 
de la iQcieté. 

I 5 



86 



h 



D U R E G N L A N I M A L. 

Ce que n ma venô is de dire des p!a:-:es , nous 
don de la structure et d< 

^e. Pour é i e en e af de 
; icci kur ce . j u ". animal, il suffira 

ici d lei les attr/il 

différent des i ucr de sni- 

• j: '• I c n sa volonté , 

. ' . . : ne, comni.iniciuer avec 

-s qui ioi'i viennent 
: •. j a 1 . 

Les animaus i ut géi ira ic me n t, répand us par-tqutj, 
les uns • ; U surface de la .ivre, Içs uuL.es .son 

intérieur, j çeux-c) : des mers., ceu 

courent une uaujEtuj médiocre^ il y en a . 
1 air, 'dam I intérieur r - ! ts , dans 1'. corpi de 

i . mme et d<s autres an; maux. , dajis 1rs ii.jue. 
qu i - i pierres, f Ou * trouvé dan- 

?s-gi os un crapaud • 

1 arbre fû absolument saifa, H est parle aussi, i 
les mémoires de 1 académie , d un ai idtrouvé 

clans Le :c*ur d un chenfe. On a vu de même des 
pens et des grenouille 



. ■ 



<' ' 



t. tes. A de parle comme dune 

l i iu nt loi. une , et don ii a ne lui-même 
trouve de petits poissons d un goût 
tares i sur la côte de la 

» d Ai cône. 

i ^ ces observation! g ûérales, prenons des nieçs 



«7 
de chaque espèce d animaux. Nous parlerons, i°. Hc^ 
insecies, 2 . des quadrupèdes , S . < aux, ^°. dei 

poissons. 

De* in ce tes. 

Le mot insecte vient du latin tsnktetart (cou] 
parce q ie tout insecte e*t un peât animal composé 

de plusieurs ccic.es, sections ou anneaux, q 
rapprochent ou s'éloignent les uns des autres , tu de 
quelques lames coupées qui jouent et crussent le gè- 
renient 1 s unes sur les autres , ou ei fin de deux ou 
trois pai :ics principales , qui ne tiennent l'une à i auD c 
que par de menus £lamens , qji sont autant de ca- 
naux pour faire circuler les humeurs. 

De la première espèce sont tons les vers, tant ceux 
qui ont des pièces , que ceux oui n'en ont point. 
Lorsqu'ils veulent avancer d'un endroit i i autre, i.'^ 
alongent la peau mûsculeùse oui sépare les premières 
boucies d'avec les suivantes : alors le premier anneau , 
soit celui qui e^t vers la tête , soit ce lui oui est vers la 
queue, se transporte à une certaine distance : ensu . 
ils rident et retirent la même pe,;.u .lu même cote, et 
le second anneau marche , le troisième suit par le 
même moyen, et successivement tout le leste du 
corps. (Test ainsi que tous ces animaux avancent et 
reculent sans avoir besoin de pico^ , pour se trans- 
porter où il leur plait. 

Les mouches , les hannetons et une infinité d'autres 
sont de la seconde espèce , puisque les parties \ 
cipales de leur corps ne sont qu'un assemblage de 
petites lames qui s alongent en se dépliant, ou |e 
raccourcissent eu rentrant les unes dans les auin 

Les fourmis , les araignées et les autres insectes * 

F 4 



par - - . . 

. I 

iveut 1 1 cm, 

I I terme unique v minci i i 

( ' II I ila i ic • ■ ; . . 

; -a • ron i te ces \ 

< :r constitutif 

f c ■ - l'animal dont il est question 

i 
; i de* Fétjrtivalent ; 3°. i i na$ 

T îi par la bouche, n : il If pompe c: l'exl 

- , ou par c?e 
| ites ouvertures es Bancs, fjcrtrh appelle 

[°. qui] j i à 

n , ou du ; i 

f«rme , non d'en ba>tu ou,' d'en bas , ma/a .de la \ 
i lie, efc de la di 

■ i ■ ni ativea I »s< l : 

i Lq le chose à desirei ; il fau,t y joindre le* r 
v-im< s. 

D< > :■ ' tes. 

N »us ne Dai c des ors ? i la 

> o 

plupart des infectes ; i - [ni est i ir( a- 

no is lés ] • i'c , 

, • c petit recueil , soit dans lés lectures par- 

s que nous proposerons sur les iusect 

i s mu peut-être , de t 
s insectes propre à 

. . , . . Y rcii ra 1 

i ombten elle produit de w.cr\< ilïèi 
qui nt. 

Les loucbcs, dr^ papillons ci de divers^ 



|g 

autres insectes ne cîiCri en t en rien d'essentiel. Ces 
yeux sont tous a. peu près des portions de 
leur enveloppe extérieure peut être regardée comme 
la corr.ee. On appelle cernée 1 enveloppe ext.éneun; 
de tout œil, cène à laquelle le do gt tou - si 

on vouloit toucher un œil, les paupières resu.ut ou- 
vertes. Celle des infectes dont nous parlons a une 
sorte de luis:\iit qui fait voir souvent des cou eoiS 
aussj vjariçes q>ue celles de larc-en-ciei. Elle paroii , 
à la vue sijwpie , unie comme une glace; mais ioii>- 
qu on !a regarde à ia loupe, elle parou taillés à fa- 
céties comme des diamans ; le nombr- de ces îaceues 
CSX prodigieux, et leur ordie est ad/rîrable. Ces fa- 
cettes réfléchissent chacune l'objet ; elles sont donc 
autant d yeux : en voici la preuve. Les microscopiques 
ont détache les cornées de divers insectes , ils en ont 
tire avec adresse toute la matière qui y etoil nui in- 
niGe , et, anrrs avoir bien nettoyé coûte la suriace 
intérieure , ils les ont mises à la place d'une lentille 
de microscope :. une de ces cornées a^nsi ajustée», et 
pointée vh->-rris dure bouffie . faisoït voir ur.c des 
pms riches illuminations. M, is pourquoi tant dVeui? 
La nature, qui a voulu que ces veux i.e lussent point 
mobiles, y a supplée par le nombre et la pôa tii 
de-ià vient que chacun réfléchit lob et, et que cepei> 
dant on ne le vo't pas composé. Malgré ces milliers 
d yeux , la piupai t des mouches ont encore trois autres 
yeux places eu triangle sur la tête, entré le crâne et 
le col; ces trois yeux, qui sont aussi dés cry'staîl 
ne sont point à Facettes , ils .-ont fisses et sent 

comme des pointes : ceux-ci font fàvant-J^trde , et 
decouvreu t de loin les obj-.ts. On ne p • >..[cr que 
ces globes à Eàcfc'tres 1 hé soi : de la vue. Les 

expériences démonstra n va qu'on en a faîtes prouvent 
cette vérité. 



no 

1 es V-- m::r ivi t de vernis SOf 

les v et les plaça à 

que' ftaucti - er commun , avec quel- 

ques-unes n . -.Ses veux n'éteient 

ei ts : les preral • oient cà et la . 

it, tandis nue le- - i al loi en t 
droicà ia ne de des mouche» aveuj 

ci ln:r. e mi vetticaleme'ht à perie de vue*, 

san* - .1 ces 

coi beaux qui* voulant saisir ta viande mise an i 
ci un connu engtf é , s en font une coëflfc , et, ainsi 
aveugles , s'élèvent à pentt de vue , et retombent un 

'■ mouches dont cm avoil 
picment les veut tifSèi , voloient de tous cote? - 
plantes , sans aller bien loin , mais ne s elevoieul point 
yerti ■ -.t. Ccst cette dernière circonstance I 

d n noire que ces veux sont destinés * 
découvrit les fcbjets éloignes : la nature les a donc 
fourni, de mlcvô$cdpes et de télescopes. 

Stigmate, m £u grec, qui signiûe m : i 

faite par la pointe rie quelque chose. Les 
nates, en terme de ; physique i sonj. des ouvertures 
| tjquees à l'extérieur des insectes; ce sont leurs 
pou-i . l'es organes de leur respiration. La d; - 

reriçe n est que pana le nombre et les places qu'elles 
occupent; les mouches les ont sur le corselet c 
anneaux; le vci a l ie et les autres insectes de son 
-ce en ont dlx-inm le long àes cotes du corps 
. a ces vers qui portent leurs poumons au I 
dune corne. De tes o.uvertures nommer 
partent en dedans du corps une infinité de petits 
çana ix qui se | ni en une quantité d'autres • 

ement [■ tï.ts, et portent 1 air dans to 



9 1 
parties dy corps : cet air va sortir ensuite par les porcs 
de la peau. Lorsqu'on bouche les stigmates ci un • ; - 
secte avec oc ! rit à l'instant, parce quon 

le prive Je- qrganes de iratioa : c'est ainsi < e 

Thu - ..::.':.: nés et les yen du corps humain, 

NuJ insecte n'ab ndonne son oeuf au hasarcj ; il I 
précisément ie lieu qu,il lui faut pour que ses petits 
trouvent leur nourriture au sortir de IceuL Faites 
de l'eau on grain de poivre, vous y 
verrez ordinairement nager des vermisseaux, dune pe- 
titesse extrême; leur mère, qui sait que c est-là .car 
nourriture , les porte sur la matière dont ce! te ii'qi 
est composée. Dans les payé on le ver à sole se nourri 
en liberté dans les campagnes , on trouvera sfS oeufs 
sur ie mûrier, et non ailleurs, et cela paice eue le 
mûrier est sa nourriture. On ne trouvera jamais sur 
un chou les oeufs des chenilles qui rongent ie saule , 
ni sur le saule ies œufs de la chenille qui ro!*ge ie 
chou. La teigne cherche ies rideaux , les étoiles de 
laine , les peaux dégraissées ou ieb papiers, parce on ils 
sont faits de chinons de Linge qui ont perdu [amer- 
tume du chanvre en étant à l'eau , et apre s avoir ] 
sous ie manteau de ia papeterie. Les fourmis déposent 
en terre leurs œufs , et les exposent a.u soleil ppui :^s 
faiié eclore. Les moucherons les rj nt sur feau 

qui croupi:. Ou ne trouve la teigne ni sur u: c pnr.v.e, 
ni dans le bois, ni même dans une yiaj le j se 
corrompt : c est au contraire dans cette viande q o- ia 
mouche vient déposer ses œufs. Lcscarbot met ses 
œufs dans ie fumier et 1 ordure , certaines mouches 
dans des trous de fromage ; a autres insectes les plar 
cent en certains endroits du corps des animaux : ;a 
mite les place entre les écailles des poissons. L • 4 
quatre espèces de taens dont les uio Les déposer^ 



* 
gin totrrmc 

i - u • i r i ; fait 

c ; la tro iérne 

■ e 

se :: 

c | - ■ ■ .. . , 

j\ : 
nt leur! ous Ja langue ues ccrls. 

nu i ■ cii;':-.i:c. L. ri luci, c-; i. mu Je 5. 

iii s * ivife t;ue tic \ eu te sur 

la sortie eu inonde sou s trois formes parfaite ment 

Lte* ! . o s dcuie que u 
cûm . . lj j qu de crois corgs ojga 

iinent, dont le >;:o:id «lopue aprff ;e 

p? -■..■: .i . cl dont le troiM'ane naît du s< 

Les jnscct^s 1 par'oîssenl ; l'entre \é itix 

qu; ilft', et C] i s avoirràràpé peh* 

cî nt un certain temps, cesleîit de mander, et ! 
r • "ni une maison, D on, ou m t wn : 

rue cré cercueil dans : s emeurent ci 

s semaines 1 , rjuefqoel-uns pendant e«m 

raûis , d au ht s pendani ni «ans 

rreirt 1 , sans i i - - vie ; 

mais nui, après cela , eproûvîe \i driie *oi:e de résûY- 
reétroW 1 , se* dégagent de leurs éfrveîopp'és i bj 
- ns les airs, et prcni'l'enf une vie pôinfoeHfe et plu« 
irbble; Quelques insectes', tels que le ver ! & te et 
• j _■*•( e . ont le K I ii et de l I -uia 

I leur se--'- it OU d ailes, ou 

eau dâiis îeta: de nymphe, ri. . ilitLç 



ou de fêve. On a remarqué que rendjou,,qÈ 1 un ^ 
vu les pieds dune chenille, dçv^cntj api 
formation , celui où sont placée le clos et es 
du papillon, et que là pu la chenille avoit 
le papillon qui en provient a les pieds. Les es 

n'ont , à proprement parler , p< il y 

en a plusieurs qui rendent - : ■ sons, cl qiài I 
difîerens bruits, comme les cigales, les gril i ns 
abeilles, etc. Cessons viennent du frotte; e \jl 

nuque du cou centre le corselet, du frottement dei 
aiici lune Contre l'autre , ou contre le dos, ou d'une 
€0*11 formation particulière de quelques parties du corps 
qui sont comme des tambours. 

Il y a des insectes qui jettent delà lumière pendant 
la nuit; tels Sont tes vers îuisans et les porte-lanten es 
de !a Chine et à Amérique ; là Lumière ce ccax-ci est 
si vive, qu'ils peuvent servir de chandelle pour lire 
pendant la nuit. Voyez-en h raison dans ,> ire Pkj apte. 

Parmi les insectes, comme chez tous les aunes ani- 
maux , régnent des antipathies, des inimitiés, des 
ruses et des combats : les plus gros font la gtre 
aux plus petits. Les insectes, sont armés de : ied-cn- 
cap ; ils sont en état de fair< la guerre, daaaqner 
et de se défendre; ils om les dents , des sdies, a 
dard ou aiguillon, des | h :es , un« cmra^e , des 
siles , un ressort dan-> les pattes : chacun sait - 
trouver son salut. 

Le scarabée des mai . dégorge , de 

les articulations , u : 

donc l'odeur fc\ jus 

chent de lui. L'émerobe < ;■ phryganée , c'ans i 
;ier âge , >e t. bu ;...-.. ,; ms , les 

cruis ; mai,3 i - - 



94 
et de feuillet , ■ - '"avidité de 

►ur les eaux , on 
1 .1 lin très peti m . ■-. < : . bois poui ri, 

et ti our un animal vivant, qui devient mouche 

sur ic &oir. 

I a tortue ( La chrysomèle, rui a le cou 

comprimé, m retient s< us le nasq ie, - uvertef 

de ... . y- ■ ir i. être point reconnues des 

oiseaux : les petites cigales se cachent soutient i 

écorce. La pin ne-marine, pour n'être j-a^ dévorée 
le polype à huit pattes . loge dans sa coquil.e un 
petit cancre nud , ap] ri ; ce satellite est 

pourvu cle trCi-bon^ yeux; il va à la piccrcc pour 
soii hôtesse et pour lui- ; et des qu'il apperçoil 

le polype , il jette un cri pour a. ci tir la pinne- 
maùnc oc fermer seb valves. 

Le formica-leo demeure dans le sable* v ; t sans 
t . se contente d'une très-légère nourriture , se 

ans la terre par la crainte qu'il a do oiseaux, 

ci te tient au centre d'une petite fosse qu'il creuse 
d : i sable ?ec et mobile, etquii façonne en terme 
de cône renverse. Les fourmis qui passent par- là 
tombent dans le trou, et deviennent ia pi oie de 1 a- 
mmaL qui s y tient caché. 

Le pou-pulsateur se tient dans le bois et dans le* 
livres; il y entre par lei que les 

et bat comme une montre de poche. 

La blatte, nomm - S ' r * '* 

nuit pour butin . ... I ^ soulic: 

les • .il sur u ut !e pain . d 

que .a mi : . t i t Uc , pal 
\zb endroits où ciic se niche : comx: e I 



tout, et plus la nuit que le jour , c\\t se prend danj 
îes toiles de Ja grosse araignée; celle-ci fond sur ici 
blattes d'une manière surprenante, les lie avec ses 
filets, et les suce de telle manière, que quand elle 
les quitte , il ne reste puis rien que leur peu eC 
leurs ailes bien entières, mais sèches comme du par- 
chemin. 

Quoique ces animaux passent pour être {latéra- 
lement nuisibles , il y en a cependant qui méritent 
quelqu'excepiion : tels sent le coccus de Poiogr.-e, la 
cochenille du Mexique, le kt - fat du ci-devant 'a; rjue- 
doc , 1 abeille , les vers à soie , les animaux à coqu iles, 
1 insecte qui nous procure la réâirië laque , et plu- 
sieurs autres dont l'espèce de gouvernement, feeo- 
nomie , les mœurs et 1 industrie pourraient servir 
d'exemple aux hommes dans quantité d occasions. 

Quand les moucherons déposent leurs 3 .us 

1 ctu croupie, les nymphes qui éolosem y consom- 
ment tout ce qui s y trouve de pourriture. La vermine 
multiplie prodigieusement sur 'a têic des 
ieux, maio elle leur est avantageuse en ce qu"< c 
détruit le superflu des humeurs. Les scarabées, peu- 
dant ré té, emportent tout ce qu'il y a d'humide et 
de visqueux dans les sxcrémens des troupeaux , de 
sorte qu'il n'en reste plus qu une poussière , que ta 
vents dispersent sur îa terre; ce qui n est pas un mé- 
diocre avantage: car, sans cela, bien I 
fumier engraissât les plantes, il ne croîtrait ri 
tout où il y en auroit. 

Tel est le coup-d'ceil général qu'on peut 
l'histoire des insectes, et qui nous prouve 
te sont pas ^l'effet lu hasard; des î très aussi tég 



font thème au-dessua de Tin ■ z t\ le l'industrie* 

d à plus forte t ai o n rd, qui est 

un norri vuide oc letts*, un j m i n'a aucui c 

propriété, et par conséquent qui tic peut nen j ro- 
te que prouve 1 i . • 
qu une viande coTtcrnp'ie ne produ feun animal 

ifs. Pour s en co re , prenez du bce uf i 

nouvellement tué, nteue^ en un j dans un 

pot découvert , cl un autre morceau i!;.ns un 
bien net, que t uvrirez à lins tant avec une pièce 

d'étoffe de soie t! un tissu bien serré i c lait 

y passe sans que la mouche \ ; ser ses œufs. 

li arrivera au premier morceau de fourmi Uci de vers, 
paice crue la moucb en libe : 

>.aa s altérera par le pa : gc de l'air, se 
Ré rira et se ; ] a ci < : r i t ■ • 

; on n\ ni 

]t est évident par cette épreuve que 
j/r rien. Qu'emcnd-oi ment par la 

corruption a un corps:* C'est ta lé] a rat ion de ses : 
tics : la viande, par exemple, le bouillon, 'e vin se 

, lorsque lair, et sur-tout 1 air écriaul 
v entre de tous côtés, en dissipe !c^ parties les | 
fil s, et ne laisse que les parties les plus grossit 
e: res à nom ri r et a flatter le gt 

Oi , en. i que les parties intérieures ci un m 

le étant éventées, désunies et a téréei 
de la lotte , n'en sontpa ts proj res à Fermer 
r. ap un . qui ait cics yeux . 

IqUcars . un 
mé , en ui dont les opéi i i 

a-: ni 

an va cuisseau d une 
p c ti 



petitesse quj Le rend ii «eau , jou* 

i abri de la coquc g fee nourrit pai . rit iiu fluide 

où il n: ne s^augmente , cl se sentant; 

enfin Loge étroit , il perce sa coque . 

trouve, par la sage précaution de la «m rc . à ; 
des nourritures plus fortes qui convienne ; ion 
nouvel état. 

Au scr iv de l'œuf è le. uns se trouvent s;,us leur 
forme parfaite, cl ne la quitteront plus tant qu il* 
vivront : tels sont le oeuf 

avec leur maison lui le dos; i s couse;- l )ujours 

la même figure et la même maison , si ^e n est que , 
devenus plus gros, ils ajouteront de nouveaux cen 
à leur écaille. Mais la j lupart de» a pas- 

sent par des états tout dirTércns, et prennent suc. 
sivement la £gu:e de deux ou trois animaux, qui, 
comme nous L'avons déjà dit, n ont aucune T . . 
blance. Les abeilles ci Le vei à soie méritent un ar- 
ticle particulier, 

Abeilles, aj?es. De tous les insectes que les natura* 

listes ont étudies, labeil - est le lus admirable. 11 
y en a de plusieurs espèces: nous ne parlerons que 
de 1 abeille commune, ou mouche i miel; ce^i La 
phis utile. 

En certains temps de l'année, il y a dans un; ruche 
trois sortes de mouches bien distinctes, i a prexnii 
sont les abeilles communes, qui sont le gros de la 
nation, qu'on appelle abeilles cuvi . parce 

recueillent le miel e , parce qu'c 

n'ont point de s^xe. i. ne tron 

le travail, et un aiguillon pour se défendre contre 
leurs ennemis. La secc .in- abondante, s< 

les faux-bourdons , ainsi r les dis 

Suite au i ..:... 



9 8 

de ces i qui volent dans ia 

» :.: dune couleur plus o 

..s et p. . ic les ab 

les appelle encore 
mène. La troisième . qui es: La plus rare 

; on nomme - - - 

.- - 

et non point rois , comme nous le 

commt Le cro] eot les anciens . puisque c< 

vraiment des femelles. 

Entre .^ c beille ordinaire , 

les plus remarquables sont la tète, le corcelet ou la 
poitrine, le c ps on le - A ia tête on ic- 

t. à ré s c sur le s 

deux antennes , d mâchoires a 

«jui en souvrant et se jauche à 

drt enr servent cour recueillir la ci 

la : i hors de la 

ruche ce mode. ALi-dessou^ de c 

d it une c qui l : .r dune 

: .se. très-lui . ouleur de cha- 

I _ ... cette iee en deu 

. sa L< n D '.:cur que 

: A I oe 
ppée de quatre sortes d V - cn- 

: canal pai le miel est cor 

canal . est un 
culeux, qui. par ses mouvemens ve: 
monter le mie. 

den .on observe à I >rificc le la 
- 
ni est la 
il . sage. 



&9 

Le ecreelet tient à la tcie pai un cou très- court; 
il porte quatre aile^ en-dessus et six jambes en* 
dessous , dont les deux dernières sont plus longues 
que les auttes, et ont antérieure ment dans le milieu 
un enfoncement en forme de cuiller, bordée de poils 
un peu îoides. C est dans ces espèces de corbeilles 
que les mouches ramassent peu-a-peu les particules 
de cire brute quelles recueillent sur les fleurs; les 
extrémités des six pattes se terminent en deux ma- 
nières de crues , avec lesquels les mouches s attachent 
ensemble aux parois de la ruche , et les unes aux 
autres. Du milieu de ces deux crocs s'élèvent à Leurs 
quatre jambes postérieures quatre brosse^, dont L'u- 
sage est de ramasser la poussière des étamines atta- 
chées aux poils de leur corps; ces brosses font 1 effet 
de mains. On observe sur le corcelct et sur les an- 
neaux du corps , de petites ouvertures en forme de 
bouche, par où l'insecte respire : ce sont ses poumons; 
on les nomme stigmates. Cette partie, d'une struc- 
ture merveilleuse , leur est commune avec tous les 
insectes en général. 

L'intérieur du ventre consiste en quatre parties 

les intestins, la bouteille de miel, celle de venin et 

l'aigi i . d. Les intestins, comme dans les autres ani- 

x . servent à la digestion de la nourriture. La 

b i iteiile de miel, lorsqu'elle est remplie, est grosse 

comme ui petit poî -une le crystai, 

et c miel que les abeilles vont recueillir sur 

; i . et dont une partie demeure pour les nourrir : 

eure partie est rapporte, i ee dans les 

ce li les du magasin . poui ne toute la troupe 

en hiver. La bouteille de venin est à la racine de 

au travers c en darde 

G 2 



loi 



goutte! , c •..-.. : a r Ici 

ns [■■::■• • i L'ai- 

lé à . ■ • 
ion 5 d énviri a t }j es , et entre av 
ae vitesse*, pu le moyen de certain! muscles p 

v , pj erçoit Facilement i ai* 

; -.. prtsi c derrière de L abeille. Ce petit 

dard, c 11 ! paroît si délié à I\ ! n petit tuyau 

creux cL* matière de corne ou d'écaillé, qui contient 
l'aiguillon, composé - ême cîc deus. aiguillons 
accole?, qui jouent en même-temps ou séparément 
au gre de i abeille. 1 eur extrémité est r a: ee en scie, 
dent les dents son: tournées dans le sens d un 1er 
de flèche qui entre aisément, et ne peui -rtir 

sans rendre la blessure plu- duulourcr.se, et sans un 
grand eifort de la part de 'abeille. Aussi la piquurc 
que fait une mouche lui est-elle fatalq . l'aiguillon 
entraînant avec lui la vessie, e: quelquefois une partie 
des ihtestins. Leur piquurc est presque toujours ac- 
eoinpagnée de douleur , d inflammation , leur. 

Le moyen le plus sûr pour empêcher les suites fâ- 
cheuses de ces blessures , c'est doter i aiguillon de la 
p ! aic aussitôt eu on est biesse , et avei ai ec de 

l'eau ir du poison , 

r huile d'olive , ou en y appliq a ..... , 

les faux-bourdons ou mâles sont : i dis- 

ouvrit n t, comme 

-3 

dit, plus longs d'un tiers , et ont la t 
et plus « 
et lés 

ée , etc. 

. s . 



1C 1 

n'ont point aux j arabes postérieures ue ; *..c;:c trian- 
gulaire prppr« à rcccvoii La récolte de la re de 

la ciie. Elles non: noir.t de ! : 

pattes* les mères abeille* sont plus long les 

faux-bourdons. Ce qui aide Ifl ; u| à lai; e conne 
une mere abeille , cc$$ ie peu de longueur de 
ailes, dont les bouts ^c t^ninnu sp>uv< ; - 

lièrae agneau , au lieu c.ue les bouts eje 
abeilles ordinade vont, pa#-|iejà icxi- ai p • 

Le non: 1 ré des habitafrs d'une ru< 
sidérable. Il s'v trouve une reine c : dfe 

son sexe , avec deux , 

cents , et même tnïfie mâles ou if- 1 : . , c: 

quinze a ieizé mille aseilic'S Sans seiè Sont les 

ouvrières'. 

Lorsque lés mouches s'< dam unç rucr>ç, 

leur première occupation est !e bbutiier tous tcj 
petits trfaiix ou Petites qui s"v ti ■ ;. : 

matière gluante , tenace , rmulc cfaba 
durcit erteuïte : on lui a dofiné le rièrn de f/î ' 
Peridânt'quë les unes b'oScn'ént les fentes de 
les autres travaillent à la construction des : eu 

rayons, composes d alvéoles ou cellules ti.ês- régu- 
lières: Lin gâteau compose cl ai eoles est un spectacle 
charmant. Tout y est dis] ce avec tant Je symétrie 
et si bien fini , cjtdi la picmièie irrspection on c:: 
tente de le regarder comme un chef-d'œuvre de l'in- 
dustrie des Insectes. Une observation très -curieuse, 
est que les abeilles varient l'inclinaison et la Cour- 
bure dé leurs rayons selon le besoin.Elîes font tenir, 
dans le plus petit espace possible , le plus grand 
nombre de cellules , et les plus grandes possibles 
avec le moins de matière possible. 



101 

Chacune travaille suivant ^on district 
iinnifi. Flics vole m sur les BeUri . et s'y roulent au 
"u àc^ étamines , dont la poussière s attache à 
une de poil s dont leur corps i et; la 

mouche en paraît Quelquefois toute cn'oree. Llles 
ite toute cette poussû i ( 2* ■ les bl • sses 
mous avons « ,i (].; elU s ont à l'extrémité des pafctei . 
er l'empilent dans ia palette triangulaire : cfcaque pa- 
!ec:c est de la ç;ros-eur d un grain de poivre un pou 
applati. On voit bientôt les abeilles rentrer danb la 
ruche , chargées , les unes de pelotes jaunes , les au 
de pelotes rouges, ou d autres diverses nuances, B< 
la couleur des différentes poussière-. Cette poussière 
qu'elles rapportent est la matière à cire ou la u e 
brute; car elles ne rencontrent nulle part la cire : 
taire. 

A peine ;es mouches , ainsi chargées de la réca 
sont-elles arrivées } qu ii vient plusieurs abc, 
dètaaicnt avec leurs serres une petite portion de ce;tc 
jpatiùc à c'ue , qu'elles font passer dans un de U 
esrom: çs : car elles en ont deux, l'un pour le miel , 
et ' la cire. G est dans cet estomac que se 

fait une m rveilleuse élaboration; la rentable cil 
est - vin très-petite quantité rie la cire bn 

dont une p: rtic leur sert d'aliment , et le reste est re- 
jeté en excrçraens. ! . pd.o.uçhei d 

is. la forme dune bouillie ou pâte . pat La 1 )W 
que ni us \rji\ avons vue ; et à lai. le de lei 
Je lru;s dents , de leurs pattes . 
alvei les, dont nous avons admiré la figure, i 

■ ; 1 c est sèche, c'est de ia ci»e telle q 
eue ordinaire, 

Les gâteaux nouvellement faits sont blanci -~ - 



io3 

i's perdent peu- à -peu leur éclat en vieillissant ; ils 
cm, et les plus vieux deviennent ci un noir de 

: les /apeurs de dedans la ruche, les dépouilles 
des vers , et ie miel , en sont la cau^e. La cire qui a 

originairement blanche, recouvre sa blancheur 
étant exposée pendant plusieurs mois à ia rosée, après 
avoir été réduite en laines irès - fines. Lorsqu'on fait 
fondre la cire , pour tendre sa blancheur plus parfaite 
et plus lustrée i on y ajoute du crysxai de tartre , qui 
ia clarine. 

Les alvéoles servent à contenir le miel , il cire brute 
et ie couvain que la mère y dépose. Voyez dans 
Virgile ce qu'il dit du roi des abeides , et ai Cliquez-le 
re abeille. La fécondité de cette femelle est telle, 
qifeJle peut mettre au jour, en sept à huit semâmes , 
dix à douze mille abeilles et plus. Suivie deson petit 
cortège , elle entre cl abord la tête ia première dans 
chaque cellule, apparemment pourvoir si elle est en 
bon état : elle en sort , et y rentre pour déposer dans 
ie fond de la cellule , tin œuf qui s'y trouve collé à 
1 iistant. Elle pas: ainsi de cellule en cellule, et 
pond jusquVi deux ceiïts œufs par jour. La nature lui 
apprend a choisir ies alvéoles les plus grands, lors- 
qu elle va pondre des œuls d où doivent naître ies faux- 
bourdons ; et les cellules dites royales, lorsqu'elle est 
prête à mettre au jour les œufs doù doivent eclore les 
femelles. Au bout de deux ou trois jours, plus ou moins, 
selon quil fait | moins chaud , il sort de lœwif 

un ver que t on voit au fond de la cellule. Ce ver est 
long , blanc , toujours dans la même attitude, cest-à- 
dwn , roule en anneaux , appuyé mollement contre 
unecouche asseî e de gelée ou de bouillie d'une 

i eur blanchâtre ; c est d: cette gelée qu il se nourrit. 



7 

- 

•• faut. 1 

metit du ver ri et dt * . : 

clins Le corps des un soin parti- 

cr des o£ufi d'oà doivi . icines: elles 

leur donnent delà pâture 
de six jouis le vei ; Fend son a 
les abeilles , qui connoisseï fil n'a plus bei 
do manger , ferment la eej i 
yercle de cire. Le y< 
dans le plu • ait repos ,. se dén 
puis ii tapi* e de soie Les pai ulej car 

lisait filer, ainsi que les chenilles. I 
tapissé rirucueur de sa lc Iule , '•■' passe a un e at 
canna sous le nom «le nymphe , c est-à dire , quj p«id 
Coûtes les ] ai lies dont xi avoit besoin , étant vrr , 
çommi la filière «t autres. Les parties qui lui r.cut 
nécessaires pour sprj nouvel état de mouche , sr 
vcloppent ; enfin elle fait usage de ses déni 
sortir de la prison et rompre ion enve en- 

dant dès que la mouche est sortie., viennent d'autres 
mouches çaccpmmoder la cellule , la n< toi ct et la 
I arer ; û ir rccçv< ir ou du nouveau couvain ou 
tfu miel. A peine la jeune abeille e*t-elie sortie de 
•a cellule , que la voilà oui vole ir.clU 

tout aussi habile à reçue le m l et la cire , 

que les autres abeilles, de soin ces jeunes abei i 
que 1 on nomme 
pleine , elles vont former uns uvclle coloi 

• 'ne récolte 1 Len impoi tante pc 
.. du miel. I 



10êi 

: Fait avant lui , que 'et Peurs ont au fond de 

■ li- 
queur ra • : dans ce - s abeilles 
L puiser le mie! c'est dai - se 
onne. On ayoit 

: rosée q -. ; toc : >it lu ciel : on ne le croit j '; 
urd'hui ; on tait , au contraire , te 

a pluie sont treVconl ici, k roi I 

mpêchent les abeilles d'en trouver. Le ai 

'.i2cion de ce qui y a de in ci pi 

plantes, laquelle s'échappe pai les pores, et sé- 
ssit sur les îlcuis : comme les porcs sont plus 
erts au grand soleil qu'en tout autre temps j on 
ne voit jamais les ftears plus couvertes ci un suc 
gluant et vermeil , ni les abeilles montrer plus d'ar- 
deur , que quand le soleil est le plus brûlant. De 
to.i temps les abeilles ont connu ces glandes que 
nos botanistes modernes ont découvertes; de tout 
temps cites y oat été chercher le miel. La trompe 
leur sert à la récoke du miel , et le conduit dani 
le premier estomac , qui, lorsqu'il est rempli de. 
miel , a la figure d'une vessie oblongue : les ci. fans 
qui vivent à la campagne connoissent bien cette 
vessie: ils la cherchent mime dans le corps des abeilles, 
et sur-tout dans celui des bourd*ns velus , p» tir n 
suctr le miel. Quand ics vessies sont plei ï, s 
abeilles * tient à la ruche. À les vo - r s 

récolte d< cire ai ■, on i- t pi r 

d^ç par- dans 

fini - 'nt point 

tëujoetrs o'< 

Aussitôt qi g< cr 

ie i . ; v., dani un alvéc^ . u uc 

abeille porte à-la-fois n*es r nie ^.e 



io6 

celui que l'alvéole peut contenir, il faut le miel du* 
grand nombre d'abeilles pour le remplir. 

Quoique le miel soit fluide, et que les alvéoles 
soient comme des pots couches sur le cote , elles 
ont cependant L'art de les remplir. Elles mettent dessus 
une petite couche épaisse , qui par sa consistance, 
empêche le miel de couler : l'abeille qui apporte du 
miel dans l'alvéole , fait passer sous cette pédicule 
les deux bouts de ses premières jambes ; et par cette 
ouverture elle lance au dedans le miel dont elle est 
pleme : avant de se retirer , elle raccommode la petite 
ouverture qu'elle avait faite , celles qui suivent fort 
de même. Comme la masse du miel augmente, elle 
fait reculer la pellicule, et la cellule se trouve, par 
cette industrie, pleine d'un miel fluide. Les abeilles 
ont soin de couvrir d un couvercle de cire les alvéoles 
©ù est le miel quelles veulent conserver pendant 
l'hiver; mais ceux où le miel est destine pour la nour- 
riture journalière , sont ouverts et à la disposition 
de toutes les mouchés. I e miel qu'elles réservent pour 
l hiver, est toujours placé dans la partie supérieure 
de la ruche. Souvent i abeille , au lieu d'aller vuider 
son miel dans une cellule, se rend aux ateliers des 
travailleuses : elle alonge sa trompe pour leur©fhir 
du miel , comme pour empêcher qu'elles ne soient 
dans la nécessite de quitter leur ouvrage pour en 
• chercher. 

Les abeilles laissent vivre six semaines ou environ 
les ma ! cs ou faux-bourdons , à compter du jour de 
1 établissement de la colonie , afin qu ils aient le temps 
de féconder la mère. Ceci fait, les abeilles décla- 
rent une guerre cruelle à ces mâles : pendant trois 
u quatre jours , cest une tuene effroyable. Malgré 



107 

la supériorité que les mâles semblent avoii par leur 
taille, ils né sauroient tenir contre les ouvrières , 

aimées d'un poignard qui porte le venin ((ans les 
p'aies qu il fait: elles se mettent trois ou quatre contre 
un seul. Le moment de la proscription arrive , la 
mort s'étend également sur ceux qui respirent et sur 
ceux qui ne respirent pas encore : ce qui es: ver 
maie, ce qui n'est encore qu espérance de Fêtra , 
ceux qui sont au berceau, et que Ion a nourris 
jusqu'alors avec une tendresse de mère, tout est mas- 
sacré , dispersé : elles traînent à chaque instant les 
corps des mâles morts ou mourans hors de la ruche. 
Tout le sexe doit être anéanti , et il l'est : l'amour 
se change en fureur , la haina succède aux: soins 
maternels ; dans ces tristes momens , tout le devant 
des ruches n'est qu'un théâtre d'horreur et de 
meurtre. 

Les trois plus grands fléaux des ruches sont la 
faim , le froid et la teigne. 

En hiver , lorsqu il gèle , les mouches sont en- 
tassées et pressées les unes contre les autres pour 
tenir peu de place: elles sont, pour l'ordinaire, vers 
la partie supérieure, ou vers le milieu de ia ruche. 
Le froid les engourdit et elles restent ainsi jour et 
nuit sans prendre de nourriture. Si le dégel survient, 
si l'air se radoucit , et sur-tout si les rayons du soleil 
échauftent la ruche , jclles sortent alors de cette espèce 
de léthargie. Aussitôt que l'activité leur est rendue, elles 
sentent le besoin de prendre de la nourriture. Comme 
la campagne ne sauroit leur en fournir , elles ont re- 
cours à leurs provisions , en commençant par manger 
le miel des gâteaux inférieurs. Plus l'air continue 
4 être doux en hiver, plus la consommation e*1 giande . 



j - z 
et Ici abeille,! courent plus de riique de manquer 
c: Je mourir de faim i ur de la saison 

des . Si L'hiver est trop ru les risquent 

de périr de liuiJ. 

Un des : . ri moyens pour met 

en état de résister à ces dcu\ beaux , 

I de r uches bien pc tplées i;il y 

ad s ont pu faire de 

ruche 
le> met à poi ee de rebi.> ci au froid, qui, I 
est fort , ne fait que les en sans les iaire 

mourir, et q cependant lei met hors d'état de 
consumer tiop j apten ac leurs provisions. 

L'ennemi le plus dangereux de l'abeille , ce: 
teigne de cire. C'est une petite chenille teindre, 
licate, sans armes et sans défense, oui suit vivre 
dépens des travaux ue pins de dix-huit nulle en ne- 
, tous bien armés , dent elle est envi ronnée con- 
tinuellement, et qui tous veillent à la. garde de leur 
trésor. 

Son papillon est du genre des phalènes . c'est- 
à-dire, de ceux qui ne volent que la nuit, Ce 

■ :i trouve le moven de tromper la vigilance des 
abeilles , de traverser une armée formidable , p 
aller déposer ses œufs dans le coin de quelque 
tcau. Au bout de quelques jours, l'œuf édot , ii en 
sort une petite chenille à seize jambes, rase, dont 
la peau est blanchâtre , la tc:e brune et écailicuse : 
cène chenille Hic dans l'instant, et s'en ferme *:. 
^^n petit tuveau de soie. Lorsqu'elle a faim clic alenge 
son tuveau qui forme une galerie, et marche a 
chercher sa nourriture, au milieu de ses ennem s , 
en chemin c m vert. A mesure que la chemllc 



/ 



le g 

et a besoin de nourriture, cllealonge et élargit sa ga- 
lerie , qui est tortueuse et qui va de cellules en cellules. 
Plus eiie avance en pays ennemi, plus elle fortifie sa ga- 
lerie, et seforrue unrempartinexpugnable aux ira i 
abcii.es. Cet ennemi se multiplie quelquefois a tel 
point dans ia ruche, qu'il hache et renverse tous 
les travaux , et réduit les abeilles au point d aban- 
donner leur ruche. 

Ver , vcrmjs. De tous les vers qui sont semés dans 
toute La nature, nous ne parierons que du ver a sjie 
€t du ténia qui infecte le corps humain. 

Ver à soit , bombyx. Le ver à soie est appelé de 
ce nom, parce que, de toutes les chenilles connues, 
c'est celle qui donne la plus belle soie. Il a eic 
apporté de la Chine, son pays natal, ainsi que l'art 
de retirer la soie de sa coque. Les vers à soie se 
sont très-bien naturalisés dans plusieurs de nos pro- 
vinces méridionales, où on les élève avec succès, 
et où on les a multiplies au point que la soie qu'ils 
fournissent est l'objet d'une des plus belles parties 
du commerce. 

Il n'y a pas long-temps que les v«rs à soie ont 
été connus en France, et que leurs coques y ont 
été hiées pour être employées dans nos manufactures. 
Les ouvrages de soie étoient encore si rares , même 
à la cour, du temps de Henri second, que ce despote 
fut le premier qui porta des bas de soie. Autrefois 
les étoffes de soie é:cient si précieuses et si cherrs. 
qu'elles se vendoient au poids de l'or ; il n'y avoit 
que les empereurs qui en portoient. 

Ce ver es: d'une merveilleuse structure, et se nourrit 



I 10 

tic mûrier blanc. I orsquil est repu , et que îe temps 
de sa transformation est arrivé, son corps devient 
luisant, et comme transparent: d'abord il se purge 

par la cliette ; il devient flasque etnioiias.se, puis il 
cherche un endn.it où il puisse travailler a la su 
ture de sa coque sans être interrompu. On lui | 
sente quelques menus brins de balai ; il s'v relire , 
et commence à porter aa tête à droite et a gauche 
pour attacher son fil de tous côtés. Tout ce premier 
travail paroît informe , mais il n'est pas sans utilité : 
ces premiers fils sont une espèce de coton ou 
bourre, qu'on appelé 1 araignéeou la bouretU , qui sert à 
ecauer la piuic. Cette soie grossière, fait comme la 
base dz sa coque ; un la nomme f, et I rsqu 

est préparée on lui donne le nom Je ...'■ U , 
L'insecte se trouve suffisamment environné de cette- 
bourre , il commence sa véritable coque , en con- 
duisant sa soie plus régulièrement, non | c orne 
nous tournons des fils autour d'un peloton , mais en 
l'appliquant en zigzag contre cette bourre qu'il Tuile 
en même temps , et repousse continuellement avec 
sa tête, peur donner à l'intérieui de son petite 
fice une capacité ronde et régulière; s i i 
ten: -, é près tien deux, il ny a que la moitié 
qui agisse, et qui *e tourne sur linfé- 
rieure , cou ; un p »int fix< ; cest La ce qui 

ne une rondeur exacte à la coque. Après a 

c La double 
i me accoude couche de soie , con posée de Bis c 
pareil] lent en Forme ainsi j 

ï six cou,.: 

La Longueui d'un (il oie soie qui peut se i 
tic dessus la c< est de 1091 piedb et qi 

pouces , mu un de Paris. 



1 1 1 

Le ver a soie emploie ordinairement deux jours , 
quelquefois trois, à finir sa coque. Après que Le vei 
s'csi épuisé à fournir la matière et le travail de ses 
trois couvertures , il perd la forme de ver, et se 
change en chrysalide; de cet état il passe à celui de 
iiilon , après avoir reste vingt-un jours dans letat 
ce chrysalide ou de nymphe. 

Ver sclitairt , tanin. . Entre les difrérens vers qui 
vivent clans le corps humain, celui que Ion appelle 
solitaire est sai . ntc un des plus singuliers. La 
forme de ce ver approche d'un ruban , c est- a -dire 
qu'il esi long et piat; ce qui Ta fait nommer en latin 
tœm i ( ruban ) , et vtr solitaire, en français, parce qu on 
a cru qu il etoit seul dans un même sujet. 

Cet animal est blanc et fort mince ; son corps va 
en diminuant vers lune de ses extrémités , ou il se 

termine en un fil délie; son corps est articulé d un 
bout à 1 autre. Il v a de ces animaux qui sont den- 
>. Le séjour de ce ver rongeur est d*ns les intes- 
J . où il suce la substance la plus pure de l'homnif , 
i affame et le réduit à un état horrible de maigreur. 
On ne peut apprendre sans etonnement que la lon- 
gueur de cet insecte va ordinairement depuis quatre 
jusqu à trente aunes. 

Qu'y avoit-il de plus à désirer pour le bien de 
1 humanité , qu un moyen sur et cfncace d'expu 
lu corps humain ce ver rongeur? La fiance vient 
de faire l'acquisition d un remède célèbre contre le 
ténia , et dont la base est le mercure et la fougue 
femelle. Tout le monde le couueit; il est in. une 
de le rapporter ici. 



i 1 1 



D r. s ( l u p È D 1 s, 

Le animal quadrupède d 

et sauvage , co monde par la t 

«ic sa taille , la do. ilité de son caractère, et . 

infinie donc il est à 11 un ne. Lei chcvai i 

jugement, dit Salin.; ils connoissent leurs ma 

leurs ennemis : q lelqu :s-uns i 

d autres les mon que leurs maîtres-, 

te sont laisses ir.^ urir de fa i s les a\ ; : 

La domei tici rvàl est ii an 

ne trouve point de x sauvages 

parties tic l Europe. C'- 
en Amérique sont des i aui 
ropéens d'oi i ;nols v ont 

et qui s i e danin 

mauqtïoit au N 
gnoli le reman 
Mexicains et des 1 é 
sur des chevaux , les 
animaux se sont très-bien 
On eu voit quelque 

des troupes de plus de i inq ceni i qui courent i 
ensemble. Lorsqu ils r pp 
s'arrêtent tous : l'un d c x 

tiisiance , souffle des na :nd la luire , et 

les autres le suivent. 

ic 1 a plus noble conqurre , d 
ait jamais faite , est celé c ex et ' 

animal f qui partage avec lui les fï 



uS 

et la gloire des combats. Aussi intrépide que son 
maître , le cheval voit le péril et L'affronte : il se fait 
au bruit des armes , il 1 aime , il le cherche , et s'anime 
de la même ardeur : il partage aussi ses plaisiis à la 
chasse , aux tournois , à la course; il brille , il étin- 
celle : mais , docile autant que courageux, il ne se 
laisse point emporter à son feu; il sait reprimer ses 
mouvement- : non-seulement il fléchit sous la main 
de celui qui le guide , mais il semble consulter ses 
désirs , et obéissant toujours aux impressions qu il 
en reçoit , il se précipite, se modère ou s'arrête , et 
n'agit que pour y satisfaire : c'est une créature qui 
renonce à son être pour n'exister que par la volonté 
d'une autre , qui sait même la prévenir par la promp- 
titude et la précision de ses uiouvemens ; qui sent autant 
qu'on te désire , et ne rend qu autant qu'on veut; qui , se 
livrant sans reserve , ne se refuse à ries* , sert de 
toutes ses forces , s excède , et même meurt pour 
mieux obéir, 5,1 

On juge assez bien du naturel et de l'état actuel 
de cet animal par le mouvement des oreilles. Il doit , 
lorsqu il marche , avoir la pointe des oreilles en 
avant ; un cheval fatigué a les oreilles basses ; ceux 
qui sont colères et malins portent alternativement 
lune des oreilles en avant et f autre en arrière ; tous 
portent 1 oreille du coté oà ils entendent quelque 
bruit ; et lorsqu'on les frappe sur le dos ou sur la 
croupe , ils tournent les oreilles en arrière. Les che- 
vaux qui ont les yeux enfoncés, ou un œil plus petit 
que 1 autre , ont ordinairement la vue mauvaise ; ceux 
dont la bouche est sèche , ne sont pas d'un aussi bon 
tempérament que ceux dont la bouche est fraîche et 
devient ecumeuse sous la bride. 

Suite du Plan d'Instruction publique, H 



Le cheval Je telle doit avoir ici épaules r 
mobî i ; chargée! ; t cheval de tr? . . . 5 
traire, doit ics avoir grosses , rondes et 
Lorsque ics jambes de devant du chevaj sont trop 
Idng ;cs , il n'est pas assure sur ses pieds ; *i r. *i, 
«ont trop courtes , il est pesant à la main : on a re- 
marque que les jumens sont plus sujettes que Ici 
chevaux 1 être basses du devant , et que les che- 
vaux entiers ont le col plus gros que lcsjuinens et 
les hongres. 

Les yeux des chevaux sont sujets à plusieurs dé- 
fauts qu'il est quelquefois di de recorinoître. 
Lorsque l'ccil est sain , on doit voir à travers ia 
cornée deux ou trois taches couleur de suie au-dess s 
dt ia prunelle ; car pour voir ces taches , il Fa 
que la cornée soit claire , dette et transparente,. La 
prunelle pente , longue et étroite , ou environnée 
d'un cercle blanc, désigne un mauvais œil ; lursque 
l'œil a une couleur bleu - verdâtre , la vue est cer- 
tainement trouble:. 

\ I 1 zn% dt juger dt lâgt des chevaux. 

Une des choses les plus importantes à connoître 
lorsqu'on achète un cheval, est son âge : les sali- rci 
creuses n'en sont qu'un indice équivoque , puisqu elles 
le sont quelquefois dahs de jeunes chevaux engendrés 
de vieux 'filons : c'est pur les dents qu on peut en 
avoir une connoissanee sûre. Le cheval en a quarante : 
vingt-quatre mâchelièrçs , quatre canines, et de e 
incisives. Quinze jouis après la naissance du poulain , 
les dtn\* commencent à lui pousser; ces dents de 
lait tombent en différant temps , et sont remplacées 
s : ce soai ces dernières qui marquent l'âge 



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Ii6 

sept fois autant, c'est- à-dirc, vinjt - cinq eu tic 
ans , ci même plus. 

Variétés des thé * 

Nous alloni donner , le plus brièvement qu'il nous 
sera possible , une idée des caractères produits par 
l'influence du climat, et qui distinguent les diverses 
races de chevaux que fournissent nos département et 
les autres parties de 1 Europe. 

Les chevaux de L'Hic et Vilaine approchent , pour 
la taille et pour la fermeté du corps, des chevaux de 
la Vienne ; ils sont courts et ramasses , ils ont la tête 
courte et charnue, les yeux d'une moyenne grosseur. 
On fait usage de ces chevaux pour lartiilfrie , pour 
le tirage et pour la voiture : ils sont peu propies à 
la course. 

Les chevaux de la Vienne sont bons de corps et 
de jambes : ils ne sont ni beaux, ni bien faits , mus 
ils ont de la force. 

Les meilleurs chevaux de selle nous sont fournis 
parla Haute-Vienne ; ils ressemblent assez auxchevi 
barbes, et sont cxccllens pour la chasse , mais lenis 
dans leur accroissement : on ne peut guère & en servir 
qu'à huit ans. 

Les chevaux de la Seine -inférieure sont à-peu-près 

de la même taille que les chevaux de l'Ille-et- Vilaine : 
on fournit les haras de la Seine-inférieure de jurnens 
de rillc-et-Vilaine et détalons d Espagne. Ce mêla 
produit des chevaux trapus , vigoureux , propi 
la voiture , à la cavalerie et à toutes sortes d exercices. 
Il vient sur-tout du Cotciuin d excellais chevaux de 
voiture. 



ii7 

Les cl: e vaux des départemens du Pas- de Calais et 
du Doubs, étant trapus , soin proprci pour le tirage. 

Les chevaux de la ci-devant Gascogne tiennent un 
peu des chevaux d Espagne, quoique moins beaux, 
de taille et plus lourds ; ils sont propres raix cha- 
riots , et conviennent à la cavalerie. De la croupe et 
de la jambe , ils imitent beaucoup le mulet. 

Les chevaux de la Somme , de la Marne , de 
la LIaute-Marne , de la Côtc-d Or , de la Seine , sont 
inférieurs aux precédens ; aussi n'y a-t-il guère de 
haras dans ces provinces en général. 

Les chevaux dt France ont le défaut contraire aux 
chevaux barbes : ceux-ci ont les épaules nop serrées , 
les nôtres les ont trop grosses. 

Les chevaux arabes èsont les plus beaux chevaux 
de 1 univers; ils viennent des chevaux sauvages des 
déserts d'Arabie. Ces chevaux sont si légers , que 
quelques-uns dentr eux devancent les autruches à la 
course. Un y a point de précaution que Ion ne prenne 
en ce pays pour en conserver la race également belle. 
On ne voit que très-rarement de ces chevaux en Fiance. 

Les chevaux barbes , ou de Barbarie , sent plus 
communs que les arabes ; ils ont l'encolure fine , peu 
chargée de crins; la tête petite , belle, moutonnée; 
la queue placée un peu haut , les jambes belles , bien 
faîtes, sans poil ; le nerf bien détaché, le pied bien 
fait. Ils sont légers et propres à la course; leur taille 
est un peu petite , car les plus grands n'ont guère plus 
de quatre pieds huit pouces ; mais l'expérience ap- 
prend qu'en France , en Angleterre et en plusieurs 
autres contrées , ils engendrent des poulains plus grands 
qu'eux. Ceux du royaume de Maroc passent pour Us 

H) 



* 1 



? 



meilleur .. L'excellence d I < jx consiste à 

ne s'abattre jamais, et à . terril 
le ralier de cend i u mbei su bride ; i<» 

un grand pas et an galop rapide, 1rs deux, seule I 
j uc leui pci moU< n i avs. 

Les chevaux 
apni les barbe»; ils ont l'e te 
beaucoup de Liiii 1 » la tête un \) " 
awe/. bas , I p tiè BÔ-u^fl 

dans la démarche , 

n \ j v ' ' 5 e of • à 

dix pouces : ceux d 

meilleurs. Ou pic:.' re u» les. a 

du monde pot... la g pour U 

manège. Les chevaux 
à la cuisse de la > © 

t.: 

tais ils sont] 
rcux . - ;; abres d crtie r a • • Fatigu . . i 
la chasse et peu- La course: îl Étroit à 
eussent plus, de grâce et i 

et, ont peu de liberté dans les épaules. Tout >ndc 

sait que les Anglais ont beaucoup I a: : 

gymnastique de la course. On rapporte qu i i 
àz posit d Angleterre lit gageure t 

uze lieues de France en qu 
en course , monta suce essivera 
dent il remonta sept pour la sec 

se en onac heures trente-deux minutes. 

Les chevaux napolitains sont estimés po: 
ttiagts : ils ont la te i§, fcnec paisse , 



ng 

difficiles à dresser; mais i:s ont la taille riche, les 
mouvemens beaux : ils sont excellens pour 1 appareil. 

Les beaux chevaux danois sont parfaitement bica 
moulés , bons pour la guerre et pour l'appareil. 

Les chevaux de Hollande, sur-tout ceux de Frise, 
sont très-bons pour le carrosse. Les chevaux flamands 
leur sont bien inférieurs , ils ont ie pied d'une gran- 
deur démesurée. 

Les chevaux d'Allemagne sont généralement pc- 
sans, et ont peu d'haleine. Les transylvains et h: s hon- 
grois , au contraire , sent bons coureurs : (w hus- 
sards et les marchands "hongrois leur fendent les na- 
seaux pour leur donner, dit-on, plus d'haleine, cl 
les empêcher de hennir à la guerre. 

Les clie vaux de Turquie sont beaux , très-fini , 
pleins de feu , mais délicats. On élève beaucoup de 
chevaux dans la Perse : communément ils \ sont de 
taille médiocre ; il y en a même de fort petits . qui 
n'en sont pas moins bons , ni moins forts ; il s'y en 
trouve aussi dune belle taille. 

Parmi les chevaux , comme parmi les autres ani- 
maux , on voit quelquefois des écarts de la nature : 
on peut mettre de ce nombre le Bucéphaîe d 'Alexan- 
dre , qui avoit une tête de bœuf; le cheval que Jules- 
César fit élever, qui avoit ics deux pieds de devant, 
faits comme l'homme ; un cheval né dans le pays de 
Vérone, qui avoit, dit-on, la tête d'un homme; 
un autre en Bohême , qui avait la queue semblable 
à celle d un chien. 

De toutes les matières tirées du cheval , et vantées 
par les anciens comme avant de grandes vertus , on 
rif lait usage dan» la médecine moderne que du Lait 

H 4 



1 80 

nt , qui ressemble i nesse « 

c qy il contient bc - . ci peu de 

parts uses ètbutyreu rend propre 
i L'asthme , la pbthisic , 1 au 

Le cheval donne au commerce , api mort, son 

crin , dont on fait des tamis, des toiles , des arcl c 

d'instrumens à cordes ; on en rembourre le c selles 
et les meubles , on en fait îles cordes. les t*nr.euis 
préparent son cuir, qui est cmpl^ve par les s c ! ! 1 1 > s 
c: les bourreliers. Ils tablètiers-peignim emploi* 
la corne du cheval. 

L âne , asinus : c'est un animal domestique, connu 
par plusieurs bonnes qualités. Il n'y a point «animal 
plus employé et plus dédaigne. Ôtez-lui le défaut 
d'être entêté au point de se Laisser rouer de a 
plutôt que de pasicr par un sentier qu'il a d'abord 
refuse de prendre , on ne lui en connoi d autre. 

L'âne diffère beaucoup du cheval par la petites 
de sa taille, par ses Longues oreilles, qui ne contri- 
buent pas peu à la finesse de son ouïe ; par sa queue, 
qui n est garnie de poils qu'à L'extrémité; par 
port, qui ua point la noblesse de celui du che- 
mais combien de qualités utiles ■ ut tuus if- 

défauts extérieurs ! ïl est dur et patient au travail ; 
il porte de grands fardeaux, ù proportion de 
grosseur, sur-tout lorsqu'on le charge sur les reins, 
cette partie étant plus forte que le dos. 11 est de la 
dernière frugalité , ii s'accommode Je foutes B( 
de nourriture ; des chardons . d 
buissons , des saules, lui suffisent ; en lui I. 
ger des brins de sarment, du chaume : la . 
l'engraisse. C'est la ressource des gens de la ca 
qui ne peuvent acheter un cheval et Le ni 



111 

les soulage flans tous leurs travaux : il est employé 
a tout ; pour semer , pour recueillir, pour porter les 
denrées au marché. Y a-t-il un animal dont le pied 
soit plus sûr dans les sentiers les plus étroits , les 
plus glissans , sur les bords même des précipices? Il 
craint le froid, et se plaît dans les pays chauds, tels 
que l'Arabie , l'Egyptf et la Grèce : on a beaucoup 
vanté les ânes d'Arcrdie. Ces animaux soat cfaut; 
moins forts et d'autant plus petits, que les. climats 
sont plus froids : ils le sont même en France , quoi- 
qu ils y soient déjà anciennement naturalises , et que 
le ii o i cl du ciimat soit bien diminué depuis deux raille 
ans , par la quantité de forêts abattues et de ma- 
rais desséches. 

Les ânes d'Arabie ont le poil poli, la tête haute, le pied 
léger • on ne s en sert que pour m&fuuîe ; on les dresse 
à aller l'amble : on leur fend les naseaux, afin de leur 
donner plus d'haleine ; et ils vont si vite , qu'il faut ga- 
loper pour les suivre. Cette espèce est si belle , que les 
Arabes en conservent la race avec autant de soin que 
celle de leurs chevaux. Ils sont en grand honneur à. 
Maduré, où une tribu d Indiens les révère particuliè- 
rement , parce qu ils croient que les âmes de toute 
la noblesse passent dans le corps des ânes. 

On mangeoit anciennement de la chair d âne , 
sur-tout celle danon sauvage : les Perses la regar- 
doient comme un mets délicieux , ainsi que les Ro- 
mains , au rapport de Pline : toujours est-il certain 
que la chair de hàne domestique est encore plus in- 
sipide et plus désagréable que celle du cheval. 

Le lait d'ânesse est léger, facile à digérer, con- 
tenant peu de parties butyreuses et casécuses : il 
adoucit les humeurs acres et salées ; il soulage 



* ' " de la phtl isie. Pour 

on de 

j<une , s qui au mis ... ûs peu de tem] ^ : 

2 tenir propre , 
noui rii , d avoine , cl 01 gea - * e , 

i t .a. 

mu: e pas la 

mên de ne ..;i a faii , ^e 

peu de 

a peau de i . dure et n s-elas- 

: on 
en ciibies , d s, et de ti 

•cuJiers ; on en » parchemin pou les ta- 

blettes de e , que e lé- 

gère de plâtre : cest ai de L'âne 

Orientaux font le s appelons 

Ce cuir est très-seï ;c , n -îs- ( pari de 

pciKS gi nds qui en foin La auté. i 

a demie ■• .'a-. ; on3 , et 

que'., est bien ramol iè, .. la saupoudre a.ec de 
là grai-oe de m L'astriction la t 

ncler. Lorsque la gi moutarde n'a pas été b ; en 

appliquée, il reste de^ iei que . 

ii irs , défaut qui dimi ue le pria du cl 
reste, on emploie aussi, \ r '.z chagrin , les cuirs 

n de La cro . ; i n et 

J r chagrin est susceptible ne prendre ti ; es snic» 
de couleurs ^ La toi geestla plus belle et la plus chère , 
à cause du vcinnlion et du caimin avec lcsqu< 
coltue. On distingue iau!cim j n dave c 

roquin passé en chagrin, parce que mier 

s'écorche plus difficilement. 

\W m. la nature a fait le taurctu indocile 



I I • 

et fier; il entre en fureui à là vue de la couleui >ugc : 
ceci lui c-: commun avec beauj .aux 

farouches, et vient de la coi tion de leuis veux, 

le taureau combat générei • pom le troupeau, 

et marche volontiers le premier à la têt ' i y a deux 
troupeaux de vaches dans an champ, les deux tau- 
reaux s en détachent et i a lutre en 

mugissant, ils se heu.rten avec impétm c battent 

avec acharnement , et n mbat que lors- 

qu'on les séparer le I .'.>.: c : ,< contraint 

ce céder au a tincu se retire tout 

triste e: tou r I ;x, au li< u que le vainqueur s'en 

rctourae tête le tomphant ci tout tin Je sa vic- 

toi c. 

Le b : «( - ■ is , qui a été fait 

du : - ilcjuc u. Le beruf , le mouton 

et les autres animaux qi paisse . sont non- 

emei t les meilleurs , les . ; i ■ c s , les plus pre- 

ux pour L'homme; p Is le nourrissent, mais 

> vc eemx qui co .somment et (qui dépensent 
le moins. Le bœuf sur-tout est , à cet égard, l'animal 
par excellence ; car il icvul à la terre tout autant qu'il 
même il améliore le fonds sur lequel i! vit , 
il ei * son pâturage; au lieu que le cheval e. la 

autres animaux amaigrissent en peu d'an- 
nées zs meilleures prairies. Le mouton et la chèvre 
coupent 1 herbe de si près, qu'ils détruisent la tige et 

nt les racines; le cheval choisit f herbe la . 
tine , et laisse grain cr et multiplier la grande hcibe, 
dont les liges sont dures ; au lieu que le bœuf, qu. t C 
peut brouter que I roc long te , à cause de ses grosses 
res , et qui n'a j ents incisives à la mâ- 

choire supérieure, ic ics grosses tiges , et 



I . . ... 

.ne de qi 
cyal a vécu i q • . 

e que le bœuf a 

I es Germains fai soient si grand i . 

ut de racite , ils donnoient p'jur dot des boeufs 
à leurs filles. Les A - , qui s en servoient a 

ige et pour mettre a leurs chars, furent 
temps ''or de ces ani 

leurs sacrifices. Elien rapporte que Phryg 

a mort pour a . 

à la charrue I . lient autre! 

potes franc 

isatre bœufs attelés j d'un pas tranquille et lent, 
Fromenoient dans Paris le monarque indolent. 

Cour a u. 

Buffon observe que le bœuf n'est pas si propre 

']- des fardeaux que le cheval , l'âne, le - 
au, e;c. La forme de son corps ci ieins le 

rionrre ; mais la grossem de son cou . la lai 
i-, indiquent [u'il est ] 

à p' . de cette manière qui] 

avantageusement : et il est singulier que 
usage né soit pas général, et que presque pai 

irer par les cornes. Il a la tête très- forte , 
c: ne laisse pas de tirer .en de cette façon , mais 

avec bcaucr ini d avai tage q nd il tire 

épaules : il semble a i Kar- 

rue; la masse de son corps . la lenteur de S« 

>-», le peu de hauteur de i . ; dite 

- i patience dans le travail, semblent cor. ; 



1 23 

rir à le rendre pi nps , et 7 

capable qu'aucun autre de irn >ns- 

tante et toujours nouvelle que la terre oppose à 
efforts,. Le cheval , quoiqui 

le bœuf, est moins propre k et 11 est trop 

élevé sur ses jambes : ses an 

trop brusques , et d'ailleurs itiente et se rel 

aisément. On lui ôte toute sté , tCi >u- 

plesse de ses mouvemens , toute ia grâce de son a 
tude et de sa démarche . lorsqu'on le réduit à ce tra- 
vail pesant, pour lequel il faut plus de constance « 
d'ardeur , plus de niasse que de vitesse , et plus Cz 
poids que de ressort. 

Les bœufs , comme les autres animaux domes- 
tiques , varient pour la couleur; cependant le poil 
roux paroît être le plus commun : et plus il est rot 
plus il est estime. On fait cas aussi du poil noir, et 
ion prétend que les bœufs sous poil bai durent long- 
temps; que les bruns durent moins , et ie rebutent 
de bon ne heure; que les gris, les - blanc* 

ne valent rien pour le travail, et ne sont propres q 
être engraisses. Mais de quelque couleur que &Oiî le 
poil du bœuf, il doit eue luisant, é] li et doux au 
toucher; car s il est rude , mal uni ou dégarni , on a 
raison de supposer que l'animal souffre , ou du nu 
qu il n'est pas d'un fort tempérament. 

Dès 1 âge de deux ans et demi ou trois ans , il faut 
commencer à l'apprivoiser er à 1: a 

attend plus tard, il devient indocile et 
domtable. La patience, la douceur, et m : ca- 

resses, sont les seuls moyens qu'il i_ 
force et les mauvais ti ne s< 

quà le rebuter pour toujours. 11 faut .-ter 



Le . caic&scr, lui donne] l • I I 

, et toujours mêlées ^c el 
c p. ] eme temps on lui liera souvent Le 
quelques je s on le mett * s »u . i 

fera traîner la charrue avec un auue boeuf de 
; t dressé. O aura soi a de l#s atta- 

che 1 i la - acr de 

au ' , afin i qu j G et 

ne dei mouven -. On n i 

plo ra jamais a dans lej j; il 

n>c i i >it qu'à la rei dre plus ÎBtn ^ 

au* L le et ne le faire tr; i à petites 

le p tant qu i: n'csi \ *s 

i-fa'it di essê : < rai ;on . en le ne 

s plus large rneï is toûi autre te'mp . 

en l'att e entre deux ffa 
s. : il se aïs en deux or. : urs. 

Quand le bœuf ic i s : toujours le 

frotter avec des bouchons, sui est en sueui , 

L'étriller le matin, lui hiver louve ; la qu 
l'eau tiède, ci lui rafraîchi] he en e:e avec 

• , ou du vin impi c- d eu sle se!. 1: 

. les boeufs un peu éloignés lés uns des aul 
quand i!» sont dans L'écurie. 

H ne doit servir que depuis trois ar.i j us 

• on tria bien de lé tirei alors de la charrue poui 

: ei et le vendre; la chair en scia meilleure 

on attendoit plus h temps. On i 

t' animal j ai la dents et pai les cornes. I ei 

es dents du tombent mois , et 

placées par d'autres qui ne son blai hes 

i G.- 



sincs de celles du milieu tombent,, cl sont aussi rem- 
placées par d'autres; et à trois ans toutes les dents 
incisives tont renouvelées. Elles sont alors égales , 
longues et assez blanches ; à mesure que le bœuf avança 
en âge, elle deviennent inégales et Moires. G est la 
même chose pour le taureau et pour la vache. 

Les cornes tombent également à trois ans au tau- 
reau , au bœuf et à la vache , et elles sont remplacées 
par d'autres cornes, qui , comme les secondes dents", 
ne tombent plus : celles du bœuf et de la vache de- 
viennent seulement pins grosses et plus longues que 
celles du taureau. L accroissement de ces secondes 
cornes ne se fait pas dune manière uniforme , ni par 
un développement égal. La première année', c'est-à- 
dire la quatrième année de l'âge du bœuf, i! lui pousse 
deu>; petites cornes pointues , nettes , unies, et tei uri- 
née* vers la tête par une espèce de bourrelet : l x annce 
suivante , ce bourrelet s éloigne de la tête, pousse par 
•un cylindre de corne, qui se forme et qui se termiue 
aussi par un autre bourrelet, et ainsi de suite ; car tant 
que 1 animal vit, les cornes croissent. Ces bourrelets 
deviennent des nœuds annulaires , qui) est aisé de 
distinguer dans ia corne , et par lesquels l'âge peut 
aisément se compter , en prenant pour trois ans la 
pointe de la corne jusqu'au premier nœud , et pour un 
an de plus chacun des intervalles entre les autres 
nœuds. 

I cheval mange nuit et jour, lentement, mais 
presque continuellement ; le bœuf , au contraire, mans c 
rite , et prend en assez peu de temps toute la nourriture 
qu'il lui faut, après quui il cesse de manger , et sa 
couche pour ruminer. 

La rumination se fait, parce que les deux premiers 



Ès8 

estomacs «lu ba r, la pâme et le 

qui n'est qu'une portion de la ; use, étant re 

tant q u II i p< nt en contenir , 1 1 
membi ane tend ur 1 herbe 

tient . qui n'est que très-peu mâchée, a y>< 
hachée , et dont Le volume au 
la fermentation. L'animal remâche ces I 
macère , les imbibe de nouveau de 13 e , et 

rend ainsi peu a peu L'aliment plus coulant ; il le 
réduit à une pâte assez liquide pour qu elle pui 
couler dan-, le conduit étroit qui communique 

■ nd au troisième estomac, où elle se mai 
encore avant de passer dans le quatrième ; et c 
dans ce dernier estomac que s achève la décompo- 
sition du foin , qui y est réduit en un parfait muci- 
lage. Ce qui confirme la vérité de cette explication. 
c est que tant que ces animaux tettent et sont noui 
de lait et d'autres alimens Liquides et coulans . 
ne ruminent pas; et qu'ils ruminent beaucoup | 
en hiver et lorsqu'on les nourrit d'alimens st 
qu'en été pendant lequel ils paissent L'herbe tendre. 

On a remarque que les bœufs qui mangent len- 
tement résistent plus long-temps au travail que ceux 
qui mangent vite; que les bœufs des pavs élevés et 
seessontpius vifs, plus vigoureux et plus sains, que 
ceux des pays humilies et bas; que tous deviennent 
►rsqu'on les nourrit de loin sec (pic quand 
on ne leur donne que de l'herbe molle ; qu ils i ac- 
coutument plus difficilement que les chevaux au 
eh** it de climat , et que , par cette raison, on 

ne doi LS acheter des bœufs pour le travail 

qu- dans son voisinage. 

Qn doit nourrir les bceufs avec du foin . de la 

1 aille , 



i -■) 

paille, et même leur donner un peu de son et d'à-* 
voine : en été, on leur donnera de 1 herbe fraîche- 
ment coupée, ou bien de jeunes pousses et des Feuille» 
de frêne , d'orme , de chêne , «te. , mais en petite 
quantité ; lexcès de cette nourriture , qu'ils aiment 
beaucoup , leur causant quelquefois un pissement de 
sang. La luzerne, la vesce , les lupins sont de très- 
bons alimens pour les bœufs : il n'est pas nécessaire 
de régler la quantité de leur nourriture , ils n'en 
prendront jamais plus qu il ne leur en faut. La grande 
chaleur incommode ces animaux peut-être encore 
plus que le grand froid ; ainsi on doit éviter de les 
faire travailler à la grande ardeur du soleil. Ils ne 
demandent pas autant de soins que les chevaux ; 
cependant , si on veut les entretenir sains et vigou- 
reux , on ne peut guère se dispenser de les étriller 
tous les jours, de Us laver, de leur graisser ia corne 
des pieds , et de leur donner de bonne litière, 

La vache et le veau , vacca et vituîus. Le produit de 
îa vache est un bien qui croît et qui se renouvelle 
à chaque instant. La chair du veau est une nourri- 
ture aussi abondante que saine et délicate; le lait est 
l'aliment des enfans ; le beurre , l'assaisonnement 
de la plupart de nos mets; le fromage, la nourri- 
ture ia plus ordinaire des habitans de la campagne. 
Que de pauvres familles sont aujourd'hui réduites à 
vivre de leurs vaches ! 

On fait aussi servir quelquefois la vache à la 
charrue ; mais il faut alors avoir attention de l'as- 
sortir avec un bœuf de sa taille et de sa force , afin 
de conserver légalité du trait , et de maintenir le soc 
en équilibre entre ces deux puissances : moins elles 

Suite du Plan d'Instruction publique, I 



sont inégales f plus le labour de la tçtre çsl Facile et 
rég'uli i 

>. i a i - c 1 on ; ■ ' ■<• . i; I avoir 

l repoi er < . 
de temps en temps. Les anciens av 
longueur c!c cent vingt p. s i, • .•• < • . 

que le bœuf devoil tracer par une continuité ; 
terrompue d efforts et de mouYcmçna 
disoien t-ils , il tau: cesser de 1 i s iter , ej le laisser 
reprendre haleine quelques momens avant de pour- 
suivre le même sillon ou d en commencer un ai tre. 

On doit donner à là -vacne le nu In et la 

mime nourriture qu'au becul ; mais la vacfae a lait 
e^ige dc r > attentions particulières, tant pour la Bien 
choisir que pour la hien conduire. I les 

vacher noires sem ceiies qui donnent le meil 
lait, et que les blanches sont celles qui en donnent 
le plus. 

De quelque poil que soit In vache à but , il 
tiuelle soit en bonne chair, qu'elle ait L'cpil vil . Is 

he légère, ou clic soit jeune., et que son lait 
abondant et de benne qua 

Le bon lait n est ni trop épais , ni trop clair : sa 
sistariçe doit erre telle , que lorsqu'on en prend 
vie petite goutte, elle conserve sa rondeur sai 
1er; il doit cire d't.u beau blanc : celui qui tin 
le jaune ou sur le bleu ne vaut rien ; sa saveur 
être douce , sans aucune amertume ei - reté ; il 
faut aussj qu'il soit d'une bonne odeui 
odçur; li est meilleur au mois bloréal, et pei 
1 <-t er, et il n'est pari liternent bon nue 

' pou îa vaciie esr en bon âge est en bonne santé. T.e 
ic.it cc^ jeunes g< russes çst tràp clair ; celui dci vieille! 



i3i 

faciles est trop sec . et pendaîti. fhiver il est ttop épais. 
Ces différentes qualités du lait sont relatives a la 

quantité plus ou moin- grande des parties butyreuses, 
caséeuses er séreuses qui le composent. Le lait trop 
clair est celui qui en manque , et le lait trop «ce n a 
pas assez de parues butvreuses et séreuses. Le lait 
d une vache qui approche de son terme ne vaut rien ; 
il faut la laisser q it que temps à sec- 

On laisse le jeune veau auprès de sa mère pendant 
les cinq ou six premiers jours afin qu il soit toujours 
chaudement , et nu ii puisse tetter aussi souvent qu'il 
en a besoin ; mais ii croît et se fortifie assez dans ces 
cinq ou six jours pour qu'on soit dès-lors oblige de 
1 en séparer , si l'on veut la ménager; car il 1 épuiscroit 
s'il etoit toujours auprès d'elle, Il suffira de le laisser 
tetter deux ou trois fois pai jour ; et si 1 on veut lui faire 
une bonne chair et l'engraisser promptement , on 
lui donnera tous les jours des œufs cruds , du lait 
bouilli et de la mie de pain. Au bout de quatre ou 
cinq semaines , ce veau sera excellent à manger. On 
pourra ne laisser teticr que trente ou quarante jours 
les veaux qu'on voudra livrer au boucher ; mais ii 
faudra laisser au lait p ridant deux mois au moins 
ceux qu'on voudra élever. On doit sevrer les veaux à 
trois ou quatre mois ; ii faut beaucoup de soins pour 
leur faire passer le premier hiver, c'est le temps le 
plus dangereux de leur vie , car ils se fortifient assez 
l'été suivant pour ne plus craindre le froid du second 
hiver. 

On trouve dans le troisième et le quatrième es* 
tomac du veau qui tette , des grumeaux de lait caillé. 
Ce lait caillé contient beaucoup de sel volatil , acide , 
et ssrt de levain pour la digestion des alimens que le 

1 * 



I 2 



veau T . ' 37lt 

la présure dont on se sert poi I cailler Le lait : 
plus on garde cette présure , meilleure elle est , et 
il n en faut qu'i 
gran ae de fromage. 

Les et lc> bœufs aim b icoup le vin , le 

vinaigre, le sel, qui leui excite singuliè rement !" 

aussi , lorsqu ils sont dégoûtés , leur donne-t-on de 
l'herbe trempée dans du vinaigre , et saupoudre d'un 
peu de sel. 

C'est ordinairement à l'âge de dix. ans qu'on met 
les bœufs et les vaches à [engrais ; si l'on attend j 
tard, on est moins sur de réussir , et leur cha 
pas si bonne. L'été est la saison la plus favorable 
pour les engraisser , parce que les berbas 
abondans. En commençant au printemps, on c-t 
presque sûr de ies voir gras à la tin de 1 au 
Dès qu'on voudra les engraisser, on cessera de h s 
faire travailler; on les fera boire beaucoup plus sou- 
vent, on leur donn< ra des nourritures succulentes en 
abondance , quelquefois même n l'un peu de 

sel ; on les laissera ruminer à loisir, e: doi 
rétable pendant les grandes chaleurs. En moins de 
quatre ou cinq mois i ndront si gras . q 

auront de la peine a ma, cher , et qu'on ne 
les conduire au loin qu'à très-petites journé 

Outre les avantages que l'homme retire de ces ani- 
knaux domestiqi it leur vie, ils lui s icorc 

dune très-grande uni": leur mort. En Irlande, 

en Angleterre , eu II • . c ta le 

Nord, on sale et on hune des quantités immense! 
de chair de bœuf, soit pour l'usage tic la marine < 
toit pour l'avantage liu commerce : il, se . i de 



i *3 

| ays une grande quantité de cuirs. La peau du 

l munie celle du veau , servent, comme Ion 
sait, à une infinité d'usages. La graisse est aussi une 
matière utiJe : on la mêle avec ïc suif de mouton. 
J.c fumier du bceuf est le meilleur engrais pour les 
terres sèches et légères. La corne dont est armée la 
tête de cet animal , est vraisemblablement le pre- 
mier vaisseau dans lequel on ait bu , le premier ins- 
trument dans lequel on ait soufflé pour augmenter 
le sdii , la première matière transparente que Ton 
ait emplovée pour faire des vitres et des lanternes ; 
Pline parle d'un naturaliste qui faisoit ses ruches avec 
c'e la corne , pour mieux cennoître le travail Je ses 
mouches. Il y a long-temps qu'on a ramolli et raoulé 
la corne pour faire des boîtes , des peignes et rr.iiie 
autres ouvrages. 

le lait de vache est un des meilleurs alimens que 
Von connoisse : il est vrai qu'il ne convient pas éga~ 
Le ment à tous les tempéramens. En général , ce lait 
est une nourriture médicamenteuse très-excellente et 
qui convient clans toutes les maladies où il s'agit 
doucir l'acieté du sang. Le lait empiove extérieu- 
rement est un puissant anodin qui calme les dou- 
leurs et résout les tumeurs enflammées qui mena- 
cent de suppuration. 

Tout le monde sait que la sérosité que Ton retire 
du lait , ou qui s'en sépare naturellement , est le 
petit lait qui est si propre à rafraîchir et à calmer 
L'effervescence du sang : on lui associe quelquefois 
les sucs de diverses plantes , suivant le genre des 
maladies , comme les anti-scorbutiques ou fii 
de fumeteire , pour purifier le sang. On retire 
. : ;t lait par crystallisatien un : e de se' , qu » 

1 : 



'3 4 
nomme sucre h lait , à cause de la douceur : nu en 
fait usage dans tou^ les cas ou le lait coc -, 

ques médecins oui beaucoup célébré les le ce 

sucre de lait, pour [toutes les maladies qui - 
pour cause un acide acre et corrosil répandu i 
humeurs. 

La crème de lait est la partie huileuse et la plus 
grasse du lait ; comme cetie substance n'est j as inti- 
mement dissoute dans le lait, elle s en îj .e par le 
xepos , et étant spécifique meut plus légère , elle vient 
se rassembler à la surface. 

Le beurre est ce qu'on retire du lait en le battant , 
et qui n'est que de la crème dont les parties hui- 
leuses ont été rapprochée^ et séparées «-avec les 
parties hétérogènes , par une percussion réitérée. 

Le fiel de boeuf est préféré au fiel des autres ani- 
maux , comme plus acre , plus voiatil et plus péné- 
trant : on l emploie les lavèrûens laxatifs pour 
y servir de stimulant , lorsque le venue est durée 
constipé. La ceinture de te fiel est aussi un cosmé- 
tique très-estime : on la ii,edu fiel desséché p< u-.i- 
peu au soleil , et il Fusé «'uns l'esprit dp vin* On saie 
que les teinturiers >e Servent du Bel 
nttoyer les étoffes avant de les teindre , et que les 
degraisseurs remploient poui :r Jes ta bes de 
dessus les habits. Les peintres en font aussj uî 
pour relever leurs couleurs et pour netoyer leurs ta- 
bleaux. 

La fiente de bœuf a une vertu discussive et ano- 
dine , qui la rend très-propre a appaiser Je- inflam- 
mations , sur tout dans la goutte. C esi fonde* 

peut que les anciens avoicut an que le sang de 



i35 

reau étoit un poison : on a reconnu , au contraire, 
qu'il est utile dans la dysenterie , les crachemens de 
sang , et dans 'es potions vulnéraires as «5 n genre s, 
Dans ies sucreries , (n\ g en sert j ou- [unifier le sucre : 
on l'emploie aussi dans la préparation du bleu de 
Prusse. Quant à 1 extérieur , il a les propriétés com- 
munes au sang des animaux ; on s en sert en Uniment, 
lorsqu il est question d amolhr et de discuter les tu- 
meurs , d'effacer les taches de la peau . et de dissiper 
le; verrues. Mais son usage principal est lorsque 
quelque membre est foible et atrophié : on fait alors 
plonger la partie affligée dans la gorgé d un taureau 
ou d un bœuf nouvellement tue; ce qui la ranime, 
la rend plus souple et plus propre au mouvement. 

L'usage de l'uriné de vache en médecine n'est pas 

nouveau : on lui a donné le nom d tau de iv.illejUurs , 
pour ôter l'idée sale et dégoûtante que fait naître le 
nom d'urine Cette urine est purgative , et évacue les 
sérosités sans tranchées. 

On sait que les Indiens en usent' dans toutes leurs 
maladies. Ils ont une si grande vcnératÎQJâ pour les 
tû qu ils croient être fort heureux, lorsqu en 
mourant ils" tiennentune vache parla queue. Ils regar- 
nit comme le plus grand des crimes de manger 
'. viande de cet animal. 

La baudruche , dont les batteurs d or font usage 
v in tei poser entre les lames ou feuilles du métal 
c j iis amincissent à coups de marteau , n'est que la 
pellicule d'un boyau de boeuf apprêtée. Enfin, com- 
bien d'ouvrages semblables à ceux de l'ivoire ne lait- 
on pas avec les os de bœufs ! on a trouvé le moyen 
d'en faire defç bouillons , et des tablettes pour ies 
voyageurs. 

ï 4 



Le bélier , arics; Y . agnm ; le moutpn , ; 

la brebis , évh. 

De tous les animaux quadrupèdes cette 
est la plus stupide , cl celle qui parmi les ?.■■ 
paroît avoir le dernier dcçré de ttmi I d'in- 

sensibilité. La brebis se laisse enlever rau 

sans le défendre , sans s irriter , sans résister . et <>ans 
marquer sa douleur par un en iént 

ordinaire. Mais cet animal si i 

dénué de qualitjs j ires , est pour 1 homme l'a- 

nimal le plus précieux . celui dont i utilité c^ 
plus étendue ; seul il peut suffire aux besoins de 
première nécessité , il fournit tout à-i 
se nourrir et se vêtir , sans compte: 
particuliers qu on sait tirer du suif , d\\ 
peau , et même des boyaux , des os et du fun 
cet animal , auquel il semble que La nature n 
pour ainsi dire, rien accorde en j roj r< 
que pour le rendre à l'homme, 

Le bélier porte sur la tête dts corses , qui viennent 
se contourner sur le devant, ,en, forme de demi-cercle: 
elles sont aussi quelquefois contournées en spirale , 
creuses et ridées. On coimoît lâge du bélier par ses 
cornes : elles paroiisent dès la première année, sou- 
vent dès la naissance , et croissent tous les ans d un 
anneau jusqu'à la lin de sa vie. A un an , iesbélii 
les brebis et les moutons perdent Ils deux, dents de 
devant de la mâchoire supérieur:. Ils perdent le n 
de leurs premières dents jusqu'à l'âge de trois, ans , 
où elles sont rem .es par d'autres qui sont égales , 
asiCi blanches; mais qui à mesure que Panimal 
vieillit , se déchaussent , | T émoussent , et dcsiei 
^ales et noires. 



vn 

Quoique la toison du bélier soit ordinairement 
. .^Iic , on pietend cju il ne produit que desagnea . 

..êtes , lorsqu'il a la moindre tache à ia langue ou 
au palais. 

Les brebis et les moutons sont d'un tempérament 
très-délicat. La fatigue les abat ; la grande chaleur , 
l'ardeur du soleil les incommodent autant que 1 hu- 
midité , le froid et la neige ; ils sont sujets à un 
id nombre de maladies . dont la plupart sont con- 
tagieuses. Notamment quand dans leur pâture ils ont 
rencontré une espèce. de renoncule appelée par les 
paysans douve , et en latin rdnuncuijis 
lus tris', La crapaudinc [sideritt " ne i pas si dange- 
reuse pour les montons que lest celte renoncule. 

On fait avec le lait de brebis d'cxcellens i. 
sur-tout en le mêlant avec celui de vache. Les br< 
et les moutons aiment beaucoup le sel , qui leur 
en effet très-favorable ; cai q ne quel- 

ques troupeaux avôient été garantis de maladies con- 
tagieuses par 1 usage du sel , aîii ;i que ces troupeaux: 
de vaches et autres bêtes à cornes : ce sel produit 
un effet merveilleux, il leur facilite la digestion ; et 
ces animaux extraient de i:. ■ cl herbes , 

une plus grande quantité de substance nutritive et 
de lait. On est dans lu s re-Garonne 

de ne donner du sel aux bestiaux que pendant l'hiver. 
La quantité qui leur suffit est une livre de sel en I 
jours pour vingt moutons : en a soin de les empêcl er 
dc boire le reste du jour où i'; ont i du sel ; 

ils ont ensuite un grand appétit. Les laines des mou- 
tons qui usent de sel , sont phis b< es. 

La chair des moutons qui paissent dans un terrçin 
»ec et dans des pac 



138 

plus agréable; aussi, da i quelques bergeries t 
a-t-on soin de mettre dans quelqu'en droit on sac 

de sel ou une pierre sa.ee, que les mouton., vont 
tous lécher tour-à-ie . . 

Rien ne contribue plus à engraisser les moutons 
ieau prise en grande quantité, et rien ne s y 
oppose davantage que L'ardeur du soleil ; mai 

les ont engraissés de cette manière , et même de 
toute autre , doivent s'en défaire aussitôt qu'ils sont 
engraisses ; ear on ne peut jamais les engrai 
deux lois , et ils périssent tous par la maladie du 
foie. 

Les laines d'Italie , d'Espagne , et même d'Angle* 

terre, passent pour être plus fines que les laines de 
France , et notre République se voit dans la néces 
d acheter fort cher de l'étranger des laines longues , 
blanches , fines et soyeuses , qu'elle pourroit tirer 
d<i son propre fond si l'on multipliait en France les 
bonnes espèces , en tenant les bètes à lainç propre* 
ment , et en s'appliquant à la bien filer. 

Bouc. Ce mot vient de l'allemand bock , d'où flta* 
lien a fait hecco , les latins dis oient hirais ; chèvre . en 
latin capra. Le bouc est le mâle le la chèvre. Il dif- 
fère du bélier eu ce qu il est couvert de poils et non 
pas de laine , et en ce que ses cornes ne son: 
autant contournées que celles du bélier. De plus , il 
porte sous le menton une longue barbe , et il répand 
une mauvaise odeur. Du reste c est un assez bel ani- 
mal ; il est très - vigoureux ; mais cette vigueur ne 
dure que trois ou quatre ans , et ce> animaux i 
énerves, et même vieux , a l'âge de cinq ou six ans. 

La t heure a , de me nie que le bouc , un toupet de 



iSg 

barbe sous le menton ; et de plus , deux glands ou 
espèces tic e osses verrues qui lui pendent sous le 
col. Sa queue est très - courte , ainsi que celle du 

bon. : de lIit . rc est i lî la 

longueur de m > deux pis qui lui pendent sous le 
tre, Cet animai étant devenu domestique , a ac- 
quis diverses couleurs; àufe&i voit - on des d,> vrcs 

blanches , noirci , fauves et d:u:;o couLei rî _, 

en a qui ont des cornes, et d autres oui iu., u:,t 

peint. 

u La chèvre , dit RufFcn , a , de sa nature, plus 
de sentiment er de ressource cat la brebis : cile vient 
à 1 hemme volontiers , elle se familiarise aisément, 
elle est sensible aux caresses c: c : d'attache- 

ment : elle e^t aussi pi re , plus 

: et moins timide que ia bieb;s. V - Pline 

un fait singv.iur qui prout e st h ie. Elle est vive , 

capricieuse , lascive et vagabonde; ce n est qu avec 
peine qu'ow la conduit et qu on la réduit en trou- 
peau : elle aime à s écarter dans les solitudes, à grim- 
per sur les lieux escarpes , à se placer , et me me à 
dormir sur la pointe de* rochers et sur le bord àz2> 
précipices. Tente ia souplesse de . e: tout 

le nerl de son corps suffisent a peine à la | étuianc* 
et a la rapidité des mouvernensqurlui sont naturels* 
Elle est robuste , aisec a nourrir ; presque toutes les 
herbes lui sont bonnes , et il y en a peu c 
cemmodent ; cependant elle estsujette àr] cu-pj :: 

mêmes maladies que ia brebis , à 

ques-anes Elle s'expose volontiers aux rayi ;uus 

vifs du soleil , sans que son arc^u: lui ^aus'j ni eij-r- 
dissement , ni veid^e comme a la brebis. 55 

Les chèvres portent cinq mois , et mettent fcis au 



:• erçenl du 
I 
Elle i h ent 

an ou 

tfpt bas prdim i, < 

deux , ; 
Elles i 

incisives à la mâchoire ire : e t, aiast 

eufs et ks moutons r< i , et 

elles ruminent. Varron nous assure que les 

mal saines , qu'elles ont toujours la. , et 

que ce mot t ■.'■ nt du latin brouter). 

Dans la plu] art des clii Is on nourrit des 

chèvres lantité. E 

aroît cependant que, celles qui sont babil 
d , pourvu qu il ne as si < lccj ii{ qu eu Is- 

lande , y résisi . . 

pas tant da::s Les 

On peut commencer a traire les 
jouis après que les ont mis î j a > : 
i .ii ta quanti tt peud tt i cinq 

mois soir et matin, et même plus une la brebis. 
Les - - sont si fajntli -■ aî- 

léra i ter , même par les [uck 

i une très - b( une nourrit i S sont , 

nrac les ; et les brebis ,suj ci rc tetttes 

pu la couleuvre, et encore . dit-i : oiseau 

connu sous le nom de 

que ce] .... au nt paroisse taire sa 

©oui ri turc que d insectes , ainsi qi 

Les cliè. res ci 'Héi -Je ht t de noi 

moiuons , et pnl :or«es. 



1 p 

plus blanc que la neige , assez long , m* is plus i 
qu'un cheveu. La chair eu est aussi délicate que c< \lk 
du mouton , et ne sent pas le sauvagih co.rfimc la 
chèvre ordinaire. Tous les plus fins camelots sont 
faits du poil de ces chèvres. 

Les chèvres d'Angora ou de Syrie , sont de la même 
espèce que les nôtres. Ces chèvres! , ainsi que presque 
tous les animaux de Svrie , ont le poil très-blanc , 
très-long, très-fourni, et si fin, qu'on en fait des étoffes 
aussi belles et aussi lustrées que nos étoffes de soie. 

Ce sont les chèvres de Barbarie , de 1 Asie mineure 
et des Tndcs qui fournissent la plus grande quantité 
de ce beau poil de chèvre avec lequel on fait des 
étoffes. Cette marchandise est sujette à être altère e 
frauduleusement par le mélange de la laine avec le fil 
de chèvre. 

La chèvre nous fournit du lait qui tient le milieu 
entre le lait de vache et cTânessc : il est moins épais 
que le premier , et moins séreux que le second ; ce 
qui le rend très-propre aux tempéramens pour lesquels 
re lait de vache seroit trop pesant , et celui dânesse 
trop aqueux. Son usage est très-propre à rétablir les 
eufans en chartre , et à donner de l'embonpoint aux 
pci sonnes qui seroient extrêmement maigres , sans 
être incommodées. Le lait de la chèvre a une petite 
qualité astringente , parce que cet animal se plaît à 
brouter les bourgeons de chênes et autres plantes as- 
tringentes , ce qui communique, à son lait cette | 
priété ; aussi est-il utile dans les maladies consomp- 
tives accompagnées de cours de ventre séreux, ics 
propiifiés des plantes dont l'animal s*, nourrit se 
communiquent tellement au lait , malgré tous les 
couloirs et tous les filtres au travers desquels il 



t ;c 
le lait rc à qui on Le* pur* 

la i icc , purge feu fan t <- 

nient et suffisais 

boit Je lait d'une chèvri , on attention à ne Lui 
faire brouter que des hei c loieni eninS 

et modéi i » ; car elles Ici 'ma.es, 

dont Je suc est acre et ca . On faii avec le Lût 

de chèvre des fromages excellens 

La barbe du bouC croît dui m«?€ 1o t \f - 

tiu'on s en fsrt 

le poil avec des c'.c- eux. Les ckai déliera font us je 
«lu suif do bouc. On prépare les , i ne ci de 

chèvre m les ren I 

et aussi m< - que celles de daim , et elles sont 

dune aussi bonne qualité. On les prépare aussi en 
maroquin rouge et noir. le plus beau et !e meilleur 
marocain rouge vicm du Levant : on le rougit avec 
delà lacque et autres drogues. Le plus beau maroquin 
nous vient de Barbarie. Ces maroquins sont d'autant 
meilleurs, qu'ils sont plus hauts en couleur, dru 
beau gr; in . d '. au toucher , et qu i - ri ni point 
d'odeur désagréable. On prépare aussi des maroquins 
dans plusieurs communes de France; mais ils n ont 
ni la bonté , ni Ja durée des précédens. 

Le bouc sa\ ! u - tain ou / , habite 

Alpes vers la Suisse et le Mont-Blanc : il sur] 
randeur le bouc Je plus grand. 

Le chamois , animal du genn d< i i tcvrci 
que •"••■n voit en troupes sur les Pyrénées , b ii 
les et dont la peau est d un gnuid Ult- 

■■ . .. . est plus grand que ia chè- 
vre . ei l ssembic beaucoup au ccil pour la te 



143 

du corps. Son poil est onde a frisé comme celui des 
chèvres. 

Le cochon. Nous allons réunir sous un même ar- 
ticle le sanglier , le cochon de Siam et le porc , ou 
le cochon ordinaire , parce qu'ils ne sont tous qu'une 
même espèce. L un est l'animal sauvage : les deux. 
autres sont des animaux domestiques; et quoiquils 
diffèrent par quelques marques extérieures , peut-être 
aussi par quelques habitudes, ces différences ne sont 
pas essentielles , elles ne sont que relatives à leur 
condition; leur naturel n est pas même fort altéré; 
enfin , ils produisent ensemble des individus qui peu- 
vent en produire d'autres : caractère qui constitue 
l'unité et la constance de l'espèce. 

La graisse de cochon est différente de celle de 
presque tous les animaux quadrupèdes, non-seulement 
par sa consistance et sa qualité , mais aussi par sa 
position dans le corps de 1 animal. La graisse de 
l'homme et des animaux qui n ont point de suif, 
comme le chien , le cheval , etc. est mêlée avec la 
chair assez également. Le suif dans le bélier, le 
bouc, le cerf, etc. ne se trouve qu'aux extrémités 
de la chair; mais le lard du cochon n"est ni mêié 
avec la chair, ni ramassé aux extrémités : il la re- 
couvre par- tout , et forme une couche épaisse , dis* 
tincte et contenue entre la chair et la peau : le cochon 
a cela ^e commun avec la baleine , et les autres ani- 
maux cétacés (qui ressemblent à la baleine ) , dont la 
graisse n'est qu une espèce de lard à-peu-près de la 
même consistance , mais plus huileux que celai du 
cocho n. 

Une autre singularité encore , e,t qui n'est pas 
moins grande que les autres , ces: nue le cochon ne 



i vie. ] ent! 

• ire six d 

con r 

elles de la 
mes , c\di:driques , 

Ii • :res es- 

p *ce t , la vache i 

: :s , ou i 
allongées. 

De tous les ochon par- 
ie la foi 

dent influer sur le : toutes ses ha 

: • >ont immondes; toi 

ses sensation > se i • n lu 

à une gourm ui fait < 

inctement tout ce qui . ej même sa 

progéniture au moment it de naj 

Sa voracité dépend a on-* 

qu'il a d ■ lir Ja gran 

estomac ; et la i » < 

ration du sens du goût et du toucher. La 
du poil , la dureté de la peau ; L'épaisseur de lai 
graisse ren i eu sensibles aux coi ps : 

î on a vu des souris ! teui do-, et U uf mai 

1<- lard et la peau sans qu'ils parussent le sentir, lus 
ont donc le toucher fort obtus , et le gqi t aussi gros- 
sier que le toucher.. Leurs;; ens Les 
chas eurs n'ignorent j les sangliers voient , 
entendent i tent de fort loin, puisqu'ils sont 
ttblisés , pour Les . , de les ai eu 

silence 



"4? 
eilence pendant la nuit , et de se plaçei 
du vent pour dérober à leur odorat le mations 

qui les frappent de loin , et toujours assez vivement 
pour leur faire , sur-le-champ , rebrousser chemin. 

Cette imperfection dans les sens du goût et du 
toucher est encore augmentée par diverses maladies ; 
savoir , d'eue infestes ces peux , d avoir les humeurs 
froides, d'être sujets à iesquinancie , à In toux , au 
flux de ventre. Mais la principale maladie est celle 
nuiies rend ladres , c'est-à-dire , presqu 'absolument 
insensibles , et de laquelle ii faut peut-être moins 
chercher la première origine dans la texture de la 
r ou de la peau de cet animal , que dans sa mal- 
propreté naturelle , et dans La corruption qui doit ré- 
sulter des nG<..riKU! u sortes dont ii se r; quel- 
quefois ; car, le sanglier , oui n a pas de pareilles 
ordure* à dévorer , etqui vit ordinairement de grains , 
de fruits, de glands, de racines,, n'est point sujet 
à cette maladie non pus que le jeune cochon pen- 
dant qu'il tctie. On ne La prévient même qu'en te: 
le cochon domestique dans un^ établ.e bien propre » 
et en lui donnantabondamment des nourriturss saines. 
Sa chair devient même excellente au goût, e: le lard 
ferme et cassant ; si , comme je lai vu pratiquer , dit 
Buffon , on le tient pendant quinze jours dans une 
étable pavée , et toujours propre, sans litière , en ne 
lui donnant alors pour toute nourriture que du grain 
de froment pur et sec , et ne le laissant boire que 
très-peu. On choisit pour cela un jeune cochon d'un 
an , en bonne chair et à moitié gras. 

La manière ordinaire de les engraisser est de leur 

donner mmcntdc l'orge , du gîï zs choux, 

des légumes cuits , et beaucoup deau mêlée de sou. 

Suite du Plan dlmtructjpn publique. K 



146 

En ('eux mois ils sont gra«; le lard est abon dant et 
épais , mais ."-uns ctc Lien fermé , ni bien blanc ; 
et la chair , quoique bonne , est toujours un peu facle. 
On peut encore les engraisser avec moins de dépense 
dans les campagnes ou il y a beaucoup de glan< 
en les mettant dan* les forêts pendant L'automne , 
lorsque les glands tombent, et que la châtaigne et 
la faine quittent leur enveloppe : ils mangent éga- 
lement de tous les fruit* sauvages , et ils engraissent 
en peu de temps , sur-tout si le soir , à leur retour , 
on leur donne de l'eau tiède mêlée d'un peu de son 
et de farine d ivraie. Cette boisson les fait dormir et 
leur donne un tel embonpoint, qu on en a vu ne pouvoir 
plus marcher, ni presque se remuer. Ils engraissent 
auisi beaucoup plus promptement en automne*, tant 
à cause de 1 abondance des nourritures, que parce 
qu'alors la transpiration est moindre qu en été. 

On n'attend pas , comme pour le reste du bétail , 
que le cochon soit âge pour 1 engraisser ; plus il 
vieillit, plus cela est difficile, et moins sa chair est 
bonne. 11 est rare qu'on laisse vivre les cochons plus 
de deux ans ; cependant ils pourroient croître encore 
pendant quatre ou cinq ans : ceux que 1 on remarque 
paimi les autres par la giandeur et la grosseur de leur 
corpulence , ne sont que des cochons plus âges , qu on 
a mis plusieurs fois a la glandée. 

La durée de la vie du sanglier peut s'étendre jusqu'à 
vingt-cinq ou trente ans; Aristotc dit vingt ans pour 
les cochons en général. 

Les cochons aiment beaucoup les vers de terre et 
certaines racines, comme celles de la carotte sau- 
vage; c est pour trouver ces vers et pour couper ces 
racines qu'ils fouillent ia terre avec leur bouttir. Lt 



M7 
sanglier, dont la lune esc puis longue et plus forts 
que celle du cochon, fouilic plus profondément ; il 
i le aussi presque toujours en ligne droite dans le 
ne sillon , au lieu que le cochon Lui; le ça et là, 
et moins profondément. 

Quoique ces animaux soient fort gourmands , ils 
n attaquent et ne dévorent point, comme les loups, 
les autres animaux : cependant ils mangent q le q-ie ois 
de la chair corrompue ; mais c'est peut-être plutôt 
nécessité qu'instinct. Cependant on ne peut nier qu'ils 
ne soient avides de sang et de chair sanguinolente 
et Fraîche , puisque les cochons mangent leurs petits, 
et même des enfants au berceau; dès Cju'ils trouvent 
quelque chose de succulent , d'humide , de gras et 
d'onctueux, ils le lèchent, et Unissent bientôt par 
avaler. J'ai vu plusieurs fois , dit Buifori , ui trou- 
peau entier de ces animaux s arr ter , à leu *ctour 
des champs, autour d'un monceau e terre g aise nou- 
vellement tirée : tous léchoient cette terre, q n'ètoit 
que très légèrement onctueuse, et quelques-uns en 
aval oient une grande quantité. 

Leur gourmandise est, comme Ton voit, aussi 
grossière que bruta e: ils n ont aucun sentiment bien 
distinct; les petits reconnaissent à peine leur mue, 
ou du moins sont sujets à se méprendre, et à te* ter 
la première truie qui e r ta ; bse saisir ses mamelles, 
La crainte et la n< essité donnent apparemment un 
peu plus d'instinct aux cochons sauvages; il semble 
que les petits soies ti . lement attachés à leur mère, 
qui paroit être aufesi plus attentive à leurs besoins» 
que ne lest la truie domestique. 

Tout le monde sait que le cochon est utile dans- 
toutes ses parties : on vante le lard du cochon de 

K e 



148 

4 racuse, et le jambon de Maycncc. En cenéral , 
le cochon nourrit beauco cm de mer et de la 

campagne. Du temps de Gahen , les athlètes qui s exer 
çoicut a la lutte n étoient jamais plus forts ni plus 
vigoureux que quand ils vi voient de chair de cochon ; 
elle convient aux gens robustes et de gros travail. 
Sanctorius a observe que la chair de cochon se v. 
pire peu; et ou sait que le défaut de transpiration 
occasionne des maladies de la peau. La graisse tic 
Tepiploon et des intestins, qui est différente du lard, 
fait le sain-doux et le vieux-oing. La peau a tes 
usages; on en fait des cribles; comme Ton fait aussi 
des vergettes , desbrosses, des pinceaux, avec les soies. 
Pour empêcher que les vers ne se mettent au lard, 
il faut mêler du sel de pitre dans le sel naturel dont 
on se sert pour le saler. 

Le mot sanglier vient du latin singula^is, parce que 
le sanglier marche seul, à la réserve des deux pre- 
mières années. 

Cochon dinde y cuniculus, ou porcrllus Indien*. Ce; 
animal est plus petit qu'un lapin : ses creilies sent 
transparentes et anondics; il n'a point de queue; ses 
dénis sont semblables à celles du rat; son poil, qui 
est court , peut êirc comparé à celui des cochons. 
Il passe sa vie à dormir, jouer et manger. Ils pro- 
duisent beaucoup ; avec une seule couple, on peur- 
roit en avoir un millier par an; rna:s ils ;.e détrui- 
sent aussi vite qu'ils pullulent; le froid et 1 humidité 
les font mourir. 

Chien. Ce mot vient du grec kjion, qui fait au ■ 
nitîf hnos , et ce mot est fouric de kyno [moveê , 
farce que le chien remue sans cesse. 

». le chien, dit Buhon , i: .'.animent de la 



»49 

beauté de sa forma , de la vivacité, de la force, de ia 
légèreté, a par excellence toutes les qualités intérieures 
qui peuvent lui attirer les regards de l'homme. II 
possède un sentiment délicat , exquis , que i'éducation 
perfectionne encore ; ce oui rend cet animal digne 
d'entrer en société avec l'homme. Il «ait concourir a 
ses desseins, veiller à sa sûreté , l'aider, le défendre, 
le flatter; il sait, par des services assidus , par des 
caresses réitérées , se concilier son maître , le c:.p- 
tirer , et de son tyran se faire un protecteur. >> 

Plutarque nous raconte que tous les ans on pendoit 
un chien à Rome , et qu'on le trainoit par teuie la 
ville en cet état, tandis que Ion conduisoit une oie 
d'ars une litière fort propre : parce que les chiens qui 
étoient dans la capitoie se trouvèrent tous endormis 
lorsque les Gaulois y donnèrent lassant , et que ce 
fut par les cris des nies que les Romains furent ré- 
veilles. He:iuippe , Arisiotc , Plutarque, Elien , ont 
dit qu'il v avoiï une contrée d'Ethiopie, où les peu- 
ples prenoient un chien pour leur roi : c'est appa- 
remment une fable. Strabon nous apprend que les 
Egyptiens adoroient les chiens à I .:> , qui veut 

dire ville des chiens. Saxon le grammairien nous as- 
sure qu'un chien fut établi pour gouverneur de la 
Norwége par Qttc'n , roi de Suède , après qu'il Tout 
subjuguée ; il obligea les rebelles à rendre hommage 
à son chic u, qu'il appelait Sueting. 

On reconnott la jfuncssse des chiens à la blan- 
cheur de Leur* dents , qui jaunissent ce sémoussent à 
mesure que L animal vieillit , et sur-toct à des poifs 
blan châties qui commeucent à paraître sur le museau. 
La durée ordinaire de la \ ic des chiens est environ 
de quatorze ans, 

*• 3 



Le temps de la portée d'une cl Ienne dure 
mois et deux ou troïs j.mis. Le nouveau i 
pelle petit chien , cattllus. i des petits chiens 

tîc com q et i cent à s'ouvrir qu t de q 

jour*. La ifaèré Lè< - petits , tt a 

Leur urine c : teurs exeremens, pour qu'il n'y : 
cui/c ordure dans suri lit. ÇHiand on lui en 
petits . elle va .es chercher , et i es prend dans sa 
gueule av:c bc^u oup de précaution, On prél 
qu elle commence toujours par le tnei leur , et i 
<li te mine ainsi le choix des chasseurs, qui le gau ent 
prefe ablemcnt aux autres. 

On ne ] c ir la i [ration sur La force di- 

gestive de 1 estomac Lt* o.-> v sont rair 

et igéres, et le suc nourricier en est extrait. Quoique 
Tcstoma. des chiens paroisse assez iauommoucr de 
toutes sortes dalimens , il es: rate de leur voir • 
des vcg< taux crus. Lorsqu!ils se sentent n ils 

•itent des feuilles de gramen , qui ie^ loin v*mir 
et les guérissent. Lc.^ crottes ou exeremens que rendent 
i an m lux sont b très . sur-tout Lorsqu ils i 

mana;e tes os : ces ex ucs sont nommés 

pat les :• - ■ , or. album gra 

et la médecine, qui ne se pi< de auisfaire le 

go.it par ses préparations . tt « - :i<^e comme 

médicament : i p est revenu , à ce i 

paroi t , de L'usage de cette substance 
rement pour la pleurésie ; dn en fait tout au 
- à l'cxtérieui dans Fei . comtô 

mt un sel amm i ix. On prétend i e 

ces excrémens sont es entière- 

ment les plantes , e: num 

c; le s dp nia de chii 

a h un insecte ne 



De toutes les qualités que nous admirons le plus 
dans les chiens , parce que notre amour - propre en 
est le plus flatté, c'e^t la fidélité avec laquelle un 
chien reste attaché à son maître : il le suit par-tout; 
il le défend de toutes ses forces ; il le cherche opi- 
niâtrement s'il l'a perdu de vue , et il n abandonne 
pas ses traces qu'il ne l'ait retrouvé. On en voit sou- 
vent qui restent sur le tombeau de leur maître , et 
qui ne peuvent pas vivre sans lui. Voyez Pline, liv. 8 , 
chap. 40. Leibnitz ( hiit. acad. 1 7 15 ) fait mention 
dun chien qui parloit. 

Voyez dans la physique la raison de leur admirable 
qualité qui leur fait guetter le gibier, le découvrir, 
ainsi que les choses que leur maître a perdues. 

Quelques auteurs prétendent que les chiens con" 
tractent les maladies des personnes avec' qui on l'e s 
fait coucher, et que c'est même un excellent moyen 
de guérir les goutteux : mais comme un homme qui 
prend la maladie d'un autre ne le soulage pas pour 
cela , il y a toute apparence qu'un malade ne peut 
recevoir de soulagement d'un chien qu'on lui ap- 
plique , que dans le cas où la chaleur de l'animal 
attaqueroit la maladie en ouvrant les pores , en fa- 
cilitant la transpiration , et en donnant issue à la 
matière morbifique. Quoi qu'il en soit, comme ici 
chiens en léchant les plaies qu'ils ont reçues , les 
détergent et en hâtent la consolidation , on a vu des 
personnes guéries avec succès de plaies et d'ulcère* 
invétérés , en les faisant lécher par des chiens. 

De tous les animaux que nous connaissons , le 5 
chiens sont les plus sujets à la rage ou hvdrophobie » 
maladie causée à ces animaux par la disette de boire 
et de manger pendant plusieurs jours , au quelque- 

* 4 



dont lis se 

. ni encore pai le défaut d 
rate tranfcpifatioi - ps couru. 

Cette maladie terrible re s i : ; ;ils*ê 

rem me m sur Lès homme 
i] les moîd , et : * 

adîè, li on fe*y n nptrcn Cett* 

: d abord (es pai ic» du corp! n : 
mi Je s , telles qi c 5 et Te 

elle v cau^e une al 
irri union si glande . que le malade tôra - une 

aalion de raison, dans d > c sions ... i 

horreur et une benaîoh te; ible de U ua ce 

C5t liquide. Aussi ne faut-il pas i ie s ani- 

maux , ainsi que les I 
reur, prit une aversion in ou v 

:t , ainsi < 
l'impossibilité • it d avaler les liquides; 

toutes le*s Fois - : . il leur 

monte alors, a ce qifii leu ! te : chose 

subitement dans h gojcge qtii supposé al 
du Gui i \ le sôni lé 

Les i ton 
i 

. ■ - • i 
. 

i 

■ - . ; 



i 53 
du docteur Nugent , médecin à Bath. Lérnery con- 
se ; 'ie en pareil cas l'usage fréquent des aels vola- 



tils , CL! 



Comme il arrive souvent dans plusieurs maladies 
dés hommes, que la crainte et l'inquiétu le inE • ' 

plus sur une maladie que le mal réel, Petit, chirur- 
gien , offre dans 1 histoire de l'académie, année ! ; 
un expédient pour savoir si le chien dont on a été 
mordu, et que fou suppose avoir été tue depuis, 
croit eriragé ou non. Il faut, dit-il , frotter la gueule , 
les dents et les gencives du chien mort avec un m )i - 
ceau de chair cuite, que l'on présente ensuite à un 
chien vivant; s il le refuse en criant et en hurlant , le 
moit étoit enragé, pourvu cependant t 
point de sang a sa gueule : si lie a été bic 



et mangée , n n v a rien a crain 



r 



Ceux a\\\ élèvent des chiens 
merce , les divisent en trois classés; la première con- 
tient les chiens à poil ras , la Seconde les chiens a p 
long, et la dernière classe , les chiens qui n'ont point 
de poil. 

L«s chiens à poil ras sont, le dogue d'Aï 

ou le bouldogué i cei ui-ci est le plus hardi, le j is 

nerveux et le plus vigoureux de tous les chiens ). 

- nié le doguin d'Allémar^ne , sotte de 

la moyenne espèce , et le petit do'guinj 

qui n est pas ] ■ ai ... g. 

I e erra- ri eau: i - , es >èce de chien très-bel 
rë rherchée , qm se plaît à suivre ou pr r l'es cl _- 

les in , ic roqué -, >is, 

• des variétés du chien danois. 

Le grand lévrier à poil ras , et qui , mêlé à . 



1 , donne le lévrier à pr.i! loup; : ces lévriers ri 
point de nez, mail l'œil excellent ; ils Lancent 

les [ièvres et les attrapent à La cbui e. 

Le braque , ou chien courant . a les oreilles Longuet , 
pendant ei , L'odorat excellent ; ii quête devant Le chas- 
seur, il voit te gibier de l'odorat; s il le surprend , il 
se tient en airêt, et annonce au chasseur la place 
est [animal , et même son attitude désigne L'espèce 
d animal. 

Le limier est a c scz fort; c'est un chien muet, qui 
sert a quêter et à détourner le cerf. 

Les bassets sont bas sur pattes; ceux à jambes torses 
peuvent être regardés comme des rmenitiques , à 
l'espèce s est perpétuée. Ces chiens , qui viennent de 
Flandres, sont bons pour la chasse des animaux qui 
s'enterrent. 

Les chiens à poil long sont les épagneuli de la 
grande et de la petite espèce ; ils ont le poil lisse . de 
moyenne Longueur : ils sont d'autant plus estimés* 
que les poils des oreilles et de la queue sont longs et 
soyeux. 

Le bichon est une espèce de chien t^ès- petit , qui 
étoit aut i la mode. On dit que le moyen de 

conserver dans leur état de petitesse ces animaux de 
races si mi: - , est de leur frotter . L< rsqa ils sont 

encore jeunes , l'épine d« dos avec de lcspiit de 

... ttielle ucic, et de ne les nourrir 
que très-sobrement. 

Le chien-loup est couvert d'un poil long, doux, 
:ux; le cbi( - de Sibérie n'en diffère ^uc parce qu© 
de ce dernier est garnie d'aussi lwn^s poils que 
iLC du corps. 



Les barbets de la grande espèce sont reconnuis- 
sables à leurs poils frises ; i'.s vont très-bien à 1 eau , 
et sont exe e liens pour la chasse des oiseaux aqua- 
tiques. 

IL v a des*cbiens qui n'ont le poil ni ras . ni long; 
ce sont les chiens qu'on appelle dogues de forte race , 
ou noi chiens de boucher : ce sont-ià, ainsi que h:* 
dogues d'Angleterre et les bouldogues, les athlètes du 
combat du taureau; 

Les chiens, transportés dans des climats chauds , 
y perdent leur ardeur, leur courage , leur sagacité et 
leurs autres mens naturels ; mais comme si la nature 
ne vou'eit j':; i s rien faire d'absolument inutile , dans 
les mêmes pays où les chiens ne peuvent plus servir 
aux usages auxquels nous les employons ici , on ies 
recherche pour ia table, où on ics préfère au meilleur 
gibier. 

On emploie les peaux de chiens dont les poils sont 
longs, fins et beaux, pour diverses fourrures, prin- 
cipalement pour des manchons. Pour donner plus de 
relief à ces fourrures, on leur fait imiter, au moyen 

de difleren-.es préparations , les mouches ouïes taches 
de peau de tigre et de panthère. 

Le cerf, en grec etapkos, et en latin cervus , animal 
irupède, ruminant, quia le pied fourchu et les 
cornes branchues , non creuses et tombant chaque 
année : tels sont les caractères généraux sur lesquels 
en a établi le genre d'animaux qui portent le nom de 
cerf. Ce genre comprend le cerf, le daim, L'élan, le 
rhenne , le chevreuil et la giraffe. 

it Le cerf, dit BufFon , est un de ces animaux inno- 

cens et tranquilles qui ne semblent faits que j 



] -' ' 

bcilir et animer la solil le dt et occuper loin 

de noui les retraites paisibles de ce-, jardins de la na- 
ture : sa forme éléeantc et légère, sa tailJe aussi svclte 
nue oicn pn<e, ses membre^ Qexib ' ; et nerveux, sa 
ttic parée plutôt qu'armée d'un Lois vivant , et i 
comme la cime des arbres, se renouvelle tous les ans, 
sa grandeur, sa légèreté, sa force , le distinguent 
assez des autics habitans des bois ». 

La biche, cerva . femelle du cerf, est plus petite que 
lui : elle na point de bois ; elle porte pendant nui: 
5 , et n a qu'un facn . hinnulus , qui la suit tou- 
jours , et dont ei!e forme L'imprudente jeunesse a fuir 
au son de la voix des chiens et au moindre danger : 
ou dit même qu'elle lui donne quelquefois des coups 
de pied pour le faire tenir tranquille. Elle se présent! 
et se fait chasser par les chiens, pour les éloigner de 
son feon , et après cela elle vient le rejoindre et le 
garder. 

Le cerf change de nom suivant son âge; en sa pre- 
mièic année on l'appelle faon , en la seconde dàg 
parce qu'il lui pou.\»e a ois deux petites perches qui 
excède it un peu les oreille?, la troisième année, les 
OU :: 1 e : r ; is se sèment fie petits andouillcrs , 
: chaque perche». Le nombre des 

: tic année sur le nouveau 
bois, ju ; assé ce temps, prj 

i. ' : plus coi i cerl à son bojs : i 

a tel cerf dont le bois est semé de vingt deux an- 
ci . '•. 

Les cei Fs le mettent en 
mis ent en troupes : peu 
;,..;<', ; à l'abri 

i t 



»5 7 

tiennent serrés les uni contre le* autres , et ic ré- 
chauffent de leur haleine. Au piintcmps , et même 
plutôt pour les vieux, cerfs , leur bois se détache de 
lui-même , ou par un petit eflort qu ils font en Raccro- 
chant à quelques branches : le plus communément 
chacun des deux côtés tombe à quelques jours de 
distance Fun de l'autre. Ce bois tombe en quelque 
sorte de la même manière qu'une déni est chassée par 
une autre de son alvéole , et non point par ces vers qui 
se trouvent dans cette saison vers la racine de la langue 
du cerf. Ces insectes doivent leur naissance à une 
mouche qui entre par le nez eu cerf, et va déposer 
ses œufs à la racine de leur langue. Ces œufs de- 
viennent des vers qui se nourrissent de la mucosité 
des chairs , et tombent ensuite à teirc , pour y subir 
leur métamorphose, et devenir mouches. Au reste, 
la mue de la tête des cerfs avance lorsque l'hiver est 
doux, et retarde lorsauil est rude et de longue durée. 

Aussitôt qu« les ccifs ont mis bas leurs bois , ils 
se séparent If s uns des autres , e: il n'y a que les jeunes 
qui demeurent ensemble : ils vent chercher des taillis 
où ils demeurent tout l'été pour refaire leur bois. Dans 
cette saison ils marchent la tête basse, crainte de le 
froisser contre les branches , car il est sensible tant 
qu'il n'a pas pris son entier accroissement : il est rc- 
I couvert dune peau épaisse, garnie d un poil serré, 
cour: et gris. Ce bois est une sécrétion de la nour- 
liture surabondante du cerf, et prend une teinture des 
choses que cet animai mange. 

Comme la durée de la vie, dans les animaux, est 
proportionnée au temps de leur accroissement , le 
cerf, qui est cinq à six ans à çioître , vit aussi sept 
fois cinq ou six. ans, c'est-à-dire, trente-cinq à qua- 



rame int Cependant Pline dit qu*< ci a trouve qui 
rnt des colliers d or quV r avoit lait 

meure, qu'on a pris plu.? de ceirl ans après sa mort, 
et que ces coi.iers etoient recouverts de Icut peau. Le 
même auteur ajoute que ce soi; t mon- 

tré la vertu du dictante pour gu rif les piaici i ue font 
les Qèches. li laui voir ce quen dit Virgile clans s"n 
Eueielc. 

Le cerf paroît avoir l'œil bon, l'odorat exquis et 
l'oreille excellente : lorsqu'il, sort du bois, il regarde 
de tous côtes , et cherche ensuite le dessous du vent , 
pour sentir s il n'y a pas quelquun qui puisse 1 in- 
quiéter. Cet animal paroît éco itei avec plaisir le ton 
du chalumeau des bergers : aussi les veneurs se servent 
quelquefois de cet artifice pour le rassurer. I 
monde sait avec quelle légèreté cet animal peut fran- 
chir, d'un sasit, une haie ou ah mur de plus 
pieds de hauteur : il na^e parfaitement Lien , ci 
en a vu passer à la nage , dans le temps du rut , d'une 
isle à une autre, à plusieurs lieues de distance 

Cet animal , au printemps , se nounit clr jeunes 
bourgeons, et dans l'hiver il mange l'écorce des 
arbres. Le cerf n'est craintif et fugitif qu'autant qu on 
l'inquiète; il s'apprivoise aisément, la lé et la 

rapidité de leur course a inspiré à un riche particulier 
le désir d'en monter un : ranimai familier ses 
seller et brider; mais à 1 instant quoi' a voulu m< 
sur lui il s'est couché à terre , et a absolument refusé 
de porter le cavalier. 

1 e faon fournit un aliment tendre , agréable , 
d'une facile digestion : la chair de i n'est s 

mauvaise ; mais celle du cerf ni i :n , à cause 



i5g 

de son odeur désagréable. Quelques personnes man- 
gent avec goût, en friture, les considfons ou cornes 

du ceif , encore tendres et molles , 
vulgairement tête , ou crue de cerf, typvs ccrvi. Leur 
goût et leur odeur approchent, es quelque sorte, 
de ceux des champignons. La corne de cerf - 
en sel volatil : c'est un e rmaque ; 

réduite en poudre , reter le coi 3 

de ventre , les dyssenteries , tes; Les 

cornes > u« ce. fs ont mis t 

le mois germinal sont les m tant dans 1 usage 

de la médecine ique des ans , parce qu'elles sont 
plus pesantes , plus dures , p ! us formées , et j 
abondantes en se. s volatils nue ceilei quon a cou- 
pées aux cerfs que l'on a tues dans d autres temps. 
On fait avec de la poudre de corne de cerf râpée 
et bouillie dans de L'eau, une gelée dans laquelle on 
ajoute du sucre et de la cannelle. Cette ge!éc est 
propre à rétablir les forces , à arrêter les crache mens 
de iiang, et à chasser les humeurs par la transpira- 
tion. On truuve dans le cœur du cerf nouvellement 
I ié ; une matière cartilagineuse qui se durcit en tr ; i- 
peu de temps , et devient une substance osseuse ; 
c est ce qu on appelle os de cœur du cerf, os de a 
eervi. Il est long comme la moitié du petit doigt , 
plat et triangulaire ; il était autrefois très-recher . 
en pharmacie. Lémery dit que Los du talon du cerf 
est propre pour ia dyssenterie ; sa moelle convient 
pour les rhumatismes , de même que sa graisse. On 
I me son sang desséché comme un puissant sudo- 
rifique dans la pleurésie. On prépare la peau du 
cerf, et "on eu fait un cuir souple et durable. Les 
fourreurs font aussi des manchons avec sa peau ; les 
selliers se servent de sa bourre pour remboiirer en 



pauic les selle* et les bât! ; ion bois est employé par 
les couteliers ei les fourbi&i 

11 paroît qu'il y a des cerfs dans presque toutes 
les pauies du nouveau et de l'ancien continent; 
mais qui diffèrent pour la grandeur ei pour la forme 
des bois. 

Les cerfs sont si ah on dan s en Ecosse , ' 
en tue quelquefois en une seule chasse jui 

1: v en a un si grand nombre au royau i. 
c a v n v eu tue tous les ans plus de cinquante mi 
dont en envoie les peaux au Japon. Le* cerfs 
tout au nord du Sénégal de . troupes 

dc> montagnes pour chercher des p Luragcs au sed de 
cette rivière. Lorsquau six ou septième n: 
ae , les herbes commencent à sécher , its n'aies v 
: suent le feu : ces animaux se jettent dans la rivière 
pour se sauver , mais ils v lis par les 

terns qui en font un horrible carnage, ils en font 
sécher la chair aprc's l'avoir bien sale? , et en vendent 
les peanx aux Européens. 

Les Américains ont des troupeaux de cerfs et de 
biches qu'on laisse se nourrir pendant le jour dans 
les bois , et qui viennent la nuit a Lé table. Les Amé- 
ricains n ont point d'autie lait ni d autre fromage 
que ce qu'ils en tirent du lait de leurs biches. 

Le daim , en Grec prox , en Latin , dama . dame 
rteentiorum ou cervus palmatus. L animal auquel nous 
donnons le nom de daim ressemble beaucoup au 
ccif; suais il est plus petit, et il diffère sur-tout en 
ce nue ses cornes sont larges cL plates par le bout : 
en a comparé cette partie à la paume de la 
■ qu'elle en entourée de petit: 

rme 



lot 

forme de doigt. La têie de la femelle du daim nés 
point ornée de bois. 

Quoiquau* une espèce ne soit plus voisine d'une 
autre, que tespèce du daim l'eit de celle du cerf, 
ces animaux , qui se ressemblent à tarit d égards, dit 
Bufron , ne vont point ensemble , se fuient, ne se 
mêlent jamais , et ne forment , par éofcséquem , 
aucune race intermédiaire, 

Dans les parcs , dit Bufron , lorsqu'ils se trouvent 
en grand nombre , ils forment ordinairement deux 
troupes qui sont bien distinctes , bien séparées , tt 
(fui bientôt deviennent ennemies , parce qu'ils veu- 
lent également occuper le même endroit du parc. 
Chacune de ces troupes a son chef qui marche le 
premier , et c'est le plus fort et le plus âgé ; les 
autres suivent , et tous 6e disposent à combattre pour 
chasser l'autre troupe. Ces combats sont singuliers 
par la disposition qui paroi t y régner: ils s attaquent 
avec ordre , et se battent avec courage , se soutien- 
nent les uns les autres , et ne se croient pas vaincus 
par un seul échec ; car le combat se renouvelle tous 
les jours , jusqu à ce que les plus forts chassent les plus 
foibies , et les relèguent dans le mauvais pays. Ils 
aiment les terreins élevés et les collines. La chasse 
du cerf et celle du daim n'ont entr elles aucune dif- 
férence essentielle. 

\Séan, ou Veltcnd, en grec et en latin alec , ani- 
mal du geïire des cerfs , et que ion regarde comme 
l'alccc des anciens. 

L'élan est un animal quadrupède et cornu , sau- 
vage , grand comme un cheval , et habitant les pavs 
septentrionaux. On en trouve en Moscovie f en 
Suite du Plan d'Instruction J'ubii'jue. L 



i bî 

Lithuanie , en Pologne, en Su< -, en Lapouie et 
en Camda ; plus rarement dans ces q dernieri 

pays , mais sur- tout en Prusse. Ii a plu <\ pieds 

et demi depuis le bout du museau jusqu'au commen- 
cement de la queue , qui n*a que deux pouces 
longueur; sa tete est fort grosse, ses yeux l 
étincelani , ses lèvres sont gran 
dents sont médiocres , ses oreilles ressemblent assez 
à celles de L'âne pour la largeur et pour la longueur; 
son ventre est ample comme celui de la ets 

jambes sont longues et menues , ses pieds noirâtres 
et se* ongles fendus comme ceux du boeuf; 
poii , d un jaune obscur, aacie d un gris cend 
approche assez , pour la couleur, de celui du i 
meau ; cependant on dit que Ja couleur varie sui- 
vant les saisons de Tannée , qu'il est plus pale en 
été qu'en hiver, au contraire de ce que nous voy 
arriver aux daims et aux autres animaux. 

L'élan , comme animal peu: eux , se retire dans 
les profondes solitudes des bois les plus épais. On 
le prend de diverses manières . soit avec bali- 

veaux assujétis avec des cordes , qui . en rai 
reflet du ressort, lorsque Fânimal vient à pas^ 
serre une corde qui le saisit à la gorge er Ittn 
ioit en le chassant avec des chiens dans de- 
ou en le faisant tomber dans des 1. isâs. 1 >rsque 
animal a été blessé , si le chasseur ne *e sauve su 
plus vite , l'élan en fureur revient sur lui , le 1 
sous ses pieds , ou i'cicvc b>ur ses cornes , et vient 
Souvent à bout de le tuer. 

I e Rheitnt , ou ranthicr , ou ranglici , ou 
en latin rangiftr , ou t irandus , c^t un anima 
genre des cerfs , qui se voit dans U Noi . 



i63 

îa Suède , et dans les pays du Nord , du cùie <Iu 
pôle arctique. 

Ce quadrupède est le principal bétail des Lapons: 
il a la figure du cerf, mais il est plus giand et phi» 
gros ; tous ses membres sont encore plus déliés; ses 
deux cornes , qui vont en arrière , s'ont grarides et 
branchues , rondes près de la tête , et toutes leurs, 
extrémités sont en palmcc , terminées par des pointes. 
La femelle des rhsnnes a aussi des cornes ; mais elle* 
sont plus petites que celles du maie , peu larges et 
moins rameuses. 

Le rhenne est farouche de sa nature , et il y en, 
a une très-grande quantité de sauvages par tfcute la 
Laponic ; mais les habitans ont trouvé moyen de 
l'apprivoiser. Ce'ui qui provient d'une rhenne privée 
est privée de même , et on en voit plusieurs grands 
troupeaux. 

Le rhenne , âgé de quatre ans , est dans sa juste 
grandeur : sitôt ou il est dans sa force , on le dompte 
et on le dresse au travail. On apprend aux uns à tirer 
les traîneaux , a la course et en poste, et aux autres à 
traîner des charges. Les femelles fournissent aux 
Lapons du lait , du fromage et des peurs. La chair 
des rhennei est excellente à manger f aîche ou séchéc ; 
elle est plus succulente et plus grasse dans l'automne. 
Leur peau fait des vêtemens de toute espèce ; celle 
des plus jeunes , couverte d'un poil jaunâtre un 
peu frisé , est une pehisse extrêmement douce , dont 
les Finnois doublent leurs habits. Les Lapons filent 
en quelque façon les nerfs et les boyaux des rhennes , 
et ne se servent guère d autre fil. Les Lapons if s font 
paître comme nous faisons nos troupeaux de vaches* 
Et . quand la terre est couverte de neige fort haute , 

L 2 



, par V ici , fait un I 

avec le pied , et ■ ::. en peu de terre in , 

il mange la mousse qu'il *c toujours; cette 

sorte de «Qurriture l'engraisse beaucoup. Tous ïcî 
ans , vers le commencement d< .:. ces animaux 

sont attaques d un mal qui les moleste beaucoup. Ce 
sont des vers qui S * . . lui Jeu do 3 , et en 

sortent au | si -tôt qu'ils uni pris % i c . La chaleur leur 
est fort contraiie , et les consume petit a petit. 

Ces animaux sont destines par la nature à remplir 
tous les besoins des Lapons , puisqu'ils leur sen 
de chevaux , de vaches et de brebis : en attache le 
i henné à un petit bateau appelé . pointu 

devant, pour fendre la neige sans résistance , et 
laquelle il doit glisser; c'est pour cela qu'on lui 
une quille étroite : un homme moitié assis , moitié 
couche dans cette voiture , peut faire ia plus gra 
diligence, pourvu qu'il ne craigne pas de verser, 
ni d être à tous m o mens submergé dans la : 

Le (fcrreiiil , en grec dorcas , ci en latin capra 
ressemble assez au cerf; il est cependant j 
et quoique la queue du cerf soit courte . celle 
chevreuil l'ett encore davantage , car on ne 1 a; per- 
çoit pas. a Le chevreuil , dit BufFon , a pi is 4c 
grâce, plus de vivacité , et rneme plus de courage 
que le cerf. 11 eat aussi pii-r, gai , plui le- te c 
éveillé : sa foi me eat | • c 

sa figure plu! agréable : sel veux sont plus beau 
plus btrillsuiSti 11 ne se plaii que s p*ys secs 

ou montagneux , ud , que 1rs Alpes du cote de la 
Suisse : ii eat encore plus ruse que le ccil , ; 
adroit à se dooohsi , et plus difficile à. suivie: 
plu* dt linesse et plus àz réassurée d'initii 



m Quoiqu'il ait le désavantage de laisser après hn 
des émanations plus loues, qui donnent aux chiens 
plu* d v arcieur et plus de yéhiincnqç d'appétit , que 
l'ouVur du cerf , il ne laisse pas. de se soustraire à 
leur poursuite par la rapidité de sa première course , 
et par sci détours multiplies. Lorsqu il sa sent presse 
de trop près , il va , revient , retourne sur ses pas » 
et confond toutes les émanations : il se sépare en- 
suite de la terre par un bond , et te jette à coté : 
il se met ventre à terre , et laisse , sans bouger , passer 
p'ès de lui la troupe entière de ses ennemis ameutés 95. 

Le chevreuil diffère du cerf et du daim par le natu- 
rel , par Je tempérament, par les mœurs , et aussi par 
presque toutes les habitudes de nature. Au lieu de se 
mettre en bardes comme eux, et de marcher par 
grandes troupes , il demeure en famille ; le père , la 
mère et les petits vont ensemble. Par la figure et 
par la taille, ils se rapprochent de l'espèce de la 
chèvre , autant qu'ils s éloignent de l'espèce du cerf. 
La chevrette et la chèvre portent à-peu-pres le même 
temps , cinq mois et demi. 

Le chat. Ce mot vient de cuttus ; il est dérivé du grec 
kattes, signifiant la même chose. Lesltalicnsdisentgtf^o, 
et les Latins disoient fiiis. Quoique les chats , sur- 
tout quand ils sont jeunes , aient de la gentillesse , dit 
Buffon , ils ont en même temps une malice innée , un 
caractère faux, un naturel pervers que L'âge augmente 
encore , et que l'éducation ne fait que masquer. La 
forme du coip* et le tempérament sont d'accord avec 
le naturel ; le chat est joli, léger, adroit, propre et 
voluptueux. 

Le chat , sans être dressé , devient de lui - même un 
très-habile chasseur. : mais son naturel , ennemi de 

L 3 



d une éducatif n 
suirïe. 9dâ gratfid aft danl J.i chaste corui.tc dar 
patience cr • : i! reste immobile à i 

Je* rarement ion coup. la t 

physique la phis i. de ce penJiam que le» 

chats ont à e|'ii?rct à surprendre les autres anima' x, 
vi nt dé l'avantagé que Itur donne la conforma 
particulière de lekirs yeux : Leur pu*] Me pendant li 
nuit se dilate singulièrement '; dnvatie et éti 
qu'elle émit dfân% le jour, elle devient pendant La 
nuit large et rende: elle reçoit alors toui les »? 
lumineux qui subsistent encore, et de plus elle 
encore tour imbibée de la htm i ère du jour : l'anii 
voit très - bien au milieu det ténèbres, et piofite de 
ce grand avantage pour reconnoître , attaquer et sur- 
prendre Sa proie. Les veux du chat sont pendant la 
nuit tellement imbibes de lumière , qu ils paroissem 
très-brillans et très-lumineux. Comme ces animaux 
sont tics-propres , et que ieur robe est toujours M 
et lustrée, leur poil sélectrice aisément, <t un c:i 
voit sortir des étincelles dans i'obscuiite lorsqu'on 
les frotte à rebrousse poil avec la main. 

Le chat est tellement passionne pour la liberté , 
que lorsqu il l'a p:rduc , tout aune sentiment c< . au 
desir de la recouvrer. Létncry enferma un joui dai s 
una cage un chat avec plusieurs souris; tes petits 
animaux , d abord tremblant «à la \ ue de leur ennemi , 
. s'enhardirent bientôt au point d'agacer le chat, qui 
se contenta de les reprimer à coups de pattes . sans 
les empêcher de retourner à leur premier badinage , 
qui n'eut point de suites tragiques. 

Mathiole rapporte plusieurs exemples pour prouver 
que 1 haleine du chat respiréê trop fréquemment est 



i6; 
un vrai poison capable de causer la phthisie et la 
mort. Ce quif y a de certain , c'est qu'on a vu des 
personnes qui avoient une antipatkie mécanique et 

singulière pour les chats , ainsi que d'autres Font 
pour d'autres objets. Piade , dans son histoire de 
France , dit que Henri III avoit tant d'antipathie 
pour les chats, qu'il changeoit de couleur et tom- 
boit en syncope des qu'il en voyou. 

On voit tous les jours qu'un chat tombant de très- 
haut , se retrouve toujours sur ses pattes, quoiquil 
les eût d'abord tournées vers le ciel , et qu'il parût 
devoir tomber sur le dos : la fêuine , 4c renard, le 
putois , le tigre , sont dans le même cas. Voyez dans 
notre physique la raison de cet effet singulier» 

Le chat lappe pour boire, comme font tous ceux 
d'entre les quadrupèdes qui ont la babine ou lèvre 
inférieure plus courte que la supérieure. 

Le chat sauvage diffère peu du chat domestique. 
Il est plus gros et plus fort. 

La chair des chats , bien gras et bien nourris, et 
particulièrement celle des chats sauvages , est trouvée 
par plusieurs personnes , et sur-tout par les habitans 
de quelques cantons de la Suisse , d'un aussi bon 
goût que celle du lapin et «u lièvre ; mais on croit 
qu il est dangereux, cte manger de sa cervelle , et on 
dit que L'amiral Yromp en est mort. 

Tout le monde sait que le chat a été révéré 
comme un dieu par les Egyptiens ; et que celui qui 
en tuoit un , soit de propos délibéré , soit par inad* 
vertenec , étoit sévèrement puni. S il en mouroit 
un de mort naturelle , toute la maison se mettoit en 
deuil ; on se rasoit les sourcils; on fembaumoit , et 



on 1 iî 

/ p t i c n s c i 
uto chai lorsque les géans esca 

I es pel re te a t la peau 

] aux de c 

grise : on en ûre I v lEspa 

lu ' :aucoup de cette • i ie. 

Le r. Le mot h Lai 

celui-ci de / ipçs ; pied léger); le 
. 

( rOp connu » d 

pour a\ pii bes< in auu c 

le lu . re de vi 

Leb 

ment t . .dus dans tous les , *i 

on , l< . pie te p; ■- . I, Les i : les 

yeu . naissant: re I ' 

vu 

et vo :: ; tr leur i 

ucoup les uns d 
nés ; çepend 
chacun un gîte , à 

un levraut dans un cm 

un ou deux : u t i i envii i . ( i 

c 

■ 
i 



i6g 
lieu de pcnicr que le lièvre rumine , comme quelques 
autçurs l'ont avancé; car il n'a qu'un estomac , ec rie 
plus son intestin est très-grand , ainsi que dans 

le cheval et l'âne , qui ne vivent que u'hcibc. et ne 
peuvent ruminer n'avant qu un estomac. 

Pendant le jour les lièvres restent à leur gîte, qui 
est un sillon ou quelque endroit un peu creux; iî* 
dorment beaucoup , et dorment les yeux ouverts , 
parce que leurs paupières sont trop courtes pour 
pouvoir couvrir commodément leurs yeux. Ils veient 
mieux de côté que devant eux ; ils paroissent avoir 
les yeux mauvais, mais ils ont -, comme par déd< 
roagement , l'ouïe très-fine, et i oreille d'une gran- 
i\cvi> relativement à celle du corps ; ils 

s'en servent comme de gouvernail pour se diriger 
dans leur course, qui est si rapide qu'ils devancent 
aisément tous les autres animaux. Comme ils ont les 
jambes de devant beaucoup plus courtes que ce 
de derrière , il leur est plus commode de courir en 
montant quen descendant.; aussi, quand ils sent 
poursuivis , commencent - ils toujours à gagner les 
hauteui rchent sans Faire aucun bruit, parce 

Qu'ils ont les pieds couverts et garnis de poils, même 
par dessous; ce sont aussi e les seuls animaux 

qui aient des poils au-dedans de la bouche. 

Les lièvres prennent tout leui accroissement en tm 
an et vivent environ sept ans. Ils passent leur vie 
dans la solitude et dans le silence, et Ton n'entend 
leur voix que quand on les saisit avec force, qu'on 
les tourmente ou quon les blesse. Ils ne sont pas 
aussi sauvages eue leurs mœurs et leurs habitude* 
paroissent l'indiquer ; on les apprivoise aisément, Us 
deviennent même cares^aus ; mais ils ne s'attachent 



-• - aux dômes- 

meure en 1; lient 

à la rb • gne. Coi i ne , qu'ils 

sasseient volontiers sur leurs parcs de cierri-' : c , et 
i rit de celles 'le devant comme de bi 

< .1 avoit dresses à Lame du tan 

et h gesticule] en ci 

Le Lièvre ne manque pas d'instinct pour sa propre 
c iservation , ni de sagacité poui à 

me an g te : ii choisi! eu hiver les 
: exposés au midi , et en été il se l< ge au noi 

vu, entre i - 
sont de la < son oil. On en a vu < 

recours ; i différentes i n s ; l'un partoit du g 
qu'il entendait le cor-de-chasse, alloit se ans 

un étang, et se cachoit au milieu des joncs; un 
itre, àpre un 

saut et alloit se le tronc î. C* 

sont- lu sans doute les plus grands eff< ieur 

inct! Jrour aire, lorsqu'ils sont lancés et 

pou , ils se ccj lement ; 

et ensuite de tourner et retourner sur leurs p*s : ils ne 

. le vent , mais du cote 
©pp.. chasseï [ue le lièvre a Todo- 

fait une battue , est - il 
m vent. 

En lè tous les animaux paroissent 

l les 9 qui sont nés dans un 

r eme lieu ou on les chasse, ne s'en écartent guère; 
ils -ut au gite : si < n les chasse deux y un 

suitei ils font le le in les mêmes tours et 

les • tours qu'ils ont laits la vei le, 1 orsquun 

Hèvre , i ..• : par l< ens , s'éloigne beau- i 



'7* 

du lieu où il a été lancé , ce va droit et sans détours T 
c'est un« preuve qu'il ejt étranger, et qu'il nétoit 

clans ce lieu qu'en passant. 

La nature du terroir influe sur les lièvres «t sur 
le goût c J e leur chair. Les Lièvres clés montagne* 
«ont meilleurs , plus grands et plus gros que les 
lièvres de idoine , et ils varient aussi pour la couleur. 
La chair du lièvre étoit mise autrefois au nombre des 
alimens les plus délicieux; cependant les médecins 
en désapprouvent l'usage fréquent. 

La chasse du lièvre se fait pendant le jour : lors- 
qu'il fait bien chaud , le lièvre ne part pas sitôt et - c e 
laisse plus approcher; on le rencontre souvent au gîte, 
c'est-à-dire , couché par terre sur le ventre. Lorsqu'il y 
a de ia fraîcheur dans l'air par un soleil brillant , et 
que le lièvre vient de se gîter âpres avoir couru, la 
vapeur de son corps (orme une petite fumée , que 
les chasseurs apperçbivent de fort loin , sur-tout si 
leurs yeux sont exercés à cette observation. Lorsque 
les bleds sont grands , le lièvre y établie son site ; et 
pour en sortir plus librement , il en coupe les épis 
et s'y pratique plusieurs avenues. 

Le lapin, en grec dasypous , eu latin cunicuïm, ani- 
mal quadrupède, connu de tout le monde et commun 
dans toute 1 Europe. Ménage dit que le mot lapin 
vient de lepinus , diminutif du mot iepus. On nomme 
sa femelle lapine ou haxt , et ses petits, lapereaux. Ces 
animaux habitent ordinairement sur les montagnes 
où ils se creusent des terriers. lis s'apprivoisent ai- 
sément; on en nourrit de domestiques que l'on nomme 
vulgairement lapins de clapier. Ces derniers varient 
pour les couleur», cemme tous les autres animaux 
domestifluei. 



1/» 

La 1 r du lapin es i 

e du lièvre, Oa 
dom ., petits teus Le 

neuf , dix , onze , qu'e 

joui s , sans ce être plei Les lapini 

nt si pr< . sèment dans 1 s pays qui Leur c 
ment, q ie fa terre ne peut f umîr à . 

tance; ila ntles herbes, les racines, Lesgra 

, les Légumes , et même les arbiissea . 

Les femelles, quelques jo trs avant de mettre bas\ 

se crcuscwt un nouveau terric-r, non pas en 1- 

ite , mais en zig-zag, au fond duquel elles pra- 
ti cru eut une excavation ; api s quoi, z\ 

S le ventre ur.c assez • . oils 

rt elles font une espèce de lit pour re. 

petits. Pendant 'es deux ; - ne les 

quittent pas , elles ne sortent qu< 

presse , et lies ont pris de la 

nourriture ; dans ce temps ci'ies mari * t oup 

et fort vite: elles Soign laitent leurs pc- 

t. rs pendant \>h încs. ] rs le pere ne 

les connoît po; acre a eu c 

roljer la c: ance , parce qu'il : il 

n'entre point dans ( 

souvent rnêmç qua . . en sort, c: qu'elle y la 

ses pet: Tenir* i ' 

détr ■ 

a man 

leur ap] 

\ rend entre atres , 

et toi : s autres 

• [ i - 

; vivent I uil a neuf ans : ils courent 



u : svi:e . ontVouïe très-fine , et en prétend qu'ils ont 
la propriété de ruminer. Comme les lapins passent 
la plus grande partie de leur vie dans les terriers où 
ils sont en repos et tranquilles , ils prennent un peu 
plus d'embonpoint que les lièvres. La chair des jeunes 
lapereaux est très-délicate ; mais celle des vieux la- 
pins est toujours sèche et duie : on préfère le lapin 
sauvage à celui qu'on nourrit à la maison : il a une 
saveur plus relevée et plus agréable. 

Les peaux de lapin d'Amérique et de Tabago ont 
une odeur agréablement musquée , ce qui les fait 
rechercher pour les fourrures. 

La marmotte, mm Àlpinus. C est un petit animal 
quadrupède , moins grand qu'un lièvre , mais bien 
pi;js trapu , et qui joint beaucoup de ioveo. à beau- 

ip cte souplesse. La marmotte paroît particulière- 
ment attachée à la chaîne ces Alpes: Cependant il 

: trouve dans les Apennins , dans les Pyrénées , 
et les montagnes cl Allemagne. Cet animal a le nez , 
les lèvres et la forme de la tête comme le lièvre , le 
poil et les ongles du blaireau, les dents du castor, 
avec lesquelles il déchire tout , la moustache du chat, 
les yeux du loir , les pieds de Tours , sur lesquels il 
se dresse , la queue courte et les oreilles tronquées : 
la couleur de son poil e.si d'un roux brun plus eu 
moins fpncé. La marmotte a la voix et le murmure 

□ petit chien , lorsqu'elle joue et quand on la ca- 
resse ; mais lorsqu'on l'irrite ou qu'on 1 effraie, elle 
fait entendre un sifflet si perçant et si aigu t qu'il 
blesse le tympan. Elle aime la propreté ; elle a, comma 
le rat, sur-tout en été , une odeur forte qui la rend 
desagréable. Elle est très-grasse en automne , et seroit 
très-bonne à manger, si clic n a voit pas toujours un 



'7 4 
peu cTodeiii par des at- 

■ I , prise jeune , 

i qu . - k . ei pres- 

iques ; c end 

ment a saisir un b uicuier, à danser, 

béir en tout à la vi : sou maître. Elle i 

.me le chat, antipa . le chien ; lors- 

Ile commence a être familière dans ia maison, 
et qu'elle se croit ; . son ru,: n . elle atta- 

que et mord en sa présence les chiens i re- 

doutables. Elle mange d< comme fé< ireuil; elle 

grimpe sur les arbres , elle monte même entre deux 
parois de rochers , entre murailles voisines : 

on prétend que c\ Si des m n ■■ que ic menu peu- 
ple du Mont-Blanc a appris à : 
les cheminées. Que 

à dérober , elles i à enti endi oits 

où on enferme le lait, dont elles soi 
ellesle boivent ei 

Le, le lait i nie liqueui qui î.e 

ent que très-rarement Je i eau et refusent le vin. 

Cet animal qui se plaît dans la rc 
et des glaces , et qu'on ne trouve que sur les j > 
liantes montagnes, est cependant 
autre à s'engourdir par le froid. C'est or< 

• fin 4 e 1 automne que la marmotte se rec 
sa retraite pouT n en sortir que six n 
ci nmencement du printemps. Ce : 

précaution , et meublée avec an : cl c ea 
nde capacité, moins large que longue , et ti 
profonde; au □ c quoi elle pei \ contenii 

pu plu sic \ )f • 

ces bêtes ont \ ■ de société ; U > et 



leais oncles paroissen* faits pour rouiller la terre , et 
eiies la creusent en effet avec mu ilieusc c 

Lear habitation est nue espèce « ne 

d"Y , quelles se creusent sur le 

ta ,T ne. Les deux branches ont une ; -ou- 

tissent toutes deux à un c 

séjour. De ces deux brandies, lire est inclinée, 
et c'est dans cette partie , la plus basse de leur do- 
micile , qu'elles font leurs excrémens . dont l'iiirmi- 
s'écoule aisément au -dehors ; l'autre branche, qui 
est la plus élevée , leur sert d'entrée. Il suit de cette 
construction que leur domicile est toujours propre 
et sec : de plus , eites le tapissent de mousse et de 
foin, dont elles font ample provision pendant 1 été. 
On assure même que cela se fait à frais eu travaux 
communs, qu'elles mettent des sentinelles sur toutes 
les avenues, que les unes coupent les herbes les plus 
iines, que d autres les ramassent, c: que tour-à-toiii 
«lies servent de voiture pour les transporter ; lune, 
dit-on , se couche sur le dos , se laisse charger de 
foin , étend ses pattes en haut pour servir de ridelles , 
et ensuite se laisse tramer par les autres qui la tirent 
par la queue , et prennent garde en même temps que 
la voiture ne verse. C'est, à ce qu on prétend, par 
ce frottement trop souvent réitère quelles ont pres- 
que toujours le poil ronge sur le des. : dent 
en commun à leur habitation, et v vivent ènsen 
les trois quarts de leur vie : eiies n en sortent que dans 
les plus beaux jours , et ne s'en éloignent guère ; 
lune fait le guet assise sur un rocher élevé, tandis 
que les autre, s'amusent à jouer sur ie , ou 
s occupent a le couper pour en faire du foin; et lors- 
que celle qui fait sentinelle apperçoit un homme, ua 



■ 

- 

I es ; , ne f ■ 

□ 
quelle* nt 

les premières j 

ii • ! 1 1 . c i r tu à f e r h 1 1 

leur domicile , et elles 1< 
de solidité , qui l est ] 
tout ailleurs que dans l'en iroii < n\ 
Elles sont grasses a 
vingt; livres ; mais 

grès. Lorsqu'on découvre leur reti ; : . 01 
îcsscn ees en beules , ens 

Le loir , glù , est un petit animal 
il y a trois espèces : le loir, (c lerot c: le 

Le loir est le plus gros des trois . le mu 
le plus petit , et ees trois eî 
Le loir est à peu prèj c'u 
il a comme lui la queue couverte < ■ 
avec un bouquet de poils a. l'extrémité : le : 
clin n'est pas plus gros que la souris; il a la 
couverte de poils ; 'S que le tarot, mais plus 

courts que le loir ,. avec 

Ltrémité. Le t di 

i ai les marques noi t il a près des ; et le 

tin, par la < u ir n poil sur le 

dos. rous troi 

; ■ e ( - t d'an e; • 't 

• 
est plut< 

\ »i( i 



*7J 

Voici linc observation des plus curieuse* et des 
plus piquantes , faite par Buffon sur les animaux 
dont on vient Je parler. C est improprement que 
L'on dit qu« ces animaux dorment pendant l'hiver : 
leur état u est point celui d'un sommeil naturel , cest 
u : :c torpettr , un engourdissement des membres et 
des sens, et cet engourdissement est produit par le 
refroidissement du sang. ( Cependant Spalanzi pré- 
tend que cet engourdissement ne vient pas du sang , 
mai* des fibres musculaires : puisqu il y a des ani- 
maux qui ont îe sang chaud , tels que les hérissons 
terrestres et les chauve-souris , et qui sont sujets à 
cet engourdissement périodique ). Ces animaux ont 
si peu ce chaleur» quelle nexxedé guère celle de la 
térârSératufe rit fah\ Nous avons plongé, dit Buffon, 
la boule d'un petit thermomètre dans le corps de 
plusieurs lerets vivans ; si la chaleur de Tair etoit de 
dix degrés au thermomètre , celle de ces animaux 
etoit la même ; quelquefois même le thermomètre 
plongé et applique sur le cœur , a baissé d un demi- 
deçré ou d'un degré , la température de lair étant 
a onze. Or , 1 on sait que la chaleur de l'homme et 
de la plupart des animaux qui ont de la chaleur et du 
sang , excède en tout temps trente degrés : il n'est 
donc pas étonnant que ces animaux , qui ont si peu 
de chaleur en comparaison des autres, tombent dans 
l engourdissement , cè$ que cette petite quantité de 
chaleur intérieure cesse d être aidée par la chaleur 
extérieure de lair , et cela arrive lorsque le thermo- 
mètre n est plus qua. dix eu onze degrés au-dessus 
de la congélation. Il est à présumer que les mourc- 
mens vitaux ne s exercent pas dàhS Fctat de torpeur, 
avec la même force , et n agissent pas avec la même 
puissance que dans fétat ordinaire La circulation 
Suite du Plan (£ Instruit ion publique* M 



ne se fait probablement que dam Ici oi va.il- 

seaux. Cc< i <*st c( ii i sieurs anii aux: Ici 

insectes ; les panels, (es lézards , les hérissons , lés 
tortues terre i fes loirs, fe« ri, les chauve- 

souris .les elles du ndrd . sont en hi 

pion - d; mie létl argic EFèrc peu ce 

mort. 

If , et en la est un 

animal des bois , farouche cl carnassiei ; il a à-peu- 
s de Ion ucui , à prendre depuis la 
■ '..ma la naissance de la queue;, et autant de 
hauteur; son museau est alioi gé et fbtms; ses oreilles 
sont courtes et droites ; sa queue est giosse et cou- 
verte de longs poils grisâtres . tirant sur le jaune et 
un peu noirâtres ; ses veux sont bleus et étinctllans: 
l'ouverture, de sa gueule est giande ; il a le cul si 
court, qu'il î.e peut le remuer, et qui L'oblige a 
mer tout son corps quand il veut regarder d« 
coté ; il a L odorat fin : cest le plus goulu et le plus 
carnassier de tous les animaux. Le loup, tant a l'in- 
térieur qu a l'extérieur, ressemble si foi t au chien, 
qu il paroît être modèle lui ia même forme, t 
si la forme e»t semblable, le naturel est si di : 
qu'ils sont ennemis par instinct . et ne peuvent se 
souffrir. Un jeune chien frissonne au premiei -> 
du loup ; il fuit à 1 odeur seule qui , q> 
et inconnue , lui répugne si fort . quil vient 
tremblant se ranger entre les jambes ( 
l n mâtin quî çonnoît ses forces • s ind ; aa- 

q le avec courage, et tâche de le rncttre en fuit* : 
jamais ils ne se rencontrent sans se fuir ou issni *c 
combattie à toute outiaïuc , jusqu'à ». c que 
suive. Si le f< ip est le -pins fort, il déchue . il de- 



179 
vore fi proie; le chien , au contraire , plui jénéftix, 
le contente de la victoire. 

Le loup vit plui long -temps que le chien ; lei 
louves ne porteat qu'une fois par an : les chiennci 
portent deux ou trois fois. 

tt Le loup , dit Buffon , est 1 un de ces animaux 
dont 1 appétit pour la chair est le plus véhément : et 
quoiquavec ce goût il ait reçu de la nature les 
moyens de le satisfaire , qu elle lui ait donné des 
armes , de la ruse , de 1 agilité , de la force , tout ce 
qui est nécessaire en un m<- k L peur trouver , attaquer, 
vaincre , saisir et dévorer sa proie ; cependant il 
meurt souvent de faim , parce que l'homme lui ayant 
déclare la guerre , 1 ayant même proscrit en mettant 
sa ta te à prix , îc force à fuir et à demeurer dans les 
bois , on il ne trouve que quelques animaux sauvages 
qui lui échappent par la vitesse de leur course , et 
qu'il ne peut surprendre que par hasard ou par pa- 
tience , en les attendant long-temps , et souvent en 
vain , dans ies endroits ou ils doivent passer. Il est 
naturellement grossier et poltron , mais îl devient 
ingénieuc par besoin , et hardi par nécessité ; pressé 
par la famine , il brave le danger , vient attaques 
les animaux qui sont sous la garde de f homme , ceux 
sur-tout qu'il peut emporter aisément , comme les 
agneaux , les chevreaux ; et lorsque cette maraude 
lui réussit , il revient souvent à la charge , jusqu'à 
ce qu'avant été blessé ou chassé et maltraite par les 
hommes et les chiens , il se recèle pendant le jour 
dans son fort , n"en sort que la nuit . parcourt toutes 
les campagnes , rode autour des habita lôn's , ravit 
les animaux abandcmwes , vient ai aquti les bergeries, 
gratte et crewsc la terre sous les portes , en ré furieux, 



M 



■ 



met tout à mort ayant de choisir et d'ewporter ra 
proie, lorsque ses courses ne lui prodmisent lien, 
il retourne au Fond des bois, se met en q icic , cher- 
che , suit a la pisie , chaise", poursuit les animaux 
sauvages, dans l'espérance qu'un nuire loup pouna 
les arrêter , les saisir dans leur fuite , et quils en 
partageront la dépouille. Enfin , loisq-.'e \é besoin est 
extrême , il s'expose à tout , auaque les Femmes et les 
enfans , se jette même sur les hommes , devient u- 
rieux par ces excès cjui finissent ordinaire nrént par la 
ra*e et ia mort. Il ne faut qu'un loup enragé pour 
causer des desordres aiireux dans tout un pavs , tant 
parmi ks bestiaux que parmi les hommes ; les bles- 
sures que fait cet animal , sont presque toujouis 
mortelles , ou suivies de la rage. Le loup craint , 
dit-on , le feu et tous les sons aigus , que 1 on pré- 
tend faire sur lui une impression qu'il ne peut sup- 
porter, et qui le contraint de fuir. 

Le loup est ennemi de toute société : lorsqu'on les- 
voit plusieurs ensemble , ce n est point une société 
de paix; c est »n attroupement de guerre qui se fait 
à grand bruit , avec des hurlcmens affreux , et qui 
dénote un projet d attaquer quelque gros animal , 
comme un cerf , un bceuf , un rheune , ou de se dé- 
faire de quelque matin redoutable. Nous venons de 
dire que le tems de leur chasse est le soir, c'esj sur- 
tout dans le temps des brouillards ; et s ils ont quel- 
que rivière à passer , ils la traversent à la file 
prenant par la queue avec les dents , de peur que la 
force du courant ne les entraîne: s ils ont reçu quel- 
que blessure qui Ici fait saigner, Ils ^e vautrent dans 
la boue jusque ce que le sang soit arrêts : le pins 
fort dentr'eux frappe à la pouc des paysans pour 



iSi 

faire lortir les chiens , et prend la fuite aussi-tôt, 
pendant que loup lévrier est au guet pour les attraper 
dans le temps qu'ils sortent. Dès que leur expédition 
militaire est consommée, ils se séparent et retournent 
en silence à leur solitude. 

Le loup a beaucoup de force dans les muscles du 
col et de la mâchoire ; il porte avec sa gueule un 
mouton sans le bisser toucher à terre , et court en 
même temps plus vîtt que les bergers ; en sorte qu il 
ny a que les chiens qui puissent 1 atteindre , et lui 
faire lâcher prise. Il marche , court , iode des jours 
entiers et des nuits ; il est infatigable , et c es: peut- 
être de tous les animaux le plus difficile à fuiccr à 
la course. Lorsqu'il tomba dans un piège , il est 
tellement et si iong-tçms épouvante , qu'on peut lui 
mettre un collier , l'enchaîner , le muscler , le con- 
duire ensuite par-tout où Ton veut , sans qu'il ose 
donner le moindre signe de colère ou de mécon- 
tentement. 

Le loup a les sens tics-bons, l'œil , l'oreille- , et 
sur- tout l'odorat : l'odeur «lu carnage l'attire de plus 
d'une lieue. Lorsqu'il veut sortir du bois , jamais il 
ne manque de prendre le vent ; il s'arrête sur la li- 
sière , évente de tous côtés , et reçoit ainsi les éma- 
nations des corps morts ou vivans que le venc lui 
apporte. 11 préfère la chair vivante à la chair morte r 
et cependant il dévore les voieries les plus infectes, 
il déterre les corps morts; ce qui a fait dire à Aristotc 
et à Pline quil mangeoit la terre : il nime la chair 
humaine , et peut-être, s il étoit le plus fort , n'en 
mangeroit-il pas d'autre. On a vu des loups suivre 
les armées , arriver en nombre à des champs de 
bataille où Ton avoit entené négligemment les corpi , 

M 3 



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iS3 

très-forte qui lui est particulière . e; enfin par u» 
caractère plus essentiel , par son naturel ; ^ar il ut 
■ apprivoise pas aisément, et jamais iout-a-fait. Il 
languit LorsquiJ na pas la liberté , et meurt d'ennui 

quand on veut le garder trop long-temps en domes- 
ticité. 

H Le renard, dit Buffon . est fameux par ses ruiei 1 , 
et mérite sa réputation : ce que le loup ne fait que par 
la force , il le fait par adresse , et réussit plu* sfeùvei : , 
sani cherchera combattre les chien* - i ersi 

sans attaqi er les troupeaux , «ans tramer lei c'a ! 
vrei , il est plus sur de vivre, li emploie plus d esprîf 
que de mouvement ; ses re s-ouive- semblent être en 
lui-même : ce sont comme ion sait , celles qui man- 
quent le moins. Fin autarrt que i ect , ingé- 
nieux . prude rrt même jus'qu a ia patiente \ il varie 
sa conduite ; il a des moyëris de réserve , qu'il sait 
n emplover rua propos : il veille de près à sa ern- 
servation ; toujours par;. ...• - c le besoin et la 
crainte, sa marche est precauticnncc , s _■ ?e 
pendue ; la défiance et L'inquiétude lé; ... agnent; 
quoiquaussi infatigable, et . - c plus Içgcj que le 
loup . il ne se fie pas entièrement a la vitesse cic sa 
course ; il sait se mettre en sûreté , ensc pratiquant 
asyle ou il se retire dans les estant, où 
il s'établit, où il élève ses petiâ : i. n'-esi | 
animal s jnd, comme leioup. il «se domicilie , et 
s attache au mette sol , lorsque leç environs peuvent 
lui iournif de quoi vivre . et ne le quitte | oiîi * 
moins qu une juste crainte ne 1 oblige de cbai 
retraite. 

Cet animal a lei sens aussi bons que le loup . lç 
sentiment plus fi i , et frreane de la voix plus so.. 

M 4 



•'«4 
et plus parfait-. If Icup rre se tait entendre i 

des : • rhei . ; le renard gîàpit , al 

ssc -un .* -. blable au (ii du paon : il 

les Sentimens < 

est Sffectc ; i i a Iti voix i - sse, Faccen t du désh , 

le i . le ' n plaintil de .a trisrc c c , 

le ui de La du i: ic ur qu'il ne fait jamais ci 

: ; ...e. ' ni ii îcc ru un coup ClC feu q^ 
•<? quelque membre ; car ii ne ciic } as pour toute 
a lire blessure ; ci ii ^c laisse tuer à coup 
comme le loup , «ans se plaindre < mais loujoun 
se cjcfei age : il mord dangereusemeotx 

opiniâtrement ( ci Ton est ebligé «'c se servir ■ 
ferrement Qp cl un bâton pour le iaiie ùc; 
Son glapissement ost uni espèce d'aboiement:, oui 
se lait par des sons semblable* et t^ès-pjoci^ ités, Kn 
hiver; sur-tout pr:::ant la neige et la cciee , i 
cesse cie donner de la voi\ ; ci il est au contraire 
presque muet en cte «. 

Voici comme Buffon trr.ee les traits qui câl 
rident IVsprît et i.i Rriessc du rena-.d . qui a toujours 

cte regardé comme le symbole de la îuse cl ue la 
subtilité. 

M Gel animal se loge au boid des bo : s , à ;a portée 
des hameaux; il est rnteuti! au chant des coqs et au 
cri des volailles; ii lkIic pai fcoutes Sprtes oc rnoy< 
ri en approcher 3 i prend lial/mmcni son temps. Cfl 
son dessein et sa mai che • sr gliss^ . se traîne , arfivei 
et fait rarement de* tentatives mutiles. Sil . 

c : c s clôtures, OU ] asser pai dessous, il ne j o ; cl 
pas un Instant, il ravage la ba . il v mei i 

àmoit, et se retire ensuite féstement, en cm] 
sa proie, qu il cache sous la mousse . ou qu'il pente t 



iS5 
son terrier : ii revient quelques mmuen? après en cher- 
cher une autre, qu'il emporte e-. e.: i e de même , ruais 
dans un aune endroit; ensuite tu , une 

quatrième t'ois, jusqu'à ce tjue le \o-iy ou le r.^nu^t- 
ment dans la maison L avertisse qu'il faut se retirer e: 

ne plus revenir. Il lait ta même manoeuvre dans les 
pipées et bes boquetaux», ou lou prend les grives et 
lék bécasses au lacet : il devance le pipeur, va i e grand 
matin, et souvent plus dune fois par jour, visiter les 
lacets , îcs gluaux; emporte successivement les oiseaux 
qui sont empêtres, les dépose tous en différens en- 
droits , sur-tout au bord des chemins , dans les or- 
nières , sous la mousse, les y lais e quelquefois deux, 
ou trois jouis, et sait paifaitement les retrouver au 
besoin. Il chasse Les jeunes levrauts en plaine , saisit 
quelquefois les lièvres au gîte , ne les manque jamais 
lorsqu'ils sont blessés, detenc les lapereaux dans lc& 
garennes, découvre les nids de perdrix, de cailles, 
prend la mère sur les œufs, et détruit une quantité 
prodigieuse de gibier. 

Quelquefois deux renards se joignent ensemble pour 

chasser le lièvre ou le lapin. Quand un renard pour- 
suit son gibier , il jappe comme un chien basset après 
la bète ; et pendant ce temps-La un autre renard se 
tient au passage , ou sur le bord du terrier, en atten- 
dant que le gibier viewne à passer, et qu il puisse le 
surprendre ?.-. 

On dit que cet animal se débarrasse de ses puces en 
se mettant dans l'eau peu-à-peu * le derrière le premier; 
et les puces avançant toujours jusqu'au bout du mu- 
seau , alors ii se plonge tout-à-fait dans l'eau. Quel- 
ques-uns ajoutent qu il tient entre sçs dents un bouquet 
de mousse où les puces se réfugient à menue quil 



iS6 
Ipe sa tcte dans l'eau , et qu cr.iin il 1 ' mousse 

et prend La fuite. Il est très-avide de miel; il attaq 
Lei abeilles sauvages, Ici guêpres , Lei Frelon qui 
d abord ta* beat de le mettre en fuite en Le perçant de 
mille coups d'aiguilh n : il se retire en effet, mail c est 
poui les écraseï en e sut; et il revi ent 

à la charge , qu il Le e à abandonner le g 

alpra il le déterre ei en mange le miel et la cire- 11 
prend aussi les hérissons , Les roule avec ses pieds , et 
les force à r étendi ; : enfin il mange du poisson . - M 
e' " : . - .us, de» sauterelles, des rats, 

des serpeu*, etc.; mais ii n □ ^*ec une avi- 

dité des çeufs , du lait, du fromage, du fruit, e * 
tjut des raisins, La chair du renard est m ans 
vaise nue celle du loup; Les chiens, c: même ies 
hommes- en mangent en automne , sur-tout loxsqu il 
s'est nourri et engraisse de raisins : sa pc2 î d hivei 
fait de bonnes fourrures. Le renard dort une partie 
du jour; ce n est proprement que la nuit qu il com- 
mence à vivre. Il a le sommeil profond; on i approche 
aisément sans réveiller : lorsqu il dort, il se met en 
rond comme les chiens; mais lorsqu'il ne fait que ^r 
reposer, i! étend les jambes de derrière, et demeure 
étendu sur le ventre : c'est dans cette posture qu il 
enic les oiseaux: le long des levées. Les geais , les 
merles sur-tout, le conduisent du haut des arh 
rV pétant i >uvent le petit cri d'avis, et le suivent q 
quefoil pins de deux ou trois cents pas. 

Les i êmes renards qui se jettent sur les poules lors- 
q i ils sont en liberté , n'y touchent plus dés qu'ils sont 
renfermés : oi\ attachera en vain auprès d'eux uns 

an te , ils passeront la nuit ensemble : qui 
faim qu'ils aient , ils n'attaqueront jamais la poult. 



il, 

La fourrure des renards blancs n'eit pus fort e r *'- 
mec, parce que le poil tombe aîsémenl : ^Ci ri 
abondent dans toute îa I apotiie : les 
sont meilleurs. Les bleus et les croi es, c 
les fourrures qui sont marquées de lignes m re 
croix, sont recherchées à cause de leui rare 
les noirs senties plus préeièu? de tous; le .• I c^: 
si fin et si long , ou il pend de tel côté q 
en sorte que prenant la peau par la que. 
tombe du côte ces oreilles : cc;t. avec la zi - la 

fourrure la plus belle et la pi; 1 » cl 
aussi au Spitzberg , en Groenland, en Lspui le , en 
Canada. 

L'huile de renard, qu'on prépare en faisant bouille 
Tanimal entier dans de rhuile d'olive , est adoucis;- 
sante , nervinc et résolutive : un l'emploie avec, su<cês 
dans les rhumatismes, dans La rétraction des n ■ - 
bres , la dureté des tendons. Sa graisse a les raén : 
vertus , et est usitée dans les tremblcm^ns , ainsi i i - 
dans les maux d'oreille. 

lL'biiri , en grec arctos , en la tin ufsus , csl un anîm 

quadrupède et sauvage , d'une structure informe , et 
qui le paroit encore davantage parce qu'il est couvert 
de longs poils qui cachent le contour de toutes le» 
parties de son corps ; sa tête a Quelques rapports a 
celle du loup par la ferme et la position oblicjttc de- 
yeux ; les pieds de devant ce /ours poseur Sur la 
terre jusqu'au poignet, et les pieds de derrière jus- 
qu'au milieu de la plante; son ga.ro t pareil fort élevé, 
parce qu il est couvert d'un poil long et I • : sa 
queue a peu de longueur, cl ses pieds de devant sor.i 
un peu tournes en dedans. 

Il y a plusieurs espèces d'eurs ; le blanc , louis de 



la mer gîa< :iale , les bruns et les noirs. C'cr d . i les 

KW.SC *. ours \j\ un, 

et ri se trouve contraire , 

en £ « obre t • i des té] fcenttio- 

pe et Lebrun eu fti 

et c. . : : . ■ n s. ■ i 1 1 «. a rouche < i rei c 

tara ment « - i est si 

friand de miel et de 1: . . iTil eu rem u itrt , I 

se laisse plutôt tuer < •• àchei prise. 11/ « a aucsi au 

Blanc et en Can ida des oui:, rougcàurcs qui sont 
autant carnassiers que les loups. 

L'ours; dit Bufïbn , est n -ment Sam 

mais solitaire; ii I toute lOciélé ; il 

scloi' -.e vies lieux où les hommes ont accès: i e se 
trouve à son aise t ns ici endroit! qui spj 

tiennent à la vieille nature; Une caverne antique dans 
rochers inaccessibles, uue gr< e formée par le 
temps dans le tronc d un vieux : îUre . au milieu cl une 
épaisse foret, lui servent de d c; il s'y relire 

seul, y passe une partie rie i hiver tans provisions, 
sans en sortir pendant plusieurs sen ■ les : cependant 
il n'est point engourdi , ni : sentiment, comme 

îe loir ou la marmotte; mais comme ii est naturel e- 
ment gras, cl qu'il l'est excessivement sur la fin de 
l'automne , temps auquel il se recèle , cette abondance 
de graisse lui lait supporter 1 abstinence , et il ne sort 
de sa bauge que lorsqu il se sent affame. 

On prétend que c'est eiriion au bout cle quarante 
jours que les m lies sortent de leur retraite: mais que 
:e^ ut quatre mois, parce quelles font 

leui . i c mâle et la femelle n'habitent point 

i chacun une retraite senaiee , et 

même luit éloignée. Lorsqu'ils us peuvent trouver. 



*8g 

une grotte pour se gîtef , ils cassant et ramassent du 
bois pour se la ire une loge q 

et de feuilles , au point de la e n< arable à 

leau. La femeîiç priparc.à&es petits un lit ussc 

c. cl herbe dans le fond de sa caverne : elle n'en a 
ordinairement qu'un , deux, trois ou quatre qui ont 
besoin du secours de leur mère , et la suivent pen- 
dant un- an ou deux. 

La voix de fours est un grondement, un gros 
murmure , et souvent mêlé d'un frémissement de 
dents, qu'il fait sur-tout entendre Lorsqiron l'irrite : 
il est très-susceptible de colère , et sa colère tient tou- 
jours de la fureur et souvent du caprice. Quoiqu'il 
parouae doux pour son maître et même obéissant > 
lorsqu il est >isé , il faut toujours s r en défieï , 

et le traiter avec cii couspection • sur-tout ne le pas 
frapper au bout du nez* On lui apprend à se tenir 
debout , à gesticuler , à danser ; il semble même 
écouter le son des instrument , et suivre grossière- 
ment la mesure ; mais p ne lui donner cette espèce 
d'éducation , il faut le prendre jeune , et le contrain- 
dre pendant toute sa vie. L'ours sauvage ne se dé- 
tourne pas de sc?n chemin ; il ne fuit pas à l'aspect de 
1 homme ; cependant Ga prétend que par un coup de 
sifflet on le surprend , ou L'étonné au point qu'il 
s"arre:e et se lève sur ses pieds de derrière : c'est le 
temps qu'il faut prendre pour le tirer; si on ne fait 
que le blesser , il vient en furie se jeter sur le chas- 
scur , et 1 embrassant des pattes de devant, il fétouf- 
feroit h ii n étoit secouru. 

Ou chasse et on prend les ours de plusieuis ma- 
nières en Suède, eu Nowégô , en Pologne, la ma- 
nière , dit-on , la moins dangereuse de le* preadie, 



1 fjO 

est de ]tt enivrer m jettant de L'eaipde-YÎt sur le 
miel, qu'ils niïnent beaucoup, et qui ls cherchent 
dans 1rs troncs d arbres. A ia Louisiane eten Canada, 
û ei o i àoii lont très-communs , ils te nichent 
i deS troncs d'arbres pourris a la hauteur quel- 
quefois de trente ou quara ; s : on met le feu à 
l'arbre , et quand la mère descend, on ia tue avant 
qu'elle soit à terre. Les petits descendent ensuite ; on 
les prend en leur passant une corde au <. ol , et on les 
emmené pour les élever ou pour les manger. Pline cl 
Plutarque disent que sa chair e->t i\n excellent man- 
ger, et Michel Hérus dit qu'en Allemagne ses pattes 
salées ci fumées se servent sur La table des riches. 

La peau d oui s esi de toutes les fourrures grossières 

celle qui a le plus de prix ; la quantité d huile qu on 
retire de 1 ours est considérable. A la Louisiane , on 
voit dans 1 automne des ours qui se sent tellement 
engraisses, qu'ils n ont pas la force de marcher. Les 
ouïs noirs de ce pays s* encrassent en mangeant des 
patates , du maïs , et les fruits des plaque miniers sur 
(es [ueis ils grimpent , se mettent à califourchon sur 
une branche, se tiennent dune patte, et de l'ai 
cueillent les fruits. La graisse dont les ours sont char- 
gés les rend très-légers à la nage : on leur trouve en 
automne jusqù à dix deigts d'épaisseur de graisse 
oôtes et aux cuisses : le dessus de leurs pieds est : t 
et enflé : lofsqu on le coupe , il en sort un suc bl; 
et laiteux. Cette pai de est c< c de petites glandes , 

qui sont comme dzs mamelons ; et c est ce qui t.. t 
que * mt l'hiver, dans leurs retraites , ils suce I 
< c ntinuellement leui s pattes. 

O i brépore la eraisse dours , on la purifie , on 
en relire noeUuilc claire qui surnage, qui e^t aussi 



igi 

bonne que la meilleure huile d'olive , qui sert au 
même usa,gc. 

Le castor, en grec kastor , en latin fiber, animal 
quadrupède, amphibie (qui vit tantôt sur terre et 
tantôt dans Feau ) ; dans les pays déserts il se reunit 
ru société, et alors nous présente la plus grande in- 
dustrie dans la construction de ses ouvrages. 

Le castor a au plus trois ou quatre pieds de lon- 
gueur: tout son corps , à l'exception de sa queue , 
est recouvert de poils de deux, sortes ; le poil lonç 
et le duvet. Le duvet est extrêmement fin et serré, 
long d un pouce, et sert à conserver la chaleur de 
1 animal. Le long poil sert à préserver le duvet de 
la boue et de 1 humidité. La tête de cet animal 
paient presque quarrée , ses oreilles sont rondes et 
fort courtes : ses yeux sont petits. La bouche du 
castor est armée en devant de quatre dents incisives , 
fortes et tranchantes; deux en haut et deux en bas, 
comme les écureuils» les rats et les' porcs épies. Il a de 
plus seize dents molaires , huit en liant et huit en bas. 
Ce sont-là , comme nous le verrons , les seuls ins- 
trumens dont il se serve pour couper des arbres , 
les abattre et les traîner. Il se sert de ses pieds de 
devant comme de mains, avec une adresse au moins 
ég^le a celle de l'écureuil : les dt&b>;is en sont 
bien séparés , bien divisés , armés d'ongles et 
pointus ; au lieu que ceux des pied;, tic derrière 
sont réunis entr'eux par une forte membrane : ils 
lui s< de nageoires, et s'élargissent comme 

ceux- dr> I oid . don, le castor a aussi en partie la 
démarche sur terre : mais il nage tirs-bien. Comme 
les pattes de devant de cet animal soi : plus courtes 
qu« celle* de derrière , il marche toujours la tcic 






brîi?*éc , et V dos ?.r(\. set s très-boni, sut- 

toui 

•eue de CCI 

..!.!!]• , tOU tC 

humect< : ^ et de graisse qui t 

d .': itref. 

Les castors , s 
poei ; s - .et 

6C il i ive une lirjuetf] 
s épaissit bois tic I 

/ tum , dont on fait usage e :ioe , el < 

les castors se servent prol r \ >e grai 

le poil , afin de s.c midité. 

C'est sur la fin >. . les a 

neent à s, • r se rcUi i 

iis arrivent de p] - 4 d si i ix, et 

forment bientôt une troupe t. i • trois cents. 

Si les eaux se soutiennent te 

t< ur , comme c< I c> des l; 

cic c 1 ;^;.^ ; si ce 80 *■ rites , sujet! 

hausser et à baist 

ou r Tes 

. . ( c] usséc i souvtnt < latre- vingt pu 

cent piei > v lit , sur dix un douze pieds de- 

] aisï l,.; . 

établir leur digue , un e 
dei n d . ! 

puisse clans L'eau . 

•e poui en faire la | 
piinci] i ; . eut plu: 

autôui de 1 et s< zr.centtnuj 

ment 



s 

- 

rce fraîche ; t .. 
. s admens ordinaires. Ils f6'ti\ 
àina c l'arbre ; et sans autres instrumëns que 

. e dents incisives , i's le coupétli en wssez 
peu ; . temps , et le font romber en trscvf 
3a rivière. Lor^-.j.e cet a.bic, qui quelquefois est de 
1 oSS' 3 " i homme , est renverse , plusieurs castors 

(- *•- - tderons r,}es branches et de les ; couper , 

^ faiçe porte; l'arbre par-tout également. Pen- 

<■ t tem] s d autres parcourent le bord de la 

i -:e , cci ■ |j c t : l .ies morceaux de bois de différentes 
giosseur^, les scient à la hauteur nécessaire pour 
en faire des pieux ; et après les avoir traînés sur le 
bord de la rivière , ils les amènent par eau en les 
tenant entr ics demis. Par le moyen de ces pièces 
d^ bois , quils enfoncent dans la terre et qu'ils 
e ntre lace xi.t avec des branches, ils font un pnotis 
serr : tandis que les autres maintiennent les pièces 
de bois à peu-près perpendiculaires , d autres plongent 
au fond de leau-, creusent avec les pieds de devant 
un ùou, cans lequel ils font entier le pieu : ils 
en rcîacejH ensuite ces pieux avec des branches. 
Pou ej • :her l'eau décoller àtrav*;.s tous ces vuides , 
ils : L s bouchent avec de la glaise, qu Us gâchent 
et pétrissent avec leurs pieds de devant, et qu'ils 
battent ensuite avec l^jr queue , qui leur tient lieu 
de truelle. 

La position du " -s es*, bien digne de remarque ; 
les pieux, qui St I - ■ . même hauteur, sont 
plantés verti aie: - de ta ch te de 1 eau : 

tout l'ouvrage , - t , est en talus du côté qui 

sa soutient lâcha ge; ci:sortc que la chaussée, qui 

Suit: du Pi . d Iftstructi qut. N 



194 
a douze pieds de largeur à sa basa , se réduit 2 dcwx 
ou trois pieds d épaisseur au sommet : eiic a donc 
non-seulement toute la solidité nécessaire , maïs en- 
core la (orme la plus convenable poui retenir l'eau, 
l'empêcher de passer , en soutenir le poids et en 
rompre les efforts. 

A la partie supérieure de la chaussée sont deux ou 
trois ouvertures en pente , qui sont autant de dé- 
charges de superficie , qu'ils élargissent ou rétrécissent 
E la rivière vient à hausser ou 2 baisser. 
Si ia force de 1 eau , ou les chasseurs qui courent sur 
leur ouvrage, y 1* ni par hasard quelque crevasse , 
ils rebouchent bien vite le trou, visitent tout 1 édi- 
fice , reparent et entretiennent tout avec une vigi- 
lance parfaite ; mais quand les chasseurs les tour- 
mentent trop , ils ne travaillent plus que de nuit , 
ou niênle ils abandonnent tout l'ouvrage. 

Lorsque les castors ont travaillé tous en corps pour 
édifier le grand ouvrage public , ils travaillent par 
coiht agnïes 1 pour édifier des habitations particule 
Ce sont des cabanes bâties dans l'eau sur un pilotis 
plein , tout pr?s du bord de leur étang, avec deux 
es, lune pour aller à terre, Fautre pour :e jeter 
à j eau. Il se trouve de ces édifices qui ont deux ou 
igés et dix pieds de diamètre. Les murailles 
ont deux pieds d épaisseur, et l édrfice e.^: terminé 
en forme de voûte. Les paroil sont revêtus d'une 
espèce de stuc appliqué à i iode de leur queue , avec 
tant de solidité et de propreté , qu'on croiroit y 
reconnoitre 1 art humain. Dans chaque cabane est 
un magasin qu us remplissent d écorec d arbres et de 
bois tendre , leor aliment ordinaire. 

Quelque nombreuse que soit la société 1 »tors, 



igo 

kpaixs'y maintient sans altération. Amis entr'eux, s'ils 
ont quelques ennemis au dehors , ils savent les éviter ; 
ils s'avertissent en frappant avec leur queue Sur l'eau , 
qui retentit au joui dans toutes ies voûtes des ha- 
bitations; chacun prend son paru , ou de se plonger 
dans le lac , ou de se receler dans leui rn 

Le castoreum, que nous avons dit être une substance 
de couleur brune , située dans les aines du castor , 
est fort célèbre dans la médecine tant ancienne que 
moderne. C'est un remède résolutif, incisif, propre 
à lever les obstructions occasionnées par des humeurs 
lentes et visqueuses. L est nuisible aux personnes 
dont ies humeurs se raréfient aisément. Le casto- 
reum trop vieux est un poison. 

La fourrure du castor e>t plus belle et plus fournie 
que cède de la loutre : elle c-,t composée de i 
sortes de poils; l'un plus court, mais très - ton fiu , 
fin comme le duvet , impénétrable à l'eau et nui 
revêt immédiatement la peau; l'autre plus l^ng , plus 
ferme, plus rare, et ne sert qu'à garantir celui de 
dessous. Ce second poii n'a que peu de valeur ; ce 
n est que le duvet que l'on emplois à 'aire des bas, 
des bonnets , des chapeaux. 

ha.f§ufne , f yna , et la marte ± maries , animaux qui 
font une grande guerre aux pigeons . aux poules , aux 
œufs. La fouine diffère de la marte par le naturel, et 
même un peu par les couleurs extérieures. La fouine dif- 
fère de la marte par la couleur, en ce quelle est plus 
brune , qu'elle a la queue plus grande ei plus noire : sa 
gorge. est blanche, et celle de la marte est jaune : les 
martes fuient lesiieux découverts, habitent au fond des 
bois, surlesarbres , et ne se trouvent en grand nombre 
que dans lesciimats froids; au lieu que fa louire s ap- 
proche des h u - - il même dans les vieux 

N 2 



bâtimens, dans! dans des trous 

de v>: •• 

les clin l ; mais 

clic : comme la 

l". nord: elles snt uonc pai !. rel et le 

tempérament. La fourrure de la le 
estimée que celle de la marte. 

L 1 hermine , muUclla a i m animal qui 

se ti .es pays I roi 9 lu tord pj loche 

de. h d'une be est blanc, et 

1 ut de la noir, fc ui nue 

pi éciense. ( ! 1 
les j 1 > rs font ces ; 
cies ouvrages dj pelleterie. 

£; ■ • '. Le 1 ' vi 

et celui-ci du grec ... 

pa ce qu'il se CCI 

Leu - du 50 loi 1 , et 

elle lui sert de voile, 'que ii- 

vie 1 r r ar une écoi ■ c . 

Cet ani aal est con: le, lia la tetc 

et le dos de c 11 fauve , et 1< 

t-il 
1 e 
ceuxxkout l ! écorce tlaj tm 

\ écureuils d • a ... lais il 

est inutile de le . . 'ie. 

:ureuil (-1 un j'<i petit animal q 1 qu'a 
demi - et qui par sa e,] 

cilité , par l T inn< tceini nœurs , méri- 

teroii d'être épargné; il n'est ni carnassier, ni 

nuisible, quoiqûil saisis, . •• '.un.: 



sa nourriture ordinaire , est des fruits , <ies amen* 
des, des noisettes, du gland, etc. Il est propre, 
leste, vif, très-aierte , très-éveillé , très-in ! ux; 
il a les yeux pleins de feu , la physionomie fine , le 

corps nerveux , les membres très - dispos ; sa jolie 
figure est rehaussée et parée par une bêle queue, en 
forme de panacîie , qu'il relève jusque dessus sa 
tête ; le dessous de son corps est garni d un appareil 
tout aussi remarquable. 

Il est, pour ainsi dire, moins quadrupède que 
les autres ; il se tient ordinairement assis , presque 
debout, et se sert de ses pieds de devant, comme 
d une main , pour porter à sa bouche. Au Heu de se 
cacher sous terre, ii est toujours en 1 air : il approche 
des oiseaux par s'a légèreté : il demeure comme eux 
sur la cime des arbres , parcourt les forêts , en sautant 
de fun à l'autre, y fait son nid , cueille les graines, 
bot la rosée , et ne descend a terre que quand les 
arbres sont agités par la violence des vents. On ne le 
voit jamais que sur les grands arbres de liante futaie*. 
Il ne s'engourdit pas comme le li ir , pendant l'hiver ; 
il est en tout temps très-éveillé ; et pour peu que Ion 
touche au pied de L'arbre sur lequel il repose, ii sort 
de sa petite bauge , et fuit sur un autre arb a. 

Il ramasse des noisettes pendant L'été, en remplit 
le tronc et les fën es d un vieux arbre, et a recours 
en hiver à sa provision; il les cherche aussi sous la 
neige, qu il détourne en grattant. Il a la voix cela- 
tante et plus perçante encore que celle de la fouine : 
il a de plus un petit grognement de mécontentement 
qu il faite I toutes les fois .//on finheri: 

trop léger pour mafeh r, il va ordinairement par 
petits sauts, et quelquefois par bond*. 



i 9$ 

On entend les écureuils , pendant les belles nuits 
dete, crier en courant sur les arb'es les ui.s après les 
aimes : ils semblent craindre 1 ardent i u si leil : ils 
demeurent pendant le jour , a i abi i , d i us leur d< 
che , dont ils sortent ie soir pour s exercer, jouer et 
manger : ce domicile est chaud, propre et impené- 
tràb c;i îa pluie. C est ordinal». iu- t iur Fenfburchure 
d ane branche qt ils s établissent ; ils < ommeocem 
transp >uer des bûchettes, qu ils|piêient . qu'ils entre- 
lacent avec de la mousse ; ils la serrent ensuite , ils la 
foulent, et donnent assez de capacité et de s< 
leur ouvrage , pour y être a L'aise avec leurs petits: il 
n v a quune ouverture vers le haut, juste , etioi;e , et 
qui suffit à peine pour passer. Au-dessus de Fouver- 
rure , est une espèce de couvert en cône q i m< 
tout à 1 abri , et fait que la pluie découle par les cotes 
et ne pénètre pas. Ces animaux s : près, se 

peignent c: se polissent avec leurs mains et leurs dents: 
ils n'ont aucune mauvaise odeur; leur chair est assez 
bonne i : ie poil de leur queue sert a faire 

des pinceaux ; mais leur peau n esi [ as un< fort bonne 
fourrure. 

1 e lion . en Grec , leôn : en Latin, ho. Cet animal 
a la figure imposante 1 , le n ré, la démarché 

fièfe . la voix terrible : sa taille est bi bien prise et si 

n poTtw ce, que son corps paroît être le 

• la force : tinte à ia^iliic : aussi solide 
. i r, m de gi aisse, 

et ne c; .: de sui ant, il est tout nerf 

et i . »- ette , era, n de force mu seul mar- 

q par les sauts et le îeux 

qu i nent ; pai le mouvement bi i i 

est a ■ r 4 me ; 



199 
par la facilité avec laquelle il fait mouvoir la peau de 
sa face , et sur-tout celle Je son front qui est traver- 
sée de rides profondes , ce qui ajoute beaucoup a ia 
physionomie , ou plutôt à l'expression de la fureur ; 
et enfin par la faculté qu il a de remuer sa crinière, 
laquelle non-seulement se hérisse, mais tfé meut CI 
s'agite en tout sens , lorsqu il est en coîeré. Sa langue 
est grande, rude , très-àpre , et parsemée de quantité 
de petites pointes aussi dures que ce la corne, lon- 
gues d'environ un quart de pouce , et recourbées vers 
le gosier : c'est cette disposition des parties de la 
langue qui rend le lécheraient du lion extrêmement 
dangereux; car il a bientôt endormi la chair, et 
excorié lepiderme. Au resce, Ton doit être en garde 
contre les lechemens de cet animal , même le plus 
apprivoise ; car, dès qu'il a senti le sang , son naturel 
sanguinaire s'irrite , et 1 excite à mordre et à faire de 
cruels ravages. Les lions de la plus grande trille ont 
environ huit ou neuf pieds de longueur, depuis le 
murale jusqu à 1 origine de la queue qui est elle- même 
longue d'environ quatre pieds ; ces grands lions ont 
quatre ou cinq pieds de hauteur ..Les Iiohs de petite 
taille ont environ cinq pieds et demi de longueur, 
et la queue longue d'environ trois pieds ; elle est termi- 
née par une espèce de houppe. La lionne e^t , dans 
toutes les dimensions , deuviron un quart plus petite 
que le lion. Presque tous les voyageurs paroissent 
s accorder à dire que la couleur du lion est fauve sur 
le dos , et blanchâtre sur les côtés et sous Je ventre. 

Le lion porte une crinière, ou plutôt un torig poil 
qui couvre toutes les parties antérieures de son corps . 
et qui devient toujours plus Long, à mesine qu il 
avance en âge. La lionne n'a jamais ces lcm gf po 
quelque vieille qu'elle soit. 



ulans de 
.... pr o u v e 

Tcx. *s ÛC fa 
ceux qiii ba 

sont moins f >rts, ou u ub 
moins fçj «>^e que c. 

I i l. De 1 ay eu de 

ceux qu i i I .il 

ne s y trouve Lutant de lions . a 

bcauco. , qu il y < Les Rom 

tiroicrU .'de la Lyi/c, pour . 
cinquante fois plus de lions quon ne 
trouver 'aujourd'hui'. On a rei même < 

Turquie, en Perse et dans ' ' sont main- 

tenant b . p moins domn ; e Iétoi 

anciennement; et comme ce nt c: courageux 

- proie cl« tous les auLi ; • -, et 

r. i b ; roie cTaucun , on ne peui attril 

la di bre clj i 1 1 • 

men .ombre dai • de Ihomme : cai il 

rcè de ce roi des i i vr. 

r e ' : .' 

é , .qui cr tête i avec 

t une erreur de croi 'e que le lion ait peur du 
roi Jacqui \ en i c en 

i uicw , -.rie lion. 

( ttc sup< rioi itt é i ^e et -'rie dans 

u ce du lion ( rve 

aitc ou , tuivant 



501 

l.ei^eux çyu^thall l'ïl à (art de sa foj.;c. Dans 

les vaste < ' .- ara, et en ! , dans 

t • .:es lés . -s de 1 A!r. et de 

l'Asie , » te a dédaigné d habiter , ks i:ons 

sent encore en assez grand ndmbfë < et te : 5 eue la 
nature les a produ ts. A ccoutufne s à mesurer leurs 
forces avec tous les animaux qu'ils renc«yi i mt, l'ha- 
bitude de vain ère les rend intrépide irribles ; 
ne conrïoissant pas la puissance ubmrae , ils n'en 
ont nulle eVain r é la Force de 
se? arm r ils semblei t les : ies blessures les 
irritent même • n seul de ces lions 
du désert attaque souvent entière; et 
Iorsq - un combat opiniâtre et violent, il se 
sent afFi ib i , au lieu de ! dr ; il continue de se 
barre en retraire, sai t *.:er le des. Au 
contraire , les lions qui 3 bitenî au* é r konS des 
s et bourrades de ! Inde e: de la Barbarie , ayant 
connu l'homme et armes, ont perdu 
leur courage au point d'obéir à sa voix \ - nté , 
de n'ose de ne se jéteï cjue sur le menu 
b-tail, et enfin . - fuir, en se laissant poursuivre 
par des femme vr des enfans qui leur font, à 
iton . quitter prist et lâcher indigne ment 
leur rue ie. 

C : changement , cet adoucissement clans le natu- 
re; du bon , prouvent qu'il est susceptible d être 
apprivoisé jusou à un certain point ; aussi 1 histoire 
nous parle* t-elle de lions attelés à des chars de 
triomphe, de lions conduits à la guerre ou menés 
à la chassé , et qui , fidèles à leui maître , ne 
pldieni leur force et leur courage que contre ses 
ennemis. Cequily a - sûr, c'est que le lion 



205 

pris jeune et élevé parmi les animaux domestique» , 
t'accoutume aisément a vivre et à joie, innocern~ 

ment avec eux ; qu'il est doux, pour ses maures , cl 
me caressant, sur-tout dan* le premier âge; et 
que , si sa férocité naturelle reparoît quelquefois , il 
ia tourne rarement contre ceux qui lui oui lait du 
bien. Comme ses mouvemens sont très - impéuu F 
et ses appétits très-véhémens , on ne doit pas présu- 
mer que les impressions de 1 éducation puissent tou- 
jours les balancer; aussi y auroit-il du danger a lui 
laisser trop long-temps souffrii la faim . i u à le < 
trarier , en le tourmentant hors de propos; n 
seulement il s irrite contre les mauvais 
nais il en garde le souvenir, et paroi: en méo 
la vengeance , comme ii conserve aussi i mémoire 
et la recom ice des bienfaits. On peut conclure 

de diffère ni faits, eue ia colère e ble, soi 

uaffc magnanime, son naturel se On la 

vu souvent pardonner à de petits 
tés offensantes, donner quel à ceux 

qu'on avoit dévoues à la mort , eu les lui jetant 
nie; et comme *> il se fût, acte 

icrcux , iei'i - - ijte la même protection , 

vivre tranquillement avec eux, leur faire part de sa 
subsistance, se la laisser même quelquefois enlever 
e entière, et rir plutôt ia ic de perdre 

le fruit de son premier bienfait. 

pourront dire aussi que le lian n est pas cruel, 

. .: Te h que ] i - e détruit 

: n qu'il consomme, et que dès qu'il est repu 

p!« e ] i tari & que le tigre , le | p 

et tant d'autre» animaux d'espèce • que 

:n*rd, la fouine, le putois, le furet, etc., donnent 



co3 

la mort pour le seul plaisir de la donner , et que dans 
leurs massacres nombreux ils semblent plutôt vouloir 
assouvir leur rage que leur faim. 

Quoique le lien ne se trouve que dans les climats 
les plus chauds, il peut cependant subsister et vivre 
asst'z long-temps dans ies pays tempères, peut-ê rc 
même, avec beaucoup de soin, pourrôit-il y mul- 
tiplier : on en a vu naître dans les menageries da 
Florence et à Naplesf; mais ces faits sont très^ares: 
Les anciens et ies modernes conviennent que ies lions 
nouveaux nés sont fort petits, de la grandeur a peu 
près dune belettes cest-à-dire de six ou sept pouces 
de longueur : ils disent aussi que ies lionceaux ne 
sont en ctat de marcher que deux mois après leur 
naissance. Sans donner une entière confiance au 
rapport de ces faits, dit Burfon, on peut présu 
avec assez de vraisemblance que le lion , attendu la 
grandeur de sa taille , est au moins trois ou quatre 
ans à croîtie, et qui! doit vivre environ sept fois 
trois ou quatre ans, c esi-à-dire à peu près vingt-r 
cinq ans. On en a gardé quelques-uns au combat du 
taureau pendant seize ou dix-sept ans. 

Dans les lions, toutes les passions, même les plus 
douces, sont excessives, et l'amour maternel est ex- 
ueme. La lionne , naturellement moins forte , moins 
courageuse, plus tranquille que le lion, devient ter- 
rible des qu'elle a des petits : elle ne connoit point 
le danger; elle se Jette iï différemment sur les hommes 
et sur les animaux queile rencontre : elle les met à 
mort; elle se charge ensuite de sa proie, la porte 
et la partage à s:s lionceaux, auxquels elle apprend 
de bonne heure àsucer le sang et à déchirer ia chair. 
D ordinaire el^e met bas dans des lieux t*is-é cartes 



t*4 
• difficile accès ; et loi 
le cache s 

pas . 
sa queu< quef< is méu 

est , cilc transporte ail eu s 

quand on veut les lui enlever, el 

et les (ief.nd jusqu'à la demi rc 

On croit que le lion na pas 1 odorat au- 
ni les veux aussi bons que Ja pli 
de proie. On a remarqué que .a 
soleil paroît l'incommoder ; qu Ecrément 

dans le milieu du jour ; que c'est \ i 
< fil fait toutes ses courses; que quand il v< i es 
feux allumes autour des tr. upeaux, il n'en approche 
guère, etc. Ou a observé nu il nevçn i de loin 

les autres animaux, cpail ne les clia^c i;u;i vue, 
et non pas en les suivant à la | mmq 

les chieris et les loups, dont l'odorat e- : plus fia, 

Comme tous les animaux fuient en ! ; e du 

, il est souvent obligé de se cacher et fie les 
attendre ?.\i passage; il se tapit sur lé vem 
endroit . irré , d'où i! s'élance avec tam de I i :c, 
qu il saisit souvent du premier bond. Dam les déserts 
et le; s, sa nourriture la plus ordinaire son 

: et les quQÎqu il ne prenne ceux-ci 

que lorsqu'ils sont à teue, car il ne ^grimpe pas 
i urbî . . I aip à- la-fois , et se r( □ 

p jours : il a les 

. ( t si fort< 

qu'il .. ; ,, et .il. 

ir. On prétçud.i 

est exc< 
il supporte 



les fois qu'il peut. On le pi souvent par adresse 

dans une fosse , comme les lodpS : Je lion devient 
r 1 ,ux d~s qu'il Cil pris ; et si Ti < ite des premiers 
mens de s: sur] 'i:eou de c a honte , on peut l'at- 
tacher , le museler , et te conduire où l'on veut. 

I a chair du lion est d'un goût désagréable et fort ; 
cepem ant les nègres eu les indiens ne la trouvent 
mau\ aise. 

On dit que le cœur du l'on , mis en poudre , est 
pro >re pour guérir I épilepsie; son sang est sudorifique 
et alexitère (contre le venin ) , sa graisse émollieatc 

et nervale est propre contre la goutte. 

La peau du Lion , qui faisoit autrefois la tunique 
des héros . seri maintenant aux Maures de lit ci de 
ma iteau : nous 1 employons aussi à faire des housses 
po r les chevaux de carosse et de main. 

Le hêrûson , en grec échinas et en latin echinus , est 
un petit animal terrestre , gi os comme un lapin moyen , 
cr • u fréquente ordinairement les b >is. Ii est long de 
huit à ne pouces. Tout le dessus di corps , savoir , 
le dos s et le sommet de la lëtc sont couverts 

d. piquai i , pointus , comme le cont les coques 

c::s c ..s piquans sont varies de brun et de 

blanchâi e :s pi us longs ont environ un pouce et 
demi. Lj -»son lève et abaisse , à son gré , ces 

épines qu sont ses armes naturelles. 

II ne faut pas confondre cet^e espèce de hérisson 
avec le porc-' pic . ou porte - épine , histrix , qui se 
trouve en Afrique , et. qui a deux pieds et demi de 

long. 

On distingue plusieurs espèces de hérissons terres- 



2 06 

:• tere est d'av< ir deux dei * c inci- 

b rc , d dents canines, les d< 

i ps cou ■ piquans. ii y a 

tseau long , pointu . semblable 
au grouin d . 1 c eau ; dans les autres , ii - 

i, et icniLiable au museau dun 
i liie i. 

Quand le hérisson a peur , il se met en rond, et 

ce moyeu il cache sa il te et ses pieds , et n offre 

Lie toute past qu une boule épineuse. Dan* cet i 

il se id très-bien contre les chiens et les autres 

b s ; si on L'arrose d eau , se* pointes se rebaissent 

. . sitôt. Cet animai ne sort que La nuit , i se nuurrit 

de fruits; il « . avec ses pattes les grappes de 

m : rien de si singulier que de le Votl se rouler 

sur ces grappes qui sont à fleur de terre , ou sui les 

Fi s que le vent a abbattus. Dca qu'il sent que ses 

tes sont entrées dans ces iruits , il s enfuit avec 

ge dans ics lieux ou ii se retire , soit dans les 

. soit dans les cavernes ou aux pieds 

vieilles masures. Ce, t animal passe le fort de l'hiver 

ormir. 

Le hérisson est d'un naturel froid , et il abonde 
eu excrémens ; sa dhair est astringente , difficile à 
i ■ , ( ; nourrit peu ; mais dans les Indes , ou La 
Ii ( .u bérôson i il blanche , Les Indiens s en nour- 
. et la trouve! t égale en Lcn:e a celle i ^ 
( '-.m me ces ix ne viv< 

: ■> , u herbes ei de 

racines , les Es les plus riches en i. 

pen c ne. 

Le tigre , tigris , an i i J u 

rirai . i . 



207 

incisives à chaque mâchoire , les doigts onguici. 

et séparés , les ongles crochus , et qui peuvent cire 
retirés et caches entièrement : sa queue est lungue. 

Le véritable tigre , qui ne se trouve que clans l'Asie 
et dans les parties îes plus méridionales de l'Afrique , 
n est pas moucheté ; mais il a , dit Bulîon , de longues 
et larges bandes en forme de cercle. Ces bandes pren* 
nent sur le dos , se rejoignent par dessous le ventre , 
et continuant le long de la queue , y sont comme des 
anneaux blancs et noirs placés alternativement. 

Le piui grand de tous les tigres est celai qu'on 
comme tigre royal; il est grand comme un cheval. 

55 Dans la classe des animaux carnassiers , 
poursuit Buffon , le lion est le premier , le tigre 
est le second ; mais le tigre est plus à craindre 
que le lion. Celui - ci oublie souvent qu'il est le 
plus fort des animaux : marchant d un pas tran- 
quille , il n attaque jamais 1 homme, à moins 
qu'il ne soit provoqué ; il ne précipite point ses pas, 
il ne court, il ne chasse que quand la faim le presse. 
Le tigre , au contraire , quoique rassasié de chair, 
semble toujours altéré de sang ; sa fureur n'a d'autres 
intervalles que ceux du temps qu'il faut pour dresser 
des embûches. Il désole le pays qu'il habite , il ne 
craint ni 1 aspect, ni les armes de l'homme ; il 
égorge , il dévaste les troupeaux d'animaux domes- 
tiques , met à mort toutes les bétes sauvages , atta- 
que les petits elephans , les jeunes rhinocéros , et 
quelquefois même ose braver le lion. 

Le tigre n'a pour tout instinct qu'une rage cons- 
tante , une fureur aveugle , qui ne ebrrrioft , qui ne 
distingue rien , et qui lui fait dévorer ses propres 



en fans , et déchirei leui mère lorsqu'el l les 

defei Ll rugit à la ha- 

que objet lui pa c 

i\\^ e de b( . 

frémissemens affreux , mêl< .de 

dents , et . ici il s'élance | 

digieux. 

Heureusement pour le reste de la nature , le 
n en est pas nombreuse, et ; aux climats 

les plus chaud ï ndc 01 ien 

La panthère , ïonce et le lèobard. Nou réunir 

sous cet article ces trois ( niraaux qui ont 

été pris les uns pour les a Les natu 

Ces animaux sont proptes à A et 

aux climats chauds de l Asie ; ils ne se sont jai 

répandus dans les pays du ntord , ni même dan- 
régions tempérées. 

La première espèce de ce genre est la grande pan- 
thère. Le corps de cet animal , lorsqu'il a pris 
accroissement entier , a cinq ou six pieds île lon- 
gueur , en le mesurant depuis mité du museau 
jusqu'à l'origine de la queue , laquelle est Longue de 
deux pieds. Sa peau est , pour le i , I un 
fauve plus ou moins foncé sur le dos et sur Its côtés 
du corps, et du.:e couleui » le ventre : 
elle est marquée de taches 4 noires en grands anneaux , 
ou en forme de roic ; ces anneaux sont bien séparés 
les uns des autres sur les côtes du corps , évuidéi 
dans le milieu , et la plupart ont une ou plusieurs 
taches au centre , de La même couleur que le tour 
de l'anneau : il n'y a que des t.; '.• ci sur la 
tèu , sur la poitrine , sur le ventre , t>t sui 
jambes. 

La 



La seconde espèce est X onct. Cet animal est beau- 
coup plus petit que la panthère , n'ayant le corps 
que d'environ trois pieds et demi de longueur : il a 
Je poil plus grand que la panthère , la queue de trois 
piedb de longueur et plus. Le fonds du poil de l'once 
est d'un gris blanchâtre sur le dos et sur les côtés du 
corps , et d'un gris encore plus blanc sous le ventre; 
les taches sont à peu près de la même forme et de la 
même grandeur que celles de la panthère. 

La troisième espèce est le léopard. C'est un animal 
du Sénégal , de la Guinée , et des autres pays mé- 
ridionaux : il est un peu plus grand que l'once , mais 
beaucoup moins que la panthère , n'ayant guère plus 
de quatre pieds de longueur : ses taches sont en 
anneaux ou en roses ; mais ces anneaux sont beau- 
coup plus petiLs que ceux de la panthère ou de 
1 once ; et la plupart sont compotes de quatre ou 
cinq petites taches pleines ; il y a aussi de ces taches 
pleines disposées irrégulièrement» 

L'éléphant , en grec , dephas , en latin elephantus. 
Le plus grand des quadrupèdes , comme la baleine 
est le plus grand des poissons , et le cuntur le plus 
grand des biseaux. L éléphant est un des plus sin- 
guliers d'entre les quadrupèdes , pour la conforma- 
tion de plusieurs parties du corps. En considéiant 
cet animal , relativement à 1 idée que nous avons de 
la justesse des proportions , il semble mal propor- 
tionné , à cause de son corps gros et court , de ses 
jambes roides et mai formées, de ses pieds ronds et 
tortus , de sa grosse tête , de ses petws yeux et de 
ses grandes oreilles : on pourroit dire aussi que 
l'habit dont il est couvert est encore plus mal taillé 
ctplus mal £ait : sa trompe , ses défenses , ses pieds , 
Suite du Plan d Instruction publique. O 



1 1 n 

; que la g 

ont les 
li i . : des Indes 

béai 

I 

s anima 
ainsi qu un l'a observe. 

ne le cli 

on en a cependant vu un \ 
la ci-d rnc ■ 

Ce: 

et même plus , de 
à cause tnd < le d'eau que sa. masi 

est sujet à avoir le 
par - ai le lui rendent ( 5. Q 

esse des jambes 
se relever lorsqu'il i 
courbé : On a appris de ceux qui ont 
de ; ' que les huit es ann 

a vécu , il . i : loit et se rc • et 

ci ii ne se couchoit 

.rmir , mais sappuyoit contre le mui 
e. li paroît do; >abie que la méthode | 

mal , en sciant 
bre où il vient i 

E pour les vie tix élépha 

. able et le plu. s p. 
à i • '.in s laquelle 

que dei mouvemens c> .o 



211 



point dans les autres animaux ; sa structure esl 
à- fait sinçuli 



'&' 



Cette trompe est très-longue ; l'animal Fàloi 

et la raccourcit à volonté. Cette ; 

prement parler , n'est que son nez. , est charm 

nerveuse , creuse cemme un tuy 

flexible dans tous les sens ; l'extrémité de cette tic 

s élargit comme le haut d'un vese, et fait un rebord 

dont la pai ; s est plus épaisse que les 

cotes ; ce rebord s alonge par le dessus , et forme 

rie le bout dun doig:. Au fond de c 
espèce de petite tasse on apperçoit deux troux qui 
sont les narines ; c'est p: : ce rebord 

qui est à l'extrémité de la trdrn eette espèce 

de doigt, que Féléphant faii a ou peut faire 

avec ia main , jusqu'au point que Yè e la 

ménagerie dénouoit les cordes qui snt , 

c|uilprenoit avec adresse les chost . petites, 

et qu il les rompoit. 

Lorsque cet animai applique lès 
mité de sa trompe sur quelque corps , et < 
en même temps son I collé 

centre la trompe , et en suit les < 
c : nsi que l'élépha . 

-s , et même juî 

L'éléphant a le ce pour pc 

sa te te jusqu'à terre , et brou 

, ou boire facilement ; r . , il 

trempe le bout de sa trou; 
rant , il en remplit te 

urbe en dessous pour la 
et l'enfonce jusque dans I 

r au poussée par la . 



cend dans l'oesophage , et par cette admirable prè- 
le la nature , il n'entre point d'e -le 
cix , ce qui seroit ai tsairemerj 

Quai int veut manger, il arrache i herbe 

avec paquets qu il j 

peut fan c penser que le 

peut éléphant t< : sa uompe , et qui! la re- 

courbe ensuite dans sa bouche pour avaier le lait. 
Cct:c trompe lui s;.; non-seulement de main , mais 
encore d un bras très-nerveux l car on dit qu il s en 
sert | cracher les arbres médiocres , et briser les 

branches d'arbres lorsquil veut se faire un passage 
dans les forêts. Il fait jaillir au loin et dirige à 
son gré l eau dont il a rempli sa trompe : on dit 
quelle peut en contenir plusieurs seaux. 

L'éléphant a des yeux très - petits ; ses paupières 
sont garnies de poil , ce qui lui est particulier avec 
l'homme , le sinçc , 1 autruche et le srand vautour. 
Son corps est couvert d une peau toute composée de 
tides ; ses oreilles , grandes , Larges et épaisses d'ail- 
leurs , sont disposées à peu près comme celles de 
l'homme. Sa bouche semble plutôt être jointe à sa 
poitrine qui sa tête , parce qu'elle en est la partie 
la plus basse. 

Un éléphant consomme plus en huit jours que ne 
consommeroient trente nègres en un. Il inançe cent 
livres de riz par jour. 11 s accommode de tout , excepté 
de la viande : leur boisson est de 1 eau , qu ils ont 
soin de troubler avant de la boire , ainsi que fait le 
chameau : on remarque la même chose dans les 
oies, les dues et autres oiseaux qui avalent de petites 
pierres , et mêlent fort souvent du sable et du gra- 
vier avec Fea a i cit. 



L'éléphant a beaucoup d instinct et de 
on dit qu il est susceptible d'attachement , cl aitection 
et de reconnoissance , jusqu à sécher de douleur 
lorsqu'il a perdu son gouverneur. On l'apprivoise si 
aisément, et on le soumet à tant d'exercices d 
rens , que Ion est surpris qu'une bête aussi lourde 
prenne si facilement les habitudes qu'on lui donne. 

Ces animaux sont fort tranquilles et ne s'irritent 
que lorsqu on les offense. Suivant le rapport de ceux 
qui gouvernoient réiéphant de la ménagerie , il sera- 
bloit connoître quand on se moquoit de lui , et s en 
souvenir pour s'en venger, quand il en trouvoit l'oc- 
casion. Voyez - en des exemples dans Pline et dans 
Valmont de Bcmare. La fureur de ces animaux est 
très- dangereuse ; mais, comme ; is craienent beau- 
coup le feu , on arrête cette fureur en leur jetant 
des pièces d'artifice enflammées. 

Des nations entières ont fait des guerres longues 
et cruelles , et des milliers d'hommes se sont égor- 
gés pour la conquête de ['éléphant blanc, qui n'est 
qu'une variété accessoire à la nature. Cent officiers 
soignent un éléphant de cette couleur à Siara ; il est 
servi en vaisselle d'or , promené sous un dais , loge 
dans un pavillon magnifique, dont les lambris s 
dores. Plusieurs rois d'Orient préfèrent à tout autre 
titre celui de possesseur de ï éléphant blanc. 

On prend les éléphans en les faisant tomber clans 
des pièges ou des creux couverts de claie: et d un 
peu de terre : mais s ils en soit échappés une (ois , 
ils arrachent une branche avec leur trompe , et son- 
dent le terrein pour voir s'il est ferme. On les pn 
aussi avec des barricades faites dans des lieux étroits , 
où il y a une femelle qui les appelle. 

0| 



«M 

C ? vices proportionn 

; 

■ 
..." 
' ■ 

i aient 

•■ 

M porter des tours dans lesqu 
on | ir la gue 

leurs t: 
i 

menoi 

clic:. mil : il ■ •• -, 

sabr< 
contre lejs 

fort éléphant est d i -îe trois 
mille livres ; i un 

ées. 

Comme la e et les dents de 

rit une e défense , la nature lui i 

enco n 

et qui so: ortes. Elles sont 

et un 

- ' 

ouvn terie. 



qu'il est moins sujet à jaunir. On tire dî l'ivoire , 
ainsi que de la corne du cerf , en les faisant brûler 
dans des vaisseaux clos, une poudre d'un très-! 
noir , qui est d'usage dans La peinture , et qu'on 
nomme noir d ivoire. Il est a remarquer q 
matières dont on fait les noirs, sont blanches, ; s 
les noirs qui en proviennent sont beaux et hauts eu 
couleur. 

Rhinocéros , en François , en gr«c et en latin ; c'est, 
après l'éléphant, le plus curieux et le plus grand de 
tous les animaux quadrupèdes : on le trouve dans 
déserts de l'Afrique et de l'Asie ; il est nomme rhi- 
nocéros à cause d'une corne qui lui sort du nez. P 
dit que c'est l'ennemi de [éléphant; qu'il s'aiguise la 
corne quand il veut le combattre , tâchant de le f 
pèr au ventre, où il a la peau la plus tendre. Le 
rhinocéros a les jambes plus courtes que l'éléphant, 
et les ongles des pieds fendus. ïi a quelque chos 
semblât- . anglier, si ce n'est qu'il est beaucoup 

plus grand , que les pieds en sont plus gros et le 
corps plus lourd. Sa peau est toute couverte de larges 
et épaiises écailles de couleur noirâtre et d'une dureté 
extraordinaire ; elles sont divisées en petits quarrés 
ou boutons , élevés environ d'une ligne au-dessus de 
la peau, à peu près comme cei'es du crocodile. Ses 
jambes paraissent engagées dans des espèces de bottes , 
et sa tête enveloppée par derrière d'un capuchon 
applati , ce qui lui a fait donner pai ! port gais le 
nom dz les ; sa tête est grosse , sa bouche 

peu iendue , son museau aiongé et an 
et longue corne , qui le rend terrible 
même, aux buffles et aux él ••'..■ 

naroît encore de plus merveilleux en cet anima' 

O 4 



2 1 6 

la langue que la nature a couverte d une membrane 
si rude qu'elle n'est gu< ère difiFé rente d une lime; ainsi 
il écorche tout ce quil veut lécher. 

Le chameau et le dromadaire , en grec kai . en 

lati . cam lus, Q des domestiques, particuliers 

aux climatx chauds de 1 Afrique et de 1 Asie. Ou 
nomme vulgairement chameaux ceux qui n'ont qu'une 
bo^se sur le dos, dromadaires ceux qui en ont deux 
qui leur forment une espèce de selle. Nous allons 
donner la description abrégée d'un dromadaire 
l'on disoit âgé de quatorze ans , ci d'un chameau 
femelle de trois ans , que Ton a amenés à Paris eu 
1 762. 

Le dromadaire avoit six pieds de hauteur , non 
compris ses deux bosses, et dix pieds de longueur, 
ïi avoit au bout du mufle quatre naseaux , dont les 
; plus grands etoient perces d outre en outre, afin 
dy pouvoir passer un anneau de 1er pour conduire 
ranimai à volonté : en dessous de ces premiers na- 
seaux sont deux autres beaucoup plus petits qui ser- 
vent à la respiration. Les yeux de eu animal sont 
gros et saillans ; le front est revêtu d un poil touffu 
et ressemblant à de la laine ; le reste du c 
recouvert d un poil doux nu toucher , de couleur 
mi peu (.ei"' r e et guère 1 - |uc celui 

. bœuf; les oreilles courtes et rondes, le cou très- 
■ orne d'une belle crinière: le ix gros, 

ndus , les jambes de derrière très-hautes 
et très-menues ; sa queue est courte ei garnie de 

: -e 1 1 c\ en té , et il es 1 remarquer 

cet animal , ainsi que tous les animaux rumi- 
i , n'a 1 incisives i la mâchoire su- 

• seulement deux grandes dents de cha- 



2 17 

que côté, dont la postérieure est rccor.rbee en ar- 
rière , semblable aux défenses d un sanglier, et qui 
devient quelquefois si longue qu on est oblig 
scier: la mâchoire inférieure est bien garnie de dents. 
Tant que cet animal est en appétit , il mange du 
foin, de la paille , de Forge , de l'avoine ; il peut 
manger vingt ou trente livres de foin par jour; s il 
est dégoûté , des chardons, les ronces, lui réveillent 
l'appétit. 11 boit rarement, mais lorsqu'il a soif, il 
boit beaucoup à la fois. 

Le chameau femelle n'étoit qu'à la moitié de sa 
grandeur lorsqu on Ta examiné pour en faire la des- 
cription. Il ressembloit beaucoup au dromadaire , à 
l'exception dune bosse unique qu'il avoit sur le dos; 
son poil étoit brunâtre et plus long que celui du 
dromadaire. 

Peut-il se trouver .un animal plus propre que le 
chameau, à supporter les plus rudes fatigues au mi- 
lieu des sables arides de 1 Afrique , à pouvoir rester 
quelquefois des quatre ou cinq jours sans boire, en 
faisant cependant chaque jour vingt -cinq à trente 
lieues, et en portant des poids énormes de plus de 
mille livres pesant? 

On a observé dans le second ventricule de ces ani- 
maux. , environ une vingtaine de cavités , faites en 
forme de sac , placées entre les deux membranes qui 
composent la substance de ce ventricule. La vue de 
ces sacs fit croire aux académiciens observateurs que 
ce pourroient bien être les réservoirs où Pline dit que 
les chameaux gardent fort long-temps l'eau qu'ils 
boivent en grande quantité lorsqu'ils en rencontrent, 
pour subvenir aux besoins qu ils en peuvent avoii 
dans les déserts arides où Ton a accoutumé de les 



* la demi re ra- 
■ - ntre de cci ai.i- 

■ 

Le on le 

n veut le ch . d 

n Lui . sous l< ■ 

:i le cou , oh 

met des pierres afin ôc I r plus i 

. . On le que ter 

lui permettre de te e de bonne 

ab iii j >rtci 

de fardeau à ces a - de trois ou 

tre ans. O .and iis sentent qu'ils ont assez de ci 
ne i. à leur en doni 

trement ils se rebutent , donnent de , et se 

c ut à fins . 
On dit qu'il y a en Afrique ires 

font jusqu'à quatre-vingt lieui [J ne 

< aux po . . 
il suffi! c 

grand ji< . on bat des ( I 

fumier de ces - 
préparer la - u des d< serts. 

Les chameaux sont des an 
i i 

- 

o 



chapeaux., on le file et on en fait des étoffes. Ce 
poil nous vient du Levant par la soie de M; 

Le buffle, espèce d'animal du genre cl. ufs. 

Il leur ressemb id. Il y 

a des buffles en Asie , en ( te , à Siam, 

en Allemagne, en Italie. On dompte cet animal qui 

est laborieux, et dont on fait usage en Italie peur 

iircr la terre : on le gouverne à volonté , ev 

ant aux narines un anneau de fer , auquel on 

che une espe.ee de bride. S'il est trop chargé , il 

tombe, sans que les coups puisse ire relever, 

oins qu'on ne lui ôte sa charge. A Rome , on 

ir de cet animal que Ton di Fort 

m te : on fait avec le lait de la femelle du bi 

d excellent fromage. On prétend que si Ton présente 

au buffle, comme ati bœuf, un morceau d'écarlate , 

il se met en colère. 

La . t , ou m imi l : , en 1; 

r . un joli quadrupède à pied four; 
cl une taille fine , bien prise, et des y 
course. 11 se trouve communément en Afrique ei 
Indes orient 

L Indes, celle qui donne le bezoa 

cm de deur de la chèvre domesti . : son 

poil est coi gri 

icnton comme notre chèvre : 
gués , droites , coi 
haut c; ! excepte 

on ob- 
. On frappe la gazelle ton, 

. forme sur son corps des boî 
le sang se rai On lie en- 

. ils où le 



Î10 

la i • ex ; on serre tellement le noeud . que le 

l qui est renferme dans ce-, espèces 'le poches n en 

peut plus sortir i uite séchei ces poches 

sur Fanimaljusqu*à ce q >ent d'elles-mêmes. 

qu'on trouve ce sang parfumé, qui s'est 
verri en musc au bout cl un mois. Drames disent 
qu'auprès du nombril de l'animal du nuscestunees] 

irse qui contientla substance appelée musc. 
Cette bourse a près de trois pouces de le 

• , et s'élève au-dessus du ventre d'environ un 
elle est garnie de poil extérieurement. C'est 
pour cela que l'enveloppe qui contient le musc doit 
être couverte d'un poil brun ; lorsqu'elle est cl un 
blanc , il indique que c'est du musc du Ben- 
gale , qui est inférieur en qualité à celui de Tunkin. 

Le Singe, en grec pithecos , en- latin simi 
quadrupède à figure humaine , dit LinaeuS. 

Ce que les singes ont de particulier, c est qu ils 
cils aux deux paupières : les jambes de der- 
et celles de devant semblables aux bras et aux 
de 1 homme ; leurs pieds de devant ressem- 
blent à ta main de l'homme et en font 1 office ; ceux 
derrière sont comme de grandes mains . leurs 
sont semblables à ceux des mains . celui du 
eu est aussi le plus long : il", se servent , selon le 
r et des pieds, et des maiiis. Les singes n ont 
point de poil aux fesses : et dans L'organe de 1 oreille 
ier, l'enclume et le mai : qui sont 
qui ^e trouvent dans les oreille- des 
autres animaux. [ 
• 

de* deux côtés de la mâchoire, 
pelées salles par les naturalistes; i 



221 

dans 1 ces endroits qu'ils serrent tout ce qu'ils veulent 
garder. 

Ces animaux sont par-tout d un même naturel; 
mais ils diffèrent cnt'r'eux par leur forme et par leur 
couleur. Les uns sont sans queue; les autres en oris 
une longue ; d'autres ont une tête de clù-p , avec des 
dents aiguës. Il y en a de hauts de quatre ou cinq 
pieds, et qui ont les épaules larges comme celles 
des hommes. 

L'on ne peut disconvenir que le* singes en géné- 
ral ne soient Fort laids : ils ont les membres très- 
forts , et sont très-enclins à voler, à déchirer , casser , 
mais très-ingénieux dans toutes leurs fonctions; sensi- 
bles au bien-être et à la détresse , ils témoignent en. 
tout temps leurs passions par leur trépignement, et 
d'une manière très-expressive. Si on les bat , ils ont 
l'art de soupirer, de gemir, de pleurer , et de pousser, 
suivant les cas, des cris dépouvante, de douleur, 
de colère ou dirrision : ils savent faire des grimaces 
et des postures si ridicules , que l'homme le plus 
mélancolique ne pourroit s'empêcher de rire. 

Ces animaux observent entr'eux une certaine disci- 
pline , et exécutent tout avec une adresse , une subti- 
lité et une prévoyance admirables. Quoiqu'habiles 
au pillage , ils ne font guère d'expédition importante 
qu en troupes. S'agit-il de dévaster une melonnière 
considérable ; ils envoient à la découverte : une 
grande partie d'entreux entre dans le jardin , se 
range en haie, à une distance médiocre les uns d^s 
autres; ils se jettent de main en main les melons, 
que chacun reçoit adroitement et avec une rapidité 
extrême. La ligne qu'ils forment finit ordinaire □ : 



J 2 2 

ntagne : toi I in pro- 

I 

Ces a; inct partîculiei pour c 

tre ' eux qui le 

• t attaq 
fendre . \ • 

. qu'ils Jaspent , 
: 

cria à I 

lîneurs ; ils courent en plains, 
rt idemer 

x est blessé, ils crient t( s t ne ma- 
u van table , et red 
■t autour de lui , mettent leurs doigts dans la 
plaie pour la sonder , ensuite ils la tu 
pendant qu« d'autres apportent que tes 1 li cl q 
lient et poussent adroitement 

S il s'agit de passer une rivière, ils s'as- ! ; en 

certain nombre , grimpent sur un arl re , 
tous par la tête et par la queue ; ils donnei 
mouvement et de branle à cette cl i 
an jettent en a\ 

■rnicr s'attache ft ent à un ti e 

et atl autres. 

Soit que les singes dorment , tra - 
dent , il y en a toujours en sentinelle , dont 1 o\ 

ue et le cri servent reté commune : 

un cri pai ticulier ci 
troupe s'en 

ne sont pas bien accoutumés au mai 
te ut sur i- plus viçu 

Fortplai i : 



Y : . *-.u oc mort les sentinelles qui n'ont pas 



Des Oiseaux. 

eau, a< i . c c an animal couvert de plumes, 
es et un bec. Ses plumes 
se. :m ers . : ■ s re , et couchées les unes sur les 
autres, dans un ordre régulier : son corps n'est ni 
émeme if, ni également épais par- tout, 

bien disposé pour le vol : aigu par devant , gros- 
-là il est plus propre à fendre 
l'air. Tous les oiseaux viennent d'oeufs : leur manière 
de • variété de leurs couleurs suivant les 

saisons , leur chant, leurs différentes figures et gran- 
deurs, tout pique la curiosité de l'homme qui cher- 
che :ruire. Nous en tracerons, quelques esquis- 
ses dans -c tableau raccourci que nous nous propo- 
sons d'en donner ici, d'après les naturalistes qui en 
ont traite. 

On peut réduire les oiseaux à six familles princi- 
pales. t°. Ceux du genre c\ "est-à-dire , qui ont 
le bec courbe et les ondes crochus; tels sont les 
oiseaux de proie qui soin carnivores, c'est-à-dire, 
et ce mjurtres», coin nie les aigles , 
le faucon , le ehat-huant, le duc , le milan , le lanicr, 
le hobereau , r , le coucou et 
même les perroquets ; et les pics-grièches , etc. quoi- 
que ceux-ci vivent plus communément de fruit que 
de chair. On distingue ces « en diurnes ou 
oiseaux de jour, et en nocturnes ou oiseaux de n 
On çonnbit les oiseaux ne, sur-tout les diur- 



Î24 

ries, par leur tetc et leur cou court, par leur bec et 
leurs onglet crochus, parleur langue large et épaisse 
et par leur vue perçante. Lc^ oiseaux de proie noctur- 
nes , qui ne volent que la nuit p< • t la. 
tête et iaite à-peu-près comme celle des chats, 
telssontics hibous cornus ou chats- hu; aie , 
le faucon de nuit , la chevêche, etc. Presque tous 
ces oi seaux vivent solitaires, multi] lont 
très-garnis de plumes, et vivent plus long temps que 
les autres espèces a oiseaux. Comme les repas de ces 
oiseaux ne sont pas to jours assures , la natme leur 
a donné la (acuité de l abjtinen «jenre d'oi- 
seaux, les femelles sonr plus grandes que ;c> maies, 
d'un plus beau plumage, ] s ourageu- 
ses et plus féroces, parce qu'elles ont seules soin de 
leurs petits. Ces oiseaux sont non-seulement les tyran! 
des airs , ils chassent aussi dans les plaines. On divise 
les oiseaux de rapine diurnes en grands et en petits: 
les grands sont les aigles et les vautours ; leur carac- 
tère est si féroce , si indomptable , qu'on ne peut Les 
dresser pour la fauconnerie. Les petits oiseaux de 
proie diurnes sont encore considérés comme poltrons , 
tels que le milan , ou comme courageux et de haut 
vol , tels que l'autour, 1 epervier, le geriault et l eme- 
rillon ; ceux de bas vol sont le faucon , le lanier , le 
hobereau et le sacre. 

La seconde famille comprend les oiseaux à bec de 
pie, tels que les corbeaux, les corneille*, les pies , 
les pics , le geai , la huppe , le loriot. 1 etourneau , 
les merles, etc. Quelques-uns de cette famille ont le 
bec un peu oblong , fort et gros : on les appelle d* 

ou demi-rapaecs. Ces oiseaux fréquen- 
tent indifféremment les pâtis , les guérets , les taillis , 

de 



2 25 

de même que Les prairies et les rivages ; ili vivent de 
fourmis, de moucherons , de fruits et de graines. 

La 3 e . famille contient les oiseaux qui fréquentent 
les bords des eaux douces , et les rivages de la mer , 
qui voient autour de cet clément pour v trouver du 
poisson dont ils font leur nourriture, et qui eepeiul^ni: 
ne ragent pas; ils ont ies pieds fendus (fissipedes ), les 
jambes et les cuisses fort longues ( imontopedes ) , un 
bec long et pointu ( scolopaces ); ils n'ont point de 
plumes au-dessous des genoux, afin dentier gbus 
facilement dans les eaux bourbeuses; tels sont le 
héron, la grue, le phcen'coptère ou fiamen , le buter , 
la cicogne , le courlis. Quelques-uns d'eux sont haut 
montes sur leurs jambes et ont le bec court, comme 
le vanneau , le chevalier , le pluvier , etc. Souvent ces 
oiseaux se tiennent suspendus en l'air sur les eaux, 
et guettent den haut, si , par hasard, quelque poisson 
remonte vers la surface de l'eau , et quand ils en apper- 
çoivent, ils plongent sur-le-champ avec une rapi- 
dité étonnante, et il est rare qu'ils manquent leur 
proie. 

La 4 e . famille renferme les oiseaux aquatiques par 
excellence, c'est-à-dire, qui marchent sur terre et 
nagent dans l'eau : tels sont le pélican , la palette , le 
cygne , les oies , le canard, le morillou , la macreuse , 
le cormoran , falcamie , etc ; en un mot, tous les 
oiseaux dont les doigts des pieds sont unis par ûi : 
membrane , ou même qui peuvent nager sans 
palmes, comme la foulque. Plusieurs d'entre ces 
oiseaux , qui ne se nourrissent que de poissons , ont 
le bec dentelé , crochu à son extrémité : ils 90t3 
plupart, podicipedes , c'est-à-dire , qu'ils marchent en 

Suite du Plan d'Instruction publique. ? 



2 eh 
se tenant presque sur leuri pieds dre its , cemme 
1 homme , ils paraissent boiter. 

On comprend dans la .0*. famille les oiseaux i 
n'ont point d'habitation fixe , et qui fréquentent iarc- 
ment le* rivages , ks prairies , les hautes futaies ; Us 
vont indifféremment dans les taillis , les guéreis , Ici 
buissons, les haies, ou ils se nounisiem d*insectci , 
de graines , de baies , etc. I els sont les pigeons , La 
tourteicllc , les espèces de pin< ons , L'alouette , le char- 
donneret , le verdi er , le serin , loitoian , la Linotte, 
la bergeronnette, le bréant , la fauvette, le roitelet, 
l'hirondelle , le tarin , et tous ces petits oiseaux dont 
le bec est assez droit, quelquefois courbe, plus ou 
moins long, qui ont les jambes courtes, Les aiies fort 
étendues, cm vol fort et îapide , et une queue longue. 
Ceux qui ont le bec grêle, {cible et pointu, vivent 
d'insectes; ceux qui vivent de graines., d'herbes épi- 
neuses, l'ont fort court et propre à broyer. 

La 6e. et dernière famille renferme les oiseaux du 
genre des poules , tels que le paon, le coq - dinde , 
le coq privé et celui de bruyère, le faisan , la perdrix, 
la çélinotc, etc. C< i eaux ont le bec assez court , 
un peu recourbe, J i orj s gras , charnu et | ci 
des ailes courtes, concaves, ce qui fait qu'ils ne 
peuvent voler fort haut ni Ion g- temps; leurs pieds st M 
ainsi qu ^ ceux de la première famille, garnis d'une 
peau écaiUeusc : iis se retirent dans les lieux secs . et 
vivent d'herbes et quelquefois d insectes : ils font huis 
nids à terre; leurs petits, qui sont couverts de duvet, 
suivent la mère, cours t ça ci Là, et ramassant ce 
qu i | s c le Ai petit bec. 

D- i i nids dti oùeat 

I m femelles des oiseaux pondent les oeufs : elle* le* 



fi 2 7 
couvent jout et nuit avec une constance singulière 
jusqu à ce que le petit vieilli* à écloie. 

La poule , qui est un trésor pour 1 homme , pond 
presque tous les jours en certaines saisons ; ci autres 
oiseaux pondent indifféremment toute l'année , d au- 
tres une fois L'an-. La quantité des ccuis est déter- 
minée à chaque espèce ; car si on en casse quelques- 
uns , ils en font bientôt un pareil nombre pour 
compléter la couvée: c'est, sur tout, ce quon re- 
marque dans les canards , les hirondelles et les m >i- 
neaux. Enfin , les oiseaux qui sont les moins nuisi- 
bles et les meilleurs à manger de tous ies animaux , 
sont ceux qui multiplient le plus. Au reste , on a 
remarqué que ceux de ces animaux qui nourrissent 
leurs petits n'en ont ordinairement qu'un petit nom- 
bre ; ceux , au contraire , dont ies petits mangent 
seuls dès qu'ils voient le jour , en ont des bandes 
de dix-huit , et quelquefois plus. Mais quels soins 
ne prennent -iU pas de leurs œufs î bon ne peut 
qu'être enchanté du méchanisme même de Iceuf, de 
la naissance et de l'éducation des petits. Commen- 
çons par examiner les nids. 

Les oiseaux construisent leurs nids et les façonnent 
avec un art admirable ; les uns ies fom sous l'herbe 
à platte terre ; les autres au haut des arbres , ou ies 
luspendent à des branches d'arbres ; d'autres dans 
des arbrisseaux; d autres dans des creux darbres; 
d'autres dans la terre ; d autres dans des fentes de 
rochers ; enfin, en quelqu endroit qu'ils les logent, 
c'est toujours sous quelqu'abri , sous des herbes , 
ou sous une grosse branche , sous des feuilles c ou- 
blees dans des roseaux , alors ils les attachent avec 
autant de solidité que nous pourrions faire. 

P 2 



- s 

On ne i eut trop admira [a parfaite res! 
qui se trouve entre les nids d< 

espèce , quelque part qu'ils se trouvent . ei i Ind is- 
trie , la propreté qui régnent par- U t. I - 
du nid sont des mati - res pour seivii 

fondement : ils y emploient les é] joncs , 

• foin , et La mousse la plus épaisse : sur cette 
première assise , encore informe , ils étendent , en- 

acent et plient en rond des matériaux plus d 
, et disposés de manière à fermer len 
vents et aux insectes. Mai e a son 

( j une façon pour se n que ri l 

nt de tapisser le de : es , ou 

l'étoffer avec de la laine , eue. 
œufs ne se froissent ou ne se cassent , i en- 

tretenir la chaleur autour deux et de Uurs petits. 

L'étendue du nid est proportionnée au ne 
des enfans qui doivent naître , et jamais I 
n'en prévient la structure, les outils i 

rs bées; avec un tel instrument, ils fabriquent 
jes où l'on trouve la propreté du va 
et l'industrie du maçon : il y en a dont les 
sont proprement attachées et lices avec un fil , < 
l'oiseau se fait le la bourre , du chanvre . 

crin , de la toile d'araignée ; telle est la m< 

D'autres oiseaux , comme le merle et 
enduisent 1 intérieur du nid etitc couche de 

mortier , qui colle et maintient tout ce qui est 
sous , ee qui , à lVd.le d un peu de bourre ou de 
mousse qu'ils y attachent quand il est encore fr« 
i i par dedans une muraille ou un . îent 

blé d une j n pic. : res , enfin , 

comme 1 hir< , font . s« is b ; s , sans 



229 

foin . sans liens ; ils gâchent la poussière avec 1 eau 
qu'ils ont prise en en rasant la superficie , et cons- 
truisent un logement d'une structure tout-à-fait sin- 



C'est ainsi que les oiseaux fabriquent pour leurs 
petits une habitation solide , et qu'ils ne la bâtissent 
pas indifféremment en toutes sortes d'endroits , mais 
toujours dans un lieu où ils puissent être tranquilles 
et a fabri de leurs ennemis. Tous couvent leurs œufs 
avec tant de patience , qu'ils aiment mieux sou 
la faim que de les exposer en allant chercher leur 
nourriture. L'oiseau, cet animal si agile , si inquiet , 
si volage , oublie en ce moment son naturel , pour 
se fixer sur ses œufs pendant le temps nécessaire. 
Mais passons à l'histoire de l'œuf. 

Les œufs des oiseaux diffèrent par la couleur de 
leur robe et par la grosseur ; tous ont une coque ou 
écorce assez dure , blanche , fragile , calcaire , et en 
dedans une membrane qui enveloppe tout lœuf. 
Prenons pour exemple l'œuf dune poule , où les 
parties sont plus sensibles : on y distingue facile- 
ment le jaune , qui est au centre ; le premier blanc , 
qui environne le jaune ; un second blanc , dans le- 
quel la masse du milieu nage ; les ligamens qui 
soutiennent * le jaune vers le centte de l'œuf; les 
membranes q^i enveloppent l'une le jaune , l'autre 
le premier blanc , et une troisième et une quatrième 
qui environnent le tout ; enfin la coque qui «ert de 
défense à tout le reste. Tout ce qui est intérieur est fa* 
conne le premier ; la coque se forme la dernière , et 
se durcit d'un jour à l'autre : l'usage de cette croûte 
est double ; i°. elle met la mère en état de se 
délivrer de Tœuf sans Tecraier ; 2 . elle met le peu 

P 3 



&3« 

i couvert de tout accident , jusqu'à ce qu'il soit 
foi me et en état de sortir. On peut aire de rue, 
que foeuf lient lieu aux petits i iseaux de Ja Biati t c 
et du lait qui nourrit les puits des autres animaux , 
parce que ie poulet qui csi dans fœul se nourrit 
d ..bord du blanc de l'oeuf, et c- , : .:e du ja 
lorsqu'il est un peu fortifié, et que r -e> parties com- 
mencent a s'affermir. C'est sur ta membrane 
environne le jaune que se neuve la cicatricule 
petite tache blanche , qui est seule le véritable g :rmc 
où réside le poulet en peut. It*a dès-iors tous ^-es 
organes, mais applatis , repliés et e veloppés dans 
un point. Dès que a moindre portion de l'esprit 
vital qui est destiné à 1 animer , a passé au travers 
des enveloppes jusqu'au cœur , alors ie pou.et vit f 
et tout commence à se mouvoir en ui ; tous ces 
petits canaux, auparavant app n fient ; - .t 

prend nourriture , et le poulet commence à croiue. 
C est ainsi que s'opere la génération de tous les êtres 
vivans. 

Le petit se nourrit à Taise du blanc liquide et 
délicat, qui est à portée de lui ; ensuite il tire sa 
vie et soii accroissement du jaune , qui est une 
nourriture plus forte. Lorsque son bec est durci , et 
quii a remp/ii toute la capacité de sa maisoa . il se 
met en devoir de rompre la coque : il sort ayant le 
ventre rempli de ce jaune qui lui tient icu de nour- 
riture encore quelque temps, jusqu'à ce qu il puisse 
s'affermir sur ses pattes -, et aller chercher lui-même 
à vivre , ou que le père et la mère lui en viennent 
apporter. 

Avec quel empressement les oiseaux mâles par- 
tagent et adoucirent la peine dt leurs compagnes \ 



a3i 

l'un réitère ses voyages sans se reb te , et met dans 
le bec de la femelle la mangcailîe toi te préparée; 
un autre accompagne ses petits services de son ra- 
mage ; par-tout ion voit l'inquiétude officieuse du 
mari , et l'assiduité pénible de la mère. 

On remarque que la plupart des canards , quand 
ils sont obliges de quitter leurs ceufs pour aller 
chercher à manger , s arrachent une bonne quantité 
de plumes pour les couvrir et les garantir du froid. 
Quel soin , quelle sollicitude pour pourvoir à la 
nourriture de leurs petits nouvellement éclos ! 

Les petits pigeons ne pourroient pas digérer des 
graines dures , si le père et la mère ne les avaloient 
auparavant pour les ramollir dans leur gosier ; en- 
suite de quoi , ils les dégorgent dans le bec des 
pigeonneaux. 

Le hibou fait son nid sur le haut de quelque 
montagne escaipée , clans l'endroit qui est le plus 
exposé aux ardeurs du soleil , afin que les cadavres 
qu il y apporte se changent par la chaleur , en une 
espèce de bouillie propre à nourrir ses petits. 

Souvent le coucou pond ses œufs dans le nid des 
autres oiseaux: il laisse à ceux-ci le soin de les 
couver et de les faire éclorfe. Mais quelle étrange 
surprise pour la mère qui croit trouver de 1 affection 
dans le nouveau né î A peine celui-ci a-t-il quelques 
jours , qu il dévore les petits de l'oiseau dont le nid 
lui a servi de berceau , et souvent il extermine et 
mange sa prétendue mère. 

Tous les oiseaux ( excepté îe coucou ) sont très- 
a :hés a leurs petits : ils sentent alors ce que c'est 
que dette chargé de famille; il laut trouver à 



! 

le deux. Dans le 

nt . Le i L et 

rs corn ; luturaés ; 1* 

le soleil levai i 

: ture aux petits 

avec beaucoup d ég; lité. Au di < • ir de nourrice suc- 

cclui de sentinelle , rt l'amitié change les hu- 

en corrigeant les défauts ; c'est ainsi qu'une 

pou mande et insatiable n'a plus rien à elle 

ad elle a des petits. Cette n rc , naturellement 

timide , ne savott qne fuir a-jj ara van t ; mais à la 

dune troupe de poussins , c'est une héroïne qui 

nte tous les dangers pour la défense de ses 

La poule dinde , suivie de sa petite famille , a 
l'art de pousser un cri lugubre qui oblige tous ses 
enfans à se tapir sous les buissons , et de contrefaire 
1 :s morts. Ce cri annonce qu'il \ a d i l'air un 
oiseau de proie prêt à foi lit eux. L'oiseau de 

proie disparoît-il , l'alarme cesse, et la mère de fa- 
mille pousse un autre cri qui retiie les petits de la 
consternation. 

Les perdrix blanches habitent les Alpes , où elles 
se nourrissent de semences du bouleau nain ; et 
afin quelles Fussent plus en étal de courii parmi 
les néigeé , là nature leur a donne i i 
vertes de plum 

Le pélican habite dans les- déserts arrides ; et 
comme il fait son nid dans 1rs lieux fort éloignés de 
la mer, et qu'il lui faut aller chercher bien loin la 
provision 11 est ni i : . >• , tant p^ur lui 

que ses petits, la nature la pourvu d\\\\ instrument 
propie a ci usage : il porte sous la gor| 






espèce de sac ample et profon l : il le rempltl • » 
quantité d'eau, qui lui est sir. pour s'a! 

pendant plusieurs jours. 

Les o'i zs , les canards et les plongeons , qui vi- 
vent dans l'eau, y trouvent à se nourrir cfinse 

aquatiques, de petits poissoins , d'œufs de p 

sons , etc. La forme de leur bec , de leur col , de 
leurs pattes et de leurs plumes repond admirablement 
bien à l'instinct et au genre de vie qui leur sont 
propres. La même remarque se peut faire dans toutes 
les autres espèces «Toiseaux. 

Un oiseau palmé de Norwège , qui est le si 
jager de Ray , a une façon de vivre tout- à-fait parti- 
culière. Comme il n'a pas la même facilité i te 
autres oiseaux aquatiques de plonger dans 1 eau pour 
prendre des poissons , il se nourrit aux dépends 
mauves , qui , se voyant poursuivies , rejettent une 
partie de leur proie dont il fait son repas. Comme les 
puissons se tiennent en automne au fond de leàu , 
une espèce de plongeon , qui a la facilité de s'y en- 
foncer encore plus avant que les mauves , fournit 
aussi de quoi vivre à cet oiseau. 

La nourriture la plus ordinaire des petits uiseaux 
est le polygone vulgaire , plante fort commune qui 
se trouve pa*r- tout jusques dans les grands chemins , 
et qui après la moisson , est très-abondante dans Les 
champs. Les semences dont elle est toute ch 
tombent à terre , et sont recueillies durant t< 
Tannée par les oiseaux qui portent le nom de g 
vores. Sur la fin de 1 automne , quand les insec s 
commencent a disparoître , les hirondelles ne trou- 
vant plus rien à manger , cherchent ailleurs un a 
et des vivres. 



,$ 4 

1 gros oiseaux de rapine vivent de petits qua- 
drupèdes et de divers petits oiseaux. Ceux d'ehtr eux 
qui sont fuiblcs et plus Lâches que les 
contentent des cadavre s que [e hasard leur fait trou 

Dans tous les animaux qui passeur L'hiver sans pren- 
dre de nourriture , on observe que le mouvement 
péristaltique (1) des intestins est suspendu , ce qui 
fait que pendant ce temps -là ils ne sont nullement 
presses de faim: telle est L'expérience qu'en a fait 
Lister. Leur sang ne se coagule point dans La palette , 
comme celui des autres animaux , et en est par-là 
plus propie à en entretenir la circulation. 

Les Cûqi de bruyère se creus retraites 

sous la neige , où ils se promènent pendant i hiver; 
mais ils muent en été , de sorte que : plus 

voler au mois Fructidor , ils sont conti le courir 

a travers les bois' pour chercher leu i iture , qu'ils 

trouvent néanmoins sans peine , parce que le fruit 
de 1 airelle , qui est alors en sa maturité , leur fournit 
abondamment de quoi manger. Les petits , au con- 
traire , ne muent point au commencement de 1 < 
parce que n'étant pas encore en état de b : en courir t 
ils ont besoin de leurs ailes pour s'éloigner en cas de 
péril. 

Lesautres oiseaux qui se nourrissent d insectes , vont 
vivre chaque année sous un climat -plus tempéré, 
tandis que toutes les terres situées plus près du 
nord , où ils ont passe L'été fort agréablement, sont 
couvertes de neiges ei ms. Rien de plus sin- 

gulier que la manière dont voyag x de 



( i ) Mouvement propre aux intestins par lequel ils se retirent 
«t se compriment pour poussée dehors les excréroons. 



235 

passage. Le jour du départ est marqué pour chaque 
^c : ils s assemblent par troupes, la résolution 
étant prise et annoncée à chacun d'eux, ils se mettent 
en route, et maintiennent une sorte de discipline; 
: 3 traineurs , aucuns déserteurs: sans boussole et 
sans carte, mais pai l'instinct des besoins, ils suivent 
invariablement la route qui conduit au lieu on ils 
se proposent d arriver. 

Ces migrations régulières d'oiseaux de toute espèce 
sont très-avantageuses à plusieurs nations différentes , 
qui profitent de la visite de ces nouveaux habitans. 
Ces oiseaux se nomment passagers , et presque tous 
retournent chacun dans leurs climats a jour marqué: 
ii en reste cependant beaucoup qui ne sortent point 
du pays où ils sont nés. 

Bien des auteurs pensent que les hirondelles passent 
l'iiyver dans des trous sous l'eau. Friscli , pour s'as- 
surer de ce fait, attacha aux pieds de quelques hi- 
rondelles , un peu avant leur départ, un fil rouge 
teint en détrempe : ces hirondelles revinrent Tannée 
suivante , et leur fil n'aveit pas perdu sa couleur ; 
.' cependant il l'auroit perdue si ces oiseaux avoient 
j passé 1 hiver dans l'eau. D'ailleurs , comment leshiron- 
; délies pourroient-elles respirer sous l'eau , ou y vivre 
sans respiration ? n est-il pas plus probable qu'elles 
passent comme ies autres dans les différentes contrées, 
suivant 1 instinct admirable que lauteur de la na- 
l ture leur a donné pour trouver en tout temps la 
nourriture et la température qui leur conviennent? 

Les grivis , les êtouriieœux , [es pinçons et les cailles , 
nous quittent dans i automne ; et pour nous dédom- 
mage- 1 en quelque sorte de leur absence, le froid 



, les-.bc s et toutes 

; 

• I • Suéde, 

!: ck , 

UpCS 

le sui la fin de 1 ; uti et \ on: 

' r , I les ] 3 méridionaux. 

Les • t . ent Les régions du nord 

t que les eaux soient glacées, et se retirent 

clans celles du midi. 

quittent ] l'hiver les régions 

; J :^. pour vivre cl campagnes; et 

l hiver elles retournent à leur première de- 
meure , où règne un fi is supportable. 

On voit , en automne , sur les marais de la Po" 
îogi.t ui e mi^Uïtûde innombrable de canards , d 

et de cygnes, qui, par différentes rivières , vont se 

dre à la mer noire , dont L'eau salec ne se gèle 

point, et qui reviennent, au retour du printemps , 

les marais septentrionaux, pour y pondre leurs 

; parée que dans ces régions, su dans 

La] ie -, ils trouvent une grande quantité 

n 

e dans les vallons et les 
i re et en 1 : (ant I bivei , et en 3 

roches du printemps , ensuite elle retOUrric 

sur les montagnes. 

I e i ' passe en Suéde au mois Germi- 

, et continue ^a coui se jusqu à lamer blanche. L'oi- 
eau ir ramé bet re se retire en Italie i 



■"- 

les ans chaque automne. Le i : 

étés ainsi que tomes les automnes en Ail.: 

La grive remplit les forêts de Suéde au | 

et ies quitte en hiver pour passer en Fçançe et 

ailleurs. Le moineau de neige abandonne les AI] 

pendant tout 1 hiver , et passe en Allemagne et çn 

de. La mauve pendant 1 hiver voyage en II 
et en France. L'hirondelle poursuit les différentes 
espèces d insectes qui voltigent dans l'air. Le pic, 
pour se nourrir, tire avec sa langue les insectes • 
se tiennent cachés dans i'ecorce des arbres. Les cor- 
beaux vivent de cadavres, et suivent quelquefois 
les armées. 

Les oiseaux évitent les ruses de leurs ennemis 
par le vol qui leur est particulier, et par ce moven 
ils échappent même souvent aux oiseaux de proi^ ; 
car si le pigeon , par exemple , voloit de la même 
manière que lépervier , ils ne pourroit presque ja- 
mais éviter ses griffes. 

Les cigognes et les faucons sont des oiseaux de 
rapine très-nécessaires pour empêcher la trop gîande 
multiplication des espèces. Ces oiseaux , au rapport 
de Belon , nettoient l'Egypte dune multitude in- 
finie de grenouilles dont tout le pays est couvert 
après les inondations du Nil. Ils détruisent aussi 
les rats qui infestent la Palatine. 

Les oiseaux qui ont le bec plat et qui cl: rt 
leur nourriture en tâtonnant , ou en fouillant d 
la terre, ont trois paires de nerfs , qui s'éten 
jusques dans leur bec : c'est par ces nerfs qu'il dis- 
tinguent avec tant de sagacité et d'exactitude ce qui 
est propre a leur servir de nourriture , d avec ( c 
quils doivent rejeter ; choix qu'ils font u 



3 38 

ment par le goût, sans qu'ils voient les aliment : 
ces nerfs paraissent avec plus cfévi< dans le 

bec et dans la tête du canard; aussi n'y a-t-ïl pas 
d oiseau qui fouille autant po iiver sa nourri- 

ture. On trouve aussi deux de ee^ nerfs dans l; 
Supérieure du bec de la corneille; et, probal 
ment, les autres oiseaux à bec rond ont ce même 
avantage. 

La nature a aussi placé sous le gosier de ces 
animaux une poche qu'on nomme jabot, où ils 
mettent leur mange ail le en réserve : la liqueur où 
elle nage dans ce jabot , aide à en Taire la première 
digestion; le gésier, où il n'entre qi s ci -peu de 
nourriture à la fois , fait le reste , souvent a i ; 
de quelques petits cailloux raboteux , que i i i 
avale pour mieux briser sa nourriture , et pour tenir 
les passages libre. 

Les oiseaux ont sur le bec deux trous qui 
servent pour l'odorat. 

La queue de 1 oiseau sert à centre-balancer 
et son col ; elle Lui tient lieu de gouven mdis 

qu'il rame avec ses ailes. Mais ce go; >ert 

pas seulement à maintenir Péquilibre du vol, il sert 
aussi a hausser, baisser, tourner où l'oiseau v< 
car la queue ne se porte pas plu ers un cô 

que la tête se porte d un 

Ouand on considère un oiseau qui vc i de 

plus naturel aux veux de f habitude , il en de si 

étonnant aux veux de la rais< ri. ( g u i 

i e dans fair , malgré le ] qui 

sur tous I , est em] pai une 

force étrangère, un m icnt qui 

■ propre , et qui s'y s ient 1 ps a : ri* 



2$9 

i et avec grâce. Les gros et grands oiseaux 
i de s'enfler, et davoii toujours des provisions 

d'air en volant. 

» 

Les plumes du côte du cœps sont garnies d'un 
duvet mou , chaud ; du cote de l'air , elles sont 
garnies d'un double rang de barbes plus longues 
d'un cô:e que de 1 autre. Ces barbes sont une en- 
filade de petites lames minces , plattes , couchées 
et serrées dans un alignement aussi juste , que si 
on en avoit taillé les extrémités avec des ciseaux. 
Les plumes , sur-tout celles de lailc, sont outre cela 
disposées de la façon que le rang des petites barbes 
de 1 une se glisse . joue , et se découvre plus ou 
moins sur les grandes barbes de l'autre plume qui 
ebt au dessus : un nouveau rang de moindres plumes 
sert de couverture aux tuyaux des grosses: 1 air ne 
peut passer nuile part; et par-là 1 impulsion des 
plumes sur ce fluide devient très-forte et trèj* agis- 
sante : on nomme les plumes de laîle le pennage. 
Mais Ctfmme cette économie si nécessaire pounoic 
souvent être altérée par la pluie, les oiseaux ont 
aussi la facilite de les en préserver au moyen d'une 
bourse pleine d'un suc huileux , faite comme un 
mamelon , lequel compose presque tout le croupion : 
ce mamelon a plusieurs ouvertures; et lorsque loi- 
seau sent ses plumes desséchées , gâtées , entrou- 
vertes ou prêtes a se mouiller , il presse ou tiraille 
ce mamelon avec son bec : il en exprime une hu- 
meur grasse qui est en réserve dans des glandes , 
et faisant glisser successivement la plupart de ses 
pi âmes par son bec , il les passe à l'huile , il les lustre , 

lit tous les \ uiJes avec ce:te matière visquei 
apres quoi leau ne fait plus que couler sur I .. .... 



240 

poule de nos basses-cours est moins fournie di; 
cette liqueur que les oiseaux qui vivent au 
air, don il arrive qu'une poule mouillée est un 
< iseau singulier à voir : au contraire, les cygnes . 
les oies, les canards, les macreuses, et tous les ani- 

:x destines à vivre sur L'eau, ont la plume enduite 
J'huile dès leur naissance; d'ailleurs, leur réservoir 
graisseux ebt abondant, et une de leurs plus grandes 

upations est de bc passer à l'huile continue r 
ment. 

Il y a des oiseaux qui chantent : d autres ne cl; 
pas ; tels que les oiseaux de proie , et j 
-Iles de divers oiseaux. Ce>t lorsque ie té 
est serein qu'on entend ces animaux chantei 
bois. Le printemps est la saison de leurs mélodieux 
concerts : ils font alors , et sur-tout la nui' ,' f 
ment des bois, l'un chante à minuit et an p int du 
^jour, l'autre à l'aurore et à midi, un autre : 
couchant , etc. Tels sont le coq , foie , I 
l'alouette , le vanneau, le courlis, le pluvier, I g 
le rossignol , la perdrix , et plu 
servent d horloge aux pavsans. 

En généial , les oiseaux qui se ne 
..ibes et de fruits, fournissent un meilleur suc et 
plus iacile à digérer que cem; qui se : 
v insectes, de viandes ou de : i chair des 

premiers n'est ni trop terrestre, ni iqueuse. Au 

- , les saveurs sont an.. dit- 

nations : c'est ainsi que L'autruche est un 
régal chez les Africains , comme l'est le poulet parmi 
pou . 

Dans tous ces animaux , les os sont si vuides et 

si 



241 

si minces , qu'ils n'ajoutent presque rien au pqids des 
chaii s. 

I e> oiseaux vivent assez long-temps. Un tuteur 

rappore qu'un pigeon a. oit vécu pendant \ii;i;: dei x 
ans; un cygne pendant trois cents ans ; qu 
oie avoit ete tuée à l'âge de quatre-vingts an* , êi 
encore sains et robuste , e*c. 



Les Poissons. 

For-rci , phcis , est un animal sanguin aquatique, 
qui vit continuellement dans leau, et n'en se 
mais volontairement, qui n a point de pieds, i 
des nageoires , couvert d ecail^s , ou d'une peau unie 
et sans poil , qui resrjire ou par lis poumons , ou 
par les ouies , et qui n'a qu'un ventricule. 

On voit avec étonnement et admiration que des 
poissons de mer qui se nourrissent dune e 
le goût nous paroît insupportable, qui est char f-e 
de sel si intimement uni à l'eau que rien i 
l'en séparer, ont cependant une chair déi c 
que bien des gens préfèrent aux volailles les 
exquises. 

Cn remarque dans un poi?son ses nageoires et sa 
queue , à l'aide desquelles il exécute tous les mou- 
vemens qui lui sont nécessaires : on le voit s (.L 
s abaisser, agiter ses ouies d'un mouvement goi 
nuel : tout le jeu de cette mechanique pique ia 
curiosité. 

On observe d'abord qwe le poiwon est cûwvfert 

d'écaillés artistement arrangées ; leur us: gè e3t 
Suite du Plan d Instruction publique. Q 






*4* 

l p e F ' : ; "' :i - ei txii conserver tqutç la fhxî- 

)U3 les p encore 

ceux de la mer que a -j 

.ne 

: 

: 

Ht . et ii c < r une inï 

ent abo 

■■• ^ y - 1 s ^ . - 

I j 

era 1 nourrir et a accroître les écailh . 
; - co ilçim; q 

I le plus rec. 
•• l . C< t'enduit 

' ' ' . - 1 . W 

ps du froid de 

ur naturelle pu 

; c qui d :vient 

tetitrlônal, où Le 

:oisson. 

M -il ayjo^r une robe qui fut à la 

? La fi.;m .* des 

par, la tête » 

! 

dé droite c f iche, 

; la queue est 

dond Ifeur | tmciit pour 1 . I es r.- 1 - 

rit sous le vertre du ; 

aussi Un aT • erdier lecorpset 

iarre-.e: en-uito , qu ndlfpcriSsoT] 1. I » 

remuer : mais leur principale fonction es; de diriger 

memt *u corps çn le tenant en équilibre; 



*., 3 
en sorte que si le poisson joue des nageoires qui 
sont à droite , et qu'il co*uçh'é sur ie corps celles 
qui sont a gauche , tout le mouvement est au: sitôt 
déterminé vers la gauche ; de même q« un bateau à 
deux rames, si on cesse 3 en faire jouer une , tour- 
nera toujours du côte où la rame n'est pj ivée 
contre l'eau. Otez les nageoires aux poisson* , le 
qui est plus pesant que le ventre, n'étant plus :. 
en équilibre , tombe sur un cote , ou descend mêrntt 
dessous , comme il arrive aux poissons morts qui 
viennent sur l'eau les nageoires en haut. 

On voit des poissons monter, descendre, se f e*:ir 

dans les eaux à une hauteur que: conque ; c'est à 

l'aide d'une vessie d'air qui est dans son corps , qu îL 

•:ute tous ces mouvemens , suivant qu il enfle ou 

quil resserre cette vessie. 

Pour c Ire cette rncchaniqu- , observons 

avec Plfeche : i°. Oue si b un pied 

en épiarfé sur ive 

e m poids à un pied d'eau en iôn** et er large; 
< pouces de profondeur , elle nag 
d'eau ; si e ! le est une fois moins pesante qu bihè même 
mesure d eau , elle 'n'entrera dans - s moitié; 

si ede est trop compacte et plus pesante qu une pa- 
reille masse d eau , elle enfoncera. 

2°. Un corps est plus pesant a proportion que lèj 
parties sont plus serrées, ou ou il contient rrïoiné 
d*àrt, et il est plus Ieeer à proportion qu'il est plus 
plein orc^s et quil admet plus dair. Une bou- 

leirfe de liqueur s'enfonce dans l'eau , perce 
Q\'.t la liqueur et la bouteille ensemble pèsent plus 
que le volume cfeau quelles remplacent. La ména c 
koutûlic pleine d air suirnage , parce que labouteiïl e 

Q 2 



et Pair ensemble ne pèsent pas tant qu« 

dont ils occupent la place. 

Cela supposé, le corps du n qui c 

pesant que la quantité ci eau dont il remplie la 
devroit toujours tomber au fond , et il ne pourreit 
eu effet que s y traîner, s il n avoit clans ses entrailles 
un vase plein dair qui lui sert à se soutenir à tel 
endroit de Teau quil lui plaît. Cette bouteille gonfla 
un peu le poisson , et le rend plus gros qu 
naturellement sans rien ajouter à son poids. Il occupe 
donc plus de place qu'il n en occuperoit sans sa bou* 
teille : il est donc soutenu par un plus grand volume 
cl eau. ïl est facile parce principe de comprend: e tous 
les mouvemens du poisson. 

On peut penser que les muscles du poisson s 
les moyens ordinaire! dont il se sert pour ressener 
ou élargir sa vessie. S'il Les relâche, fair se dnaie gai 
son ressort naturel , et la vessie s'enfle ; s'il les resserre , 

I air se comprime, et la vessie devient plus petite. 

II y a de grandes différences entre ces vessies dans 
differens poissons ; caries unes sont composées ci 
Seule cavité , comme celles de 1 anguille , des truites, 
des brochets , des merlans t etc. ; dans d autres , la 
vessie a deux cavités , comme dans le barbeau , la 
carpe, etc.; d'autres lont à trois, comme la tanche 
de mer , la gavotte. Plusieurs espèces de poissons 
n'ont point ces vessies d'air; la lamproie , l'anchois, 
le dauphin, la torpille, la roussette , ie goujon d eau 
douce , etc. , sont de ce nombre : alors ils exécutent 
ces mouvemens par des moyens difiérens : ils ont 
des poumons qui peuvent se gonfler dair, et se m 

en équilibre avec l'eau ; tehe est la •lencuiiie 1 s 
les animaux amphibies, la rétraction et l'impulsion 
des pat ce s sont taises en usage poui nager, 



?4. D 
Les ouies que ion remarque dans les poissons, 
sont leurs véritables poumons et les organes de leur 
respiration ; car ils ont bes^vi d ri r pour vivre , et ils 
sont construits de manière a pouvoir extraire de iéau 
l'air nécessaire à leur respiration. Les ouïes des pois- 
sons sont des espèces de feuillets composes d'un rang 
de lames étroites , rangées et serrées 1 une contre (autre, 
qui forment comme autant de barbes ou : 
semblables à celles d'une plume à écrire : ce sonr ces 
franges qu'on peut appeler proprement le poumon 
des poissons. Ces ouies sont recouvertes d'un cou- 
vercle qui s élève et qui s'abaisse, et qui en s'euvrant 
donne passage à 1 eau que l'animal a respirée : ua 
nombre prodigieux de muscles font mouvoir toutes 
ces parties. 

L'aorte, qui dans les autres animaux porte le sang 
du centre à ta circonférence de tout le corps f ne 
parcourt de chemin dans ceux-ci que depuis le cœur 
jusquà l'extrémi:é ces ouies , qui sont les poumons 
des poissons; alors les veines du poumon, devenues 
artères , font la fonction de l'aorte. 

Le poisson avale l'eau continuellement par la bou- 
che ( c'est son inspiration ) , il la rejette par les ouies 
( c'est son expiration ) : c'est dans ce passage que le 
sang s'abreuve d'air. Le sang qui sort du cœur du pois- 
son se répand de telle manière sur toutes les lames 
dont les ouies sont composées, qu'une très-pet;tc 
quantité de sang se présente à 1 eau suus une très- 
grande superficie, afin que , par ce naoven , chacune 
de ses parties puisse facilement et en moins de temps 
être pénétrée par les petites particules d'air qui se 
dégagent de l'eau par l'extrême division qu'elles souf- 
frent entre ces lames. C'est pour cela qu'il a fallu no:> 

Q3 



•ment que t J aon> 

C'est - à - peu -^>i< 

! dc.î 
i x d a n s ! < i m o n s g 1 e 

pas du i de ccu: unes des ouïes : a 

est-il plus di c tirer l'àîr de ; resbi- 

rcr L'ait pur tel qu'il entre dans les poumons vési- 
cnlaiies. 4 

Le nombre jdesceufsque donnent les poissopi est 

prodigieux : on a calculé «.eux que pouvoit donner une 
mofue , ex on a trouvéfuftûi , millions (rots 

cent quarante-quatre mille beufs. Quelle fécondi 
mais aussi quelle destruction ! combien ce ces 

ceufs sont dévoies ! combien de petits poissons si 
dé truits ! C'est ainsi <; e irscrve la balance 
la production des êtres feriimés; 

La laite : p<v.:i: composée de deux corps 

blancs très - irrt guliers : ils presque aussi k 

que la cavité du bas - ventre. C : qui féco 

ceufs des p€ 

O )iqu , il ne soit pas fa île de d< 
foule aes poissor »', il c ! ci nti c 

. ■ 

n d'une 
clc cur nourriture Dans les 

poissons ; qui respirent bin, 

]e veau-mai irf, i ivre la n 

du condui- teneur de ces mi maux ; mais 

dans ceux qui n'ont poi il de poumoi ics , 

] organe où rebide I. ile à 

découvrir. On est f( fi indécis si c t n enten- 



*47 

dent pas par le sentiment du tact ex i:é pai I aaîtati(DH 
de l'air corn mu. 

Les poissent se livrent des guerres e; les 

foiblci deviennent la proie des forts. Or; en vfoit des 
bandes entières, forcée aitterpar une loi nal - 

relie les abîmes de 1 Océsn , pu ils sont en i 
pour approcher clés rrrages bu H omrne leur tend des 
pièges : a autres ne fuient pas le ] 

merît pour éviter la poursuite des cciacécs , mais ils 
«e sauvent vers les côtes , étant cl 
pes de plongeons ou de mauves , qui vc r .a 

surface des eaux; c'est alors qu'ils viennent ton : 
dans les filets des pêcheurs : d'autres , tels eue les 
morues et les harengs, passent d'un rue ire a 

l'autre, et marchent comme des arme; s; •:• «he 

est réglée; ces poissons panoissent cuis des temps 
marqués , le long de certaines cotes , attirés ] ir. une 
multitude innombrable de vers et de petit* poissons 
qui habitent ces endroits. Nous verrons', aux mots 
Mcrut et Har<ng % la description déuill^c de ces mar- 
ches si curieuses. 

Baleine, halœna. La baleine 4 tient, sfané dontredit, 

le premier rang entre les poissons. C'est lé pîds prand 
de tous Its animaux courus, et on peut ic regarder 
comme le roi des rcerrs. 

Ce genre de poisson se distingue d une manière 
tWs -mk.-c.nee de tous les autres. li n'en port.:, en 
effet, que la figure, - nais pour la 

structure , il ressemble e^ tout aux ai ter- 

restres. 

Le sang de* balfiîncs est c; aud : e "s respirent par 
le moyen des poumons ; et c'est peur cette raisom 

Q 4 



s ? 
qu'elles, ne peuvent rester sous l'ea I lesantdu 

et leurs petirs tettent. < enre des 

1 ont sur ia t?: i , p ar 

en fpf« jet, ' mu qu i'.s ont iva- 
Ç«S ouvertures se « 

ï a nature a : iraaux de i 

e cl (1 une ! • pi - nnee à 

ires de* autres ] 

i j( i ri r e s aux aùti i des 

ranes fort minces: les baleines ont a leur 

ics os artieufés, '... i ^s comme ceux ât ia 

1 t doigts de l'h . i ; qui sont mis en 

■ ces muscles vigourei 

re clc ces poissons a , outTe 
ires . une queue large et épaisse , < 

/.omalcinem sur leau ; elle leur aete donnée 
gci leur course et modérer leur descente, afin 
. l'énorme masse dx ieur corps ne se brisât pas 
contre les rochers , iorsqu elles plongent. 

Là nature a construit ces masses organisées . de 
manière quelles peuvent s'élever ou s abaisser dans 
les eaux à volonté. Du fond de leur gueule part un 
gros intestin tort épais, fort long , et si large , qu un 
homme y pafieroit tout entier. Cet intestin est un 
grand magasin d'air que ce poisson porte avec lui, 
ec par le moyen duquel il se rend plus léger ou plus 
pesant , selon qu'il l'ouvre on qu il le comprime , 
pour augmenter ou diminuer la quantité d air qu'il 
contient. 

Le tissu énorme de £raÎ5se qui enveloppe les balei- 
nes allège beaucoup la masse de leur corps , qui 
auroit cte trop pesante pour pouvoir être mise en 



24g 
mouvement ; d ailleurs , cette enveloppe de graisse 
tient l'eau a une distance convenable du sang, qui, 
sans cela, pourrait se refroidir; et elle sert ainsi à 
conserver la chaleur naturelle du poisson. 

On ne peut rien dire de bien certain sur la gran- 
deur des différentes espèces de baleines. On en a v\* 
qui avoient jusqu'à cent trente , et même jusqu'à 
deux cents pieds de long. Ouelqu'énorme que soit 
Tjellement ce poisson, l'amour du merveilleux a 
sans doute fait dire qu'on en avoit vu dans les mers 
de la Chine , qui avoient jusqu'à neuf cent soixante 
tueds de longueur ; aussi les a-t-ori comnarées k 
des écueils ou à des isles flottantes. On ignore la 
durée de la vie de ces animaux; mais il y a appa- 
rence qu'ils vivent très-long- temps. On voit quelque- 
fois ces animaux dormir sur la surface des eaux , où 
ils sont comme immobiles. 

La baleine du Groenland, dent on retire tant de 
profit , et pour laquelle se font proprement toutes 
les expéditions de la pèche , est très-grosse et très- 
massive. Sa tête seule fait un tiers de sa masse : 
elle parvient jusqu'à soixante et dix pieds de 
long. 

Lorsque la baleine est couchée sur le côté , elle 
donne des coups terribles de sa queue , capables de 
renverser et de submerger un navire. On ne peut voir 
ians éronnement avec quelle vitesse cette masse 
énorme et pesante fend les flots de la mer , à laide 
de sa queue, qui lui sert comme d'une espèce de 
rame. 

Ce poisson ne se sert de ses nageoires que pour 
tourner dans l'eau; mais la femelle en fait usa^e . 
Suite du Plan d'Instruction publique, Q 5 



2^0 

lorsquelle eu en faire , pour entraînée tvec clic ses 
petits , en Ici entrelaçant entre Les ailes saillantes de 

b* queue. 

La chats de cet anima! en nn trouve sous n ^isse 
qui a huit ou dix pouces d'épaisseur, est rouge, et 
semblable à cclic des animaux, terrestres. La mâchoire 
d'en haut est garnie de deux côces de fortes barbes 
qui s'ajustent obliquement d^ns les barbes d'en . \ 
comme dans un fourreau, et qui embrassent, pour 
ainsi dire, la langue des deux ; bes 

sont garnies, du côte de leur tranchant» de plusieurs 
appendices, qui servent en partie i empêcher les 
lèvres et la langue détre coupéçs par les barbes , 
et en partie à prendre et à contenir , comme dans 
un filet, lei insectes que ce poisson attire pour sa 
nourriture , et qu'il écrase entre les feuilles de ses 
barbes. Les barbes les plus grandes ont six à huif 
pieds de longueur, et miinc davantage. 

Contre l'économie animale des autres poiss n " 
fes yeux de la baleine sont placés sur le derrière de 
la tête , afin que ce pyi&son d'une si longue i 
puisse voir également en avant comme en arrii 
et perpendiculairement au dessus de lui ; ce qui 
semble convenir le pins à ses besoins journaliers. 

Ces cétacées ont un instinct naturel et convenable 
à leur sûreté , qui est de se tenir volontiers ci - 
aous les glaces ; mais comme , d'un autre cote , 
ne saurbiérit vivre long - temps bans respirer , ils 
cherchent au-dessus deux des endroits où la lu- 
mière traverse la , et où par < le-ci 
est la plus mince. I > font* en ces endroits rts; 

et :; souvent d( 

d'épajusscur-, ils la rompent avec leur tète pour res- 



• I 

pirer un nouvel air. Sans cette adresse , ils seroîent 
dans la nécessité de sortir chaque fois des glaces , 
et de s'exposer aux poursuites de leurs emu-mis. 

La baleine a l'ouïe extrêmement fine , et aper- 
çoit de fort loin le danger qui ia menace. On n'apper- 
çoit au dehors aucun vestige d'oreilles ; mais on 
découvre sous l'épidémie derrière l'œil une sorte de 
conduit, par lequel le son pénètre saris doute jusqu au 
tvmpan. C'est par ce conduit que les marins intro- 
duisent leurs crochets jusqu'à environ quatre pieds 
de profondeur , où ils rencontrent la coquille qui 
est un os servant à l'ouie , et qu'ils nomment oreille 
de baleine, 

La baleine ne porte ordinairement qu'un petit , 
rarement deux. Lorsqu'elle veut donner à tetter , elle 
se jette de côte sur la surface de la mer , et le petit 
s'attache à la mamelle. Son lait est comme le lait de 
vache. La baleine a un soin particulier de son petit : 
elle l'emporte par-tout avec elle lorsqu'on la poursuit, 
en le serrant étroitement entre ses nageoires ; elle ne 
le quitte pas même étant blessée. On a remarqué que 
quand elle se plonge au fond de l'eau , où elle pour- 
roit rester pendant pius d'une demi- heure sans revenir 
prendre l'air, elle remonte beaucoup plutôt, maigre 
le danger qui la menace , parce qu'elle sent que son 
petit ne peut rester si long-tei ansrespi 

On ne peut : - prendre sans étonnement qu'une 
aussi énorme que la baleine , ne se nourrit que d'in- 
sectes , de petits vers , ce quelques poissons assez 
petits , et que , maigre cela , elle engraisse beaucoup 
plus que les autres - aima 

Ce que les anciens ont dit sur le poisson conducteur 
de la baleine ; paroi: absolument fabuleux ; car hs 



mes h 1 ont rien observé de semblable. Peu:-ctrr 
ont-ils pris * ride de la baJ Ineau , que 

e L'ait sevré , ce 

qui ai 

Le blanc t t le cei it . pn paré de 1 es- 

pèce de ( est un des meil- 

leurs rei itrine , il en adoucit les 

et consolide les ulcères : appliqué 
. adoucissant, émollient , con- 

solidant. On ! emploie Fard et dans les 

pommades , pour adoucir . , et pour embellir 

le teint. 

Voici en peu de mots la manière dent se fait la 
pêche de la baleine : 

Lorsqu'un bâtiment est arrivé dans le lieu où se : 

•je des baleines C , "placé au haut de 

ia hune en vedette , avertit aussitôt qu'il voit une 
i ne. Les chaloupes ] a i Finstant. Le plus 

i et le plus \ eur , arme d'un harpe n 

de cinn ou six pieds de long . se place sut le de- 
vant de la chaloupe , et lance ave se le harpon 
sur V endroit le ; le de "a baleine. Le harpon- 
heur court de grands risques : car ia haleine , après 

irieux coups de queue 
i le nageoires , qui tuent souvent ic harponneui 
renversent la chaloupe. 

Lorsque le harpon a i, , on file bien vite la 

coTdeauquel il tient, et ia e>. suit. Quand la 

baleine revient sur Te a >urn 

ver de la tuer , en e oin sa queue et 

ses nageoires q\ tels. Le 

ot toujours à La . . tre à 

portée de mettre a bord la baleine h; 



sj3 
qu'elle est morte , on l'attache aux côtés du bâtiment , 
avec des chaînes de fer. Aussitôt les charpentiers se 
mettent dessus avec des bottes qui ont des crampons 
de fer aux semelles , crainte de glisser : i s enlèvent 
le lard de la baleine suspendue , et on le porte a 
1 instant dans le bâtiment pour le faire fondre. 

Lorsqu'on a tourné et retourné la baleine pour en 
enlever la graisse , on relire les barbes ou fanon é qui 
sont cachés dans la <rueule. 

L'huile et les fanons sont les grands produit* que 
l'on retire de la baleine. L'huile sert à brûler à la 
lampe , à faire le savon , à la préparation des laines 
des drapiers , aux corroveurs pour adoucir les cuirs , 
aux peintres pour délaver certaines couleurs , aux 
marins pour graisser le brai qui sert à enduire et 
spalmer les vaisseaux, aux architectes et aux sculp- 
teurs pour faire une espèce de mastic avec de la 
céruse et de la chaux , lequel durci fait une ciof.ite 
sur la pierre , et la garantit des injures du temps. 

u A l'égard des fanons de baleines , leur usage s'é- 
tend à une infinité de choses utiles : on en fait des 
buses , des parasols , des corps , et mille autres 
ouvrages. 

Les Islandais prennent la baleine appelée nora- 
caper d'une autre manière. Lorsqu'ils apperçoivent 
cette baleine donner dans la chasse aux harengs , et 
les pousser adroitement sur les côtes pour en attraper 
nn plus grand nombre à la fois , ils se jettent à l'ins- 
tant dans leurs canots ; ils poursuivent la baleine par 
derrière à force de rames ; et si le vent souffle sur 
la côte , ils versent dans la mer quantité de sang 
dont ils ont fait bonne provision. La baleine , qui 



,5é 

gner Ii haute m^r , s -lie 

voit ce sang , et plutc 

retourne en fuyant vei 5 U côte où elle - , et 

alors ils s'en emparent aisément, 

l'espadon est une sorte de b • encore 

divers autres noms , tels que ceux . t de 

pGi$su?î à scie , de p.. . is ces noms lui 

ont ete donnés à cause de fesp ute 

au devant de la tê^. Cette scie est longue, dentelée 
des deux côtes, comme un peigne double. 

L'espadon a neuf à dix piet's de longueur ; et , 
ma gré sa petitesse , son aspect est terrible à la ba- 
leine , et la fait trembler. Aussi est-ii ion plus cruel 
ennemi : il la poursuit par-tout où ii la trouve ; il 
lui livre assaut , et la combat de toutes ses fore: , 
La baleine se défend avec fureur ; il eat vrai 
quelle n'a que sa queue pour défense : mais cette 
arme est terrible ; et si elle en attrape son ennemi , 
elle l'écrase du premier coup. Celui-ci, plus agile, 
bondit , s'élance , évite ordinairement le coup mor- 
tel , retombe avec fureur sur le corps de la baleine , 
et la scie avec les dents dont son armure est munie. 
La mer est bientôt teinte du sang que font ses 
blessures. 

Le marsouin en une espèce de baleine. î! e*r Ion : 
de cinq à huit pie^s , gras et rem mt une 

semblable à un mustau de cocho; Sa queue est 
railiee en faucille , et posée de plat (ho.' 01 
Il a sur la tête une ouverture , par ou U jette i'eau , et 

lài ivi sert d'ouirs. 

Ce poisson est dune agilité extrême. Il con- 

séquent difficile à attraper; mais , pour le prendre, 



*55 

on profite d'une incommodité qui lui survient sur 
les yeux tous lei ans, clans le mois prairial» 

Le . ressemble beaucoup au marsouin; il 

en digère par son museau , qui est beaucoup plus 
pçintu : il a deux ouvertures sur la ( r où il 

respire L'eau et la rejette. 1 uiL de ce poisson n/est 
benne qu'à brûler ; et s£ chair,, qui re c sd 
du bcruf'et du cochon, est de très- difficile digestion. 
On le nomme Jl , parce quil fond, tomme 

une flèche, proie; sa vitesse est si rapide et 

si aveugle , qu'il lui arrive souvent d'être à sec, avant 
quil puisse s'en appercevoir. 

Pline et les anciens nous ont transmis plusieurs 
exemples vrais ou faux de l'amour des daupliin 
les hommes; mais il paroît que si ce» animaux sui- 
vent constamment les vaisseaux, ces: pour saisir ce 
que les passagers jettent dans la nier Aussi, p< 
les attraper , met-on un morceau de viande au bout 
d'un hameçon. 

La morue, poisson de mer , qui est trop c 
pour en donner la description. Nous ne j i 
eue de la pêche quç les Hollandais et lès 
en font, et de la manière qu'ils le | 

Ce poisson abonde dam les pays sep aux, 

en Danemark . en Norwège, en Suède:, eu Islande, 
clans les îles Orcadei , da ïieurs i ■ de 

Mosçoyîe : mais leur rendez ^vops général - 
banc de Terre - A" eu c , vers le Canada ; on tient 
quil fut découvert cent ans avant ^ non de 

Christophe Colomb. Icfk endroit a.plus titlieucs 

de long : on L'appell U grand h i rues. La 

quantité en est telle dans ^c lieu, qu ççJieuTS, 

qui s'y rassemblent de toutes les nations , ne i 



•56 
occupes, du matin jusqu'au soir , qu'à jeter la ligne, 
à retirer, à éventîtr la morue prise, et à en mettre 
1rs entrai !~s à leurs hameçon J pour en attraper 
d autres. Un scui homme en prend jusqu'à Ifoil et 
quatre cents en un jour. 

Pour conserver les morues, on leur coupe la tête, 
on les vuide , après leur avoir ôte l'arête du dos : 
on les met ensuite parpents tas; quand elle* ont etc 
long-temps exposeesau vent, et assez pour être sèches, 
on en fait des tas de la hauteur d'une maison; enfin 
on 'tes enferme dins des tonneaux endormes, peur le» 
transporter dans différentes contrées du monde. 

Hareng, haltx. Les harengs sont connus de toute 
l'Europe, à qui iis fournissent une nourriture très- 



abondante. 



Le lieu naturel de ce poisson est lOcéan. Il est 
rare d en voir de vivans , parce qu il meurt des qu'il 
est soui de l'eau. Frais, aussi bien que la morue , 
c est un poisson délicieux. Ses veux sont brillans et 
ses écailles é tin celantes. ; ce qui fait qu il brille la nuit , 
et qu on le prend mi«#ix pendant les ténèbres que 
de jour. Le hareng nage en troupes , vit de petites 
crabes , d'oeufs de poissons et de vers de mer. 

Il y a deux espèces de harengs; le grand et le petit. 
Anderson croit que la patrie originaire de cette es- 
pèce de poisson est dans les abîmes les plus recules 
du Nord , fondé sur ce que les glaces immenses de ce 
pays leur servent d'une sûre retraite pour la conser- 
vation de leur frai, l«ur accroissement, pour ne pas 
être exposés à la voracité des baleines et des gros 
poissons qui ne peuvent y respirer, et qui ny 
pourroient vivre à cause des glaces. 

Enquelqu'endroit quesoitlc domicile des harengs, 



2-57 
il pars:: que leur puncipale demeure es! entre la 
pointe d Ecosse , la Noiwcge et le Danemarck. 

la grande colonne des harengs sort du nord au 
commencement de Tannée : son aile droite se détourne 
vers l'occident, et arrive au mois de germinal en lisie 
dislande. L'aï le gauche s étend vers l'orient : cette 
colonne se subdivise encore : les uns vont par déta- 
chement au banc de Terre-Neuve ; d'autres cotoyent 
la Nerwcge en droiture , jusqu'à ce quelle tombe dans 
îa mer Baltique; et l'an re partie va gagner la pointe 
du nord dujutland, se divise encore , pour se reunir 
promptement avec la colonne de la mer Baltique. La 
colonne occidentale , qui est aujeurd hui la plus forte, 
et qui est toujours accompagnée de marsouins , de 
requins , de cabeiiaux , etc. s'-n va droit au Jutland 
et auxOrcades , où les pêcheurs hollandais les atten- 
dent avec impatience, et de-la vers 1 Ecosse, où elle se 
partage; une partie fait le tour de l'Angleterre, va 
ïu\ portes des Frisons , des Hollandais , des braban- 
çons , des F amanas et des français : i autre partie va 
aux côtes d'Irlande : puis elles se rejoignent dans la 
Manche : et après avoir fourni aux besoins de tous 
ces peuples , il en résulte encore une colonne qui ^e 
jette dans 1 Océan Atlantique ; c'est là qu'elle dispa- 
roît. Mais ce qui est admirable , c'est que toutes c*a 
colennes dispersées par troupes savent où se réunir, 
pour fuir les pays chaud: , et retourner dans leur 
patrie, en formant deux seules colonnes , dont Tune y 
arrive du côté de l'orient , et l'autre du côté du septen- 
trion. 

11 paroît que les harengs quittent le Nord pour 
aller dans un climat tempère , où leuis œufs puissent 
eclorc i et où il leur soit facile de trouver une nour- 
riture abondante. Nos pêcheurs et ceux de Hollande 



a58 
ont remarqué qu'il nais soft m été , \r long de la 

M'nchc, une multitude innombrable de certains vcis 

ci de petits poissons dont les hàren 

C est une manne an il* Viennent cte- 

; ind ils ont tout efilcvé , dura 

tv>rnne , le long des pai ; :i 

: . ils d< nt vois Le midi , ou ui.c ri 

ipelle : i ecs non manquent , les 

. 
t • ic mois • ; au reste , 

les haren termine) 

; ;, s avoir frayé. Ainsi il paroît que Ta; 
des insectes et le soin de Leurs petits attirent autant 
harengs que la \ : de leurs ennci 

&ur nos côtes. 1 es peiJjLs vie çei :ii, 

fis ont assez dfi force poui • 

Si quelque chose est digne dadmiratioi la 

marche de ces animaux, c'est fattenrioli que ce ^ 
éi la première rangée portern ■ ss mou 
de remri conducteurs , qui soni plus 

grands" que les autres ; un les appelle 
dit qui] y en a oui ont prèa 

Lois.ue les harengs serrfent du nord , la*c i est 

incomparablement ; 

quelle entre dans unè'vâsté mei int 

davôtr une que la lott- 

g icut de la I • n S n * ç: 

S-afMt41 d'enfiler un canal , au a i ne • 

lon^e aux dépens de ue ia vitesse 

ia marche en soit ayetn alerrtie. 

La pêche de cepoisson se faïf aujourd'hui ordi 
:ment en di ; L'une , au \ crnps , 

jl; n- dcï iuus d Ecosse , et L'autre , eu automne » 



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le long des côtes d'Angleterre , au nord de la Ta- 
mise. 

Il n'est pas permis de jeter les filets en mer avant 
le 5 messidor, parce que ic poisson n'est pas encore 
arrivé à sa perfection , et qu on ne sauroit le trans- 
porter loin saris qui! se gâtât. C'est en vertu dune 
ordonnance expresse que les maîtres des barques , les 
pilotes et les matelots , prêtent serment , avant leur 
départ de Hollande et de Danuic , de ne pas préci- 
piter îa pêche, et qu'il* renouvellent à leur retour, 
pour attester que ni leurs vaisseaux , ni aucun autre 
de leur connoissauce, n'ont fait infraction à cette loi. 
En conséquence de ces sermens , on expédie des cer- 
tificats, à.chaaue vaisseau destiné au transport des 
nouveaux harengs , pour empêcher la fraude , et peur 
conserver le crédit de ce commerce. 

Depuis le 5 jusqu'au q5 de notre mois messidor, 
on met to»U on prend , pêle-mêle dans 

des tonne?, ux qu'on délivre à mesure à certaine bâ> 
Tirr.eus bons voiliers , qui les transportent prompte- 
fnent e:i Hollande. Quant au poisson qu'on pêche 
après le *o meséidor , aussitôt; «qu'il est à bord des 
baies .. et qu on lui a ôté les ouies , on a grand soin 
d'en faire tjjois classes ; savait* le hareng vierge, le 
hareng plein et le hareiig vuide-. On sa>e chaque es- 
pèce~à part , et on la met dans des tonneaux par- 
ticuliers. Le hareng vierge est celui qui est prêt à 
frayes ; il est fort délicat. Le hareng plein est celui 
qui est rempli dç laites ou d'oeufs . c'est-à-dire , qui 
eu da,ns<$on état de perfection. Le hareng vuide est 
celui qui a frayé , qui es:: coriace , et qui se 

conserve moins bien ; c est Je nv iris estimé. 

La pcçie du côté delà NorvVcgc est beaucoup di- 



rni ■,".:■ B d : i ' une 

autre r< and et du côté i 

.. 
b hareng . ceux de Dumbir , de Fiance , ' < mt, 

rt même des buses hollandai es ré< 

seconde fois , vont au-devant de ce pi si 

I » baies , des rivières , par 00 
I I .n'ornes , et ils en font encore une Ci 

îabic. Quand le poisson est hors 
lui coupe la gorge , on en tire les entrailles , on laisse 
les laites et les œufs , on le lave ensuite en eau douée . 
pour là mettre dans une cuve pleine d'une forte sau- 
mure d'eau douce et de sel marin , où il demeure en- 
viron quinze heures. Au sortir de la saumure, on le 
met dans une caque couvert d'une couche de sel. 
Pour faire le hareng enfumé ou saure , on le hisse 
Je double de temps clans la saumure . ensuite on le 
suspend à oVs bâtons pnr.es sur des lattei dans des 
cabanes faites exprès pour cet usage , et qu'on tient 
bien fermées peur y contenir la fumée et la faire 
;c:i - le poisson. On y fait ensuite du feu avec 

du beis fendu tics-menu qu'on rallume très-souvent. 
Le hareng ainsi préparé est pernicieux : ii est dur , 
sec , trés-diMiciie à digérer. 



DE L'IMPRIME RI fi NATIONALE. 



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